Archives de catégorie : Culture/Procrastination

Pratchett’s

Divers romans de l’Univers du Disque-Monde que j’ai lu dans le désordre sur ma liseuse : 

Going Postal, de Terry Pratchett. Un escroc est forcé par le Praticien d’Ankh-Morkoph à reprendre en main le service postal décrépit de la ville. Il utilise toutes les techniques de son ancienne vie pour remettre sur pied l’institution à coup de bagout, malgré la concurrence acharnée du trust privé des communications par sémaphore. C’est bien écrit, de la bonne fantasy, et ça parle de manière assez transparente de l’intérêt d’avoir des services publics.

Making Money, de Terry Pratchett. La suite de Going Postal, que j’ai trouvé un peu moins réussi, parce que l’intrigue est plus confuse, on comprend pas trop où Pratchett veut en venir, les trucs arrivent un peu les uns après les autres sans enchaînements (enfin ça reste bien, c’est juste par comparaison au précédent).

The Truth, de Terry Pratchett. L’invention du journalisme dans l’univers du Disque-Monde. Très bon volume.

The Fifth Elephant, de Terry Pratchett. Ça parle de diplomatie, traditions religieuses, évolutions sociétales et coutumes étrangères. Excellent volume (bon, je crois que j’aime juste Pratchett en fait)

Moana

Créé par les studios Disney.

La princesse d’une île polynésienne part régler un ancien maléfice pour sauver son peuple. La formule Disney classique, bien animée, avec quelques blagues méta sur le fait d’avoir les clichés de ce genre de film mis en scène.C’est sympa, des personnages féminins forts, des mecs qui se comportent comme des connards patriarcaux (bon, et parfois on voit que c’est mal mais parfois c’est juste boys will be boys et les filles doivent les réconforter quand ils sont tristes). Des chansons entraînantes (mais assez peu, il y a des débuts de chansons qui sont juste parlées finalement). Dans l’esthétique ça m’a fait un peu penser à Zelda: The WindWaker.

Legationville, de China Miéville

Une planète aux confins du monde connu humain, où se trouve une race d’extraterrestres pour qui la langue ne peut que décrire le réel, le mensonge étant inconcevable. Des manœuvres politiques humaines vont venir créer le chaos dans la délégation humaine sur la planète. Comme toujours chez Miéville, bien écrit, ça parle de structures de pouvoir, de mondes étranges, quelques allusions à des récits maritimes transposés dans l’espace (assez clairement, le bouquin pourrait se passer à l’échelle d’une planète, avec des océans et des continents.)

Rogue One (A Star Wars Story)

Le préquel à Un Nouvel Espoir qui répond à la question cruciale : « Comment peut-il y avoir une faille de sécurité aussi béante dans l’Étoire Noire ? ». C’est joli, le cast est très divers, après c’est un gros film de guerre avec pas trop de questions sur la psychologie des personnages qui se lancent au combat la fleur au fusil pour peu qu’on leur sorte un discours suffisamment inspiré.

Hidden Figures, de Theodore Melfi

L’histoire de trois femmes noires employées par la NASA pour effectuer des calculs avant la mise en service du premier ordinateur, qui vont malgré le racisme omniprésent devenir trois actrices clefs du programme spatial américain. C’est un bon film, bien joué, qui expose clairement l’intérêt de l’intersectionnalité des luttes et met en lumière des personnes clefs du programme spatial qui ont été mises sous le tapis depuis parce que pas de la bonne couleur de peau ni du bon genre… Après il semblerait qu’il ait été whitewashé par rapport aux événements (notamment le personnage du superviseur qui met fin à la ségrégation des toilettes de la NASA, c’est faux, c’est une des femmes noires qui a pris sur elle de le faire.

Utopia, de Dennis Kelly

Série sur un complot par une organisation extra-gouvernementale maléfique. L’histoire et les personnages sont cools, et j’aime beaucoup les choix de mise en scène : la palette de couleurs très vives, les focales courtes qui font que l’arrière-plan, même s’il contient des personnages s’approchant, reste flou, et qui te fait prendre conscience de la présence de la caméra, à rebours de beaucoup de séries qui tentent de la gommer au maximum.

Petit bémol au niveau de l’histoire, on a l’impression qu’ils vivent dans un univers où on n’a pas inventé les photocopieurs et y’a quelques incohérences dans les comportements des gens (quand leur troisième révélation de volte-face est absurde parce que si vraiment ils étaient de ce côté là depuis le début, ils avaient mille occasions avant). La saison 2 est moins cohérente que la première, c’est dommage (trop de révélations, faites trop vites, je dirai).

Mais c’est toujours aussi bien filmé, et l’épisode 1, qui est intégralement un flash back sur la génération précédente, filmé avec une caméra d’époque, est génial.

Révolution, d’Emmanuel Macron

Je le lis pour me faire une idée sur ses positions, même si je me doute qu’il est bien trop à droite pour moi.

Globalement c’est juste décevant en fait. C’est pas original, y’a de grosses ficelles rhétoriques, et c’est très largement à quelques mesures près un programme de droite, favorisant celles et ceux avec du pouvoir et du capital. Beaucoup de lyrisme, de références littéraires, de storytelling, mais peu de chiffres, zéro budgétisation. C’est sûr que c’est plus facile de présenter une « vision » qu’un projet détaillé. Pas mal des trucs présentés ne dépendent pas du tout du président ou du gouvernement (mais plutôt de l’UE, de la société civile, des élus locaux…). Malgré le titre, rien de révolutionnaire. Que des propositions vues ailleurs, même le positionnement politique est préexistant (chez NKM notamment). Grosse déception sur l’écologie, que du greenwashing. Déception sur le revenu de base aussi, totalement évacué comme opposé à l’idée même de travail. Sur entreprise/emploi, sans surprise en faveur de dérégulations massives. Ça va profiter aux patrons, peu de chances que bénéficie à l’emploi et aux employé⋅e⋅s par contre. Sur le sécuritaire, moins pire que d’autres, il est notamment pour la fin de l’État d’urgence [EDIT 07/2017 on voit ce que ça a donné].Ça reste pas folichon, pas de compréhension des causes du terrorisme.

Sur l’éducation et la politique de la ville/des territoires, des propositions intéressantes, mais seront-elles vraiment appliquées ? Globalement, beaucoup de communication et peu de fond. Somme toute, un candidat de centre-droit classique, clamant être atypique pour des raisons purement marketing.

Le Capital, version manga

Une forme plus légère à lire que le texte original de Marx.

Globalement je connaissais déjà pas mal des concepts exposés dedans. J’avais tenté de lire Le Capital à une époque mais c’est assez largement imbuvable, je dois dire. Le livre 1 tel que présenté dans cette version ne m’a pas apporté grand chose, le second était plus intéressant, mais je suis perplexe sur la notion que la plus-value ne peut venir que de la variable d’ajustement salaire. C’est peut-être juste une différence d’époque, mais pour moi si le travail est bien à l’origine de la création de valeur, ce travail peut être effectué par des machines (voire des robots), c’est bien toute la question de la robotisation actuelle de la société.