Randonnée autour de Pont d’Espagne (4/5)

Quatrième et dernier jour. On range la tente, on descend tranquillement depuis le lac d’Arratille. Objectif, le refuge de Wallon-Marcadau, puis descente de la vallée du gave de Marcadau pour retourner à pont d’Espagne. En chemin, on s’arrête pour cueillir des framboises sur un buisson au bord du chemin. On est rejoint par deux randonneuses espagnoles intéressées elles aussi par les framboises et qui nous demande si on va aussi au refuge de Respomuso. On répond qu’on rentre à Pont d’Espagne. Poursuite de la descente, on se pose à Wallon Marcadau (le refuge est fermé pour rénovation, mais la vue est belle). On sort les barres énergétiques, on regarde la carte. On se dit qu’on a encore à la fois de la bouffe et du temps, et que ça pourrait être cool de faire un jour de randonnée en plus. On n’avait pas envisagé le côté espagnol de la carte jusqu’alors, mais de fait l’aller-retour à Respomuso semble possible, et il y a plein de lacs qui ont l’air sympa. Les espagnoles arrivent et vont se baigner, on leur demande si on peut prendre de la nourriture en refuge sans avoir réservé côté espagnol aussi (pour être sûrs d’avoir de la marge, sinon on était un peu juste), elles confirment. On décide définitivement de changer notre plan et de partir côté espagnol. On s’enfonce donc dans le fond de vallée pour aller chercher le col de la Fâche. Ascension un peu raide, mais moins pire que la veille. Presque arrivés en haut, on croise d’autres espagnol qui nous disent que la grande Fâche (3005m, juste à côté du col) c’est « muy facil ». On se dit que tant qu’à y être, autant faire l’ascension. Pendant qu’on déjeune, nos deux compagnonnes de rando nous rattrape et nous demande si nous aussi on monte à la Grande Fâche. Bon bah décidément, c’est acté. On finit notre repas, P. répare sa chaussure qui commençait à se déliter, puis on attaque le dernier bout de l’ascension jusqu’au col. On y retrouve les Espagnoles, dont on apprend les noms (H. et N.). On laisse les sacs au col et on attaque tous ensemble la montée. « Muy facil », tu parles. Certes, pas besoin de matériel, mais il faut beaucoup mettre les mains, et c’est très raide. On discute, H. et N. parlent couramment français, P. se débrouille en espagnol, et on interjecte un peu d’anglais au milieu. On arrive enfin en haut, et l’orage aussi. Là, on en mène pas trop large. On fait une photo en 2-2, puis on attaque la redescente pendant que la pierre n’est pas trop trempée. On fait tous bien bien gaffe, et finalement l’orage ne s’avère pas trop violent (un peu de pluie, un peu de grêle, mais pas de gros volumes et pas d’éclair à proximité). On se retrouve au col, content d’être tous encore vivants. Descente de la vallée de Campo Plano, très belle. C’est un peu plus construit (barrages, murs, socles mystérieux d’installations disparues depuis) que côté français. On arrive enfin à Respomuso, en même temps que le second orage. Des espagnols qui me demandent comment j’ai totalement déchiré mon shorte comme ça. « Era un oso. »
Tortilla et bière sur place, puis on repart chercher un bivouac. On le trouve au bord d’un lac sur l’autre rive duquel une palanquée de scouts espagnols se sont installés. Montage des tentes, baignade, repas commun, on partage une bouteille de vin achetée au refuge, puis dodo.

Sur le chemin du col de la Fâche
Depuis le sommet de la grande Fâche
Pente de la grande Fâche et orage
Vallée de Campo Plano depuis la grand Fâche
Petit lac dans Campo Plano
Campo plano toujours
Lac de respomuso
Depuis le GR 11

Prey, de Dan Trachtenberg

Film étatsunien de 2022, appartenant à la franchise Predator. en 1717, une jeune comanche qui veut faire ses preuves en tant que chasseresse assiste à l’arrivée d’un Predator sur Terre. Malgré l’incrédulité de sa tribu et le mépris que lui porte certains chasseurs qui pensent qu’elle devrait se contenter d’un rôle plus féminin, elle va après une série d’épreuves et de péripéties réussir à tuer l’extraterrestre en combat singulier.

C’était … pas très bien. Le concept de préquelle était intéressant, avoir un film où l’héroïne est une native-américaine était sympa, mais le message « girl power » est amené de façon très très peu subtile, le scénario est très linéaire (« Un problème. Résolu. Oh, un autre problème. Résolu aussi. Allez, un troisième problème »). Les paysages sont jolis mais ça ne suffit pas à faire un film.

