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State of the Machin

Une année de plus, un bilan annuel de plus.

J’ai déménagé il y a une semaine et quelque à Pau, après avoir signé un CDI dans un cabinet de conseil qui y est situé. J’ai pris une chambre dans une colocation en centre-ville, c’est plutôt sympa pour le moment. Quand il ne pleut pas c’est très joli (cf photos infra), mais il pleut beaucoup. À voir si je supporte sur le long terme. A priori je suis là pour minimum un an, très probablement 2, ayant une mission dans la Grosse Entreprise dans laquelle je travaillais déjà l’année précédente, mais côté R&D cette fois. L’ambiance de travail est plus détendue qu’au siège à Paris (on peut venir en T-shirt ! La folie !). Le lieu de travail est organisé en format campus, avec des vélo en libre service pour se déplacer dessus, et un vestiaire et un atelier pour réparer son vélo sur place. Ça c’est plutôt cool. J’attends encore de voir l’ambiance au quotidien mais ça se présente bien.
J’ai descendu mon vélo ici, j’ai pris le temps de le réparer un peu (resserrage de freins, nouvelle roue arrière avec un axe pas tordu, cf infra pour la photo du matériel que je me suis créé à la volée pour réussir à desserrer la roue).
Côté habitation, j’ai une grande chambre dans une colocation avec 4 autres personne. Ils sont sympa (même s’ils regardent un peu trop la télé et chantent trop peu l’Internationale, mais j’entends bien faire changer ça). Ils vont probablement tous partir au cours de l’année cependant, faut voir comment seront les colocs suivants. Je suis sorti un peu avec elleux, histoire de voir des gens et de découvrir un peu la partie sociale de la ville. J’ai aussi quelques membres de la famille côté paternelle en ville, il faut que je les fréquente aussi. Globalement je voudrais trouver des gens avec qui faire des randos ou des explorations des environs de Pau. Ça a l’air d’être pas mal dans l’esprit des gens ici (le Décathlon où je suis allé acheter ma roue de vélo était abondamment fourni en matériel pour les sports de montagne), mais il faut réussir à déjà les connaître un peu. Et que la pluie se calme un peu parce que ça démotive quelque peu. Encore que si je trouve des gens avec qui faire de la spéléologie… (je crois que y’a des clubs sportifs tournés vers tout ça dans le CE de Grosse Entreprise, à voir si c’est une bonne porte d’entrée quand je pourrais y accéder).

J’ai géré le déménagement sans trop de problème comme un vrai adulte™. Je me suis totalement fait arnaquer par Pôle Emploi par contre : « hey, vous avez eu un paiement de vs jours de congés pas pris à la fin de votre emploi précédent ? Eh bah c’est tout ça qu’on retire de vos indemnités ! » (enfin pas retire, je crois que ça décale juste la date de, mais dans mon cas où je savais à quelle date je prenais le travail suivant, ça m’a juste bouffé le mois d’indemnités que j’aurais voulu avoir en inter-contrat ). Je trouve toujours que le système de chômage en France est un pur scandale qui considère par défaut les chômeurs comme des parasites, il y a urgence à changer ça, et pas dans le sens préconisé par la clique au pouvoir.

Globalement, j’attends de me faire des amis/relations dans cette ville pour commencer à en profiter (pour le moment je profite surtout d’un setup correct pour gavisionner des séries dans ma chambre). Je pense que la région a du potentiel pour y être posé un petit temps, mais il faut voir ce que ça donnera côté travail et côté relation avec OC : Grenoble-Pau c’est pas le trajet le plus pratique du monde, y’a probablement un moment où l’on va vouloir se rapprocher, et faut voir comment se feront les arbitrages (Cabinet de Conseil a des bureaux à Grenoble, donc le mouvement pourrait se faire dans ce sens comme dans l’autre, indépendamment de la poursuite ou non des relations professionnelles avec eux).

