Archives de catégorie : phylactères

Bug, d’Enki Bilal

Une série de BD d’Enki Bilal. En 2041, l’ensemble des données stockées sur des supports numériques disparaissent de l’ensemble de la Terre. Elles ont visiblement toutes été transférées dans l’esprit d’un astronaute infecté par une créature alien lors de son retour de Mars…
Le dessin est beau (et instantanément reconnaissable comme du Bilal), mais le propos est un peu plat : ohlala notre société est trop dépendante des réseaux. Ouais ok. Et donc ?

C’est plus une BD que j’ai apprécié pour les images que pour le scénario.

La Cendre et le Trognon, de Gwenaël Manac’h

Une bande dessinée métaphorique, mais on sait pas trop de quoi.
L’histoire entrecroisée de trois personnes, dans un monde où la vie des gens est un voyage en train, avec des voies qui se rejoignent et s’éloignent. De plus, chacun.e transporte un sac avec ses possessions, qui semble être un enjeu important : certains ont de gros sacs, d’autre de petits, certain.e.s refusent de rien avoir qui les retienne et se balade avec un sac ouvertement en train de brûler, d’autres transportent une caisse ouverte pour que tout le monde voit ce qu’il y a dedans.
J’ai bien aimé et c’est joliment dessiné, mais je sais pas trop s’il y avait un point à la BD ou si c’était juste histoire de raconter trois parcours.

Petit, d’Hubert Gatignol

Bande-dessinée française sur la chute d’une famille d’Ogres qui règnent sur un royaume d’humain.e.s. Considérées comme des Dieux (la série de BDs s’appelle « les Ogre-Dieux »), ils vivent dans un palais gigantesque et se nourrissent d’humain.e.s qui sont aussi leurs serviteurices. Déclinant à cause de la consanguinité (originellement humains, iels sont devenus au fil des générations trop grand pour pouvoir se reproduire avec eux), la naissance d’un enfant de taille humaine est considérée comme une bénédiction par sa mère, mais le reste de la famille le considère comme un avorton qui devrait être mangé. Élevé en secret, Petit va précipiter la chute de la famille…

J’ai bien aimé, le style graphique en noir et blanc s’accorde bien avec l’univers de famille régnante en déclin, avec un palais à moitié en ruine. Des meufs à poil de façon un peu gratuite par contre.

La Malédiction de Gustave Babel, de Gess.

Premier volume des Contes de la Pieuvre. On suit la vie d’un tueur à gages travaillant pour une mystérieuse mafia, la Pieuvre. L’histoire se déroule au début du XXe siècle, dans un monde où un certain nombre de personnes ont des talents spéciaux. Le tueur à gages par exemple, comprend tous les langages. L’histoire se passe essentiellement dans le milieu de la pègre et tourne autour de la question de l’identité : Gustave Babel ne se souvient de rien de sa jeunesse, sa mémoire lui a été fermée par son mentor disparu, un tueur qui peut imposer sa volonté à quiconque et appelé l’Hypnotiseur.

J’ai bien aimé, l’auteur a aussi travaillé sur la Brigade Chimérique, on en retrouve un peu l’ambiance.

Révolution, de Florent Grouazel et Younn Locard

BD-fleuve sur la Révolution Française. Ce premier tome se concentre sur les débuts, l’été 1789 essentiellement. On alterne entre différents points de vue, les députés de l’Assemblée Nationale, la noblesse, le peuple de Paris, différent.e.s révolutionnaires. La BD mèle des figures historiques (Lafayette, Louise-Reine Audu, Marat) et des personnages inventés. Gros travail de documentation en amont, beau dessin, période intéressante et narration non-manichéenne, je recommande fortement.

Le Tour des Géants, de Nicolas Debon

Illustration provenant du blog de Nicolas Debon.

Une bande dessinée qui retrace que ce fut le Tour de France de 1910. Le duel entre les deux favoris, mais surtout le quotidien du Tour, un Tour couru essentiellement par des cyclistes amateurs, réparant eux-mêmes leur vélos, toute assistance extérieure étant interdites durant les étapes. Pas de dérailleurs, les freins sont une nouveautés, le parcours est gargantuesque, épuisant peu à peu les participants (ils ne seront que 41 à l’arrivée). J’aime bien son style de dessin, il faudrait que je mette la main sur un exemplaire de L’Invention du Vide, notamment parce que comme illustré ci-contre, ses paysages de montagne sont très beaux.

DMZ, de Brian Wood

Comics publié de 2005 à 2012. La seconde guerre civile américaine s’est déclenchée, entre le pouvoir central, et des milices difficiles à situer politiquement issues du pays profond (un mouvement qui n’est pas sans rappeler les Gilets Jaunes + la culture des armes à feu des US). La Guerre est resté relativement sans dégâts à cause de difficultés à distinguer les populations et les combattants, et la prise par surprise des USA par les milices des Etats Libres. Sans dégâts jusqu’à ce que les armées structurées se rencontrent à New York. Le New Jersey est aux États Libres, Brooklyn aux USA, et Manhattan est devenue une zone « démilitarisée » entre les deux armées.

C’est dans cette zone livrée à elle même, exposé à des bombardements de la part des deux camps, à l’infiltration de compagnies mercenaires, isolée du reste de l’Amérique, que Matthew Roth, un journaliste débutant, va se retrouver parachuter et tenter de faire son métier en conservant son « objectivité journalistique », si tant est que ça ait un sens en zone de guerre. Une excellente bédé. Les deux armées sont présentées comme des connards, ça parle de journalisme, de divisions politiques, de guerre et de la position des civils dedans (un petit côté This War of Mine ou Sunset, pour donner des références vidéoludiques), de l’influence des multinationales, de l’absence de position neutre.

Y, the last man

[02/2016] Série de comics par Brian K. Vaughan (scénario), et Pia Guerra (dessin), que j’ai relue à l’occasion de mon achat du neuvième et pénultième tome. Les auteurices imaginent un monde où tous les hommes sont morts soudainement pour une raison mystérieuse (tous sauf un). C’est intéressant comme pitch, et c’est souvent bien réalisé mais y’a des moments un peu randoms.

[2019] Relue à nouveau maintenant que j’ai mis la main sur le dernier tome. La fin manque un peu d’intensité, mais globalement c’est cool. Le personnage de Yorrick est intéressant (c’est globalement pas lui qui sauve le monde ni les situations dans lesquelles le groupe se trouve, il est plus un fardeau pour ses compagnes qu’autre chose), mais la série reste très centrée sur lui. On sent que les auteurices sont bien intentionné.e.s et iels font des trucs intéressants, mais il leur manque quelques bases en concepts féministes (notamment, y’a un peu un seul type de corps féminin représenté c’est un peu dommage – sur la diversité des caractères des personnages c’est mieux).

L’aigle sans orteils, de Lax

Bande dessinée sur un béarnais qui décide au début du XXe siècle de participer au Tour de France. Enchaînant les ascensions jusqu’au Pic du Midi pour réunir l’argent nécessaire à l’achat d’un vélo, il finit par perdre l’ensemble de ses orteils. Qu’à cela ne tienne, il pédalera avec des prothèses…

C’est un peu anecdotique, mais c’était intéressant comme présentation de la vie à cette époque, et y’a de belles pages représentant les Pyrénées.

(et c’est une histoire vraie visiblement)