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Wonder Woman, de Patty Jenkins

Film de super-héros de 2017. La genèse de Wonder Woman. C’est très lisse dans l’écriture et l’image. On voit venir les retournements de situations et les péripéties en général à 300 km. Un  truc que j’ai trouvé assez problématique : la présentation de la 1ère Guerre Mondiale selon la narration habituellement réservée à la Seconde : le camp du bien vs le camp du mal, avec de très vilains Allemands qui réduisent les villages en esclavage.

Et par ailleurs y’a un usage du trope Born Sexy Yesterday : Diana ne connaît rien à la société humaine donc elle transgresse toutes les conventions, et veut notamment se déshabiller en public…

Bref, ça a assez peu d’intérêt, après ça se laisse regarder comme film de pur divertissement, mais vous pouvez trouver mieux dans le genre.

Jessica Jones, de Melissa Rosenberg

Série Netflix sur une super-héroïne qui travaille comme détective privée. Elle dispose de super-force mais s’en sert de façon discrète, parce que sa tentative de se présenter comme super-héroïne a attiré sur elle l’attention d’un supervilain capable de contrôler les gens (David Tennant, impérial), ce qui lui a laissé pas mal de traumatismes. Évidemment, le vilain est de retour. La série est cool notamment parce qu’elle inverse pas mal de tropes genrés des films noirs et parle de traumatismes. Elle a aussi le côté bien filmé et « squalor » des séries Marvel/Hell’s Kitchen, qui est assez sympa à regarder.

Saison 2
Malheureusement la saison 2 n’est pas du tout au niveau de la première, au point qu’on a arrêté le visionnage en cours de saison parce qu’on s’ennuyait fortement. Les tropes archi-éculés des figures mystérieuses qui ressortent du passé de l’héroïne alors qu’on n’en entendait pas du tout parler dans la saison 1.

Black Panther, de Ryan Coogler

Film des studios Marvel. La direction artistique est superbe (avec plein d’afrofuturisme), la bande son est géniale, les personnages sont intéressants, en terme de représentation, avoir un film d’un gros studio présentant des personnages noirs et faisant jouer des acteurs noirs.

Par contre le scénario contient plus de trous que de scénario et ça m’a pas mal sorti du film (après c’est pas spécifique à Black Panther, c’est classique dans les films de super-héros). Pour citer les deux plus évidents :  la Nation la plus égalitaire sur Terre qui est dirigée par une monarchie absolue au trône de laquelle tu peux prétendre par une épreuve qui se base essentiellement sur la force physique, super ambiance, et par ailleurs, un mec random dont on sait qu’il a aidé un ennemi de la Nation à s’évader en tirant sur le roi et sa garde arrive à la frontière du pays, ne nous posons aucune question et acceptons qu’il prétende au trône.

Dans l’univers Marvel je trouve qu’il y a des similarités de scénario entre ce film et Thor : Ragnarokmais d’un point de vue scénaristique Thor (le personnage) est isolé alors que T’Challa a les ressources de tout un pays derrière lui (en terme de puissance de feu mais surtout en terme de logistique et de renseignement) ce qui rend beaucoup moins crédible une bonne partie de ses agissements. Par ailleurs le traitement de Thor : Ragnarok  est beaucoup plus comédique. Ici le film est bien plus sérieux (ce qui est bien), mais qui fait beaucoup plus ressortir les invraisemblances.

Néanmoins, bon moment passé devant.

Deadpool, de Tim Miller

Film des studios Marvel sur le personnage éponyme. C’était sympa à regarder mais j’ai pas trouvé ça extraordinaire. C’était très convenu pour un film de super-héros, tout en prétendant (au moins dans sa campagne promotionnelle) que ça allait s’éloigner du modèle traditionnel, être plus trash et plus réaliste. Et en fait, bah à part que y’a des gens qui meurent vraiment au lieu d’être assommés, bah c’est totalement dans la structure classique du film de super-héros, avec origin story, love interest, big bad et final showdown (oui je laisse volontairement les termes en anglais). Dans le genre subvertissement des films de héros par un gros studio hollywoodien, j’ai trouvé que Logan faisait beaucoup mieux le taff (pour le côté juste violence réaliste on peut aller voir du côté de Kick-Ass, pour plus de subversion encore des films de super-héros par des petits studios, Vincent n’a pas d’écailles par exemple).

Les bris du 4e mur servent aussi à excuser les faiblesses du scénario en les mettant en évidence, ce que je trouve un peu frustrant.

