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The Penelopiad, de Margaret Atwood

Texte de la pièce adaptée de son roman éponyme, racontant l’histoire de l’Iliade et de l’Odyssée, et plus largement la vie de Pénélope, depuis son point de vue à elle et celui de ses servantes, tuées par Ulysse lors de son retour à Ithaque. C’était court mais cool. C’était intéressant d’avoir ces points de vue alternatifs, et qu’ils ne soient pas concordants : la solidarité féminine joue, mais les servantes rappellent qu’il y a d’énormes différences entre Pénélope, fille d’une naïade et née dans une famille royale, et elles issues du peuple, présentées la plupart du temps comme un chœur indistinct parlant d’une voix plurielle, même si elles sont nommées et qu’une se détache du lot.

Dans la pièce, les acteurices jouant les servantes jouent aussi tous les autres rôles autour de Pénélope, ce qui est une manière intéressante de montrer que tout tourne autour d’elle et que les autres personnages sont tous au service de son histoire.

Je ne suis pas une apparition, d’Hélène Ollivier

Super pièce de théâtre, parlant de féminisme sans jamais prononcer le mot, en présentant la vie de différentes femmes et leur perception par leur entourage, par la société (Sappho qui revient pour dire que les historiens ont totalement laissé de côté son apport à la poésie grecque pour se poser des questions voyeuristes sur sa vie sexuelle, une gynécologue qui en a marre que sa famille et la société essayent de lui filer un compagnon alors qu’elle veut se concentrer sur son métier et qu’on lui foute la paix, une délinquante mutique sur laquelle ses interlocuteurs projettent leurs explications de ses actes…)

Si jamais elle est rejouée l’année prochaine, je vous recommande fortement d’aller la voir.

La Ronde

Pièce d’Arthur Schnitzler, mise en scène d’Anne Kessler.

Dix protagonistes formant dix couples hétéro (chacun des protagonistes interagissant avec deux autres), se retrouvant pour faire l’amour, dans le Berlin des années 60. Si les premières scènes m’ont laissé froid, avec des échanges que je trouvais très artificiels, j’ai trouvé que la pièce s’améliorait au fil du temps. Par contre le vision du sexe qui en est donnée est assez triste, avec des rapports non consensuels parfois et toujours des rapports de domination. Mais les échanges sont néanmoins assez justes et intéressants.

Harry Potter and the cursed Child, de JK Rowling

J’ai bien aimé dans l’ensemble. Je trouve que la forme pièce de théâtre (mais bon, théâtre de fauteuil ou de compagnie très très friquée) rend bien pour cet univers. Le fait d’avoir un narrateur plus détaché, avec quelques incises, et d’avoir des points de vue multiples plutôt que celui intérieur à Harry est plus intéressant pour comprendre l’univers.
Je commence à SPOILER à partir d’ici. Continuer la lecture de Harry Potter and the cursed Child, de JK Rowling 

Le Maniement des Larmes, de Nicolas Lambert

Vue partiellement seulement, lors d’une représentation sur la place de la République. C’était très bien. Pièce sur l’affaire des frégates de Taiwan et l’implication de la classe politique française. Hyper documenté, un comédien interprète magistralement plein d’hommes et femmes politiques et on voit le délitement progressif de leur édifice de mensonges et de couvertures.

Les Liaisons Dangereuses, mise en scène de Christine Letailleur

Au Théâtre de la Ville. Assez impressionnant. Acteurices en costumes d’époque, musique d’époque puis beaucoup plus moderne sur la fin de la pièce. La mécanique du texte de Choderlos de Laclos se déroule, d’un jeu de séduction beauf mais qui n’a pas l’air d’avoir trop de conséquence à un viol assumé, des vies brisées et une mort. La mise en scène accompagne bien cette évolution. Quelques trigger warnings auraient été les bienvenues.

Pinocchio, de Joël Pommerat

J’aime pas l’histoire de Pinocchio. J’oublie périodiquement, mais c’est vachement sombre et ultra moralisateur (soyez de bons enfants ou tous les malheurs du monde vous tomberont sur la gueule. Yay). Ceci posé en préambule, la mise en scène de Pommerat était superbe. Un narrateur qui semble être Pinocchio adulte, des changements de scène pendant qu’un seul personnage est éclairé, des effets spéciaux réussis (la mer faite avec de la fumée et un laser bleu, vachement cool). La pièce est publicisée comme accessible aux enfants, mais ça n’a pas poussé Pommerat à retirer la scène de pendaison ni le fait de faire travailler un animal jusqu’à l’épuisement avant de le noyer pour récupérer sa peau. Pinocchio, quoi.