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This Census-Taker, de China Miéville

Très bon, livre, assez court, assez indescriptible. Lu en VO, ce qui en a fait une lecture bien dense vu le style de l’auteur, mais je pense que ça vaut vraiment le coup de faire l’effort de pour profiter dudit style. Récit raconté par un narrateur enfant au moment des faits, qui n’est pas certain de tout ce qu’il a vu, qui alterne entre troisième et première personne pour raconter son histoire, dans un monde dont on sait très peu de choses et qui semble fort mystérieux. J’ai regardé quelques recensions du livre en ligne qui disent qu’il parle avant tout d’incertitude et c’est assez vrai. Tout reste assez obscur après avoir refermé le livre, mais l’histoire reste avec vous.

Bref lisez-le et on pourra en parler ensuite.

Le Baiser du rasoir, de Daniel Polansky

Un peu décevant. C’est un polar transposé dans un monde de fantasy, mais on n’a à la fois pas assez d’infos sur le monde et une intrigue policière pas très originale, ou les indices vers le coupable sont bien trop visible pour le lecteur. J’aime bien ce genre de fantasy un peu boueuse, à l’échelle d’une ville et avec des personnages réalistes, mais là je n’ai pas accroché. Tournez-vous plutôt vers Watsburg de Cédric Ferrand ou vers Gagner la Guerre, de Jaworsky

Le Bâtard de Kosigan, de Fabien Cerutti.

Tome 1 : L’Ombre du Pouvoir.

Roman de fantasy historique française. Mes sentiments dessus sont mitigés. Commençons par le positif : C’est de la fantasy avec un univers original, mélangeant histoire européenne médiévale réelle et éléments fantastiques. Il existe différentes races (et l’Église mène des Croisades racistes visant à éliminer de concert croyances païennes et races autre qu’Homo sapiens), de la magie, différents artefacts et pouvoirs spécifiques, le tout fort bien mené, et avec un auteur qui connaît l’Europe médiévale et n’en fait pas une caricature. J’ai très envie d’en savoir plus sur l’univers. De plus c’est globalement bien écrit et fluide.

Cependant, 3 défauts, par ordre d’importance croissante :
1/ des passages situés 500 ans plus tard, le descendant du héros qui mène l’enquête sur son ancêtre et envoie des lettres à son pote pour rendre compte de ses progrès. C’est très elliptique et ça apporte pas grand chose.
2/ Toutes les femmes sont attirées par le héros, et il leur rend bien. C’est pas crédible et c’est bien chiant. Tu réussis à rendre crédible de la magie et des Elfes, vient pas tout ruiner avec un héros queutard sans rime ni raison.
3/ Généralement le défaut 2 est un des trucs que je vais le plus reprocher à une œuvre. Mais là, on a pire : le héros en totale maîtrise de toute la situation. Il sait tout, manipule tout le monde, à trois coups d’avance sur tous, est juste avec ses hommes, charmeur avec les femmes, plein d’esprit avec ses ennemis… Raaaah. On veut lui mettre des claques. Et en plus il est cheaté de façon perrave (il a littéralement des facultés de régénérations à nulles autres pareilles , dans un monde pourtant magique). Ce défaut et l’érotomanie se retrouvent d’ailleurs chez son descendant-décalque, pour ne rien arranger.

Donc bon. C’est un tome 1/3 (même si visiblement ils peuvent se lire indépendamment), je ne pense pas que j’achèterai les suivants mais je les emprunterai en bibliothèque pour l’univers.

Tome 2 : Le Fou prend le Roi.

Je l’ai effectivement emprunté en bibliothèque. La composante « le héros a absolument tout maîtrisé » est moins présente, il se retrouve davantage dépassé par les événements et avec des adversaires à sa hauteur. Moins de coucheries aussi, il n’a pas trop le temps vu qu’il passe la majorité du livre à tenter de sauver sa peau in extremis. Les scènes 500 plus tard ne servent par contre toujours à rien, et il y a un peu trop de créatures « que l’on croyait éteintes depuis 200/500/1000 ans » qui refont des apparitions pour que ça reste crédible. Moins de développement de l’univers, mais en même temps une intrigue plus resserrée, win some, lose some.

The Last Days of New Paris, de China Miéville

Une novella se déroulant dans un Paris alternatif en 1950. Un Paris isolé du reste du monde par les forces d’Occupation nazies, qui veulent à tout prix éviter que les manifestations incarnés des œuvres surréalistes qui ont envahi Paris en 41 ne contaminent le reste du monde… C’est court mais c’est dense à lire en anglais parce que la prose de Miéville n’est pas aisée et que c’est bourré de références surréalistes. C’est sympa et carrément original.

