Archives de catégorie : Screens, thousands of them

Les Tuche, d’Olivier Baroux

Comédie française pas raciste. On suit les mésaventures de la famille Tuche, famille prolétaire qui gagne au loto et décide de s’installer à Monaco, le royaume de Stéphanie, idole de Kathy Tuche. Ils arrivent avec tout leur habitus de pauvres et bouleversent le quotidien du Rocher en imposant leurs valeurs moins étouffantes que celles de la bourgeoisie.

C’est assez sympa, les personnages sont attachants, le film se moque des riches mais pas des pauvres (les Tuche sont d’ailleurs un peu des pauvres « idéaux », avec le cœur sur la main – excepté l’usage un peu trop récurrent de « pédé » comme une insulte). Y’a une grande tendresse des personnages les uns envers les autres, la scène de la recherche de la maison est d’ailleurs adorable.

Fallout 3, de Bethesda Softworks

Jeu vidéo dans un univers post-apocalyptique atompunk. On sort d’un abri anti-atomique pour explorer les environs de Washington DC dévastés par la guerre atomique. À la recherche de notre père, on interagit avec différentes factions et on accomplit des quêtes tout en découvrant peu à peu le passé de notre père et les enjeux du monde de la surface.

J’ai bien aimé. L’environnement uchronique post-apo m’a évidemment beaucoup plu, la prise en main du jeu est relativement simple. J’ai pas mal évité les quêtes annexes parce que je n’avais pas envie de passer trop de temps sur le jeu, mais avec la quête principale on a déjà un environnement riche. On sent que les développeurs se sont bien amusés à créer l’univers.

Tiger King, d’Eric Goode et Rebecca Chaiklin

Série documentaire produite par Netflix. En 7 épisodes, le documentaire détaille le fonctionnement et les interactions de plusieurs zoos privés aux USA. Quand on dit zoos privés ça a l’air plutôt propre sur soi, mais on parle de gens qui possèdent à titre privé des centaines de tigres (et autres félins) et fonctionnent totalement à l’arrache, tout en brassant des quantités d’argent énorme. On suit plus particulièrement Joe Exotic, un directeur de zoo dont la vie part totalement en latte, notamment du fait de l’escalade de sa rivalité avec une autre propriétaire de zoo. On croise des fonctionnements sectaires, des arnaqueurs professionnels des mystérieuses disparitions, la contractualisation d’un tueur à gages, une candidature à la présidentielle, une enquête du FBI… Chaque épisode est encore plus improbable que le précédent, et on sort de là bien content de vivre dans un pays avec un minimum de régulations.

Whispers of a machine, de Clifftop Games et Faravid Interactive

Jeu d’enquête dans un univers futuriste post-effondrement. L’héroïne, une enquêtrice du ~FBI, arrive dans une petite ville pour mener une enquête sur deux meurtres avec le même mode opératoire. Très vite elle se rend compte que des questions de religion et de cybernétique sont liées aux meurtres.

J’ai bien aimé le style graphique et l’univers. Les énigmes ne sont pas toujours très bien dosées par contre : on a parfois trois persos qui nous poussent vers la solution, parfois il faut au contraire bien galérer pour la trouver. Et je ne suis pas super satisfait de la fin, un peu trop axée sur la maternité, mais le reste de l’histoire vaut le coup.

I May Destroy You, de Michaela Coel

Série anglaise en partie autobiographique sur la vie d’une jeune écrivaine noire et sur les conséquences que son viol a sur sa vie. On suit principalement la vie d’Arabella (et ses difficultés à écrire son second livre), et de deux ami·e·s les plus proches, Terry, aspirante actrice, et Kwame, prof de fitness en club.

La série décrit un milieu et des personnes rarement montrées à la télévision, et auquel je suis moi-même profondément étranger. C’était très interessant pour ça, pour cette défamiliarisation. Je me rends notamment compte que j’ai des réflexes classistes devant, genre « ralala ils consomment trop de drogues » ou « mais comment ils peuvent dire que le réchauffement climatique osef ? », c’est d’autant plus intéressant pour moi de pouvoir réfléchir à pourquoi c’est ça ma première réaction et comment faire pour l’éviter.

Les personnages sont intéressants parce qu’absolument pas manichéens. Arabella n’est pas la « bonne victime », Terry et Kwame tentent de la soutenir comme ils peuvent mais font des erreurs, les personnages secondaires sont nuancés aussi. L’impact psychique de l’agression sur Arabella est montré de façon détaillée, les mécanismes de coping qu’elle met en place aussi, qu’ils soient sains ou non. J’ai juste été déçu par la ligne narrative de Kwame ; le jeune gay qui se perd dans le sexe et qui est sauvé par une relation longue et pas centrée sur le sexe, c’est assez cliché et conservateur par rapport au reste de la série.

Point de vue bande-son, parfois la série verse un peu trop dans le côté « on va mettre des morceaux obscurs ou des reprises edgy pour montrer qu’on est une série hype », mais l’utilisation qu’ils font de la musique est sinon intéressante, notamment le fait de la couper abruptement pour montrer des changements d’ambiance.

