Archives du mot-clé fantastique

Liens de Sang (Kindred) d’Octavia Butler

Roman fantastique publié en 1979. Une femme noire de 26 ans vivant en 1976 se retrouve transportée en 1815 sur une plantation dans un État esclavagiste.
Le cadre fantastique en soi est très peu exploré, mais si en soit j’aurais bien aimé que ça parte en mode full uchronie (à la De Peur que les Ténèbres, mais avec la conscience des enjeux sociaux, de race, de genre et de classe que peut apporter Octavia Butler), je pense que ce qu’à fait Octavia Butler est in fine plus intéressant qu’une uchronie fix-it. Le roman se concentre sur le regard de Dana sur le système de l’esclavage, la place qu’elle peut se faire en tant que femme noire avec une sensibilité du XXe siècle dans ce monde esclavagiste, ses relations avec les différentes personnes, noirs comme blancs, hommes et femmes. Les concessions, renoncements et adaptations qu’elle est obligée de faire pour survivre, ses stratégies de résistance. Le style est simple et percutant, les personnages sont très bien construit, le roman est prenant, intelligent et fait réfléchir aux sujets qu’il évoque.

Forte recommandation, et je vais aller lire d’autres trucs de Butler.

Le Chat noir, d’Edgar Allan Poe

Recueil de nouvelles que m’avait offert ma grand-mère quand j’étais allé voir l’exposition Fantastique ! avec elle et mon grand-père. J’ai mis un peu de temps à le (re)lire (j’avais lu toutes ces nouvelles durant mon adolescence). C’est assez variable. La nouvelle titre du recueil est un classique et bien faites, les autres sont quand même un cran en dessous. Du fanstastique/horrifique de l’époque, intéressant dans ce qu’il fonde, mais pas forcément incroyable en soi.

Wilde Life, par Pascalle Lepas

Un webcomic assez cool et fort bien dessiné. Recommandé par un ami suite à ma recommandation de Long Exposure. Ca parle de phénomènes fantastiques dans une petite ville, et d’amitiés improbables. L’univers est assez intéressant, faisant du neuf avec des tropes vieux comme le monde (sorcières, fantômes, loups-garous…).

Ça vaut le coup de lire les alt-texts des pages, où l’autrice commente les idioties de ses personnages et est hilarante en qq mots.

Les Mystères de Larispem, de Lucie Pierrat-Pajot

Tome I : Le Sang n’oublie jamais
Premier tome d’une série jeunesse qui se passe dans une uchronie steampunk où la Commune a gagné, avec des héroïnes badasses, de l’argot louchebem, du féminisme, de la magie. What’s not to like?

Tome II : Les Jeux du Siècle
Je l’ai préféré au tome 1 : j’étais davantage dans l’histoire, il y’avait moins d’exposition, les personnages interagissent beaucoup plus et du coup leurs différents points de vue sont plus que des histoires parallèles… Bref c’était très bien, y’a notamment une légère intrigue politique qui est plutôt intéressante, avec la question de la survie possible d’une Cité-Etat en environnement hostile, du risque de recréer une nouvelle classe dominante…

Petit bémol sur une révélation sur la fin du roman qui est un peu cheap (à la Star Wars, tous les personnages important ont des liens familiaux). Globalement j’ai hâte de lire le III.

バケモノの子, Bakemono no ko, de Mamoru Hosoda

(Mamoru Hosoda a aussi réalisé La Traversée du Temps, que j’aime beaucoup). Film d’animation japonais, un garçon se retrouve accidentellement dans le monde des animaux, ou un des deux prétendants au titre de Seigneur des Bêtes le prend comme apprenti. Mais ce tuteur est lui-même auto-formé, désordonné et incapable d’élever un disciple. Cool film, avec un univers original et des relations assez peu stéréotypées entre les personnages, ça change.

Les Perséides, de Robert Charles Wilson.

C’est bon, je suis à jour de ce qui a été publié de Wilson en français. Vu que j’avais pas eu de mal à lire Burning Paradise en anglais, peut-être que je devrais lire toutes ses futures publications en VO. Pour en revenir au livre, recueil de nouvelles avec des éléments d’arrière plan commun. La quatrième de couv parle de « peut-être le livre le plus personnel de RCW », perso je dirai « la preuve qu’il est meilleur dans les formes longues parce qu’il a la place de longuement développer ses idées ». Y’a plein de trucs cools dans ce recueil mais ça finit souvent de façon un peu frustrante. J’ai bien aimé la nouvelle sur la « paracarthographie » (forcément, ça parle à mon explorateur urbain intérieur), qui se rapproche un peu des thèmes d’écriture de China Miéville.