Le Sommeil de la Raison, de Juan-Miguel Aguilera

Un roman espagnol qui se passe dans l’Europe du début du XVIIe. Une Europe où une forme de sorcellerie existe, qui permet de visiter un monde des esprits et d’influencer le monde physique. On suit dans cette Europe le voyage de Juan Vives (personnage historique réel) et d’une sorcière, qui dévoilent progressivement une conspiration impliquant les Grandes Cours d’Europe pour réaliser une prophétie…

C’est bien écrit et intéressant, ça colle à la réalité historique tout en proposant une histoire cachée, qui se déroule à une période différente des classiques ressassés du genre. Le roman ouvre pas mal de porte sur sa toute fin en faisant des allusions discrète mais qui permettent de supposer une histoire secrète qui s’est continuée bien après et qui existait depuis bien avant. C’est pas une révélation incroyable en terme de fantasy, mais c’était très bien à lire et c’est sympa de lire une autre tradition de fantasy que les française et anglo-saxonne.

Royaume de vent et de colère, de Fabrice Del Soccoro

Court roman de fantasy francophone se passant dans l’éphémère République de Marseille sous Henri IV. C’est assez cool, bien écrit (le découpage présentation/installation des enjeux, puis retour sur l’histoire des personnages en chapitres très courts alternant puis reprise de la temporalité de l’introduction pour la conclusion, c’était assez cool. Y’a de la magie mais c’est très discret, sinon ça reprend assez fidèlement l’Histoire telle qu’elle s’est déroulée.

Pratchett’s

Divers romans de l’Univers du Disque-Monde que j’ai lu dans le désordre sur ma liseuse : 

Going Postal, de Terry Pratchett. Un escroc est forcé par le Praticien d’Ankh-Morkoph à reprendre en main le service postal décrépit de la ville. Il utilise toutes les techniques de son ancienne vie pour remettre sur pied l’institution à coup de bagout, malgré la concurrence acharnée du trust privé des communications par sémaphore. C’est bien écrit, de la bonne fantasy, et ça parle de manière assez transparente de l’intérêt d’avoir des services publics.

Making Money, de Terry Pratchett. La suite de Going Postal, que j’ai trouvé un peu moins réussi, parce que l’intrigue est plus confuse, on comprend pas trop où Pratchett veut en venir, les trucs arrivent un peu les uns après les autres sans enchaînements (enfin ça reste bien, c’est juste par comparaison au précédent).

The Truth, de Terry Pratchett. L’invention du journalisme dans l’univers du Disque-Monde. Très bon volume.

The Fifth Elephant, de Terry Pratchett. Ça parle de diplomatie, traditions religieuses, évolutions sociétales et coutumes étrangères. Excellent volume (bon, je crois que j’aime juste Pratchett en fait)

La Tour Sombre, de Stephen King

Je suis intéressé par l’univers mais pas très fan du style d’écriture de King. Après je n’ai lu pour le moment que le premier tome et il dit lui-même qu’il trouve son style dedans un peu pauvre (parce que c’est une œuvre de jeunesse). Mais bon, j’ai jamais été enthousiasmé par le style de King. Je vais poursuivre quand même.

Le tome 2 est mieux même si le style est toujours faiblard (et l’histoire assez datée par certains côtés). Mais y’a plus de rythme et on comprend plus de trucs.

Le 3 étend l’univers mais il est quand même bien bien bourré de clichés et de tics d’écriture, je ne suis pas très motivé pour lire les suivants.

Magies Secrètes, de Hervé Joubert

Un bon pastiche des feuilletons d’aventures du genre des Mystères de Paris. Sous Obéron III, un fonctionnaire du corps des ingénieurs-mages participe à la vie mondaine et enquête sur les bouleversements du monde féerique dus au progrès. Ca se lit bien, quelques passages un peu en trop (genre l’automate qui entrecoupe ses paroles de « zboing ») qui font sentir que c’est orienté jeunesse, quelques passages sympa (la narration qui fait une ellipse lors d’une scène d’action, ellipse qui est comblée en deux notes de bas de pages qui prennent le temps de s’excuser pour ne pas avoir filé toutes les informations. De façon générale des notes de bas de page qui anticipent des trucs dans le récit, c’est rigolo) mais cool dans le genre pulp.