Les Reines du drame, d’Alexis Langlois

Film français paru en 2024. En 2005, lors d’un casting pour Starlette en herbe, Mimi et Billie se rencontrent. Si le punk revendicatif de Billie va rapidement l’écarter de l’émission qui se veut consensuelle, Mimi au contraire avec son image plus sage va être considérée comme un produit bankable. Mais au delà de la suite de l’émission, la rencontre entre les deux chanteuses va être l’occasion d’un coup de foudre entre elles deux, très vite compliqué par la tension entre radicalité (musicale comme politique) et conformisme que les deux . Vont s’ensuivre quelques décennies d’évolution musicales et relationnelles, jamais apaisées.

Globalement, excellent film. La reconstitution de l’ambiance musicale française des années 2005 et 2015 fonctionne bien, à la fois côté mainstream et côté alternatif. Globalement la bande-son est incroyable, avec que des titres originaux, mais qui font d’époque. Il y a des références à la Star Ac (évidemment), Britney, Sexy Sushi (en même temps Rebeka Warrior a contribué à la bande-son), Loana, …
Les deux personnages principaux sont réussis, les seconds rôles aussi (mention spéciale à la meilleure amie toxique et aux deux jurés de Starlette en herbe). Le film adopte tous les codes des films de genre, avec des séquences dont on ne sait pas si elles sont dans la réalité, un rêve, un clip… Il y a des projections de sang, des allées remplies de sac poubelles photogéniques, des lumières rouges et bleues rasantes, tout pour plaire. Le film est fait « par des personnes queers des deux côtés de la caméra » dixit la réalisatrice, et a galéré à avoir des financements, heureusement qu’iels ont réussi à boucler le film malgré tous les vents contraires, parce que clairement grosse reco.

Expelled!, du studio Inkle

Jeu vidéo publié en 2025. En 1922 dans une école anglaise pour jeunes filles, une préfète est défenestrée. En tant que seule boursière du campus, vous êtes automatiquement accusée. Il va falloir revivre cette journée encore et encore pour réussir à réunir les éléments qui vous permettront de faire admettre à la principale de l’école que vous n’êtes pas la personne à accuser.

J’ai bien aimé l’ambiance, on sent bien la patte Inkle, les persos sont réussis et bien identifiables, par contre quelques petits bugs de logique du fonctionnement quand on tente trop de truc à la fois (mais ça aussi c’est la patte Inkle). Le dispositif de narratrice non-fiable fonctionne bien.

Recommandé si vous aimez bien les petits jeux d’énigme et les pensionnats anglais.

Musées parisiens

Pot-pourri de photos prises dans les musées parisiens lors du weekend de Pâques 2026.

Palais de Tokyo
Halle du palais de Tokyo
Exposition Normes/Corps
Exposition Normes/Corps
Exposition Normes/Corps
Musée d’art moderne
Musée d’art moderne
Musée d’art moderne
Musée d’art moderne, Delaunay (photo un peu floue mais j’aime bien les poses verticales qui s’intègrent dans le tableau)
Exposition portraits d’artistes, promotion des Beaux-arts, portrait collectif
Petit palais
Sur les quais de Seine
CNAM, tableau de contrôle
CNAM, ornithoptère
Cnam, voiture
CNAM, avion dans l’église
CNAM, voiture à hélice

Boum Boum – Politiques du dancefloor, d’Arnaud Idelon

Essai français paru en 2025. L’auteur s’intéresse aux enjeux politiques qui traversent les fêtes modernes, particulièrement celles qu’il a fréquentées, ie des fêtes techno en région parisienne dans les années 2000 et 2010.

La fête est une remise en cause de l’ordre quotidien, qui peut avoir une double dimension :

  • Exutoire temporaire permettant de faire accepter l’ordre des choses le reste du temps (rôle du carnaval)
  • Point de départ d’une remise en cause de plus long terme de cet ordre.

Les fêtes sont – ou peuvent être – un moment de reconfiguration des relations sociales, et un temps improductif voir un temps contre-productif si les participant•es s’y épuisent et ont alors moins de ressources pour le reste de la semaine à consacrer à leur travail ou autres activités.

