Archives par mot-clé : comédie

Le Sens de la Fête, d’Olivier Nakache et Éric Toledano

Film français de 2017. Bacri joue Max, le patron d’une petite société d’événementiel spécialisée en planification de mariage. On le suit, lui et son équipe, sur toute la mise en place et le déroulé du mariage d’un client particulièrement relou dans un château magnifique. C’était très réussi. Tout les personnages sont bien : Max bien sûr, mais Jean-Paul Rouve en photographe jemenfoutiste, le DJ qui chante du yaourt avec aplomb, le serveur embauché au dernier moment qui ne connaît rien au milieu et enchaîne les catastrophes, le marié totalement infect (mention spéciale pour lui, le personnage est très très très réussi). Le film est bien rythmé, avec les différentes péripéties de l’organisation de la soirée, le tout sur une bande-son d’Avishai Cohen très réussie.

Grosse recommandation pour un fil good movie.

The Big Short, d’Adam McKay

Film américain de 2015, présentant les ressorts financiers de la crise de 2008. On suit trois groupes de financiers à l’extérieur de l’écosystème mainstream de la Bourse américaine, qui réalisent dès 2005 que les produits financiers les plus en vogue, officiellement solides car adossés au marché de l’immobilier, sont en fait complètement vérolés : ces produits sont des agrégations d’assurances sur les défauts de paiement des crédits immobiliers, mais aucune vérification n’est fait a priori sur la solvabilité des gens qui contractent les crédits. De plus, les mécanismes d’agrégation agglomèrent des crédits avec des taux de risque différente, et considèrent ce panachage en soi comme une garantie de solidité. Enfin, tout un marché secondaire s’est mis en place avec des produits qui sont basiquement des assurances sur le défaut de paiement des assurances sur le défaut de paiement, ce qui fait qu’il y a une somme d’argent gigantesque brassée, le tout basé sur un marché de l’immobilier qui est clairement une bulle.

Les acteurs principaux de la Bourse sont tellement impliqués jusqu’au cou dans ces transactions qu’ils n’ont pas intérêt à y regarder de trop près, c’est pourquoi ce sont des outsiders qui vont voir l’embrouille, prendre des positions boursières contre la tendance à la hausse du marché (shorter le marché, d’où le titre du film), et voir à leur grand désarroi tout le marché secondaire rester à la hausse bien plus longtemps que ce qu’il aurait dû si les acteurs boursiers divers faisaient correctement leur travail, aggravant d’autant plus la crise subséquente.

Niveau mise en scène, c’était intéressant, il y avait plein d’acteurs bankables à contre emploi. Le film prend le temps d’expliquer quelques passages techniques dans des séquences didactiques. Par contre il ne faut pas avoir peur de voir 2h10 pleines de testostérone et de gens en costard cravate assez antipathiques. Mais ça vaut le coup, le film réussit bien à expliquer des mécanismes complexes, et comment personne n’a fait son taff correctement face à la perspective de profits à court terme.

Un Air de Famille, de Cédric Klapisch

Film français adapté d’une pièce de théâtre du duo Jaoui/Bacri, dans lesquels ils jouent tous les deux. Vendredi soir, petite ville indéterminée du Sud de la France. Comme chaque vendredi Henri accueille son frère, sa sœur et sa mère dans son bar avant qu’ils aillent au restaurant tous ensemble. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Yolande, la femme de son frère Philippe, le frère en question est passé à la télé, sa sœur à dit ses 4 vérités à son patron insupportable, et la femme d’Henri a décidé de prendre une semaine « pour réfléchir ».

Ça crie beaucoup. Le film met en scène une famille dysfonctionnelle et ça s’entend. Henri a repris le bar que son père tenait, sa mère voit ça comme un échec, et ne se prive pas de lui faire savoir. Bacri campe un personnage de râleur (surprise) un peu réac mais qui devient attachant quand on voit ses faiblesses : son attachement à son chien paralysé, son désarroi devant le départ de sa femme, sa relation tout en coup de gueule mais néanmoins attaché à son employé (Denis, joué par Darroussin). Le film est un presque huis-clos, logique vu qu’il est adapté d’une pièce de théâtre. Quelques longueurs mais de belles scènes : Bacri qui tente de voir sa femme partie chez une amie, avec tout les gamins qui zonent en bas de l’immeuble qui l’encouragent ; Darroussin et Frot qui dansent ensemble. D’ailleurs le personnage de Catherine Frot est très réussi et très bien joué, j’ai l’impression qu’elle est toujours un peu castée dans le même rôle, mais là elle y ajoute une certaine subtilité – en comparaison avec Cuisine et Dépendances, son personnage de bourgeoise un peu cruche est quand même mieux réussi que celui de Zabou.

Je recommande, si vous n’avez rien contre les gens qui s’engueulent en criant.

Cuisine et Dépendances, de Philippe Muyl

Film adapté d’une pièce d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, où les deux jouent. Un couple tombe par hasard sur un de leurs anciens amis devenu célèbre et l’invite à dîner. On ne voit rien du dîner lui-même, mais tout le contrechamp de la cuisine, où les personnages se croisent et viennent faire des apartés, les relations entre les différents participants étant houleuses. C’était sympa mais de facture très classique, avec des ressorts qui reposent sur le ressentiment et les divergences de vue entre des personnages plutôt à l’aise dans la vie (je ne me remets pas de l’appartement parisien immense), un peu de sexisme gratuit par moment. Une très bonne scène où Bacri tente par téléphone de savoir si un hôtel dispose de chambres libres. Pour un Jaoui Bacri, je recommande plutôt Le Goût des Autres.

