Archives par mot-clé : fantastique

Death Becomes Her, de Robert Zemeckis

Film américain de 1992. Une actrice obsédée par l’apparence de la jeunesse boit une potion magique lui garantissant la jeunesse éternelle. Tuée par son mari peu après, elle devient une zombie, qui doit recourir à des produits industriels pour maintenir son apparence. Elle tente de manipuler son mari croque-mort pour qu’il s’en charge, mais elle finit par ne pouvoir s’appuyer que sur sa meilleure ennemie, dans la même situation qu’elle…

C’était inégal. Meryl Streep joue le rôle principal et le joue très bien. Le film part un peu dans toutes les directions, on est sur une dénonciation des injonctions permanentes à la beauté que subissent les femmes, mais pas toujours de façon très adroite. Y’a une séquence grossophobe complètement gratuite au début du film – et quand je dis complètement gratuite c’est qu’on peut juste la virer et le film reste totalement compréhensible.

Y’a une influence Rocky Horror Picture Show dans le manoir de la dispenseuse de la potion d’éternelle jeunesse avec ses serviteurs bodybuildés, un côté meurtre pasionnel à Mulholland Drive dans un bout du film – en fait on à pas mal l’impression de voir un patchwork de films, mais c’est peut-être volontaire de la part de Zemeckis.

Tooth Fairy, de Michael Lembeck

Film américain de 2010. Dwayne Johnson incarne un joueur de hockey de seconde zone, utilisé par son équipe pour blesser les joueurs adverses. Sa brutalité sur le terrain lui vaut une célébrité locale, et il est plutôt content de sa vie. Suite à son affirmation devant une enfant que la Fée des dents (la petite souris aux USA) n’existe pas, il est considéré coupable par le monde féerique de « dispersion of disbelief » et condamné à devenir une des Fées des dents pour 2 semaines, une obligation qui va interférer avec le reste de sa vie.

J’ai été fort agréablement surpris. L’intrigue est relativement classique pour ce genre de film, mais le personnage principal est nuancé – il a un bon fond mais il sait se montrer mesquin, et il est désabusé, et les seconds rôles sont tous réussis. Point bonus pour avoir filé au personnage principal un love interest qui a son âge et pas 20 ans de moins.

Le personnage n’est pas spécialement attaché aux enfants, il s’entend bien avec la gamine de sa compagne mais a plus de mal avec le fils, et il n’a pas spécialement d’affection pour tous les autres enfants qu’il rencontre. De façon générale son approche désanchantée de son job temporaire de fée est très réussie. Les gags sur les différents gadgets sont attendus mais bien exécutés. Julie Andrews en Fairy godmother est géniale (et excellente scène durant le générique de fin).

Lovecraft Country, de Misha Green et Jordan Peele

Adaptation en série télévisée du roman éponyme. J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans. Comme le livre, ça part un peu dans tous les sens, il faut accepter que c’est une anthologie, avec des styles et genre qui varient assez fortement d’un épisode à l’autre malgré la trame globale. Mais au bout d’un moment (vers l’épisode 4 je dirais pour moi) la mayonnaise prend et c’est assez cool. Du coup c’est de l’horreur, pas du tout lovecraftienne par contre malgré le titre, et du pulp de façon plus générale, avec des héros racisés – principalement noirs – qui doivent composer avec les menaces horrifiques, et celles d’une société raciste en parallèle. Évidemment les détenteurs de pouvoirs magiques sont blanc.he.s, les dominations se recoupant. La série parle un peu de féminisme et d’intersectionnalité, mais le prisme des discriminations racistes reste prééminent.

Je suis un peu dubitatif des retournements de situation dans l’épisode final, mais sinon je recommande la saison.

L’Organisation, de Maria Galina

URSS, 1979, une ville portuaire quelconque. Sous-sous-branche des services portuaires, le SSE est chargé des inspections sanitaires sur les cargos à l’arrivée. Rosa, jeune fille de 17 ans un peu fleur bleue, y accepte à contrecœur un poste de secrétaire, dans l’espoir d’y pratiquer son anglais. Le travail de ses collègues du SSE-2 est obscur : si le SSE-1 gère tout ce qui est menace biologique, que fait le SSE-2 ? Le lecteur est éclairé avant Rosa : le SSE-2 gère les menaces surnaturelles. Et il semblerait que malgré leur respect stricte de la procédure, un esprit quelconque ait réussi à débarquer d’un cargo, et commence à menacer la ville…

J’ai bien aimé. Le 4e de couverture le rapproche de Ghostbusters, pour ma part je dirai plutôt Les Puissances de l’Étrange ou Le Bureau des Atrocités, pour le côté rencontre de la bureaucratie et du surnaturel. Le rythme est un peu lent, mais j’ai l’impression que c’est classique roman russe moderne. Le point de vue varie entre différents personnages (et heureusement parce que Rosa ne comprenant pas grand chose à ce qui se passe, garder son point de vue tout du long aurait été dommage), qui se débattent entre gestion de la menace surnaturel, vie quotidienne dans une URSS qui n’est pas au mieux de sa forme et arrangements avec la hiérarchie inepte.

