Archives de catégorie : Longs métrages

Le Daim, de Quentin Dupieux

Georges quitte tout pour acheter un blouson à franges en daim, et s’installe dans le village du vendeur. Là il décide de concert avec le blouson de réaliser son rêve d’être la seule personne au monde à porter un blouson. Payant au début les gens pour qu’ils jurent devant caméra de ne plus jamais porter de blouson, il se rend finalement compte qu’il y a une façon bien plus simple d’arriver à son but. En parallèle, George commence à tourner un film amateur, et s’y retrouve poussé par une monteuse qui est serveuse comme job alimentaire…

Beaucoup plus direct que les films habituels de Dupieux, on a même un scénario qui va d’un point A à un point B ici ! Le film parle d’obsession et de cinéma, Dujardin et Haenel sont très bons dans leur rôles.
Je recommande, sans que ce soit un film ultra marquant pour autant.

Bird Box, de Susanne Bier

Film d’horreur/post-apo sorti en 2018. Des créatures invisibles au spectateur poussent ceux qui les voient à se suicider. Les humain.e.s qui ont survécu à l’impact initial vivent dans des maisons aux fenêtres masquées par des rideaux, et ne sortent qu’équipé .e. s d’un bandeau. Dans ce monde, on suit la vie de Malorie, juste après l’impact initial alors qu’elle est enceinte, et 5 ans plus tard alors qu’elle descend une rivière accompagnée de deux enfants nommés Boy et Girl pour atteindre un potentiel sanctuaire.

J’ai plutôt bien aimé. Il y a quelques points qui ne vont pas (genre leur description de la folie), mais le personnage de Malorie est bien caractérisé, pas cliché. Le coup de la privation visuelle est bien exploité, ils n’ont pas fait la même erreur que dans A Quiet Place, où c’est totalement central au film et super mal exploité, là ça reste anecdotique, avec plusieurs astuces utilisées par les personnages.

Léon Morin, prêtre, de Jean-Pierre Melville

Film de 1961. Durant la seconde guerre mondiale et à la Libération, une militante communiste, Barny, a une conversation suivie avec un prêtre. Commencée avec l’optique de lui montrer que l’Eglise est dévoyée, elle se laisse peu à peu convaincre par ses arguments en faveur de la foi, trouvant en lui un prêtre jeune, moderne, et inspiré par la théologie de la libération le catholicisme social (cf commentaire) plus que par le dogme (et particulièrement beau – il est joué par Belmondo, et sa beauté est un des points abordés plusieurs fois par le film). En parallèle, on voit ses activités de militante communiste et de travailleuse à l’école dans le cadre de la guerre et de la Libération.

Sur le papier c’est intéressant, mais même si l’héroïne est indépendante et active, dans sa relation avec Léon Morin, elle ne réussit jamais à avoir le dessus intellectuellement, et si elle est attirée par lui physiquement, et que c’est intéressant d’avoir un film qui parle de beauté masculine, on a quand même l’impression que ça la handicape et la place en position de faiblesse dans leur relation intellectuelle.

Batman: Hush, de Justin Copeland

Dessin animé Batman un peu raté. Il reprend globalement la trame de l’arc Hush en le transposant dans un univers Batman plus récent (présence de Damian comme Robin notamment).

L’animation est classique, les dialogues sont étrangement cadencés – il y a des pauses entre les répliques des personnages, et le film est un peu réac dans sa présentation des personnages, avec des femmes fortement sexualisées, une insistance sur la romance Batman/Catwoman (je pense que personne ne lit/regarde Batman pour avoir de la romance). Bref, pas convaincu.

Port Authority, de Danielle Lessovitz

Film de 2019. Paul, un jeune homme blanc un peu paumé débarque à New York. Il se lie d’amitié avec un autre mec blanc un peu louche qui lui fournit une place dans un centre d’accueil pour SDF et le recrute dans son équipe de « déménageurs », en fait des mecs qui expulsent les familles pauvres avec des loyers impayés. En parallèle, Paul tombe amoureux de Wye, une fille noire et trans qui fréquente la scène ball. Les deux aspects ne sont pas exactement compatibles et vont finir par s’entrechoquer.

