Archives pour la catégorie Longs métrages

Les Valseuses, de Bernard Blier

Film français de 1974.
Ça commence par une agression sexuelle, ça continue par un viol, ça enchaîne sur une agression sexuelle… On a arrêté de le regarder après 20/30 minutes parce que c’était assez insoutenable.
Le film est supposé raconter l’errance de deux loubards à la dérive, qui traînent dans les cités et fauchent des voitures. Il est vu comme un film emblématique de son époque. Perso j’y ai surtout vu un film qui met deux mecs répugnants au centre, raconte une histoire qui ne s’écrit qu’entre hommes et où les femmes sont vues comme des biens de consommation au même titre que les voitures : les persos principaux volent les deux aux hommes bourgeois du film, et les femmes dans cette histoire sont totalement passives.
Je conseille de s’en épargner le visionnage. 

Harold et Maude, de Hal Ashby

Film américain de 1971. C’est un peu « le gamin de la famille Addams rencontre Mary Poppins ». Un vingtenaire qui a grandi à l’ombre de sa mère étouffante et qui communique essentiellement en mettant en scène de façon répétée son suicide, rencontre à l’enterrement d’un inconnu une quasi-octogénaire pétulante qui aime bien faucher des voitures, emmerder l’autorité et essentiellement faire tout ce qui lui passe par la tête.

C’est assez cool, après y’a un petit côté Manic Pixie Fairy Girl, même si avec le twist de la différence d’âge pas dans le sens habituel. La relation entre les deux personnages principaux est ambigüe : Harold est amoureux de Maude, mais ce n’est pas clair que ce soit réciproque, ni qu’il se passe quoi que ce soit entre eux (le film aurait gagné en subversion a être plus explicite là dessus je pense), en l’état ça fait plus coming of age/relation de mentor à élève.

Très bonne galerie de personnages secondaires aussi, la mère et l’oncle d’Harold, son psy, ses dates, le policier qui tente d’arrêter Maude… 

Les Ogres, de Léa Fehner

Film français de 2016. Une troupe de théâtre itinérante qui se déplace en caravane est en tournée dans le Sud de la France avec un spectacle inspirée de deux œuvres de Tchekhov. La vie de la troupe part dans tous les sens. Notamment, le directeur et un des acteurs principaux (nommé Déloyal de façon assez transparente) ont des égos gigantesques, qui laissent assez peu de place aux autres membres de la troupe. Le film suit la troupe sur quelques semaines, montrant leur quotidien toujours un peu précaire, fait d’un bricolage constant des tâches de chacun pour s’adapter aux imprévus, d’une vie intense entre représentations, beuveries, montage et démontage du camp, déplacements en caravane, engueulades, réconciliations, amours et amourettes, concessions (ou non) aux fragilités de chacun.e…

Je recommande très fortement. 

I feel good, de Gustave Kervern et Benoît Delépine

Comédie française de 2018. Jean Dujardin joue un peu paumé qui croit totalement au discours néolibéral. Il cherche l’idée que le rendra « immensément riche » et ne fait pas grand chose d’autre. N’ayant plus aucune ressource, il rejoint sa sœur qui dirige le centre Emmaüs de Lescar, dans les environs de Pau. Là, il tente de vendre l’idée qu’il a enfin trouvée à divers compagnons travaillant dans le centre.

Ça se regarde, mais c’est pas le film du siècle. Y’a des longueurs, des scènes où on sait pas trop où elles vont, des moments pas très subtils. Y’a des trucs cools aussi, mais on aurait voulu que le film élabore plus dessus. Par exemple les compagnons qui jouent de la musique de nuit dans le centre endormi. Le film s’en sert juste pour marquer le passage du temps, mais ça donne parmi les scènes les plus jolies. Les péripéties du voyage en Bulgarie aussi, sont parmi les moment les plus sympa du film, mais totalement annexe à son propos : la limousine bricolée, la visite du monument abandonné (aparté : raaaah, j’ai tellement envie d’aller l’explorer), la dispersion des cendres sur les flammes jumelles… Bref, tout les moments où le film fait un peu de la poésie sont cools, mais ils sont pas vraiment reliés au reste du film. Je pense que j’aurai préféré un documentaire un peu poétique sur le centre Emmaüs, dans l’absolu. 

Les Frères Sisters, de Jacques Audiard

Western.