L’esthétique de la fête underground a été récupérée par des lieux tout à fait insérés dans le capitalisme mondialisé. Pire, les grands clubs situés dans d’anciens entrepôts nécessitent des investissements qui ne sont à la portée que de grosses structures. Seul celle-ci peuvent alors mettre en place de tels lieux aux dépens de structures plus petites et locales. Cohabitent alors sous le même vocable de « fête techno » des free parties revendiquant un rejet du capitalisme et des structures qui au contraire sont totalement au service de ce capitalisme et de ses acteurs dominants.

Les clubs capitalistes avec physio à l’entrée vont souvent reproduire les hiérarchies et l’ordre social extérieur au club ne laissant entrer que les personnes privilégiées ou répondant aux normes de beauté. Un bémol cependant : le filtre à l’entrée des lieux de festivités peut aussi servir à permettre une non-mixité et donc la mise en place d’espace safe.

Les free parties peuvent être considérés comme une forme de commun : le déroulé de la fête appartient à tout•es ses participant•es, qui partagent un espace-temps et des ressources (sound system,bouffe, e au, alcool…) et s’organisent pour les gérer.

La fête ou les moments festifs peuvent aussi servir à soutenir les luttes, en permettant une unité des participants et un moment de pause dans les temps plus sérieux de la lutte. Pas seulement les luttes progressistes d’ailleurs.

Murder on the Orient-Express, de Sidney Lumet

Film britannique de 1974, adaptation du roman éponyme d’Agatha Christie de 1934. Lors d’un voyage de l’Orient-Express d’Istanbul à Calais, un riche Étatsunien est assassiné de 12 coups de poignards après avoir été drogué. Hercule Poirot, qui était à bord du train, va enquêter pour élucider le meurtre avant que le train bloqué par une congère sur les rails ne soit secouru.

J’ai moins aimé que les autres films de Sidney Lumet que j’ai vu. Je pense que le fait de déjà connaître l’intrigue n’a pas forcément joué en faveur du film, mais par ailleurs je trouve que c’est pas parfait en termes de présentation des indices pour permettre au spectateur de déduire ce qui s’est passé. Les acteurs sont très bon et la mise en scène de Poirot avec sa skincare routine avant de se mettre au lit est rigolote, mais pour autant ça n’a pas totalement cliqué pour moi.

Speak no evil, de James Watkins

Film étatsunien de 2024, remake plus soft d’une version danoise parue en 2022. Un couple d’américains coincés qui ont déménagé à Londres font la rencontre de deux anglais exubérant lors de vacances en Italie. Les anglais les invitent à passer un weekend dans leur maison isolée à la campagne. Sur place, le malaise se fait de plus en plus perceptible, les hôtes transgressant progressivement de plus en plus de conventions sociales.

C’est une forme de reverse-home invasion, qui fonctionne assez bien. Les acteurs sont très bons, notamment celui qui joue Alex, qui réussit très bien à poser ce personnage de mec exubérant qui dépasse les limites, qu’on peut trouver bon enfant mais qui finit par gêner, sans qu’on réussisse à dire au début s’il est juste un peu lourd, ou si vraiment il y a quelque chose qui cloche. Ça illustre bien le spectre entre des comportements juste un peu toxiques et la full-blown psychopathie. La séquence finale de chasse dans la maison est assez inventive, sur un script pourtant déjà vu de nombreuses fois. Une seule décision un peu absurde des personnages (revenir pour le doudou de la fille quand ils se sont déjà rendus compte que y’a quelque chose qui n’allait pas du tout), pour le reste c’est assez cohérent comme décisions. Les personnages des « gentils » ne sont pas particulièrement sympathique et assez lâches, mais ça en fait des personnes plus crédibles que des final girls ultra badass

Redux Redux, de Kevin et Matthew McManus

Just one thing, at a specific place, all at once

Film de genre de 2025. La fille d’Irene a été tuée. Pour la venger, elle voyage d’univers parallèle en univers parallèle pour tuer encore et encore le meurtrier. C’est difficile d’en dire plus sur le synopsis sans divulgâcher certains éléments du film, et je recommande d’aller le voir avec juste ces infos. J’ai vraiment beaucoup aimé. Très belles images, excellent design de machine à changer d’univers, super bande son. Grosse reco.

Hic Sunt REVELATIONES