Musée Picasso

Visité à Paris en avril. Très beaux tableaux, muséographie totalement indigente qui ne parle pas de la questions des multiples agressions sexuelles de Picasso.

Peintre à la peinture et au chevalet, Picasso, 1928
Femme accoudée, Picasso, 1901
Marguerite, Matisse, 1906
La Nageuse, Picasso, 1929
Nu sur fond blanc, Picasso, 1927
L’acrobate bleu, Picasso, 1929

Honey Bunch, de Madeleine Sims-Fewer et Dusty Mancinelli

Film canadien de 2025. Après un coma dû à un accident, Diana est amenée par son compagnon Homer dans une clinique isolée qui affirme avoir des méthodes révolutionnaires en termes de rééducation physique (pour sa jambe) et mentale (pour retrouver tous ses souvenirs). Mais sur place, Diana a rapidement l’impression qu’il se passe des choses étranges, elle a des flashs de mémoire d’elle dans la clinique, elle rencontre une jeune femme muette qui est son portrait craché…

Le film met un peu de temps à démarrer. L’intensité de la dernière partie est cool, mais ça arrive trop tard dans le film à mon sens, qui passe trop de temps à nous faire nous demander ce qui se passe. En plus c’est cette dernière partie qui rend vraiment plus intéressant le personnage d’Homer qui a moins l’air d’un gros creep (même si sa démarche reste ultra chelou), donc c’est dommage qu’on n’ait pas cet aspect plus tôt dans le film.

L’ambiance « années 70 » sans que la période temporelle ne soit jamais vraiment explicitée rend bien.

Squats et Pirates – Chroniques d’occupation à Barcelone et ailleurs, ouvrage collectif

Recueil de témoignages de personnes qui vivent dans des squats, une majorité à Barcelone, mais certains aussi en France, en Amérique latine… ça raconte plein d’histoires d’ouvertures de squats, de la vie de certains squats qui ont tenu plus ou moins longtemps, ce que ça a pu apporter aux personnes vivant dedans ou au contraire les difficultés que ça a pu causer de gérer le squat. C’est super intéressant d’avoir tous ces témoignages juxtaposés qui présentent différentes périodes, différentes zones géographiques ou le squat est plus ou moins bien accepté. Y’a des tons très variables entre le récit très factuel de comment certains ont réussi une ouverture plus ou moins technique, le récit plus dans le ressenti ou dans le bilan de la vie du squat.

Recommandé.

Obsession, de Curry Barker

Film étatsunien paru en 2026. Bear est amoureux de sa collègue et amie Nikki. Il n’ose pas lui dire, de peur qu’elle ne le rejette. Alors il décide d’utiliser un objet magique pour faire en sorte qu’elle l’aime « plus que tout au monde ». Évidemment, vu qu’on est dans un film d’horreur, le vœu va avoir des Conséquences™. La Nikki amoureuse va être bien trop intense, avec des sautes d’humeur et des activités nocturnes assez flippantes, et des indices laissent rapidement penser que ce n’est pas vraiment Nikki mais une entité qui l’habite. Sauf que Bear est un énorme creep, et qu’il préfère un amour psychotique à l’idée de redonner à Nikki la possibilité de ne pas l’aimer.

C’était une variation intéressante sur le scénario habituel du careful what you wish for, avec des acteurs (Inde Navarrette qui joue Nikki surtout) très bons dans leurs rôles. Je l’ai vu dans une qualité un peu pourrie donc difficile d’avoir une opinion éclairée (huhuhu) sur la photographie, mais j’ai pas l’impression qu’il y avait un travail particulier dessus. Donc je dirai film d’horreur correct avec quelques éléments féministes (viteuf, surtout dans la présentation du perso de Bear comme un incel sous des dehors charmants), mais rien de révolutionnaire non plus.

The Lowdown, de Sterlin Harjo

There’s only one plot : things are not as they seem. — Jim Thompson

Série étatsunienne parue en 2025. Lee Raybon est un journaliste local qui vit en Oklahoma. Il a récemment publié le portrait à charge d’une famille de propriétaires terriens locaux, dont un des membres se présente pour devenir gouverneur de l’État, et le frère de l’aspirant-gouverneur s’est suicidé juste après. Pour Lee ce n’est pas un suicide, ça cache quelque chose.

