Archives de catégorie : Screens, thousands of them

Decorado, de Alberto Vázquez

Film d’animation espagnol paru en 2025. Albert, une souris anthropomorphe, a l’impression que sa vie est une fiction, et que ses voisins l’observe. Refusant de prendre les pilules fabriquées par l’entreprise qui contrôle tout dans sa ville, il passe son temps à explorer les bois alentours, persuadé qu’un chemin permet d’en sortir et d’atteindre un dehors hypothétique…

C’était assez perché par certains points (random démon qui joue de la lyre dans les bois, la fée de la dépression, le suivi des déchets dans les égouts…), mais pas assez sur d’autres (largement pas assez de méta pour une œuvre sur le thème « est-ce que je vis dans le monde réel ou une mise en scène ») j’ai trouvé. Notamment une jolie DA (très belles couleurs notamment), quelques moments de glitchs, mais qui restent très éphémères plutôt que de changer vraiment le dessin qui reste tout le temps très classique. Il y a des moments où ça semble pas très bien « joué » (difficile à dire pour de l’animation), mais ça vient avec le propos « j’ai l’impression que ma vie est une fiction ». Pour aller plus à fond sur le sujet, j’irai plutôt sur des œuvres de Kaufmann (Synecdoche, New York notamment), sur Les Murailles de Samaris dans les Cités Obscures, ou sur le Truman Show.

Silencio, d’Eduardo Casanova

Série espagnole vampirique parue en 2025, en 3 épisodes de 20 minutes. Au 14e siècle, 4 sœurs vampires discutent de ce qu’elles doivent faire en ces temps de peste noire : les vampires ne sont pas affectés par la maladie, mais il devient de plus en plus difficile de trouver du sang non contaminé pour se nourrir. De plus, une d’entre elles est amoureuse d’un humain, ça sœur ainé lui interdit de lui révéler qu’elle est une vampire en lui expliquant que quoi qu’il dise actuellement il a la désistera une fois qu’il saura la vérité sur elle. Dans les années 80, la fille de la vampire amoureuse explique à sa mère désabusée et alité quelle est elle même amoureuse d’une humaine. Enfin dans les années 2020, une virologue et une vampire discutent du fait qu’il est désormais possible de vivre avec le VIH.

C’est assez inclassable. On a à la fois une esthétique très kitsch avec des vampires faits pour être repoussants, des costumes du XIVe siècle tout en rubans et fanfreluches, des années 80 en napperons et permanentes, un discours sur le mythe du vampire, un discours sur le VIH (le réalisateur est séropositif, Act up est mis en scene dans la série). Le mélange du tout fonctionne surprennament bien.

Recommandé.

Chicas tristes, de Fernanda Tovar

Film mexicain de 2026. Paula et La Maestra sont deux amies de 16 ans. Elles sont dans la même équipe de natation et elles habitent dans le même quartier. Paula est attirée par Daniel, qui est dans leur équipe aussi. La Maestra le dit a Daniel lors de la fête du Nouvel An, qui va violer Paula.

Le film est centré sur la relation entre les deux amies, et sur son évolution une fois que Paula raconte à La Maestra ce qui s’est passé. On voit les deux filles dans leur quotidien, qui vont alors l’entraînement de natation à leur cours de danse dans la rue où ils traînent chez l’une ou chez l’autre compagnie des membres de leur famille. C’est un très beau portrait d’amitié, on voit les petits riens qui forment leur quotidien, leurs références communes. Les actrices principales sont excellentes, les seconds rôles sont très réussis aussi (mention spéciale au frère de La Maestra). C’est aussi très bien filmé, avec des cadrages qui exploitent les nombreux moments à la piscine avec des scènes sous l’eau, des éléments filmés dans des reflets ou à travers des vitres. Ça met aussi bien en scène l’environnement, avec des plans sur d

Recommandé, avec le TW de circonstance.