Je trouve que le film passe beaucoup de chose au personnage principal. Il se comporte pas mal comme un connard, mais comme c’est le héros les gens en tolèrent beaucoup plus de lui que ce qu’ils ne devraient. De plus c’est assez clairement le personnage le moins intéressant du film. C’est dommage parce que par ailleurs c’était intéressant d’avoir un film qui montre la scène ball (perso c’est le genre de truc que je connais absolument pas), mais pourquoi cet insert assez forcé d’un perso blanc ? D’ailleurs au début du film un perso lui dit « t’es pas le bienvenu ici, t’as tout le reste de la ville à dispo, ici c’est un safe space pour les personnes queers racisées, barre-toi », ce qui paraissait fort bien, mais ensuite tout le reste du film le montre qui se réincruste sans être called out de nouveau, juste parce qu’une meuf crushe sur lui.

Globalement, avis mitigé.

Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma

Film historique sortie en 2019. En 1770, une peintre, Marianne, se rend sur une île pour faire le portrait d’une jeune femme, Héloïse. Ce portrait sera présenté au potentiel futur mari d’Héloïse pour qu’il accepte ou non le mariage, et Héloïse refuse d’être peinte.

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Spiderman: Far From Home, de Jon Watts

Assez peu d’intérêt. Du Marvel très classique, et centré sur un spiderman adolescent qui alterne entre son voyage scolaire en Europe et sa crainte de ne pas être à la hauteur comme héros. Pour les mêmes thématiques, regardez plutôt le Spiderman II de 2004, au moins Spiderman bossera pas pour une agence gouvernementale cheloue. Ou alors regardez Into the Spiderverse pour une animation et une BO cool.

Roubaix, une lumière, d’Arnaud Desplechin

Film français de 2019. On suit les intervention d’un commissariat de police de Roubaix, dirigé par le commissaire Daoud. Au fil du film, en enquête en particulier va prendre de plus en plus de place à l’écran, celle sur l’assassinat d’une femme âgée pour un vol dérisoire.

J’ai un sentiment mitigé sur le film. J’ai bien aimé la façon dont est montrée cette enquête principale. Le film passe du temps sur toute la période de garde à vue des suspectes principales, comment les policiers les séparent, leur mettent des coups de pression, réussissent peu à peu à les faire passer aux aveux par tout un dispositif psychologique. Le film prend son temps là dessus et c’est très bien. La relation entre les deux suspectes est aussi explorée, c’est intéressant.
Par contre, le reste du film me pose problème : en 2019 en France faire un polar où tous les flics sont de bons samaritains, prétendre au réalisme social avec zéro mention de racisme/sexisme/violences policières, avec une misère et une criminalité qui n’ont pas de cause visible, c’est très étrange. Les flics sont préoccupés par les courses de chevaux et les doutes sur leur foi catholique, ils sont tous forts affables, tout le monde les accueille avec courtoisie, même les suspects… C’est un peu hors sol.

Perdrix, d’Erwan Le Duc

Comédie romantique française de 2019. Juliette Webb déménage dans les Vosges. Suite au vol de sa voiture contenant toutes ses possessions, elle rencontre le capitaine de gendarmerie Pierre Perdrix, sympathique mais particulièrement amorphe.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance absurde un peu entre Dupieux et Peretjatko (ouais je name-droppe). C’est joliment filmé aussi, avec de beaux paysages (les Vosges semblent très télégéniques dans le film). Seul point négatif, la romance au coeur du film est vue et revue, à base de manic pixie fairy girl qui vient redonner à un homme enfermé dans sa routine le goût de vivre. Mais le film reste fort bien quand même, je recommande.

The Endless Summer, de Bruce Brown

Documentaire scripté de 1966. Le réalisateur suit deux surfeurs californiens qui décident de faire un tour du monde pour éviter l’hiver californien et son océan trop froid à leur goût. Ils franchissent plusieurs fois l’équateur pour rester dans des conditions estivales tant qu’ils peuvent.
C’était assez intéressant, avec un format inattendu. Le réalisateur commente au fur et à mesure les images, les techniques de surf, l’intérêt des différents spots, les relations des protagonistes avec les locaux. Y’a pas mal du malaise d’époque aussi, avec des petites remarques racistes ou sexistes (quand un des persos est plus ou moins en train de harceler une australienne notamment).

Par contre j’aurai voulu voir un peu plus sur le côté psychologique, parce que là tout est toujours parfait, alors qu’en fait ce genre d’entreprise, le fait de se barrer à trois (surtout à l’époque où les communications n’étaient pas folles), le fait d’avoir une quête qui va forcément se finir un jour (ils reviennent à la maison, ils peuvent se payer un an d’été, pas davantage, ça crée une tension avec l’idée d’ « été infini »), ça pose pas mal de questions qui ne sont pas du tout abordées dans le film.