Randonnée autour de Pont d’Espagne (3/5)

Troisième jour, on quitte C. après le petit déjeuner, elle redescend dans la vallée. De notre côté, ascension du petit Vignemale (3032m) depuis le refuge de Bayssellance sans les sacs pour commencer la journée. Vue à pic sur le névé en dessous et le glacier qui monte au grand Vignemale. Puis redescente vers le refuge, récupération des sacs, et descente vers le refuge des Oulettes de Gaube. Déjeuner avec les pieds quasi dans l’eau (quasi, parce que c’est de l’eau qui vient directement du névé, elle n’est pas trop à température agréable). On emprunte ensuite le chemin du col des mulets, pierrier bien raide à la montée, puis chemin en balcon dans un pierrier géant côté espagnol, jusqu’au col d’Arratille. Là, redescente tranquille jusqu’au lac d’Arratille où l’orage arrivant sur nous, on plante la tente assez tôt. Discussion avec les autres bivouaqueurs, dîner tranquille lors d’une accalmie, puis nuit assez longue.

Depuis la crête qui monte au petit Vignemale
Le refuge de Bayssellance et les sommets autour
Depuis le sommet du petit Vignemale
Vers le lac de Gaube
Depuis le refuge des Oulettes de Gaube
Pierrier côté espagnol
Vue depuis le col d’Arratille

Randonnée autour de Pont d’Espagne (2/5)

Second jour de randonnée. Réveillé par un cheval qui tentait de manger la tente, je l’éloigne pendant que mon comparse continue à dormir tranquillement. Je tente de réparer mon short, donc la jambe droite se déchire de plus en plus. P. m’annonce qu’il a du fil et une aiguille, mais il s’avère qu’il n’a que du fil. Je lui taxe deux épingles à nourrice à la place et rafistole la béance (ce ne sera pas très efficace, je passerai toute la rando à repositionner les épingles une fois qu’un mouvement un peu trop ample aura déchiré le tissu autour de l’épingle).
Rejoints par C. à 9h, on se met en route vers le lac d’Estom en fond de vallée, puis on commence à monter vers le col d’Arraillé, une montée plutôt intense. On voit quelques isards au passage, mais de loin. Redescente du col vers le lac d’Arraillé où l’on mange alors que de premières gouttes de pluie se mettent à tomber.

Enfilage des sursacs et des k-ways avant de se remettre en route vers le refuge de Beyssellance. Intensification de l’orage jusqu’à avoir un peu de grêle, mais une fois le col passé on redescend rapidement vers le refuge. Sur place, petite bière de récompense, discussion avec Gaëlle et Mathieu qui font (séparément) des boucles qui les mènent vers Gavarnie. Belle vue depuis le refuge sur la brèche de Roland, mais l’orage (et la non-étanchéité de mon k-way) a fait prendre l’eau à mon tel, limitant de façon random ma capacité à prendre des photos.

Installation de la tente lors d’une accalmie, puis repas tranquille et nuit sous l’orage qui devient bien intense vers 23h30 puis se calmera avant le lever du jour.

Sur le chemin du col d’Arraillé
Vue vers le col
L’orage qui vient depuis le col
Sous l’orage

Randonnée autour de Pont d’Espagne (1/5)

Cinq jours de randonnée à deux dans le parc national des Pyrénées, au départ de Pont d’Espagne (comme il y a quelques années avec OC). Petite première journée, on gare la voiture vers 18h, après une quête annexe dans Cauterets pour tenter de trouver un topo du site d’escalade du plateau du Clot (on a finalement trouvé un vieux topo à la médiathèque, mais il n’existe pas de topo récent concernant juste le site, il est inclus dans un topo plus large qui couvre la vallée des Gaves).

Remplissage des camelbacks, puis au lieu de partir vers le haut, nous redescendons dans la vallée le long du sentier des cascades. C’est sous couvert forestier et on suit le GR 10. On arrive après 1h30 de marche à La Raillère, où l’on recroise la route goudronnée. On la traverse et on remonte la vallée adjacente, celle du gave de Lutour. Jolie cascade pour commencer, on dépasse largement les temps de marche annoncés pour la montée et on arrive à la Fruitière, où on plante la tente pour la nuit après 2h30 de marche en tout. Mon short (que j’ai bien usé sur déjà plein de randos et de sessions d’escalade) qui avait une petite déchirure en bas de la jambe droite montre dès ce premier jours que ça ne va pas rester une petite déchirure, le trou remonte jusqu’à mi-cuisse quand on finit la journée.

Cascade
gave
Source et porte travaillée
Depuis la Fruitière

Delicious Foods, de James Hannaham

Roman étatsunien publié en 2015. On suit une mère – Darlene – et son fils – Eddie – sur plusieurs dizaines d’années avec de nombreuses ellipses temporelles. Le gros du roman se concentre sur le temps que Darlene et Eddie passent sous l’emprise de Delicious Foods, une compagnie agricole qui les « emploie » dans le cadre d’un système néo-esclavagiste. La compagnie recrute son personnel parmi des addicts au crack, auxquels elle fait signer un contrat bidon avant de les regrouper au milieu d’une immense propriété agricole sans moyen de transport, et en fournissant de la drogue pour les retenir sur place. Les « employés » touchent un salaire mais misérable et totalement modulable selon la volonté du contremaître, et ne peuvent acheter de la nourriture, un logement ou de la drogue qu’à la compagnie, à des tarifs prohibitifs, augmentant sans cesse leur dette envers celle-ci.