Avatar Aang: The Last Airbender, de Lauren Montgomery et William Mata

Film d’animation étatsunien paru en 2026, situé dans l’univers d’Avatar The Last Airbender. On retrouve Aang et son gang, 13 ans après la fin des événements de la série. Le monde est en paix, mais Aang essaie toujours de retrouver des reliques de la culture des nomades de l’air. Il est attaqué par une bande de non benders qui lui vole une relique. Il découvre qu’il s’agit d’une relique de Sonam, une Avatar issue des nomades de l’air, qui avait réussit a communier avec le monde des esprits au point de pouvoir donner le pouvoir du bending à de nouvelles personnes. Convaincu que retrouver la trace de Sonam lui permettra de faire revivre les Nomades de l’air, Aang se lance dans un voyage périlleux, au cours duquel il va découvrir un autre Airbender prisonnier des glaces comme lui…

C’était sympa de retrouver les personnages d’Avatar et ça donne de quoi patienter d’ici la sortie de la série en fin d’année, mais l’histoire du film n’était pas passionnante. C’est une quête assez straightforward avec le gimmick d’un personnage issu du passé aux motivations troubles. De plus, ayant déjà vu Korra, on sait que Aang ne va pas faire apparaître de nouveaux airbenders. J’ai bien aimé toute la première partie et notamment ce qui se passe sur le mont Badyu (très jolies scènes de montagnes même si on comprend pas trop pourquoi Aang escalade plutôt que d’utiliser son glider), les Denied par contre font un groupe d’ennemis un peu cliché, yet again des nonbenders vénères et violents (et tant qu’à faire ils auraient directement pu les lier aux Equalists de la S1 de Korra).

Hoppers, des studios Pixar

Film d’animation étatsunien paru en 2026. Pour protéger une clairière dans laquelle elle allait avec sa grand-mère, Mabel transfère sa conscience dans un castor robotique pour persuader des animaux d’aller se réinstaller dans ladite clairière (un mardi classique). Elle découvre un monde animal avec des rois pour chaque classe (et pas pour chaque royaume, de façon assez frustrante) et une coopération poussée entre les animaux qui se partagent un territoire de plus en plus petit. Ses tentatives d’intervention pour protéger la clairière vont pousser les animaux à planifier l’assassinat du maire de la ville, à l’origine du projet autoroutier qui menace la clairière (un mercredi classique).

C’était assez rigolo à regarder. Le côté émerveillement devant la nature et relation entre les espèces dans un écosystème sont plutôt bien rendus, ce qui n’est pas évident dans un film grand public. Les animaux sont totalement anthropomorphisés, mais ça fait partie du côté rigolo du film. Bon, le maire avec son grand projet inutile auquel on peut le convaincre de renoncer après lui avoir montré la vie à travers les yeux d’un castor robot j’y crois pas trop, mais on va dire que c’est la position centriste du film. Les différents personnages secondaires sont plutôt réussi même s’ils n’ont pas beaucoup de ton écran à part peut-être le maire et le castor roi des mammifères. Mention spéciale à Diane évidemment personnage que l’on voit 2 minutes en tout et pour tout mais qui est très très réussi.

Recommandé !

Etty, de Hagai Levi

Série française-germano-néerlandaise de 2026. Adaptation de la vie et du journal d’Etty Hellisum, intellectuelle juive qui a vécu aux Pays-Bas sous l’occupation nazie avant d’être déportée. La série met en scène la vie d’Etty Hellisum mais dans un Amsterdam contemporain : les personnages n’utilisent pas la technologie moderne, mais leurs vêtements, les bâtiments, les modèles de véhicules sont modernes. On voit les conditions de vie des Juif/ves se dégrader de plus en plus avec l’interdiction d’accès aux magasins, puis aux transports en commun, puis l’interdiction de posséder un vélo… Etty fait des choix assez radicaux, demandant à être envoyée dans un camp de transit pour y tenir un dispensaire. La série s’arrête avant l’entrée dans le camp, pour se concentrer sur sa vie à Amsterdam, ses interactions avec sa famille, ses ami.es, son psy qui deviendra son amant… et sur l’évolution de sa réflexion philosophique.

Recommandé, mais sujet un peu dur même si la violence reste principalement en arrière-plan.

