Archives par mot-clé : dystopie

Nous Autres, d’Eugène Zamiatine

Roman russe de 1920. Zamiatine imagine une dystopie fasciste où les individus se fondent dans l’Etat Unique, et vivent une vie totalement réglée, avec deux heures de « temps personnel par jour, le reste suivant un strict calendrier de sommeil, travail, repas, sexualité, hygiène… Précurseur de 1984 et du Meilleur des Mondes, il est assez dense, et assez actuel pour un roman de 1920. J’en avais entendu parler via La Brigade Chimérique. Zamiatine rentre beaucoup moins dans le détail du fonctionnement de la société au quotidien qu’Orwell et Huxley, mais il pose les grands principes d’une organisation rationalisée à l’extrême du monde, où chacun·e doit être identique aux autres et où tous les bâtiments sont faits de verre, pas tant pour espionner que pour constater que ses actions sont bien reproduites au même moment par tout le monde, avec les 15 mastications par bouchées des repas, l’heure de promenade et la poésie d’État qui détaille les gestes de la sexualité.
Le style du livre n’est pas particulièrement prenant, mais je recommande. pour l’histoire.

Escape from New York, de John Carpenter

Film de 1981, au scénario basique : Manhattan est devenue une prison de haute sécurité géante (sic), l’avion du président se crashe dedans (resic), et on envoie le meilleur élément de l’armée américaine le chercher. Sauf que les États-Unis ont une petite tendance facho (indiquée par le fait de changer une de ses plus grandes villes en prison sans espoir de réinsertion), que le Président est méprisable et que l’agent des Forces Spéciales a été condamné pour le braquage de la réserve fédérale.

J’ai une certaine affection pour ce film mais y’a rien d’incroyable dedans, même s’il pose une ambiance (avec le trip tout le monde avec des costumes chelous parce que y’a pas de société stable dans la prison et que comme chacun sait, anarchie=costumes chéper, tsé). Le principal mérite de ce film, pour être honnête, c’est d’avoir permis par son succès un peu random qu’on demande à Carpenter de refaire un truc du même genre et que lui, taquin, commette Escape from LA, suite-décalque upped to eleven du premier, qui pour le coup est très bien.