Archives par mot-clé : coming of age story (sort of)

Whip it, de Drew Barrymore

Ellen Page incarne Bliss, une lycéenne qui vit à Bodeen, Texas, trou perdu sans histoire. Sa mère la traîne de beauty pageant en beauty pageant, mais un jour Bliss découvre sa vraie passion : le roller derby. Elle part en secret en bus chaque semaine s’entraîner avec une équipe, les Hurl Scouts, en mentant sur son âge à ses coéquipières et sur son planning à ses parents, et traîne au passage dans un milieu qui la motive un peu plus que celui de sa ville coincée.

C’était sympa. Y’a beaucoup de ficelles qui se voient beaucoup à l’avance, le scénario est pas très subtil pour ça mais ça marche bien. Le trope de l’ado qui trouve sa passion et une seconde famille en se lançant dans une activité en secret et allant contre les valeurs affichées de sa cellule familiale est bien exécuté, et d’un point de vue féministe (il y a quelques personnages masculins dans le milieu du derby, l’entraîneur, le commentateur sportif, mais l’équipe et les équipes concurrentes sont toutes des femmes, présentées comme sportives, hargneuses, et avec des parcours de vie variés, qui se retrouvent autour de la passion du derby). L’amitié de Bliss avec sa meilleure amie de Bodeen qui la couvre auprès de ses parents est bien mise en scène aussi. Les relations avec le père sont très clichés par contre, mais la figure de la mère est intéressante.

Je recommande si vous voulez un film qui parle de sport avec un aspect féministe.

The Little Friend, de Donna Tartt

Un épais roman qui se passe dans le Mississipi des années 70s. Harriet Cleve Dufresnes, benjamine d’une famille anciennement aristocratique du Sud, décide de trouver qui a tué son frère 12 ans plus tôt et de punir le meurtrier. Résumé comme ça on dirait un polar, mais à part que c’est la motivation principale d’Harriet, le livre s’éloigne rapidement de l’enquête policière. Harriet a 12 ans. Même si elle est intelligente et pleine de motivation sa conception de l’enquête est très personnelle, et ses idées partent dans tous les sens. Et de plus, sa conception enfantine de la justice va rapidement se heurter à la réalité sociale de la vie dans une ville en déclin comportant une bonne part de racisme. En parallèle des aventures d’Harriet, on suit la vie de sa famille, avec sa dignité aristocratique mais le poids du meurtre de Robin, et la vie de la famille Ratliff, des rednecks qui cuisinent des amphétamines dans un trailer au fond des bois.

Le livre est dense, mais très réussi dans ses descriptions. L’autrice prend son temps, ça part dans tous les sens, on n’a pas le fin mot de l’enquête, mais c’était plaisant à lire, une fois rentré dedans.

Aristotle and Dante Discover the Secrets of the Universe, de Benjamin Alire Sáenz

Roman américain de 2012. Les Aristotle et Dante du titre sont deux adolescents mexicano-américains vivant à El Paso en 1987. Le roman est narré du point de vue d’Aristotle, qui se débat avec sa place dans le monde, sa difficulté à communiquer (un trait qui court dans sa famille) et plus généralement le fait d’être un adolescent. C’est marketé pour les adolescents mais en vrai ça se lit bien à tout âge, j’ai bien aimé et je recommande.

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Harold et Maude, de Hal Ashby

Film américain de 1971. C’est un peu « le gamin de la famille Addams rencontre Mary Poppins ». Un vingtenaire qui a grandi à l’ombre de sa mère étouffante et qui communique essentiellement en mettant en scène de façon répétée son suicide, rencontre à l’enterrement d’un inconnu une quasi-octogénaire pétulante qui aime bien faucher des voitures, emmerder l’autorité et essentiellement faire tout ce qui lui passe par la tête.

C’est assez cool, après y’a un petit côté Manic Pixie Fairy Girl, même si avec le twist de la différence d’âge pas dans le sens habituel. La relation entre les deux personnages principaux est ambigüe : Harold est amoureux de Maude, mais ce n’est pas clair que ce soit réciproque, ni qu’il se passe quoi que ce soit entre eux (le film aurait gagné en subversion a être plus explicite là dessus je pense), en l’état ça fait plus coming of age/relation de mentor à élève.

Très bonne galerie de personnages secondaires aussi, la mère et l’oncle d’Harold, son psy, ses dates, le policier qui tente d’arrêter Maude… 

A Night in the Woods

Jeu-vidéo publié par Finji. L’histoire d’une jeune américaine qui abandonne ses études à l’université et revient dans la maison familiale pour Halloween. Elle recommence à voir ses ami.e.s du lycée et à se promener dans sa ville natale.

L’histoire est très bien, très posée, y’a un grand mystère narratif à découvrir, mais le plus intéressant ce sont les petites interactions quotidiennes avec les habitants de la ville. Les personnages sont très bien conçus, avec des vies intéressantes et crédibles à la fois.

J’ai beaucoup aimé le design visuel du jeu aussi (notamment les séquences oniriques, très belles même si un peu lentes), par contre le game-play n’est pas incroyable. Le jeu est très narratif donc je pense que c’est difficile d’avoir une mécanique de jeu « efficace », mais là parfois y’avait vraiment du temps passé à juste marcher et aller du point A au point B, lentement (mon ordi n’étant pas très puissant, je pense que le jeu était un peu ralenti aussi donc ce n’est pas que de la faute du gameplay tbh).

Le jeu montre aussi que Mae souffre d’un trouble mental (type dissociation), puis que ce trouble est en fait lié à des événements surnaturels. Je suis pas trop fan de ce genre de procédés, il aurait à mon sens été plus intéressant de montrer que ses troubles mentaux existaient par eux-même et que par ailleurs il y avait du surnaturel (sur la piste duquel elle aurait pu tomber par hasard ou non en suivant les impressions venant de ses troubles, ou malgré la difficulté supplémentaires à distinguer réalité, surnaturel et hallucinations causée par sa situation, ou de façon totalement décorrélée…)