Archives pour la catégorie Culture/Procrastination

Pacific Rim II: Uprising, de Steven S. DeKnight

Sympathique. Rien d’incroyable mais je l’ai trouvé plus réussi que le premier, le personnage de John Boyega est vachement cool. J’ai préféré la présentation de l’équipe de scientifique dans cet opus que dans le précédent. Le concept de la fusion Kaiju/Jaeger est assez cool, ainsi que les Jaeger recréé depuis les parties des Jaeger détruits, même s’ils auraient pu davantage insister sur le rafistolage dans leur esthétique (là on a l’impression qu’ils ont pris le temps de remettre une couche de peinture dessus à la fin. De façon générale pour moi les Jaeger sont trop esthétiques, ils seraient plus « crédibles » (ouais, j’ose utiliser « crédible » pour parler d’éléments de Pacific Rim) s’ils étaient un peu plus bruts de décoffrage, en métal brut avec les rivets visibles par ex).

The Last Jedi, de Rian Johnson

C’était joli, mais c’était long. De très beaux trucs visuels (le combat sur la planète avec des cristaux de sel rouge), mais pas grand chose qui se passe.

Un truc qui me frappe au passage dans cet épisode, c’est l’absence totale de gens pas impliqués directement dans le conflit : à trois gamins logeant dans une écurie près, les seuls civils que l’on voit ce sont des vendeurs d’armes, montrés comme riche et décadent. Dans les deux premières trilogies on voyait des planètes pas totalement désertes (Tatooïne, Coruscant, Bespin…) avec des gens qui vivaient leur petite vie civile, en composant plus ou moins avec qui l’Empire, qui la Fédération du commerce. Un effet lié à ça, c’est qu’on se retrouve avec une résistance qui a l’air totalement inexistante : à la fin du film, « la Résistance » c’est une grosse dizaine de personnes. Dans la trilogie originale tu avais une Résistance assez forte mine de rien, s’appuyant sur des systèmes entiers qui lui fournissait de l’appui logistique. Là que dalle, c’est une poignée de clampins coupée de tout et tou⋅te⋅s.

Et puis beaucoup de retournement/contre-retournement de situation (Luke est mort/non il était pas là/mais en fait il est mort quand même, Kylo est gentil/non il est méchant/non il se retourne contre son maître/mais c’est pour prendre sa place…) qui rallonge un peu inutilement l’histoire. Bref, un peu trop boursouflé comme film, less is more.

The Exorcist, série télévisée

J’ai regardé en un weekend les 2 saisons de 10 épisodes. C’était la bonne durée pour pouvoir tout regarder d’un coup (la série a été annulée après la seconde saison). Sentiments mitigés : clairement il y a des longueurs, beaucoup de répétitions, et on sent que la série ne sait pas toujours trop où elle va, avec les pouvoirs des démons et leur susceptibilité aux rituels et objets d’exorcisme qui varie énormément d’un épisode à l’autre selon ce qui est utile aux scénaristes. Donc clairement une série dispensable de ce point de vue là. Après, les personnages sont vraiment bien construits et attachants. D’une part le duo d’exorciste dont la dynamique fait toute la série, mais aussi la majorité des personnages secondaires (exceptés ceux qui sont dans la hiérarchie de l’Église).  Ils sont intéressants, divers, subtils, c’est assez cool. Globalement je pense que y’a beaucoup à dire sur les modèles de masculinité présentés par cette série (mais par quelqu’un qui s’y connaît plus que moi)

Captain Fantastic, de Matt Ross

Film de 2016.

Un homme vit dans la forêt étasunienne avec ses nombreux enfants. Il leur donne une éducation survivaliste, axée sur la forme physique, la libre pensée et une philosophie d’extrême-gauche. Suite au décès de sa femme, la famille va devoir se confronter à la civilisation et aux normes sociales.

C’est assez cool (ce qui me fait penser que dans le film y’a un rant sur le fait de dire des trucs que c’est « intéressant » ou « cool » plutôt que de qualifier ce qu’il y a de notable, mais tu sais quoi ? Va te faire voir, film). Le père de famille a des vues totalement extrémistes sur l’éducation, qui sont montrées comme ayant des résultats efficaces (les enfants sont sportifs, ultra-cultivés et malins par rapport à leurs cousins qui glandent devant la console), mais très loin d’être parfaite : dans plein de situations ils ont pas les références et les codes pour interagir avec l’ensemble de la société (assez prévisiblement) et on ne sait pas trop si leurs vues d’extrême-gauche ne sont pas en grande partie de l’endoctrinement (le plus grand fils dit qu’il n’est plus trotskyste mais maoïste, mais tous les autres répètent juste des slogans). Mais sinon c’est fort sympa et bien filmé, je recommande

[Je me demande si ça ne vaudrait pas le coup que je fasse des tags « recommandation » et « à éviter » pour un tri plus rapide. Mais après ça demande de repasser sur toutes les critiques précédentes…]

Gravity Falls, d’Alex Hirsch

Série animée en 2 saisons diffusée par Disney. La série suit les aventures de deux jumeaux, Mabel et Dipper, envoyés passer un été avec leur grand-oncle Stan dans une petite ville de l’Oregon. Stan tient un cabinet de curiosités plein de fausses attractions pour escroquer les touristes, mais les deux jumeaux réalisent vite que la ville est pleine de vraies manifestations paranormales.