L’histoire de deux frères tueurs à gages en 1851. Sur les ordres de leur patron peu recommandable, ils poursuivent un chimiste parti vers la Californie en pleine ruée vers l’or. On voit leur vie quotidienne, leur relation dysfonctionnelle entre eux et avec le reste du monde, et en parallèle la vie du chimiste et d’un autre homme qu’il rencontre en chemin. C’est bien filmé, les décors sont très beaux. Quelques longueurs mais on passe un très bon moment devant. La relation des frères est bien mise en scène, le côté « monde ouvert » des Etats-Unis de l’époque aussi (toutes ces nuits à la belle étoile en traversant le territoire en ligne droite à cheval). Ca a été tourné en Espagne et en Roumanie, les paysages sont très beaux, et la musique d’Alexandre Desplats rend bien dans le film. 

Mia Madre, de Nanni Moretti

Film italien. Une réalisatrice tourne un film social avec un acteur principal ingérable, et en parallèle doit faire face à la dégradation rapide de la santé de sa mère.

Je l’ai pas regardé dans les meilleures conditions (dans le train en tentant d’avoir du wifi par ailleurs), mais j’ai pas été enthousiasmé outre-mesure. C’était intéressant, mais je m’attendais à ce que ce soit plus sur le deuil post-décès qu’à la période d’anticipation où la santé de la mère se dégrade. Et puis les parties cinéma sont joliment tournées, mais les films sur des persos dans le milieu du cinéma je trouve toujours ça un peu nombriliste.

Après c’était intéressant quand même, mais j’ai largement préféré Habemus Papam du même réalisateur

La Loi du Marché, de Stéphane Brizé

Film français de 2015 avec Vincent Lindon. Après 20 mois de chômage, un homme trouve un emploi de vigile dans un supermarché. Il se retrouve à devoir cautionner des tâches qui clairement lui répugnent : si les premières interpellations sont celles de voleurs qui correspondent au stéréotype (vol d’un câble de smartphone, voleur se confrontant aux vigiles), rapidement les vigiles se retrouvent à interpeller des retraités à court d’argent effectuant des vols alimentaires, puis leurs collègues du magasin qui récupèrent des coupons de réduction oubliés par les clients. Vincent Lindon joue super bien le mec coincé dans cette position (sa famille a besoin d’argent et ils arrivent au bout de leurs économies) qui doit gérer le fait d’appuyer ce système. Le film met aussi très bien en scène la violence sociale qui prive les personnes de choix, présente comme des lois naturelles des décisions managériales.

Je recommande.

I Kill Giants, d’Anders Walter

Sur la côte des États-Unis, dans une petite ville, une préado vit sa vie dans son coin, avec une famille distante. Sa journée est rythmée par une série de rituels : préparation de potions, vérification et réinscriptions de runes sur des murs et arbres, élaboration de pièges… Le tout pour protéger la ville des géants.

J’ai bien aimé le film, notamment le début, la description des rituels, le quotidien de l’héroïne, son amitié avec la nouvelle venue dans la ville.
Quelques points un peu gérés avec lourdeur : le discours du Titan, notamment, qui fait très préchi-précha, la persécutrice de l’école qui à l’air d’être méchante essentiellement pour le plaisir, la psy scolaire totalement bien intentionné et qui à autant de temps qu’il faut à consacrer à une unique élève.
Le « plot-twist » du film se voit venir de loin mais le but c’est pas vraiment de faire une révélation choquante donc c’est pas très gênant. Mais c’est vraiment pour moi le début du film avec la description des rituels enfantins élaborés, conçus pour essayer d’avoir une certaine maîtrise du monde, que j’ai trouvé intéressant et bien fait.
Le cast très majoritairement féminin du film était une bonne surprise

Beyond Flamenco, de Carlos Saura

Un documentaire de 2016 qui montre différents style de Jota, la famille de danse dans laquelle on trouve le flamenco et le fandango. Un léger carton explicatif au début, puis le film consiste en un enchaînement des différentes danses de la famille par différent.e.s danseuseurs.
J’aurais bien voulu un peu plus d’analyse ou d’explication des différentes danses parce que si pour certaines on est directement pris par la performance technique/le rythme, globalement quand on y connait rien on ressort du film en en sachant pas beaucoup plus à part qu’il y a une grande diversité. Mais ça reste globalement beau à voir.