Lovecraft Country, de Matt Ruff

Dans l’Amérique des années 50, une famille noire doit affronter à la fois le racisme d’une société ségrégée et des phénomènes surnaturels liés à une société occulte de magicien.ne.s.

La prémice était intéressante, mais j’ai été un peu déçu par la réalisation, malheureusement. Déjà, le type de surnaturel n’est pas celui de l’horreur cosmique à la Lovecraft, le titre est donc un peu trompeur. C’est dommage, parce que l’idée de subvertir le racisme de Lovecraft et de montrer que bien évidement les Grands Anciens et le KKK s’entendraient très bien est très intéressante. Mais bon, ce n’est pas si grave que ça.

Par contre, plus problématique, la structure du roman est assez ratée. On dirait largement plus une suite de nouvelles, où les personnages principaux sont très passifs, et où les événements leur arrivent dessus au moment où c’est pratique pour faire avancer le récit.

J’espère que la série qui adapte le roman saura sublimer tout ça, parce qu’il y a quand même de bonnes idées dedans.

The Library at Mount Char, de Scott Hawkins

Roman fantastique de 2015. Carolyn, avec 11 autres enfants, a été adoptée par Père. Durant 20 ans ils ont étudié dans la Librairie rassemblée par Père, qui s’avère contenir la somme de toutes les connaissances du monde, chaque enfant dans sa section dédiée, avec interdiction formelle de s’intéresser aux sections des autres.
Aujourd’hui Père a disparu et la Librairie est inaccessible. Les ennemis de Père risquent de se mettre en marche, et parmi les 12 disciples une lutte de pouvoir va commencer…

C’était intéressant. C’est du fantastique voir de l’horrifique (dans le sens lovecraftien du terme, mais avec une mythologie qui n’est *pas* celle de Lovecraft, et ça c’est assez cool), et d’un point de vue plus proche de celui des Grands Anciens que de celui des humains. Le déroulement de l’histoire est intéressant, les pièces se mettent en place petit à petit, la mythologie de l’univers est sympa. En terme de structure, ça aurait mérité un peu plus d’édition, la dernière partie étant rajouté de façon un peu artificielle après la « victoire ». Ce qui y est raconté est intéressant et clairement une partie importante de l’histoire donc il ne faut pas s’en passer, mais il y avait probablement moyen de l’intégrer de façon plus fluide au reste du livre. Par ailleurs peut-être un peu trop d’affection pour les militaires de la part de l’auteur par rapport à ce que j’aurai voulu, mais ça reste un point mineur.

Je recommande en tant que roman pas prise de tête.

Vivarium, de Lorcan Finnegan

Film fantastique de 2020, sur l’aliénation que représentent la vie pavillonnaire et la cellule familiale nucléaire. Il y a 50 ans, ça aurait été particulièrement subversif. Donc bon, le fond du film me laisse perplexe, mais visuellement c’est plutôt réussi. Un couple visite une maison-témoin dans un lotissement tout juste construit. L’agent immobilier les plante là, et ils se rendent compte qu’il leur est impossible de sortir du lotissement. Ils se résignent à habiter là, et remplissent leurs journées comme ils peuvent. La représentation du lotissement comme pile dans l’uncanny valley est assez réussi. Tout est parfait et immuable, les maisons sont toutes identiques, les nuages ressemblent tous à des nuages, le soleil est toujours radieux.

Sympa mais sans plus.

The Room, de Christian Volckman

Film fantastique. Un couple emménage dans une nouvelle maison isolée. Ils y découvrent une pièce qui fait apparaître tout ce qu’ils y demandent. Au début ils se vautrent dans le luxe avec enthousiasme, puis ils demandent un enfant, et là les choses commencent à mal se passer.

J’ai été assez déçu. Il y avait du potentiel, visuellement c’est assez joli, mais le film n’a vraiment rien à raconter. La dynamique du couple est perrave, on est sur des schémas de relations personnelles un peu réac, tu comprends pas les motivations des personnages…
Bref, meh.

The Terror, de David Kajganich

Saison 1 :

Série fantastique produite par David Kajganich, Ridley Scott et Dan Simmons, entre autres. Adaptation d’un roman éponyme de Dan Simmons, la série raconte ce qu’il est advenu de l’expédition (réellement) envoyée par le Discovery Service de la marine anglaise pour trouver un passage navigable dans les glaces du Pôle Nord. Les deux navires, pris dans les glaces, sont contraint d’hiverner en totale isolation. Les conditions extrêmes, l’isolation et d’autres éléments plus fantastiques vont conduire à la disparition des équipages.

J’ai beaucoup aimé, notamment le côté costumes d’époque et série « maritime » (y’a des bateaux mais passé le premier épisode y’a plus des masses de navigation). C’est bien filmé, bien mis en scène. Il va visiblement y avoir une saison 2, mais qui n’aura rien à voir avec la première, en mode anthologie.

Saison 2 :
Déception. Le cadre choisi était super intéressant : les camps d’internements américains pour les citoyens américains avec des origines japonaises, durant la WWII. Mais l’histoire ne prend absolument pas, il ne se passe rien, et t’as des plot-twists pourris. J’ai arrêté en cours de saison.