Archives de catégorie : Culture/Procrastination

Hellboy, de Mike Mignola

Prêtés en masse par un ami, j’avais un peu de mal au début (encore une histoire avec des nazis occultistes) mais on s’y fait à la longue, et c’est pas tant « encore une histoire » que « l’histoire qui a inspiré toutes les autres ». Le dessin de Mignola demande un temps d’adaptation mais une fois que l’on est dedans on apprécie grandement le côté minimaliste.

S., de Dorst

Livre concept où l’on suit à la fois l’histoire écrite par un écrivain de la première moitié du XXe siècle, les notes de bas de page de la traduction et les notes dans les marges échangées par deux étudiants cherchant à connaître l’identité réelle de l’auteur, en se référant au texte et en insérant d’autres documents. Ça donne un objet intéressant puisque le sens de lecture est choisissable, que les notes de marge ne sont pas toujours écrites dans l’ordre. Tout n’est pas toujours crédible mais globalement ça fonctionne bien.

Winter Journal, de Paul Auster

Fortement autobiographique, Auster revient sur sa vie quand il touche à son « hiver ». Détaille certains aspects par liste (tous les endroits où il a habité, par exemple), par thème, par anecdotes. C’est brillant comme toujours chez Auster. Par contre c’est le premier que je lis en VO et c’est nettement moins facile qu’en VF, mais je ne sais pas si ce n’est pas dû à ce livre en particulier.

Films et séries

Films :

Le Trésor de la Sierra Madre, de John Huston. Film de 1948 où Humphrey Bogart joue avec deux autres acteurs un trio de chercheurs d’or américains dans la sierra mexicaine. Brigands, outsider, jalousie, tout y est. Le film se passe sur un rythme lent mais dure 2h donc il y a pas mal de péripéties au final. Les acteurs sont excellents et l’histoire à un petit côté tragédie grecque intemporelle.

The Congress, d’Ari Folman. Robin Wright, jouant son propre rôle, accepte de se voir digitalisée pour que le studio Miramount puisse utiliser son image dans n’importe quelle production. Ce faisant, elle devient l’égérie de la révolution numérique qui va mélanger réalité et fiction de façon indiscernable … Un film assez perché et audacieux dans son traitement, qui se perd dans quelques longueurs et arcs narratifs convenus et dispensables, mais dans l’ensemble très intéressant à regarder.

Salaam Bombay!, de Mira Nair. Film sur les enfants des rues de Bombay dans les années 80. C’est pas un film avec un sujet très joyeux et il ne romanticise pas la vie de ses sujets (prostitution, prison, drogues, tout y est), mais c’est un beau film néanmoins. Les acteurs étaient vraiment des enfants des rues, ce qui est assez notable.

Impardonnable, de et avec Clint Eastwood. Un ancien cow-boy rangé de la boisson et des meutres accepte un contrat pour gagner 1000$ pour élever ses enfants, dans un Far-West qui n’accepte plus les règlements de comptes extrajudiciaires. Eastwood met en scène le crépuscule du Far-West dans une histoire parfois un peu lente mais impressionnante.

Relève de Thierry Demaizière et Alban Teurlai. Sur la création du ballet Clear, Bright, Loud, Forward par Benjamin Millepied en parallèle avec ses fonctions de directeur de la danse à l’Opéra de Paris. Bien filmé, cool musique, une perspective intéressante sur la création artistique non pas isolée mais prise en relation avec tous les autres facteurs qui vont l’influencer : administratif, conflits sociaux, aspects techniques, choc des cultures, …

De Battre mon Cœur s’est arrêté, de Jacques Audiard. Un film avec des gens pas très heureux et pas très sympas, dont un qui tente de trouver une issue. C’est joliment filmé, c’est déjà daté alors que c’est pas si vieux (ou alors je vieillis vraiment plus que ce que je me rends compte. La vieillesse est un naufrage et elle commence à 25 ans. Bref), ça parle de relations familiales et d’épanouissement personnel.

Jeux vidéos :

Kairo. Des architectures impossibles, aucun contexte, des énigmes pas très compliquées. C’est sympa. Y’a une histoire cachée, mais je l’aurai jamais trouvée si je ne l’avais pas lue sur la page wikipedia du jeu. C’est calme et joli mais c’est pas dément non plus.

Papo y yo Des architectures impossibles, des énigmes pas très compliquées, quelques finitions manquantes dans les interactions entre éléments, mais un jeu qui prend aux tripes et vous donne des sentiments. Récemment porté sur Linux dans Steam. Je recommande.

Séries et dessins animés :

The Man in the High Castle Adaptée du roman de Philip K. Dick. Très lente, intéressante dans son esthétique, joli générique, mais un scénario sans intérêt, qui évacue les questions intéressantes du bouquin de Dick. Les premiers épisodes sont très prévisibles dans leur déroulement et certaines lignes narratives sont superflues, mais une belle attention portée aux détails pour nous présenter un monde dyschronique dans lequel l’Amérique s’est très bien accommodée de la victoire nazie. Après, c’est leeeeeeent et convenu.

