Archives de catégorie : Screens, thousands of them

Hocus Pocus, de Kenny Ortega

Film d’Halloween de Disney de 1994. EN 1693, trois sorcières sont exécutées à Salem. Elle réussissent à placer un sort loophole : si qq allume une bougie dans leur maison un soir d’Halloween, elles pourront revenir pour la nuit.
300 ans plus tard, un gamin idiot qui ne croit pas aux sorcières fait exactement ça. Les sorcières tentent alors de créer en 2-2 une potion magique de jeunesse éternelle pour vivre plus longtemps que juste la nuit. Pour ça elles ont besoin de leur livre de sorts et de l’âme d’enfants. Les héros (le gamin idiot, son love interest et sa petite sœur + un chat qui parle) vont tenter de les en empêcher.

C’était étrange. Ça n’a pas super bien vieilli, avec des personnages lourdement dragueurs.
Le trio de sorcières est très réussi par contre (les actrices cabotinent à mort), avec une cheffe implacable et deux sidekicks idiotes. Des gags réussis sur le fait qu’elles ont du mal avec la modernité, un peu ruinées dans leur cohérence par le fait qu’à la moitié du film ça leur pose plus de problèmes et que les persos font des blagues basées sur de la culture G d’aujourd’hui. L’intrigue est classique pour un film pour enfant mais un peu dark (pendaison, vol d’âmes, chat écrasé…), avec les habituels adultes inutiles et des antagonistes stéréotypés.

Bliss, de Joe Begos

Film de vampires de 2019. Dezz’, une peintre de la scène punk de ce qui a l’air d’être Los Angeles dans les années 90s tombe sur une nouvelle drogue, le Diablo, puis sur une de ses amies qu’elle n’a pas vu depuis longtemps et qui la transforme en vampire. Sous l’influence combinée de ces deux facteurs, Dezz retrouve l’inspiration qui lui manquait et peint le tableau qu’elle avait en chantier lors de long blackout où elle fait apparaître une divinité maléfique comme sujet central du tableau.

C’était assez mauvais. D’un point de vue image et cinéma y’a des trucs intéressants, la pellicule est grainée, y’a des couleurs artificielles qui éclairent la plupart des scènes pour faire ressentir le côté vie nocturne et enfermement. Mais par contre niveau scénario… Je sais pas, peut-être que ça aurait été transgressif si ça avait vraiment été tourné dans les années 90’s, là c’est juste grand guignolesque. La peintre s’isole dans sa folie créatrice et dans son addiction à la drogue et au sang. Elle tue des gens, elle est odieuse avec ses proches. Bon et puis comme le personnage principale est une femme, on va la faire coucher avec sa pote et un mec, et puis la grande scène où elle peint à la fin, elle peint pas vraiment, elle danse en culotte devant la toile et se frotte contre. Bref, elle n’est pas créatrice mais vecteur d’une force supérieure qui crée à travers elle (on la voit très peu peindre dans le film, la plupart de la peinture est faite hors champ et lors de ses blackouts), et évidemment sexualisée parce que pourquoi se priver ?

Bref c’était un film de vampires très peu original et sexiste.

The Third Day, de Dennis Kelly et Felix Barrett

Thriller psychologique diffusé par HBO, en 6+1 épisodes. 6 +1 parce que l’épisode central durait 12h et était diffusé en direct, une performance intéressante.

Les trois premiers épisodes se déroulent en été : Jude Law incarne un père de famille qui se retrouve sur Osea, une île au large des côtes anglaises avec des croyances païennes toujours d’actualité. Venu pour ramener une enfant insulaire perdu sur le continent, il se retrouve rapidement impliqué dans les secrets que recèle l’île.

La seconde partie se déroule 9 mois plus tard en hiver, quand Cass, l’épouse de Jude Law jouée par Naomie Harris vient sur l’île avec leurs deux filles. J’ai bien aimé la première partie, beaucoup moins la seconde : on s’attend à ce qu’elle résolve les questions mises en place durant la première, mais ce n’est pas le cas. Tout les éléments un peu mystiques sont ignorés – ce qui peut être intéressant si on considère qu’on avait le pt de vue de Sam, plus prompt à y croire et à se laisser influencer dans la première partie – mais sans être remplacé par des explications rationnelles : à la place on nous balance une nouvelle histoire – et qui perd en force du fait de se diviser entre les 3 points de vue de Cass, Lu et Ellie (ses deux filles) alors qu’on avait une focalisation sur un point de vue unique dans la première partie.

Bref, bon concept mais réalisation ratée.

Whip it, de Drew Barrymore

Ellen Page incarne Bliss, une lycéenne qui vit à Bodeen, Texas, trou perdu sans histoire. Sa mère la traîne de beauty pageant en beauty pageant, mais un jour Bliss découvre sa vraie passion : le roller derby. Elle part en secret en bus chaque semaine s’entraîner avec une équipe, les Hurl Scouts, en mentant sur son âge à ses coéquipières et sur son planning à ses parents, et traîne au passage dans un milieu qui la motive un peu plus que celui de sa ville coincée.

C’était sympa. Y’a beaucoup de ficelles qui se voient beaucoup à l’avance, le scénario est pas très subtil pour ça mais ça marche bien. Le trope de l’ado qui trouve sa passion et une seconde famille en se lançant dans une activité en secret et allant contre les valeurs affichées de sa cellule familiale est bien exécuté, et d’un point de vue féministe (il y a quelques personnages masculins dans le milieu du derby, l’entraîneur, le commentateur sportif, mais l’équipe et les équipes concurrentes sont toutes des femmes, présentées comme sportives, hargneuses, et avec des parcours de vie variés, qui se retrouvent autour de la passion du derby). L’amitié de Bliss avec sa meilleure amie de Bodeen qui la couvre auprès de ses parents est bien mise en scène aussi. Les relations avec le père sont très clichés par contre, mais la figure de la mère est intéressante.