A Classic Horror Story, de Roberto De Feo et Paolo Strippoli

Film d’horreur italien paru en 2021. Cinq personnes qui covoiturent dans un camping car en Calabre ont un accident. Elles se réveillent loin de toute route, dans une clairière avec une maison sinistre. Elles vont progressivement être chassées et exécutées par des hommes munis de masques en bois qui agissent pour reproduire un vieux mythe à propos de « chevaliers d’honneur »…

J’ai bien aimé ! On est effectivement sur une trame très classique de film d’horreur, mais très bien exécutée. Le twist de la dernière partie est bien réussi, pas forcément indispensable mais il n’affaiblit pas le début du film et donne une nouvelle direction intéressante. Un peu de gore donc à éviter si ça vous trigger, mais ça reste principalement hors champ. Le côté folk horror marche bien, les espèces de traditions cheloues sont bien mises en scène, avec des hommages à d’autres films (The Wicker Man notamment, un soupçon de The Cabin in the woods)

Recommandé si vous aimez la folk horror un peu classique ! J’ai aussi beaucoup aimé, dans un style assez différent, le suivant de Strippoli, Holy Boy.

Laurent dans le vent, d’Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon

Film français paru en 2025. Laurent débarque hors saison dans une station de ski pour squatter l’appartement d’une connaissance. Peu à peu il va rencontrer des gens et se trouver des routines.

Il ne se passe pas beaucoup plus de choses dans le film, et il met un peu longtemps à démarrer à mon sens, mais j’ai bien aimé. On voit Laurent qui erre pas mal dans la vie mais qui se trouve des relations, assez variables. On le voit chercher des hébergements, se trouver quelques relations romantico-sexuelles, échanger au téléphone avec sa sœur, pendant que les paysages de la station changent autour de lui au gré des saisons. On s’attache au personnage et à ses errances, et aux seconds rôles qui ont tous l’air un peu paumés aussi. C’est filmé tout en décors naturels (je suppose), dans un style très naturaliste/tranche de vie.

Recommandé si vous aimez les films lents et les personnages principaux qui s’appellent Laurent.

The Last Viking, d’Anders Thomas Jensen

Film danois paru en 2025. Suite à un braquage, Anker demande à son frère Manfred de cacher le butin pour lui avant qu’il ne parte en prison. Quand il sort, X années plus tard, il revient voir sa sœur et son frère et demande à ce dernier de le mener à la cachette du butin. Mais Manfred a un trouble psychique et se prend pour John Lennon. Les deux frères vont partir vers l’ancienne maison de famille, depuis devenue un AirB’n’B, pour tenter de retrouver le butin. En chemin ils vont être rattrapé par leur sœur, un ancien complice d’Anker assez patibulaire, un psychiatre et d’autres personnes avec des troubles de la personnalités, ainsi que les deux propriétaires de l’AirB’n’B, pas totalement équilibré-es non plus.

C’était très danois. C’est une comédie assez noire (les révélations progressives sur l’enfance d’Anker et Manfred notamment, oof) mais qui réussit à rester drôle, avec un regard assez peu validiste sur la folie, ce qui n’est jamais facile.

En Boucle, de Junta Yamaguchi

Film japonais paru en 2023. Les employés et clients d’une auberge japonaise se rendent compte qu’ils sont pris dans une boucle temporelle de 2 minutes. Les employés vont tenter de continuer à assurer un service correct pour les clients malgré le désagrément de réapparaitre à leurs positions de début de boucle toutes les 2 minutes. Puis petit à petit ils prennent du temps pour faire d’autres choses, notamment tenter de comprendre l’origine de la boucle, mais aussi discuter de leurs sentiments. On suit principalement Mikoto, amoureuse d’un des cuisiniers de l’auberge et qui a fait une prière au dieu de la rivière pour que le cuisinier ne parte pas en France étudier la cuisine comme il en avait le projet…

C’est le deuxième film du même réal qui parle de paradoxes temporels (après Deux minutes plus tard), j’ai bien aimé celui-ci aussi. Le côté boucle très courte est original, ça donne un rayon d’action très limité aux personnages, le film fait un peu tourné à l’arrache avec des caméras à l’épaule, mais ça lui donne un certain charme. Les micro-escapades de Mikoto et du cuisinier sont bien mises en scène, le côté « soulagement de la deadline » ou « profiter de la bouffe infinie » mais qui tournent très vite à l’ennui aussi.