Archives par mot-clé : Steampunk FTW

Le Château des Étoiles, d’Alex Alice

BD dessinée à l’aquarelle. Dans les années 1870, après un vol expérimental confirmant l’existence de l’éther au delà de l’atmosphère, un programme de conquête spatial est lancé par le roi Ludwig de Bavière, amoureux des arts et sciences, avec l’assistance d’un ingénieur français et de son fils. Mais la prouesse technologique intéresse fortement Bismarck, qui en voit l’intérêt militaire pour l’empire allemand…

J’ai beaucoup aimé. Il y a des influences de Jules Verne et d’Hayao Miyazaki clairement assumée, avec le côté ingénierie et les châteaux féeriques perdus dans la Bavière rurale. Beau contexte uchronique avec Bismarck, la princesse Sissi qui vient au secours de son cousin. Mention spéciale pour le prince Ludwig d’ailleurs, avec son coté héros romantique avec sa grande cape, qui va probablement réapparaitre plus tard dans l’histoire en mode Albator.

Le second cycle (se déroulant sur Mars plutôt que sur la Lune) m’a un peu moins plu, on voit l’influence des Chroniques Martiennes dessus, mais j’ai trouvé le rythme de l’histoire plus haché, et il y a moins le côté défis techniques à résoudre.

Feuillets de cuivre, de Fabien Clavel

Enquêtes policières feuilletonnesques au début du XXe siècle dans un univers discrètement steampunk avec des influences vernesques. Je suis vraiment pas convaincu par les bouquins de Clavel, ce qui est dommage parce qu’il a des critiques (et une postface/préface) dithyrambiques et qu’il écrit dans des genres que j’aime bien. Mais à la lecture je trouve ça banal voire convenu.

Pax Germanica, de Nicolas Le Breton

Uchronie steampunk en deux tomes. Sous le règne de Napoléon III, les prototypes d’aérostat d’Henri Giffard sont soutenus par le pouvoir. La technologie se développe et prend de l’ampleur dans l’ensemble de l’Occident et même au-delà, bouleversant le développement technique et notamment des transports.
Dans cet univers, l’histoire commence en 1912. L’introduction d’éléments surnaturels permettant à la fois de réanimer des cadavres et d’alimenter des dirigeables avec une puissance supérieure à tout ce qui était possible jusqu’alors pousse l’ancien préfet de Paris Louis Lépine à se lancer dans une aventure rocambolesque autour du monde…

Globalement, j’ai bien aimé l’univers technologique du livre. Le côté « Empire coloniaux sous stéroïde steampunk » donne un univers intéressant, des extraits de divers documents en début de chapitre permettent d’avoir une vue plus large du monde (c’est un procédé que je trouve toujours intéressant dans les uchronies) et l’auteur trippe avec et décrit bien tous les différents aérostats qu’il met en scène et le monde qui en découle, avec des classes supérieures qui ne se déplacent que par les airs, un abandon des bateaux, des enjeux politiques de contrôle des sources d’énergie et des gaz de remplissage des ballons…
Mais par contre le premier tome se concentre sur une intrigue surnaturelle qui m’a laissé un peu froid : énergie mystique, cité de Shangri-La, exotisme un peu de pacotille avec l’Himalaya… et les enjeux géopolitiques sont un peu simplistes avec une gentille France universaliste qui rassemble des savants dans une société futuriste et une Allemagne très méchante et belliciste, appuyée sur une société de Thulé qui exploite à fond les Arts Occultes… Ça se lit bien, hein, mais c’est quand même assez réducteur. Les personnages principaux sont intéressants, même si le héros principal, Louis Lépine, est un peu trop gimmickesque (mais les personnages autour de lui sont intéressants et variés, les méchants par contre sont assez unidimensionnels).
Le début du deuxième tome par contre est beaucoup mieux : on a lâché l’histoire un peu brouillonne du premier pour se concentrer beaucoup plus sur le côté uchronique intéressant ; suite aux événements du premier tome, la Triplice a gagné la Première Guerre Mondiale et dispose d’une supériorité technologique incontestable. L’aérostatisme a été décrétée réservée à la noblesse, un roi de France fantoche a été rétabli, républicains et bonapartistes forment une alliance malaisée pour se lancer dans la Résistance. La Révolution Russe a échoué au profit des Romanovs, les communistes sont donc aussi dans la Résistance à l’échelle mondiale, qui s’appuie notamment beaucoup sur les colonies des anciennes métropoles vassalisées… Mais l’auteur en revient à son surnaturel à la moitié du tome, et nous rajoute une intrigue amoureuse et sexuelle dont on n’a pas grand chose à faire.