Il va donc recommencer à enquêter autour de la famille endeuillée, et rapidement croiser des skinheads, des droits de propriété peu clairs, des secrets de famille et des lettres cachées dans des polars, tout en faisant de son mieux pour détruire sa propre vie de famille au passage, en étant un père désastreux pour sa fille unique.

C’est une bonne série. J’avais beaucoup accroché à Reservation Dogs de Sterlin Harjo (et Taiki Waititi) aussi, on retrouve certains éléments ici dans l’humour absurde, mais avec un côté polar des États-Unis sudiste. Lee est à la fois attachant dans sa quête de la vérité et défense des opprimés, et absolument insupportable humainement, à la fois dans son côté white trash, son refus de prendre ses responsabilités, et son côté un peu fouille-merde/je suis le centre du monde. Visiblement le personnage est basé sur une personne réelle, elle a pas dû être facile à fréquenter. C’est intéressant de voir un portrait des USA qui s’éloigne des côtes, et qui montre une Amérique qui sans être 100% rurale (une grosse partie se passe à Tulsa) est quand même largement moins favorisée, avec des écarts de richesse gigantesques et des mondes qui se fréquentent pourtant, c’est pas juste « on se croise dans la rue et on s’ignore.

State of the Machin 2026

10e année du State of the Machin ! Christ I’m getting old.

Je suis dans mon appart depuis un peu plus d’un an. Le gros des travaux est fini depuis janvier, ce qui change un peu la vie. Iil reste des trucs à faire du type changer les toilettes, refaire la salle de bain et plein de petits trucs type seuils de porte, plinthes, peintures… mais on verra quand on aura le temps. Faudrait aussi évacuer des reste de matériaux de travaux pour dégager un peu plus d’espace dans le salon, c’est pas des urgences mais faudrait que je le fasse à un moment plutôt que de laisser le tout sédimenter sur place.

Je suis plutôt bien dans cet appartement, mais malgré quelques milliers d’euros investis dans une isolation sonore pour le plafond des chambres, j’entends toujours énormément mes voisins. Ça complique le fait de prendre un ou une colocataire ce qui était le plan de base pour payer moins cher et pour ne pas vivre seul. Je pense que dans quelques années je chercherai à nouveau à déménager.

Du point de vue relationnel, rien de nouveau sous le soleil pour les relations romantiques. Côté amical pas de grosses évolutions, mais c’est satisfaisant dans la forme actuelle. J’ai commencé à prendre des cours de chant cette année. J’ai quelques activités associatives épisodiques : association de jeux de société dans laquelle je suis au CA, participation à l’organisation du festival Grindhouse Paradise. Je suis allé à quelques concerts en début d’année, il faudrait que je parcours la programmation pour voir auxquels je vais sur le second semestre.

J’ai aussi pris le temps d’organiser un weekend avec pour prétexte mes 35 ans. Ça m’a permis de rassembler mes amis de Paris, d’Albi et de Toulouse, et le résultat était chouette. Bon par contre c’est un peu prenant à organiser, je ferai pas ça chaque année – ou alors faut mutualiser avec d’autres ami·es.

J’ai arrêté les séances de psy depuis janvier, pour le moment je n’en ressens pas le besoin. J’ai quand même dans l’idée de recommencer à terme, mais plutôt avec une approche TCC pour m’attaquer au sujet de mon aversion aux conflits.

Enfin le gros point c’est que j’ai décidé de démissionner. J’ai fortement cru à un changement de majorité municipale au moment des élections en mars, espoir qui a été douché. Ça plus les dysfonctionnements manifeste de la structure où je bosse en tant que administration plus les problèmes patents du style de management de ma n+2, il était temps de sortir de ce bourbier. Comme en 2020, je démissionne sans savoir pour le moment ce que je vais faire ensuite, j’ai besoin d’une pause pour plein de petits projets persos et pour prendre le temps de la réflexion. Avec un appartement sans crédit à payer et plusieurs dizaines de milliers d’euros de côté je peux m’offrir ce luxe donc autant le saisir. Je devrais quitter mon poste actuel début octobre, avec pas mal de semaines de vacances sur cet été, ça va être chouette. Pour le reste, j’ai eu le concours d’ingénieur territorial ce qui fait que je peux reprendre un poste similaire a celui que j’ai actuellement, mais je sais pas si c’est la meilleure idée du monde. Il faut que j’y réfléchisse, comme je disais.