Le Goût des Autres, d’Agnès Jaoui

Film français de 2000. On suit les trajectoires croisées de Castella (Jean-Pierre Bacri), un chef de petite entreprise totalement imperméable à la culture, qui lors d’une représentation de Bérénice est soudain bouleversé par le texte et l’actrice principale ; de sa femme, sa soeur, son garde du corps, son chauffeur ; de Clara l’actrice de Bérénice et de diverses personnes qui travaillent en lien avec elle dans le monde de la culture.

C’était très bien. Le sujet est complexe, qui parle de goût culturel et de dominations plus ou moins symboliques, mais très bien traité. Y’a des moments où on cringe pour les personnages (quand Castella passe à raison pour un idiot fini au restaurant), mais c’est très réaliste comme présentation des choses. Le film réussit aussi très bien à retourner le personnage de Castella, qui très antipathique au départ, devient le héros du film, la perception qu’on a de lui évoluant graduellement. Les lignes narratives de tous les personnages sont réussies, la relation Manie/Vincent est très bien notamment. Chabat a un rôle un peu en arrière plan mais il est excellent dedans. Idem pour le personnage d’Angélique, qui n’est franchement qu’esquissé dans le film, mais est super réussie aussi.

Globalement, très bon film choral, avec un excellent traitement du sujet.

Drop Dead Gorgeous, de Michael Patrick Jann

Comédie américaine de 1999. Dans un village du Minnessota, un concours de beauté pour les filles de 17 ans donne lieu à une compétition acharnée, les favorites perdant la vie l’une après l’autre alors que l’organisatrice du concours est prête à tout pour que sa propre fille gagne.

Le film est tourné comme un faux documentaire, l’équipe du film étant visible dans le tournage et les personnages interagissant avec eux. Le film est assez peu subtil, tous les personnages sont des caricatures d’eux-mêmes mais ça marche assez bien. Ça tape dans tous les sens, c’est pas toujours très politiquement correct, mais je trouve que dans le contexte du film ça fonctionne, il ne cherche pas à être spécifiquement politiquement incorrect.

Le procédé du faux documentaire est assez réussi, ça donne un petit relief au film, des effets de mise en scène plutôt intéressants (il y a quelques plans impossibles pour un faux documentaire, mais c’est léger).

Hocus Pocus, de Kenny Ortega

Film d’Halloween de Disney de 1994. EN 1693, trois sorcières sont exécutées à Salem. Elle réussissent à placer un sort loophole : si qq allume une bougie dans leur maison un soir d’Halloween, elles pourront revenir pour la nuit.
300 ans plus tard, un gamin idiot qui ne croit pas aux sorcières fait exactement ça. Les sorcières tentent alors de créer en 2-2 une potion magique de jeunesse éternelle pour vivre plus longtemps que juste la nuit. Pour ça elles ont besoin de leur livre de sorts et de l’âme d’enfants. Les héros (le gamin idiot, son love interest et sa petite sœur + un chat qui parle) vont tenter de les en empêcher.

C’était étrange. Ça n’a pas super bien vieilli, avec des personnages lourdement dragueurs.
Le trio de sorcières est très réussi par contre (les actrices cabotinent à mort), avec une cheffe implacable et deux sidekicks idiotes. Des gags réussis sur le fait qu’elles ont du mal avec la modernité, un peu ruinées dans leur cohérence par le fait qu’à la moitié du film ça leur pose plus de problèmes et que les persos font des blagues basées sur de la culture G d’aujourd’hui. L’intrigue est classique pour un film pour enfant mais un peu dark (pendaison, vol d’âmes, chat écrasé…), avec les habituels adultes inutiles et des antagonistes stéréotypés.

Les Tuche, d’Olivier Baroux

Comédie française pas raciste. On suit les mésaventures de la famille Tuche, famille prolétaire qui gagne au loto et décide de s’installer à Monaco, le royaume de Stéphanie, idole de Kathy Tuche. Ils arrivent avec tout leur habitus de pauvres et bouleversent le quotidien du Rocher en imposant leurs valeurs moins étouffantes que celles de la bourgeoisie.

C’est assez sympa, les personnages sont attachants, le film se moque des riches mais pas des pauvres (les Tuche sont d’ailleurs un peu des pauvres « idéaux », avec le cœur sur la main – excepté l’usage un peu trop récurrent de « pédé » comme une insulte). Y’a une grande tendresse des personnages les uns envers les autres, la scène de la recherche de la maison est d’ailleurs adorable.

Yesterday, de Danny Boyle

Jack Malik est un chanteur anglais qui fait les kermesses et les pubs. Il aime énormément la musique, mais seuls son amie et manageur et lui-même croient en son talent. Un jour, Jack réalise que personne sauf lui ne se rappelle des Beatles. Il décide alors de reprendre leurs chansons…
C’est divertissant mais pas incroyable, des reproches sur le personnage féminin principal qui est un cliché de Manic Pixie Fairy Girl (alors que les autres seconds rôles sont plutôt réussis, mention spéciale aux parents et à la manager).
Spoilers ci-dessous

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The Death of Stalin, d’Armando Iannucci

Comédie anglaise sur la bataille pour le pouvoir au sommet du Parti Communiste d’URSS à la mort de Staline. Très caustique, mettant en scène le gang de requins à la tête du Parti et du pays, et le règne de terreur qui fait partir en vrille tout événement avec un tant soit peu de visibilité publique. Les personnages de Béria et de Krouchtchev notamment sont incroyables, sans trop savoir ce qui relève du registre du film et ce qui relève de la réalité.