Archives par mot-clé : animation

Coyote vs. ACME, de Dave Green

Film d’animation étatsunien paru en 2026. Après des années à utiliser en vain des produits ACME pour tenter d’attraper le Bip-Bip, Vil Coyote décide d’attaquer ACME en justice pour les blessures que leurs produits défaillants lui ont infligé. Léger problème : il est un coyote qui ne parle que par pancarte interposées, et c’est une multinationale avec une armée d’avocats.

J’ai bien aimé. Les films (réussis) intégrant les toons et les humains c’est une de mes marottes (qui n’est donc pas la même chose qu’un pet peeve, merci au lecteur attentif qui a relevé ce contresens) donc le film partait gagnant, mais je trouve qu’ils réussissent à faire quelque chose avec un vrai discours : faire d’ACME qui est toujours vu en arrière plan des dessins animés une multinationale avec de vrais enjeux financiers, des pratiques douteuses et des contrats avec l’armée, c’est bien trouvé. On reprend les aspects les plus sombres de Who framed Roger Rabbit? en déplaçant le focus d’une intrigue policière et d’un méchant « individuel » vers les agissements d’une multinationale et un affrontement dans un prétoire. On quitte aussi le côté « I couldn’t do it because it wasn’t funny » de Roger Rabbit : les dysfonctionnements des produits ACME ont vraiment causé de la douleur à Vil Coyote, à la fois physique et dans son incapacité à attraper le Bip-Bip (même si ce dernier point est discutable, Vil Coyote étant comparé à Sisyphe et sa relation au Bip-Bip étant dans la fin du film montrée comme Plus Compliquée Que Ça™). Dans les petits détails rigolos, j’ai bien aimé que les différents plans par d’autres perso que Vil Coyote pour attraper/contacter le Bip Bip soient à chaque fois de mettre des graines sur la route, ie le plan le plus basique de Vil Coyote – et que ça ne marche pas du tout, montrant que le Coyote est bien un expert de son domaine.

Recommandé si vous aimez 12 angry men et Bugs bunny.

Decorado, de Alberto Vázquez

Film d’animation espagnol paru en 2025. Albert, une souris anthropomorphe, a l’impression que sa vie est une fiction, et que ses voisins l’observe. Refusant de prendre les pilules fabriquées par l’entreprise qui contrôle tout dans sa ville, il passe son temps à explorer les bois alentours, persuadé qu’un chemin permet d’en sortir et d’atteindre un dehors hypothétique…

C’était assez perché par certains points (random démon qui joue de la lyre dans les bois, la fée de la dépression, le suivi des déchets dans les égouts…), mais pas assez sur d’autres (largement pas assez de méta pour une œuvre sur le thème « est-ce que je vis dans le monde réel ou une mise en scène ») j’ai trouvé. Notamment une jolie DA (très belles couleurs notamment), quelques moments de glitchs, mais qui restent très éphémères plutôt que de changer vraiment le dessin qui reste tout le temps très classique. Il y a des moments où ça semble pas très bien « joué » (difficile à dire pour de l’animation), mais ça vient avec le propos « j’ai l’impression que ma vie est une fiction ». Pour aller plus à fond sur le sujet, j’irai plutôt sur des œuvres de Kaufmann (Synecdoche, New York notamment), sur Les Murailles de Samaris dans les Cités Obscures, ou sur le Truman Show.