Bref, l’uchronie, les intrigues géopolitiques, le monde et ses descriptions sont sympa, le surnaturel et l’histoire proprement dite étaient un peu relous. C’est le genre de livre où je vois assez nettement ce que j’aurais modifié pour en faire un livre vraiment très sympa, du coup c’est un peu frustrant de voir qu’il ne réalise pas son plein potentiel.

Steampunk World, édité par Sarah Hans

Recueil de nouvelles steampunk. Une introduction au début du recueil explique la démarche : il s’agit de faire sortir le steampunk du monde occidental (et de la période de la révolution industrielle) pour voir comment les éléments constitutifs s’adaptent à d’autres contextes historiques.
Et ça marche ma foi assez bien. Toutes les nouvelles ne sont pas du même niveau, mais il y en a de très cools dont on voudrait bien voir les univers étendus, notamment celle qui raconte le mélange du steamkraft inventé en Prusse avec les traditions de l’empire Ottoman, celle au Siam, celle avec l’enquêtrice néo-zélandaise du Bureau des Phénomènes Inhabituels de la Couronne Britannique. 

Anti-Ice, de Stephen Baxter

L’Empire Britannique découvre une source d’énergie surpuissante dans les années 1850, développe une technologie à l’avenant et en profite pour imposer son point de vue à l’Europe entière. La majorité du roman est un peu laborieuse, avec un personnage un peu clueless qui découvre toute ces merveilles et va sur la Lune… En fait le plus intéressant c’est l’intro et la conclusion décrivant l’expansion de l’Empire Britannique et les orientations qu’il prend avec son pouvoir incontesté, rejouant la seconde guerre mondiale et la guerre froide avec un siècle d’avance.

Boneshaker et Clementine de Cherie Priest

Du bon gros steampunk. On a pêle-mêle des zombies, des dirigeables, des inventeurs fous, des corsets et des armes d’une puissance démentielles. Et le mélange fonctionne. Si la ligne narrative du gamin dans Boneshaker n’est pas toujours passionnante, les autres sont intéressantes, ça fait plaisir de voir des personnages féminins forts et capables et l’univers du Clockwork Century est intéressant à lire.

Naufragé en terre inconnue.

Résumé des épisodes précédents : Après avoir passé quatre mois aux Indes, notre héros Edmond Dantès s’apprêtait à regagner sa terre natale, prendre sa revanche sur Morcef et enfin conduire Mercedes à l’autel. Hélas, mille fois hélas, c’était sans compter sur la perversité des marchés, qui prêts à tout pour qu’Edmond ne revoit la France, avaient décidé d’abattre Air India, la compagnie aérienne sur laquelle Dantès avait pris son billet.

Le téléphone échappa des mains de Dantès, produisant un son mat en heurtant le sol de granite du Château d’IFP. Edmond resta là, prostré, immobile pendant une minute, son esprit foudroyé par la nouvelle. Si l’aéroplane qui devait lui faire regagner la tumultueuse Delhi existait toujours, celui qui devait assurer la liaison avec l’Europe avait été supprimé, définitivement plaqué au sol par la main invisible et implacable du marché.
Embarquer dans l’équipage d’une frégate de la Compagnie des Indes pour rejoindre l’Europe ? Non, il devait arriver à temps pour contrer les noirs desseins de Morcef. Affréter un autre aéroplane ? Malheureusement, sa fortune était en France, il ne pouvait régler une telle dépense. Non, il devait y avoir un moyen de persuader Air India de le placer sur un autre vol… Cent fois il tenta de les joindre par téléphone, cent fois il échoua. Enfin le soleil descendit sous l’horizon et il sut que ses tentatives étaient vaines, car nul clerc ne hanterait les locaux de la compagnie à une telle heure. On était vendredi soir, aucune tentative ne pourrait être refaite avant le lundi matin. Il s’en alla, obscur, dans la nuit bouillonnante.

Notre héros reverra-t-il Paris ? Mercedes échappera-t-elle au mariage avec Morcef ? D’Artagnan réussira-t-il à empêcher le Tsar Mécanique de prendre le contrôle de la Compagnie des Indes ? Vous aurez la réponse à toutes ces questions et bien plus encore en lisant le prochain épisode de Indes & Cie !