Je recommande si vous voulez un film qui parle de sport avec un aspect féministe.

Microbe et Gasoil, de Michel Gondry

Deux collégiens versaillais qui galèrent à s’intégrer dans leur environnement bourge et conformiste (en restant quand même pas mal bourgeois et conformiste eux-mêmes, tbh) décident de construire une voiture autour d’un moteur de tondeuse à gazon et de partir en road-trip sur leurs deux mois d’été, chacun disant à sa famille qu’il passe ses vacances dans la famille de l’autre.

C’est sympa à voir. Les deux comparses ont déguisé leur voiture en cabane de jardin ; faute de pouvoir la faire homologuer pour une circulation sur les routes, ils peuvent se camoufler à l’approche de la police. Ils ont de grandes discussions de collégiens sur l’apparence, la conformité, l’influençabilité, les filles (les personnages féminins du films sont pas légion et assez clichés, hélas).

C’était sympa à voir, sans être un des meilleurs Gondry.

Article invité : L’une chante, l’autre pas, d’Agnès Varda

L’une c’est Pauline qui, à 17 ans, vient en aide à l’autre, Suzanne, sa voisine de 22 ans, qui n’a ni les ressources ni l’énergie de poursuivre sa troisième grossesse. Le film suit le parcours de ces deux femmes pendant 15 ans, l’amitié profonde qui les lie, leurs combats pour s’émanciper des pressions parentale, maritale, conjugale, reproductive, sexuelle. À travers elles, on suit en filigrane les luttes féministes des années 60-70 (contraception, avortement, Planning familial, etc.). C’est un film que j’ai trouvé très doux et réjouissant par sa manière d’incarner des propos politiques et militants dans des histoires du quotidien, de beaux personnages et des chansons géniales. Bref : il faut regarder L’une chante, l’autre pas !

Terminator Genisys, d’Alan Taylor

Cinquième film de la franchise Terminator. Il est rigolo parce que c’est celui où on s’amuse un peu avec l’usage du voyage dans le temps : le film commence par revisiter Terminator 1, faisant diverger la timeline avec de nouveaux Terminator voyageant dans le temps, réglant en deux coups de cuillère à pot le fait de sauver Sarah Connor. Ensuite ça part un peu en latte. Les héros décident de voyager dans le temps de 1984 à 2017, faisant en sorte de n’avoir que 24h pour arrêter Skynet au lieu de 33 ans. Ça parait pas le meilleur move du monde. Mais bon ensuite y’a des combats et des cascades sympas, avec Schwarzenegger qui campe un Terminator « âgé mais pas obsolète » qui visiblement s’amuse beaucoup dans son rôle de robot avec des capacités d’interactions sociales limitées. Si vous aimez les explosions et les robots c’est pour vous.

The Gods must be crazy, de Jamie Uys

Film botswanais et sud-africain de 1980. Plusieurs lignes narratives s’entre-mêlent : un homme San du Kalahari veut aller jeter une bouteille de soda tombé sur sa famille depuis un avion et qui par son unicité devient sujet de discorde. Une institutrice sud-africaine doit rejoindre une mission au Botswana, conduite par un thésard atteint de timidité chronique, et des rebelles communistes passent la frontière pour se réfugier dans le pays voisin après un attentat raté.

C’était assez drôle et plutôt réussi, y’a de la bonne slapstick comedy, les personnages sont réussis (les communistes sont évidemment très très méchants mais c’est d’époque). Il y a cependant eu des controverses sur le film à sa sortie : d’une part il ignore totalement la question de l’apartheid en Afrique du Sud, et les Sans sont présentés comme totalement préservés de l’influence de la civilisation, quand dans la réalité l’ethnie souffre de gros problèmes types dépendance à l’alcool, sédentarisation forcée…

Les Tuche, d’Olivier Baroux

Comédie française pas raciste. On suit les mésaventures de la famille Tuche, famille prolétaire qui gagne au loto et décide de s’installer à Monaco, le royaume de Stéphanie, idole de Kathy Tuche. Ils arrivent avec tout leur habitus de pauvres et bouleversent le quotidien du Rocher en imposant leurs valeurs moins étouffantes que celles de la bourgeoisie.

C’est assez sympa, les personnages sont attachants, le film se moque des riches mais pas des pauvres (les Tuche sont d’ailleurs un peu des pauvres « idéaux », avec le cœur sur la main – excepté l’usage un peu trop récurrent de « pédé » comme une insulte). Y’a une grande tendresse des personnages les uns envers les autres, la scène de la recherche de la maison est d’ailleurs adorable.

Fallout 3, de Bethesda Softworks

Jeu vidéo dans un univers post-apocalyptique atompunk. On sort d’un abri anti-atomique pour explorer les environs de Washington DC dévastés par la guerre atomique. À la recherche de notre père, on interagit avec différentes factions et on accomplit des quêtes tout en découvrant peu à peu le passé de notre père et les enjeux du monde de la surface.

J’ai bien aimé. L’environnement uchronique post-apo m’a évidemment beaucoup plu, la prise en main du jeu est relativement simple. J’ai pas mal évité les quêtes annexes parce que je n’avais pas envie de passer trop de temps sur le jeu, mais avec la quête principale on a déjà un environnement riche. On sent que les développeurs se sont bien amusés à créer l’univers.