Le roman entremêle les points de vue de Darlene, d’Eddie et de Scotty, la personnification du crack, qui va parler à la place de Darlene tout le temps de son addiction. La jeunesse de Darlene et le point de vue d’Eddie sont écrits à la troisième personne, Scotty parle à la première (et en AAVE), et dans les derniers chapitres Darlene parlera aussi à la première personne une fois son addiction derrière elle. Le chapitre introductif du livre, qui raconte l’évasion d’Eddie de Delicious Foods puis sa vie ensuite, en laissant plein de zones d’ombres, est très fort et donne fortement envie de lire le reste du livre pour avoir le fin mot de l’histoire.

C’est dur mais j’ai beaucoup aimé et je recommande.

Randonnée au Pas de l’Œille

Panorama depuis le pas de l’Œille

Deuxième partie de la semaine grenobloise. Changement de massif (avec une nuit à Grenoble au milieu, hébergé·es par la coloc de Clair·e), on passe de Belledonne au Vercors, où le père d’OC a un hébergement à Villard-de-Lans. Quatre jours, avec une randonnée au pas de l’Oeille. Là aussi, montée en bus et télécabine, puis redescente à pied, via la combe Charbonnière et la bergerie de la Fauge.

Vue sur le lac du Monteynard et le Sénépi
Grenoble en arrière plan

Three Californias: The Wild Shore, de Kim Stanley Robinson

Roman de science-fiction post-apocalyptique étatsunien publié en 1984, premier d’une trilogie imaginant trois futurs différents pour le comté d’Orange, en Californie. Dans ce volume, les USA ont connu une attaque terroriste de grande ampleur dévastant l’ensemble de ses centres urbains dans les années 80s. Une politique isolationniste a été mise en place sous la pression de la Russie à l’ONU, et le pays est maintenu éloigné du reste du monde, les tentatives de rétablir des communications et infrastructures longue distance sont empêchées par des frappes depuis des satellites qui surveillent le pays. La côte Ouest est surveillée par le Japon, les îles et archipels ayant été annexés. On suit Henry, qui vit dans une communauté sur l’ancien site de San Onofre. Son village vit de cultures et de pèche. Henry et les autres jeunes sont éduqués par Tom, un ancien qui a connu le monde d’avant la chute et leur raconte l’Amérique en déformant un peu la réalité à des fins pédagogiques. Henry et ses amis vont se joindre à une tentative d’union avec la communauté de San Diego pour empêcher une expédition japonaise de débarquer sur le continent pour permettre à de riches touristes de voir les si pittoresques ruines de l’Amérique.

Sans être le roman de l’année, c’était sympa. Un côté roman d’apprentissage dans un univers post-apo principalement paisible et bien décrit. Bonne lecture d’été.

Randonnée aux lacs Robert

Semaine de vacances autour de Grenoble. Quatre jours pour commencer à Chamrousse (il paraît que ça se prononce « Champ-Rousse » mais je pense que c’est un complot), suite à un mariage. Petite randonnée à l’initiative de la mariée. Enfin petite. Elle avait vendu 2h, sauf qu’à 30 avec des gens en sandale ça en a plutôt fait 3h30. Mais les paysages étaient jolis, ce n’était que de la descente (montée en télécabine) et j’avais mes bâtons de marche, c’était très cool. Pas d’appareil photo une fois de plus parce que j’avais prévu des affaires de mariage + de bivouac + un ordi et que ça commençait à faire lourd.

Parapentistes au dessus de Grenoble
les lacs Roberts
Redescente vers le bas de la télécabine
Plusieurs plans (et un parapentiste)

Lightyear, d’Angus MacLane

Film d’animation des studios Pixar/Disney sorti en 2022. On suit Buzz Lightyear, un astronaute dans un futur indéterminé, chargé de protéger une mission d’exploration d’une nouvelle planète. Suite à une erreur de pilotage de sa part, la mission est coincée sur une planète avec un biome hostile aux humain.es. Décidé à réparer cette erreur, il accepte de prendre part à un programme de test des nouveaux carburants supraluminiques fabriqués. Mais chaque test lui fait percevoir comme quatre minutes relatives ce que le reste de la base vit comme quatre ans. Buzz s’éloigne donc du reste de la société. Et le jour où le nouveau carburant est un succès, une nouvelle menace sous la forme de robots géants fait son apparition. Buzz va devoir faire alliance avec quatre membres d’une société qu’il ne connait plus pour la défendre et enfin mener sa mission à bien…

Résumé un peu long mais c’est parce que le concept de base du film est plutôt touffu. J’ai passé plutôt un bon moment devant, c’est un film d’action dans un décor de SF assez honnête avec pas mal de rebondissements et une morale intéressante. Par contre beaucoup de choses se voient venir d’assez loin (y’a des cadres en néon clignotant autour des fusils de Tchekhov). Ça m’a l’air à la fois trop simpliste pour les adultes sur certains points et trop complexe pour les enfants sur d’autres (mais peut-être sous-estime-je les enfants), du coup je ne vois pas trop qui est le public-cible.

Je recommande si vous voulez un film pas prise de tête dans un univers SF et que vous aimez les références à Toy Story. Un bon film d’été quoi.