Archives de catégorie : Screens, thousands of them

Tiger King, d’Eric Goode et Rebecca Chaiklin

Série documentaire produite par Netflix. En 7 épisodes, le documentaire détaille le fonctionnement et les interactions de plusieurs zoos privés aux USA. Quand on dit zoos privés ça a l’air plutôt propre sur soi, mais on parle de gens qui possèdent à titre privé des centaines de tigres (et autres félins) et fonctionnent totalement à l’arrache, tout en brassant des quantités d’argent énorme. On suit plus particulièrement Joe Exotic, un directeur de zoo dont la vie part totalement en latte, notamment du fait de l’escalade de sa rivalité avec une autre propriétaire de zoo. On croise des fonctionnements sectaires, des arnaqueurs professionnels des mystérieuses disparitions, la contractualisation d’un tueur à gages, une candidature à la présidentielle, une enquête du FBI… Chaque épisode est encore plus improbable que le précédent, et on sort de là bien content de vivre dans un pays avec un minimum de régulations.

Whispers of a machine, de Clifftop Games et Faravid Interactive

Jeu d’enquête dans un univers futuriste post-effondrement. L’héroïne, une enquêtrice du ~FBI, arrive dans une petite ville pour mener une enquête sur deux meurtres avec le même mode opératoire. Très vite elle se rend compte que des questions de religion et de cybernétique sont liées aux meurtres.

J’ai bien aimé le style graphique et l’univers. Les énigmes ne sont pas toujours très bien dosées par contre : on a parfois trois persos qui nous poussent vers la solution, parfois il faut au contraire bien galérer pour la trouver. Et je ne suis pas super satisfait de la fin, un peu trop axée sur la maternité, mais le reste de l’histoire vaut le coup.

I May Destroy You, de Michaela Coel

Série anglaise en partie autobiographique sur la vie d’une jeune écrivaine noire et sur les conséquences que son viol a sur sa vie. On suit principalement la vie d’Arabella (et ses difficultés à écrire son second livre), et de deux ami·e·s les plus proches, Terry, aspirante actrice, et Kwame, prof de fitness en club.

La série décrit un milieu et des personnes rarement montrées à la télévision, et auquel je suis moi-même profondément étranger. C’était très interessant pour ça, pour cette défamiliarisation. Je me rends notamment compte que j’ai des réflexes classistes devant, genre « ralala ils consomment trop de drogues » ou « mais comment ils peuvent dire que le réchauffement climatique osef ? », c’est d’autant plus intéressant pour moi de pouvoir réfléchir à pourquoi c’est ça ma première réaction et comment faire pour l’éviter.

Les personnages sont intéressants parce qu’absolument pas manichéens. Arabella n’est pas la « bonne victime », Terry et Kwame tentent de la soutenir comme ils peuvent mais font des erreurs, les personnages secondaires sont nuancés aussi. L’impact psychique de l’agression sur Arabella est montré de façon détaillée, les mécanismes de coping qu’elle met en place aussi, qu’ils soient sains ou non. J’ai juste été déçu par la ligne narrative de Kwame ; le jeune gay qui se perd dans le sexe et qui est sauvé par une relation longue et pas centrée sur le sexe, c’est assez cliché et conservateur par rapport au reste de la série.

Point de vue bande-son, parfois la série verse un peu trop dans le côté « on va mettre des morceaux obscurs ou des reprises edgy pour montrer qu’on est une série hype », mais l’utilisation qu’ils font de la musique est sinon intéressante, notamment le fait de la couper abruptement pour montrer des changements d’ambiance.

Enfin, le dernier épisode est très réussi dans sa construction je trouve, alors que c’était loin d’être évident de réussir à conclure proprement une série comme ça.

Her Story, de Sam Barlow

Jeu vidéo narratif. Le protagoniste regarde les clips de 7 interviews de la même personne par des services de police en 94, pour essayer de comprendre le dossier criminel dans lequel elle est impliquée. On peut juste naviguer entre les extraits vidéos en les cherchant par mots-clefs. C’est assez minimaliste mais assez réussi. C’est court, une grosse heure, mais ça vaut le coup de l’avoir fait une fois.

Snowpiercer, de Josh Friedman

Série télé adaptée du film éponyme (lui-même une adaptation de la BD Le Transperceneige, de Rochette). Suite à une tentative de régler le changement climatique par géoingénierie, la Terre est rentrée dans un nouvel âge glaciaire. Une fraction de l’Humanité survit dans le Snowpiercer, train gigantesque qui devait être une croisière de luxe à la base, et qui peut produire de l’énergie tant qu’il est en mouvement, grâce à un moteur à mouvement perpétuel.

Le Snowpiercer est divisé en classes – à la fois des classes de billets de train et des classes sociales. Tout au fond du train, la Queue représente quelques wagons de passagers clandestins embarqués au dernier moment, maintenus en esclavage et traités comme une force de travail d’appoint dispensable.

Dans ce contexte, un meurtre à bord du train va pousser la Direction à recourir aux services d’un ancien détective qui fait partie de la Queue, lui donnant l’occasion de récolter des informations techniques sur le Train pour préparer une révolution.

J’ai bien aimé. La série a des faiblesses, clairement plus que le film, mais il y a de bons points. J’aime beaucoup Daveed Diggs dans le rôle principal, et l’antagoniste principal·e est très réussi·e, ce qui aide beaucoup à faire une bonne série. Bon par contre ça se perd sur les deux derniers épisodes, qui ratent la scène de bataille et qui rendent leurs personnages incohérents avant de faire rentrer des enjeux inutiles dans l’histoire.