That’s all folks!

For All Mankind, de Ronald D. Moore et Ben Nedivi

Série télé uchronique. En 1969, l’URSS réussit le premier alunissage de l’Humanité, avant de surenchérir avec l’alunissage d’*une* cosmonaute. En réaction et sous pression de la Présidence, la NASA accélère fortement son programme spatial, décide de l’ouvrir aux astronautes femmes, et lance la construction d’une base permanente sur la Lune.

Saison 1 :

J’ai beaucoup aimé. On commence avec des astronautes (et leur entourage) qui sont des stéréotypes en carton-pâte, et la série les déconstruit progressivement pour en faire de vraies personnes avec des vies compliquées. Il y a une palanquée de problèmes techniques dans l’espace qui tiennent les spectateurices en haleine, et ce d’autant plus qu’en bonne série post-GoT, les scénaristes n’hésitent pas à tuer des personnages principaux (en terme de tension qui te tient rivé à ton siège, mention spéciale à l’épisode 9).

C’est fortement dans la même veine que The Calculating Stars, même si l’uchronie et la période temporelle sont un peu différentes, et c’est très cool de voir ce genre d’histoire sous la forme d’une série avec un bon budget pour les décors.

Saison 2 : (spoilers below)

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Dans mon cerveau comme à la maison, de cht.am

Bande dessinée française parue en 2024. L’auteur.e parle de son rapport à sa propre psyché, en comparant différents éléments (l’égo, l’imagination, le rapport aux autres, les émotions) aux pièces d’une maison. Iel parle de sa dépression (je l’ai rangée dans ma bibliothèque à côté de C’est comme ça que je disparais, de Mirion Malle), du rapport à son corps et à ses TCA. C’est pas des sujets légers mais la bande dessinée est très bien, dessinée avec seulement 3 couleurs primaires et du noir et blanc. Pas de cases, tout est à chaque fois en pleine page.

Recommandé pour quand ça va mentalement.

Le Marche-Lune, de Simon Spruyt

Bande dessinée française parue en 2026. Dans la Mésopotamie antique, une extraterrestre émissaire d’une civilisation galactique s’incarne sous la forme d’une prêtresse d’Ishtar pour observer les humain.es, et surtout pour retrouver son prédécesseur qui a rompu la clause de non-intervention, frustré par l’absence de développement de la civilisation humaine. Elle va interagir avec les humain.es de l’époque et l’IA qui la conseille.

J’ai bien aimé ! Dessin très beau, traitement réussi, histoire de SF « historique » qui fonctionne, avec une vibe « toute technologie suffisamment avancée… » qui sert surtout à montrer l’Antiquité (les observateurs n’étant pas censés interférer dans le développement des civilisations qu’iels croisent, il n’y a qu’un tout petit peu de SF qui apparait, en dehors du dialogue interne avec l’IA)

Recommandé !

Rooster, de Bill Lawrence et Matt Tarses

Série étatsunienne parue en 2026. Greg Russo est un écrivain de pulp à succès. Il vient présenter son dernier livre dans l’université où travaille sa fille, et décide de rester en tant qu’écrivain en résidence le temps d’un semestre, pour veiller sur sa fille dont le couple vient d’exploser. On va voir comment il s’intègre progressivement dans la vie du campus, en enchainant pas mal de gaffes.

J’ai bien aimé ! Steve Carrell (qui joue le personnage principal) est très bon, les relations entre les perso sont réussies (notamment tout le côté père hélicoptère de Greg vis à vis de sa fille trentenaire), et les personnages secondaires aussi (notamment Sunny, sous-côtée avec son côté ultra-intense). Il y a le côté « petit monde de l’université » qui fait penser à The Chair, mais avec un humour absurde.

Recommandé pour une série détente.