Thor: Ragnarok, de Taika Waititi

Film de 2017, dans la série des films de super-héros produits par Marvel. J’avais pas vu les deux films Thor précédents et j’ai pas spécialement l’intention de le faire, mais j’ai passé un très bon moment devant celui là. Y’a un côté « Fuck it, let’s just have fun » assez réjouissant. On sent qu’ils ont plein de moyens et les décors sont très beau, et en même temps y’a des moments où leurs effets spéciaux sont tout miteux parce que « Fuck it, let’s just have fun ». Le côté super héros est très atténué, y’a la structure classique de « oulala, tel mauvais truc est annoncé, et voici un gimmick qui explique que je suis moins fort que d’habitude », mais le tout est vraiment un prétexte pour mettre en scène des personnages qui sont tous plus désastreux les uns que les autres et les voir échouer toute forme d’interaction. Tous les tropes classiques (explication du méchant, entrée grandiloquente) sont subvertis, c’est pas forcément incroyablement novateur, mais c’est bien fait.

Un bémol, le début est un peu long de façon qui sert à rien dans le film, juste pour le connecter à l’univers Marvel étendu en introduisant Stephen Strange. Il doit facilement y avoir 10 minutes virables là sans aucun besoin de remontage, c’est vraiment juste de la digression qui n’a aucune influence sur le reste du film.

Logan, de James Mangold

Un film dans l’univers des X-men, mais assez largement éloigné des autres instances de la série, et de façon fort positive. On est dans un proche futur, les mutants ont cessé d’apparaître, la plupart des anciens mutants sont morts, et ceux qui restent ne sont pas bien vaillants : le professeur Xavier souffre de crises épileptiques et Wolverine d’une intoxication permanente due au métal qui recouvre ses os… L’ambiance est un peu crépusculaire, et c’est là dedans que débarque une jeune mutante poursuivie par une entreprise maléfique et que Wolverine va devoir protéger malgré son envie de ne pas du tout être mêlé à tout ça…

Les personnages sont dans un sale état, la violence physique n’est pas esthétisée ni euphémisée, les personnages principaux sont mortels, ça part en road trip halluciné, j’ai beaucoup aimé, surtout en comparaison des films Wolverine précédent qui étaient des désastres sans nom…

Unbreakable, de M. Night Shyamalan

Un homme est le seul survivant d’un accident de train particulièrement violent, sans la moindre égratignure. Il est contacté par un galeriste atteint de la maladie des os de verre qui lui explique qu’ils sont des reflets opposés et qu’il est invulnérable, ce qui prédisaient les comics, dernier avatar d’une forme de mémoire collective picturale décrivant l’existence de surhommes protégeant les communautés humaines. Yep. Yep yep yep. Ce n’est que le début, mais franchement dans la plupart des raisonnements des personnages, et surtout d’Elijah Price, toute notion de causalité est simplement absente. Perso ça m’a pas mal sorti du film.

Après, autant le scénario tient pas la route 5 secondes, autant les cadrages et la façon de filmer sont vachement cools, avec des scènes montrées dans des miroirs, dans le reflet sur un écran de télé, à travers des rideaux, et mention spéciale à la scène du train, filmée entre deux sièges, ne laissant qu’une petite partie de l’écran pour l’action, avec des pivots de la caméras faisant office de champ/contrechamp pour montrer les deux personnages.

Vincent n’a pas d’écailles, de Thomas Salvador

Je recommande le film, si vous voulez le regarder juste sur cette recommandation sans rien en savoir ne lisez pas la suite.
[SPOILERS] Film français d’une heure vingt. Vincent, jeune homme pas super bien inséré dans la société, débarque dans une nouvelle région. Il travaille dans une entreprise de construction et devient ami avec u de ses collègues et est attiré par Lucie. Accessoirement, il se trouve qu’il a un super-pouvoir : sa force physique est décuplée quand il est en contact avec de l’eau. C’est un bon film de super-héros français : il ne se passe pas grand chose, les personnages se contentent de traîner les uns avec les autres et de discuter et d’être posé dans leur vie. La directions des acteurs laisse parfois un peu à désirer (film français, j’ai dit), mais l’histoire est cool (même si je trouve que le héros est vriament pas dégourdi dans son utilisation de son pouvoir, notamment lors de la scène de course-poursuite).

Un regret : il y avait une occasion en or de faire une scène post-générique dans le style des films Marvel/des blockbusters US en général (dans l’idéal, Samuel L. Jackson dans son personnage de Nick Fury ou un équivalent québécois qui vient recruter Vincent)

Misfits, Saison 4

Parfaite. Une saison avec des vrais morceaux de surréalisme dedans, les nouveaux acteurs sont à la hauteur des anciens et il ne se passe toujours rien dans la banlieue londonienne frappée par « The Storm ».