Inversement, une critique intéressante d’un autre blog qui n’a pas aimé et soulève des points valides, notamment sur les questions d’espace.

Le Grand Blond avec une chaussure noire, d’Yves Robert

Film français de 1972. Pour démasquer son second qui veut prendre sa place, le chef d’un service d’espionnage français fait croire qu’un quidam lambda est un agent dormant. Le second met tous les moyens de sa cellule secrète sur la surveillance du dit quidam, qui s’avère être un musicien particulièrement gaffeur (interprété évidemment par Pierre Richard). Des quiproquos et des gags visuels s’ensuivent.

J’ai bien aimé. Y’a une petite vibe Au Service de la France. Les personnages féminins servent exclusivement d’intérêt amoureux/sexuel, ça c’est un peu dommage, mais sinon c’est rigolo dans la narration.

Jeux vidéos divers 2

Another Lost Phone : Un leu dans la lignée d’A normal lost phone. On trouve un téléphone, il s’agit de parcourir les différentes conversations et applications pour comprendre la vie de sa/son propriétaire, et trouver des indices pour déverrouiller certaines des applications et progresser davantage. Comme pour le premier jeu, il y a un thème sérieux au jeu (que j’ai trouvé un peu trop visible dès le début ; dans A normal lost phone la compréhension des enjeux était plus graduelle. Court et efficace.

Jam and the Mystery of the mysteriously spooky Mansion : Point and click. On a le coupable, que l’on démasque Scoobydoo-style au milieu d’une maison abandonnée, mais quel est son crime ? Il faut parcourir la maison pour récolter des indices et le confronter. Les énigmes sont très courtes, le concept de la détective totalement inepte qui saute aux conclusions rigolo, par contre le système de navigation de pièce en pièce et le défilement des dialogues pourraient être optimisés.

Your Future Self : Jeu en pur texte. On est dans une boucle temporelle, on doit convaincre une version plus agée de 35 ans de nous-même que le crime qu’elle a commis était une erreur. Pour ça on discute avec lui et on peut choisir de répondre avec de l’empathie, un raisonnement rationnel, ou en imposant nos arguments. On réalise rapidement que le setup qu’on nous a vendu est visiblement un mensonge, et on essaye de faire dévier la boucle temporelle. Le concept est intéressant mais la réalisation laisse à désirer. L’interface est assez pénible aux yeux, les dialogues font assez forcés (les changements d’opinion des personnages sont assez peu crédibles).

Broken Minds : point and click où l’on joue une meurtrière essayant de faire dérailler l’enquête sur son crime, dans le Japon des années 80. Ça m’a rapidement saoulée, les persos sont pas ultra crédible et le système de persuasion est un peu relou.

On Rusty Trails : Platformer assez sympa dans les mécanismes : on joue un robot qui veut récupérer sa maison, et doit atteindre le coeur de la ville pour ça. Les personnages en l’environnement sont divisés en deux factions qui se détestent, il faut périodiquement mettre et enlever un costume pour pouvoir interagir avec les éléments du jeu.

Jeux vidéos divers

J’ai acheté le bundle for racial equality, un paquet de ~1400 jeux vidéos, principalement des petits jeux indépendants. J’ai commencé à jouer à quelques uns de ceux qui tournent sur un OS linux. Dans le tas il y avait notamment A Short Hike qui était très bien.

Islands : Très court, 30 minutes. Le jeux montre des espaces liminaux (des fontaines de supermarché, des parkings). Il faut cliquer sur les parties lumineuses, l’espace déploie alors des mécanismes cachés et un peu surréalistes avant de revenir à la normale. C’est tout. C’est joli.

Democratic Socialism Simulator : Vous êtes le nouveau président des États-Unis, élu sur une base socialiste. Objectif : redonner le pouvoir au Peuple, idéalement en diminuant les émissions de gaz à effet de serre, et accessoirement réussir à finir deux mandats. Pour ça, on peut faire des choix binaires sur différentes questions politiques et ainsi influencer le budget et les choix des électeurs. C’est rigolo et engagé à la foi, ça rappelle Reigns dans la mécanique mais avec un contexte plus intéressant, je trouve.

Death and Taxes : Vous êtes la Mort. Chaque jour vous passez en revue des dossiers envoyés par le Destin, pour choisir quels humain.e.s faire mourir et lesquels laisser vivre, sachant qu’il y a un objectif de performance à atteindre. Le concept est sympa, mais le jeu est un peu trop lent et sans trop d’enjeux.

Fugue in Void : potentiellement je n’ai pas compris un truc, mais de ce que j’ai joué on peut juste avancer à travers des animations un peu abstraites en 3D. C’est pousser un peu loin à mon goût le concept de jeu expérimental.

A Short Hike, d’adamgryu

Jeu vidéo indépendant. On joue une fille en vacances sur une île/réserve naturelle avec sa tante. Le seul endroit qui a de la réception sur l’île est le sommet de la montagne, et c’est une randonnée familiale traditionnelle, on décide donc de la faire. Le jeu se présente comme un monde ouvert et sans conflit. Le but est d’arriver au sommet de la montagne, plusieurs chemins permettent d’y arriver mais dans tous les cas il est nécessaire de récolter des plumes d’or, un item qui permet d’augmenter son endurance en escalade. Les plumes sont trouvables dans la nature ou achetable à différents personnages ; globalement on peut interagir avec plein de NPC qui proposent des microquêtes ou des infos sur les mécaniques du jeu.

C’est court mais dense, et c’est très joli. J’ai beaucoup apprécié. On dirait un peu une version cartoon, condensée et apaisée de Breath of the Wild.