Avatar Aang: The Last Airbender, de Lauren Montgomery et William Mata

Film d’animation étatsunien paru en 2026, situé dans l’univers d’Avatar The Last Airbender. On retrouve Aang et son gang, 13 ans après la fin des événements de la série. Le monde est en paix, mais Aang essaie toujours de retrouver des reliques de la culture des nomades de l’air. Il est attaqué par une bande de non benders qui lui vole une relique. Il découvre qu’il s’agit d’une relique de Sonam, une Avatar issue des nomades de l’air, qui avait réussit a communier avec le monde des esprits au point de pouvoir donner le pouvoir du bending à de nouvelles personnes. Convaincu que retrouver la trace de Sonam lui permettra de faire revivre les Nomades de l’air, Aang se lance dans un voyage périlleux, au cours duquel il va découvrir un autre Airbender prisonnier des glaces comme lui…

C’était sympa de retrouver les personnages d’Avatar et ça donne de quoi patienter d’ici la sortie de la série en fin d’année, mais l’histoire du film n’était pas passionnante. C’est une quête assez straightforward avec le gimmick d’un personnage issu du passé aux motivations troubles. De plus, ayant déjà vu Korra, on sait que Aang ne va pas faire apparaître de nouveaux airbenders. J’ai bien aimé toute la première partie et notamment ce qui se passe sur le mont Badyu (très jolies scènes de montagnes même si on comprend pas trop pourquoi Aang escalade plutôt que d’utiliser son glider), les Denied par contre font un groupe d’ennemis un peu cliché, yet again des nonbenders vénères et violents (et tant qu’à faire ils auraient directement pu les lier aux Equalists de la S1 de Korra).

Hoppers, des studios Pixar

Film d’animation étatsunien paru en 2026. Pour protéger une clairière dans laquelle elle allait avec sa grand-mère, Mabel transfère sa conscience dans un castor robotique pour persuader des animaux d’aller se réinstaller dans ladite clairière (un mardi classique). Elle découvre un monde animal avec des rois pour chaque classe (et pas pour chaque royaume, de façon assez frustrante) et une coopération poussée entre les animaux qui se partagent un territoire de plus en plus petit. Ses tentatives d’intervention pour protéger la clairière vont pousser les animaux à planifier l’assassinat du maire de la ville, à l’origine du projet autoroutier qui menace la clairière (un mercredi classique).

C’était assez rigolo à regarder. Le côté émerveillement devant la nature et relation entre les espèces dans un écosystème sont plutôt bien rendus, ce qui n’est pas évident dans un film grand public. Les animaux sont totalement anthropomorphisés, mais ça fait partie du côté rigolo du film. Bon, le maire avec son grand projet inutile auquel on peut le convaincre de renoncer après lui avoir montré la vie à travers les yeux d’un castor robot j’y crois pas trop, mais on va dire que c’est la position centriste du film. Les différents personnages secondaires sont plutôt réussi même s’ils n’ont pas beaucoup de ton écran à part peut-être le maire et le castor roi des mammifères. Mention spéciale à Diane évidemment personnage que l’on voit 2 minutes en tout et pour tout mais qui est très très réussi.

Recommandé !

Lesbian Space Princess, de Leela Varghese et Emma Hough Hobbs

Film d’animation australien paru en 2025. Saira est la princesse de Clitopolis, célèbre planète lesbienne. Élevée dans l’ombre de ses deux mères, elle est effacée et peu sûre d’elle. Dévastée par la fin de sa première relation après deux semaines, elle décide de s’aventurer hors de la bulle de filtre qui sépare l’espace queer de l’espace hétéronormé, dans une quête pour aller sauver son ex des cis white maliens qui l’ont kidnappée. Le seul vaisseau qu’elle a trouvé pour partir est un « problematic ship », mais malgré l’adversité Saira va trouver en elle des forces insoupçonnées. Bon, vous l’aurez compris, scénario très classique même si queerifié, un hero’s journey dans les règles de l’art, mais avec plein de blagues féministes et de petites chansons. Des couleurs pastels qui donnent une vibe Adventure time/Disenchanted. Le film est fait sur un tout petit budget, donc le résultat est assez impressionnant, mais j’avoue que j’aurais néanmoins bien aimé une animation un peu moins classique.