De façon générale j’ai beaucoup aimé cette série, les premières saisons étaient vraiment super, une baisse de régime après, mais ils ont su s’arrêter à temps.

Kick-Ass 2

Mercredi dernier, je suis allé voir Kick-Ass 2 au cinéma. J’avais vu pas mal de critiques négatives donc j’avais un peu d’appréhension, mais au final j’ai vraiment apprécié le film. Or donc, contre-critique. Avec spoilers, évidemment, donc arrêtez-vous ici si vous comptez aller voir le film.

Le film suit en parallèle trois histoires. Celle de Dave, qui reprend le costume de Kick-Ass, s’intègre à une bande de héros et affronte le « premier super-vilain de la vie réelle », son ancien camarade de classe Chris d’Amico. Celle de Chris, montant sa bande de super-villains. Et surtout, celle de Mindy, qui raccroche le costume de Hit-Girl pour tenter de mener une vie de lycéenne normale. Les trois histoires se rassemblant vers la fin pour donner un classique combat final.

Le gros point faible du film est pour moi sa bande-son. Non qu’elle soit vraiment mauvaise, mais elle est facile. Le premier Kick-Ass avait une bande-son vraiment excellente, qui participait très largement de l’ambiance du film. Ici, mettre une version rock de Tetris quand un personnage russe a son moment de bravoure, c’est vraiment moyen. Surtout quand on vous la refait avec Oh When the Saints go Marchin’ in pour un born-again christian.
Le film souffre sinon de quelques longueurs, (la scène du date de Mindy et de ses conséquences), ce qui est un peu dommage pour un film qui a déja beaucoup à dire (trois lignes narratives, rappelons-le).
Enfin, le film est tout de même bien hétérocentré : Mindy qui ne peut s’empêcher d’être toute tourneboulée quand elle voit un clip de pop guimauve ou les abdos de Dave, vraiment ? Le coté « la sexualité, hétéronormée, est inévitable », c’est un poil too much. De même, je me serais passé avec joie du baiser final, qui n’apporte rien à l’intrigue.

Du bon coté de la balance, on a un film efficace, montrant avec pas mal de réalisme les conséquences du fantasme de super-héroïsme dans la vie réelle. Les critiques ont à la fois reproché à Kick Ass une violence gratuite et des relents idéologiques malsains portés par une apologie de la justice faite par soi-même. Je suis assez perplexe. Pour moi au contraire le film illustre bien le fait que les justiciers masqués sont confrontés à une violence qui a des conséquences. Tout ne se passe pas bien pour eux, la violence appelle la violence et le film se finit sur les super-héros raccrochant tous leurs costumes.
J’ai aussi apprécié le film sur un point : il présente des personnages féminins forts. Les deux héros les plus puissants sont Hit-Girl et Mother Russia, et de loin. Le film passe aussi le Bechdel Test (et le Mako Mori Test) haut la main avec la ligne narrative de Hit-Girl. Il faut tout de même nuancer ce propos par le fait que les autres lycéennes semble tout de même toutes assez futiles, même si machiavéliques. Le refus d’une féminité normée semble être l’apanage de quelques élues comme Hit-Girl. Les costumes d’Hit-Girl et de la femme de Remembering Tommy ne sont pas sexualisés, ce qui est plutôt agréable. Ce n’est cependant pas le cas de toutes les héroïnes puisque Night Bitch (le nom, déja…) et Mother Russia le sont.
Le film tacle aussi l’homophobie rampante du comics (et du premier film) par une remarque sur le ridicule des insultes homophobes. (Au passage, j’ai revu Kick-Ass et si l’histoire est bien, il y a quand même beaucoup d’homophobie et de Women in the Fridge.)
Le personnage de Hit-Girl est pour moi le gros point fort de la série. Un personnage féminin fort, avec ses propres motivations et objectifs, plus capable que la plupart des autres personnages, et vraiment quelque chose que l’on voit rarement dans l’univers des comics.

Au niveau de l’esthétique, le film est moins audacieux que le premier, mais le traitement des envois de textos et des sous-titres est intéressant.

En définitive, un bon film, qui est plus classique en sa facture que l’épisode 1, mais avec des personnages plus intéressants et fouillés.

Sinon, dans un genre complètement différent j’ai vu Michael Kohlaas.