Église Saint-Martin au couchant
Coucher de soleil sur la ville (et au loin les collines contrefort des Pyrénées)
Un bras de levier pour soulever le monde (ou décoincer un shimano)

State of the Machin

[Bon, à la base cet article avait un long préambule auto-référentiel qui devenait de plus convolu au fur et à mesure que je revenais dessus et que je changeais la date de publication dans ma tête ; essentiellement ça se résume à : j’ai commencé à faire un petit bilan avant de me rendre compte que c’est la période de l’année où je le fais habituellement. Je suis pas au jour près mais qu’est-ce qu’on s’en fout.]

Or donc : ça va mieux. J’ai eu une année de formation et de stage, j’ai rencontré des nouvelles personnes intéressantes, je me suis davantage engagé politiquement, je continue à photographier du street-art, je suis dans une relation avec OC depuis bientôt 7 mois, relation qu’on arrive (je trouve) plutôt bien à faire fonctionner.
Je suis content de ma formation, plus appliquée et concrète que mes études précédentes, ce qui me convient mieux. Après tout n’est pas encore parfait : je suis toujours angoissé par rapport à mon avenir (y’a des moments où je me dis que je me vois pas du tout être adulte, que toutes ces décisions et cette gestion au quotidien c’est épuisant), je dois trouver un emploi mais faire de la recherche d’emploi me déprime en cinq minutes. C’est jamais les bonnes compétences, le bon profil. Mais déjà je suis davantage motivé par le boulot décrochable derrière 🙂

Je pourrais être plus efficace dans mon stage, y’a des moments où je ne suis vraiment pas motivé. Mais de façon générale le service dans lequel je travaille n’est pas très nerveux, ça pousse pas à repousser ses limites.

Que dire d’autre ? Je vais moins dans les tréfonds ces temps ci et je regrette un peu, j’ai un peu l’impression d’être souvent débordé alors qu’il y a beaucoup de moments où je ne fais pas grand chose. Mais ça je pense que c’est un peu mon stress inhérent (plus peut-être des temps de trajet un peu plus long que ce que je voudrais (et où je ne fais rien vu que c’est pas des transports en commun ; après tenter d’optimiser chaque moment de sa vie c’est pas top non plus). Ou alors faudrait que je vois moins de gens, me lance dans moins de trucs différents. Peut-être qu’habiter dans une ville où je connais moins de monde serait pas mal de ce point de vue. Parce que je suis toujours content de voir les gens mais j’ai souvent l’impression de laisser passer plus d’occasion que je n’en saisis.

Bref, on verra bien pour la suite, mais les choses vont mieux.

All these good intentions and here we are again

L’année dernière à la même date j’avais fait un petit bilan de mon année. Je me suis dit que ce serait une bonne idée de refaire la même chose cette année. Certain-e-s parlent des vertus thérapeutiques de la tenue d’un blog, je pense que vu à quel point je parle peu de ma vie je suis peu concernée, but let this be my annual reminder.

Le bilan n’est pas brillant. De façon générale ce fut une année pas folle. J’ai tenté de passer un concours et si les sujets m’ont intéressé, je me suis trop mal pris pour le réussir. J’ai été angoissé par mon avenir over and over and over. Je suis retourner habiter chez mes parents et s’ils sont adorables on ne peut pas en dire autant de l’espèce de boule de mesquinerie haineuse qu’est un de mes frères. Habiter sous le même toit que lui, sous la menace permanente d’une explosion de colère, d’invasion de ma sphère privée (et je tiens énormément à ma sphère privée) a été un poids énorme sur mon bien-être psychique. Je sais qu’il est probablement bourré de problèmes lui aussi et que ça ne doit pas être facile pour lui, mais les problèmes n’excusent pas tout.
J’ai perdu une relation dans laquelle j’étais heureux parce que la fatigue, parce que la distance, parce qu’on était à ce moment ni l’un ni l’autre assez fort-e pour faire fonctionner une relation sur le moment.
J’ai réussi encore moins que d’habitude à communiquer aux gens ce que je voulais, ce que j’attendais de ma relation avec eux, ce que je ressentais. J’ai blessé des gens, j’ai été blessé par des gens qui n’en avait probablement pas la moindre intention, simplement parce que j’étais à vif. Il y a eu des moments où tout semblait dur, insurmontable, épuisant.