J’ai bien aimé, l’histoire est intéressante, 2 saisons c’était le bon format, il y a une vraie conclusion avec des enjeux, c’est cool. Après, y’a pas mal d’épisodes qui tournent autour de l’attraction amoureuse de Dipper (12 ans) pour Wendy (15), et c’est pas super bien amené ni traité, ça c’est un peu dommage. Globalement le traitement des questions de genre dans la série n’est pas fou, c’est le gros reproche que j’aurai à lui faire, sinon j’ai beaucoup aimé.

Wonder Woman, de Patty Jenkins

Film de super-héros de 2017. La genèse de Wonder Woman. C’est très lisse dans l’écriture et l’image. On voit venir les retournements de situations et les péripéties en général à 300 km. Un  truc que j’ai trouvé assez problématique : la présentation de la 1ère Guerre Mondiale selon la narration habituellement réservée à la Seconde : le camp du bien vs le camp du mal, avec de très vilains Allemands qui réduisent les villages en esclavage.

Et par ailleurs y’a un usage du trope Born Sexy Yesterday : Diana ne connaît rien à la société humaine donc elle transgresse toutes les conventions, et veut notamment se déshabiller en public…

Bref, ça a assez peu d’intérêt, après ça se laisse regarder comme film de pur divertissement, mais vous pouvez trouver mieux dans le genre.

Downsizing, d’Alexander Payne

Une équipe de scientifiques norvégiens trouve le moyen de réduire la taille des êtres vivants d’un facteur 150, permettant ainsi de réduire considérablement l’impact de la vie humaine sur les ressources naturelles. Une dizaine d’année plus tard, un couple d’américain⋅e⋅s avec une vie moyenne décident de subir la procédure, l’équivalent de leur capital une fois miniaturisés leur permettant de vivre avec le pouvoir d’achat de millionnaires, dans une des communautés de luxe pour « petits ». Mais la femme prend peur au dernier moment et refuse la procédure. Après le divorce, le héros se retrouve avec un train de vie bien moins luxueux que prévu et commence à découvrir l’envers du décor : le luxe des petits nécessite tout autant des employés de maison, des gens qui font le sale boulot, des pauvres…

Ça aurait pu être une grosse comédie façon « Chérie j’ai rétréci les gosses », mais c’est étonnamment réussi. Façon hard SF, le film explore les conséquences inattendues de la technologie : usage par les régimes autoritaires contre les opposants politiques, inégalités, transformation d’un moyen de moins peser sur les ressources naturelles en moyen d’augmenter son train de vie…

Mention spéciale au personnage de Ngoc Lan Tran, une opposante politique vietnamienne handicapée qui parle en anglais brisé, sans qu’aucune de ces caractéristiques ne soit utilisée comme une blague ou un ressort comique.

Les Bonnes Conditions, de Julie Gavras

Documentaire sur des jeunes de bonne famille qui ont fait leur lycée à Victor Duruy dans le VIIe arrondissement de Paris. La réalisatrice les suit entre 2003 et 2016, avec des entretiens une fois par an, pour voir l’évolution de leur vie et de leur pensée.

Sentiment mitigé. Le concept est intéressant, mais le fait de suivre des jeunes d’un milieu assez homogène, sans remise en contexte, sans comparaison avec des gens venant de d’autres classes de la société, ça fait qu’on ne sait pas trop quoi en penser. Certain⋅e⋅s ont du enchaîner les stages avant de trouver un vrai travail, mais en comparaison avec les jeunes du même âge, c’est normal, c’est plus facile, c’est inattendu ? C’est frustrant de ne pas pouvoir se faire une idée plus précise de ça.
Par ailleurs, j’ai eu un problème de forme sur le fait que la réalisatrice ne sait manifestement pas quoi faire de sa caméra par moment et qu’il y a des zooms et dézooms qui ne servent absolument à rien et qui te sortent de la narration des interviewé⋅e⋅s. Le documentaire aurait gagné à être tourné en plan fixe et mieux pensé en terme de mise en scène/cadrage.

Violence et Insécurités, de Laurent Mucchielli

Court bouquin d’un chercheur de l’EHESS. Écrit en 2001, mais encore tout a fait pertinent et actuel sur le sujet. Ça parle des chiffres de la violence en France et des discours autour de ces chiffres, du problème d’avoir des chiffres qui viennent du Ministère de l’Intérieur qui est un des acteurs de ces chiffres et qui a intérêt à les faire aller dans un sens ou dans l’autre, du fait que c’est des chiffres qui reflètent largement plus des choix de ce que fait la police (de contre quelles activités illégales elle va s’activer) que d’une mesure de la violence en elle-même, des changements de périmètre de ce qui est mesuré, des discours médiatiques tenus sur ces chiffres et de leur instrumentalisation contre en gros 1/les jeunes, 2/les étranger⋅e⋅s 3/les Noir⋅e⋅s et les Arabes. (avec des combos bonus évidemment).

L’auteur dit aussi qu’il y effectivement une augmentation de certains types d’actes commis par les jeunes des quartiers défavorisés qui est mesurable, celle des dégradations des symboles et institutions publiques, ce qui montre une dégradation des relations entre l’État et ces populations, à replacer dans un contexte plus large d’abandon de ces pops par l’État. Une violence qui a une signification politique donc, et pas du tout une « violence gratuite » comme affirmé.

Grosse recommandation