Galavant, saison 2 Je n’ai pas été enthousiasmé par les deux premiers épisodes, mais ensuite la série repart aussi bien quand durant la première saison. Plein de chansons absurdes, des personnages qui s’accrochent à leurs clichés et qui n’en sont que plus géniaux, un Moyen-Âge de pacotille, ♥.

Rick and Morty, par Dan Harmon. Série animée, hommage à toute la SF dans son intégralité. Un grand-père scientifique génial, alcoolique et sans scrupule et son petit-fils voyagent à travers les dimensions et l’espace dans des aventures existentialistes et plus absurdes les unes que les autres. Très réussie. [EDIT 2020 : J’ai un peu changé d’avis sur R&M au fur et à mesure. Il y a toujours de très bons épisodes, jusque dans les derniers que j’ai vu (l’épisode sur la continuité narrative notamment), mais y’a aussi des moments pas très intéressants, où bon, tu attends un peu que l’épisode se passe. Rick est un personnage trop puissant et indifférent pour que la série puisse lui opposer des enjeux intéressants, que ce soit en terme de narration où d’évolution du personnage.]

Luther, saison 4. Un peu moins réussie que les précédentes, on sent que le concept s’essouffle. Idris Elba traîne toujours son spleen de détective en proie à l’horreur du monde, les criminels sont toujours horribles.

Mudam

Il y a un musée d’art contemporain au Luxembourg, que j’ai bien évidemment visité. Et il y avait une super expo (Eppur si muove, en partenariat avec le CNAM), mêlant art contemporain et sciences techniques. Plein d’œuvres sympa et absurdes.

Une des œuvres présentées dans la partie "technologie et application"
Une des œuvres présentées dans la partie « technologie et application »

Cadran solaire avec canon de midi (la loupe concentre les rayons sur la mèche)
Cadran solaire avec canon de midi (la loupe concentre les rayons sur la mèche)

Outils d'un tourneur
Outils d’un tourneur

Détail de l'architecture du musée
Détail de l’architecture du musée

Hélice
Hélice

Les vitraux sont en radiographie. Wim Delvoye, 2006
Les vitraux sont en radiographie. Wim Delvoye, 2006

Chapelle gothique en métal, a steampunk wetdream
Chapelle gothique en métal, a steampunk wetdream

Vespa, vue éclatée
Vespa, vue éclatée

Eric Van Hove V12 Laraki Recréation des pièces d'un moteur de Mercedes par des artisans marocains
Eric Van Hove
V12 Laraki Recréation des pièces d’un moteur de Mercedes par des artisans marocains

Identité n°2, 1973, Piotr Kowalski
Identité n°2, 1973, Piotr Kowalski

Verrières du musée
Verrières du musée

Gala, de Jérôme Bel

Vu au théâtre de la ville. Sur invitation de Marion N.L., qui l’avait déjà vu à la Commune (je crois). C’est un spectacle de danse avec des danseurs professionnels et amateurs passant sur plusieurs styles de danse, successivement ou simultanément. C’est inclusif, c’est très cool, j’avais un peu envie de frapper mon voisin qui riait sur les passages les moins réussis, mais au bout d’un moment la mayonnaise prend (cette expression vous est offerte par l’année 83) et tout le public est à fond sur tous les acteurs.

Perso ça m’a fait poser pas mal de question sur ma pratique de spectateur (on avait des super places au rang 2), j’ai un rapport assez distancié et intellectualisé à ce qui se passe sur scène, j’étais limite « Oh c’est bon c’est un peu facile » quand la salle faisait « Awwww » quand c’était au tour des enfants de passer. Mais du coup est-ce que je réprime pas aussi mes sentiments dans ce genre de cas ? Je me laisse beaucoup plus porter par les émotions brutes quand je regarde un film tout seul chez moi par exemple et que je suis pas en représentation devant mon copublic. Bref. Questions, questions. Si vous avez l’occasion d’y aller allez-y, c’est très cool.

Pinocchio, de Joël Pommerat

J’aime pas l’histoire de Pinocchio. J’oublie périodiquement, mais c’est vachement sombre et ultra moralisateur (soyez de bons enfants ou tous les malheurs du monde vous tomberont sur la gueule. Yay). Ceci posé en préambule, la mise en scène de Pommerat était superbe. Un narrateur qui semble être Pinocchio adulte, des changements de scène pendant qu’un seul personnage est éclairé, des effets spéciaux réussis (la mer faite avec de la fumée et un laser bleu, vachement cool). La pièce est publicisée comme accessible aux enfants, mais ça n’a pas poussé Pommerat à retirer la scène de pendaison ni le fait de faire travailler un animal jusqu’à l’épuisement avant de le noyer pour récupérer sa peau. Pinocchio, quoi.