Enfin, le dernier épisode est très réussi dans sa construction je trouve, alors que c’était loin d’être évident de réussir à conclure proprement une série comme ça.

Her Story, de Sam Barlow

Jeu vidéo narratif. Le protagoniste regarde les clips de 7 interviews de la même personne par des services de police en 94, pour essayer de comprendre le dossier criminel dans lequel elle est impliquée. On peut juste naviguer entre les extraits vidéos en les cherchant par mots-clefs. C’est assez minimaliste mais assez réussi. C’est court, une grosse heure, mais ça vaut le coup de l’avoir fait une fois.

Snowpiercer, de Josh Friedman

Série télé adaptée du film éponyme (lui-même une adaptation de la BD Le Transperceneige, de Rochette). Suite à une tentative de régler le changement climatique par géoingénierie, la Terre est rentrée dans un nouvel âge glaciaire. Une fraction de l’Humanité survit dans le Snowpiercer, train gigantesque qui devait être une croisière de luxe à la base, et qui peut produire de l’énergie tant qu’il est en mouvement, grâce à un moteur à mouvement perpétuel.

Le Snowpiercer est divisé en classes – à la fois des classes de billets de train et des classes sociales. Tout au fond du train, la Queue représente quelques wagons de passagers clandestins embarqués au dernier moment, maintenus en esclavage et traités comme une force de travail d’appoint dispensable.

Dans ce contexte, un meurtre à bord du train va pousser la Direction à recourir aux services d’un ancien détective qui fait partie de la Queue, lui donnant l’occasion de récolter des informations techniques sur le Train pour préparer une révolution.

J’ai bien aimé. La série a des faiblesses, clairement plus que le film, mais il y a de bons points. J’aime beaucoup Daveed Diggs dans le rôle principal, et l’antagoniste principal·e est très réussi·e, ce qui aide beaucoup à faire une bonne série. Bon par contre ça se perd sur les deux derniers épisodes, qui ratent la scène de bataille et qui rendent leurs personnages incohérents avant de faire rentrer des enjeux inutiles dans l’histoire.

Inversement, une critique intéressante d’un autre blog qui n’a pas aimé et soulève des points valides, notamment sur les questions d’espace.

Le Grand Blond avec une chaussure noire, d’Yves Robert

Film français de 1972. Pour démasquer son second qui veut prendre sa place, le chef d’un service d’espionnage français fait croire qu’un quidam lambda est un agent dormant. Le second met tous les moyens de sa cellule secrète sur la surveillance du dit quidam, qui s’avère être un musicien particulièrement gaffeur (interprété évidemment par Pierre Richard). Des quiproquos et des gags visuels s’ensuivent.

J’ai bien aimé. Y’a une petite vibe Au Service de la France. Les personnages féminins servent exclusivement d’intérêt amoureux/sexuel, ça c’est un peu dommage, mais sinon c’est rigolo dans la narration.

Jeux vidéos divers 2

Another Lost Phone : Un leu dans la lignée d’A normal lost phone. On trouve un téléphone, il s’agit de parcourir les différentes conversations et applications pour comprendre la vie de sa/son propriétaire, et trouver des indices pour déverrouiller certaines des applications et progresser davantage. Comme pour le premier jeu, il y a un thème sérieux au jeu (que j’ai trouvé un peu trop visible dès le début ; dans A normal lost phone la compréhension des enjeux était plus graduelle. Court et efficace.

Jam and the Mystery of the mysteriously spooky Mansion : Point and click. On a le coupable, que l’on démasque Scoobydoo-style au milieu d’une maison abandonnée, mais quel est son crime ? Il faut parcourir la maison pour récolter des indices et le confronter. Les énigmes sont très courtes, le concept de la détective totalement inepte qui saute aux conclusions rigolo, par contre le système de navigation de pièce en pièce et le défilement des dialogues pourraient être optimisés.

Your Future Self : Jeu en pur texte. On est dans une boucle temporelle, on doit convaincre une version plus agée de 35 ans de nous-même que le crime qu’elle a commis était une erreur. Pour ça on discute avec lui et on peut choisir de répondre avec de l’empathie, un raisonnement rationnel, ou en imposant nos arguments. On réalise rapidement que le setup qu’on nous a vendu est visiblement un mensonge, et on essaye de faire dévier la boucle temporelle. Le concept est intéressant mais la réalisation laisse à désirer. L’interface est assez pénible aux yeux, les dialogues font assez forcés (les changements d’opinion des personnages sont assez peu crédibles).

Broken Minds : point and click où l’on joue une meurtrière essayant de faire dérailler l’enquête sur son crime, dans le Japon des années 80. Ça m’a rapidement saoulée, les persos sont pas ultra crédible et le système de persuasion est un peu relou.

On Rusty Trails : Platformer assez sympa dans les mécanismes : on joue un robot qui veut récupérer sa maison, et doit atteindre le coeur de la ville pour ça. Les personnages en l’environnement sont divisés en deux factions qui se détestent, il faut périodiquement mettre et enlever un costume pour pouvoir interagir avec les éléments du jeu.