Il y a un mois ou deux je me serai arrêté là. The world was a cold dark place and that was it. Tout n’est pas devenu rose d’un coup, malheureusement. Mais il fait plus beau, plus chaud, je me sens mieux. Je pense que de manière très basique je suis fortement sensible à la luminosité ambiante, et que ça a joué. Et puis j’ai des ami-e-s sur lesquel-le-s je peux m’appuyer dans ce genre de moment. Paradoxalement, savoir que certain-e-s n’étaient pas au top (et osaient en parler), m’a fait aller mieux. Pouvoir voir des gens à chaque fois que j’en avait besoin m’a aidé. Voir que des gens cherchaient ma compagnie, étaient intéressé par mon avis, a été crucial. Avoir lu des trucs sur ce genre de situation et garder une certaine hygiène de vie même quand j’avais envie de rien a été utile (habiter chez mes parents et avoir un frigo toujours plein aussi).
Et dernièrement certains points ont commencé à s’éclairer : j’ai trouvé des gens avec qui faire une coloc, donc j’aurais un environnement plus sain l’année prochaine (ie à la fois disposant d’une intimité et avec du monde chez moi). J’ai postulé à une formation (j’ai un entretien bientôt, mais il y a visiblement beaucoup de candidat-e-s et 5 places, donc je ne sais pas trop ce que ça va donner :/ ). J’ai recommencé à parler de façon active à une personne avec laquelle j’avais ~coupé les ponts (toi aussi, parle en périphrases vagues comme si tu rédigeais un statut facebook).
Tout n’est pas parfait, loin de là. Je serais strictement incapable de vocaliser ce post. Je suis toujours aussi terrifié des incertitudes de mon avenir (malgré le fait d’être l’enfant chéri du système éducatif français). J’ai peur que l’idée de dire que je vais pas bien ne fasse concrétiser le fait (mais n années de littératures sur le sujet semblent dire que non, donc me voici en train de tapoter sur un clavier).

À la question « Are we out of the woods? » je répondrais que non. Mais on se rapproche de l’orée. Merci à tous les gens qui m’ont fait office de système de support cette longue année. Que vous ayiez su que j’allais mal ou non, qu’on soit restés proches ou pas depuis. I’m not okay but that’s okay.

Retour sur les derniers jours

Or donc, j’ai presque fini mon rapport de stage. Presque, parce que j’attends encore que l’on m’envoie les sorties d’un modèle que mes données ont aidé à paramétrer et que ça ferait bien d’avoir ça dans le rapport. J’ai plus de place pour les caser, mais passons.

Les derniers jours ont été intéressants. J’ai bossé. Beaucoup bossé, parce que j’étais clairement en retard sur ce rendu. Par un certain côté ça a été satisfaisant de bosser comme ça, je ne l’avais plus fait depuis la prépa et c’est cool de m’apercevoir que j’en ai encore la capacité, quand y’a une motivation. En même temps, j’aurais largement préféré faire les choses plus tôt et plus calmement, et aussi mieux. Parce que je suis pas vraiment satisfait de ce stage.
J’aurais dû plus m’impliquer dans la vie du labo. J’aurais dû faire plus de bibliographie au départ. J’aurais dû me souvenir de trucs basiques que je savais très bien faire dans mes stages précédents.
J’ai réalisé des trucs cependant. Je bosse mieux quand je suis pas en France, parce que je suis éloigné des gens qui me proposent des distractions. Je suis pas sûr que ce soit très positif, cependant. J’ai réalisé qu’il me fallait des deadlines à court terme et pas juste un « t’auras un rapport à taper dans quatre mois ». Ça confirme que j’ai bien fait de faire une prépa et pas la fac, c’est plutôt cool.
Tout ça me laisse tout de même un peu inquiet sur mon avenir professionnel. Disons que le monde de la recherche semble de moins en moins être celui qu’il faut pour que je m’épanouisse dans mon travail, sans pour autant que se dessine une alternative viable. Mon implication dans mes différentes activités extra-professionnelles a été productive, cependant. Y a-t-il moyen de professionnaliser l’exploration urbaine, la gestion du logement de 400 étudiants ou le détournement d’affichages publics ? Ce serait pratique.