Un article de Jonas sur un roman français paru en 2016.
Le postulat de départ est intéressant : une coupure déclenchée sur l’ensemble de la France pour éviter des accidents avec un nuage de graphite. Du point de vue rigueur scientifique, l’auteur a fait un réel travail d’argumentation, rendant plausible tant la menace que la mise en application de la solution.
Il nous livre un roman qui se présente sur la gestion de cette crise, sur son vécu par les habitants. De la gestion de la grise, on suit surtout le gouvernement, le travail des premières lignes n’étant évoqué que par des rapports transmis aux cabinets ministériels. Une approche aussi synthétique se serait justifiée si le roman avait eu la brièveté en ligne de mire; hélas, il s’alourdit d’histoires qui n’apportent pas grand chose au récit, dont deux amourettes en décorum et un zeste d’espionnage qui rajoute juste des pages. Peut-être y a-t-il là une volonté de dénoncer la vacuité des nos instances dirigeantes ?
La narration est rythmée par le changement fréquent de point de vue, mais de tous les personnages, le seul auquel je me sois attaché est le journaliste qui décrit la France des petites gens. Vers la fin, je ne tournais guère les pages que pour le retrouver.
La fin, qui expose les motivations des « méchants » à l’origine du nuage de graphite, réussit l’exploit de détrôner le « ce n’était qu’un rêve » dans le top des pires fins possibles. L’épilogue après le retour de l’électricité ne parle pas vraiment du retour de l’électricité. Quant à toutes les incroyables coïncidences qui parsèment le récit, dont j’attendais un semblant de justification, elles ne sont au final que d’incroyables hasards.
La grande panne, c’est celle d’un récit qui perd son sujet pour se perdre sans grand succès dans des directions déjà trop explorées.
Vous pouvez aussi retrouver la recension de Machin ici.