Undone, de Kate Purdy et Raphael Bob-Waksberg

Série d’animation étasunienne parue en 2019. Je n’ai vu que la saison 1, notamment parce que je voulais voir la dernière série de RBW que je n’avais pas vue (après Bojack et Long Story Short). J’ai été beaucoup moins convaincu que par les deux autres. On suit Alma, qui suite a un accident de voiture, voit le fantôme de son père qui lui demande de venger son meurtre (hello Hamlet) et lui explique qu’elle peut désormais voyager dans le temps pour intervenir sur ce meurtre. Évidemment, du point de vue des proches d’Alma, ça ressemble plus au déclenchement d’une crise de schizophrénie…

Ça parlait (légèrement) de voyage dans le temps, mais surtout de liens familiaux – mais je trouve que c’est pas très original/intéressant : on parle de l’absence du père, de liens conflictuels avec sa mère et de peur de l’engagement, sujet un peu vus et revus. L’animation en rotoscopie est jolie, mais ça ne me suffit pas perso.

Le Combat des chefs, d’Alain Chabat

Série d’animation française parue en 2025, adaptation de l’album d’Astérix éponyme. C’était sympa de revoir une adaptation d’Astérix dirigée par Chabat, plein de petits trucs sympas dedans (la trouvaille de la mère de César, toute l’idée de la création d’un parc d’attraction pour préparer le combat des chefs, la résolution sans combat à la potion magique, les commentateurs sportifs…), mais en même temps c’était yet another adaptation d’Astérix, ça m’a pas non plus transporté plus que ça.

Arcane, de Christian Linke et Alex Ye

Série télévisée en 2 saisons, parue en 2023 et 2024. L’animation est très belle mais l’histoire m’a laissé assez indifférent, une rivalité entre deux sœurs et deux cités jumelles, mais avec des éléments très peu caractérisés j’ai trouvé.

Si la première saison ça va encore, la deuxième c’est clairement le bazar avec 15 000 lignes narratives qui commencent on sait pas trop pourquoi et finissent pas vraiment. Tout les personnages deviennent overpowered, mais pour un truc qui commençait en mode lutte des classes, ça passe vite en mode « 5 individus peuvent changer l’Histoire et les masses les regardent faire », avec en plus un militarisme sous-jacent pas du tout remis en question.

Cool bande-son though.

Coco, de Lee Unkrich (studios Pixar)

Film d’animation états-unien de 2017. Miguel vient d’une famille de coordonièr·es mexicain·es qui rejettent tout ce qui est musical : l’ancêtre de la famille a été abandonné par son mari musicien qui voulait vivre de son art. Mais Miguel adore la musique. Pour participer à un tremplin, il va le jour de la fête des morts voler la guitare de son idole, Ernesto De La Cruz. Mais ce vol de la propriété d’un défunt va maudire Miguel : transporté dans le monde des morts, il va devoir demander la bénédiction de la partie défunte de sa famille pour revenir parmi les vivants. Sauf que sa famille morte déteste aussi la musique et ne veut lui donner sa bénédiction que contre un renoncement. Toute sa famille, sauf le mystérieux musicien qui a abandonné sa femme…

C’était visuellement très beau. L’histoire est réussie, avec de bons rebondissements et des personnages secondaires (le chien notamment) réussis. Petit bémol sur le fait que la critique de la famille que le film esquisse au début est finalement totalement effacée : il y avait juste un manque de communication, mais finalement tout le monde peut se retrouver autour de la musique, et tout le monde dans la famille était très gentil, les méchants sont à l’extérieur.

The Wild Robot, de Chris Sanders

Film d’animation paru en 2024. Suite à une tempête, un conteneur contenant un robot domestique ultra perfectionné s’écrase sur une île pleine d’animaux. Programmé pour assister les humain.es, le robot va tordre sa programmation pour venir en aide aux animaux.

C’était très joli (très belle animation), l’histoire est touchante, mais pas ultra profonde non plus : les animaux sont un peu trop anthropomorphisés dans leurs comportements et leurs relations interespèces – mais bon à la base c’est un film pour les enfants, je sais pas si une éthologie exacte des opposums les auraient enthousiasmés.