Archives par mot-clé : film anglais

28 Years Later, de Danny Boyle

Film britannique de zombies paru en 2025, dans l’univers de 28 Days Later. Comme le titre limbique, on est 28 ans après le démarrage de l’épidémie de virus de la rage en Grande-Bretagne. Spike, un garçon de 12 ans qui vit sur une île au large de la côte, étant donné par son père pour la première fois sur l’île principale dans une sorte de rite d’initiation. Il va découvrir sur place les différents types de zombies – variétés qui font très jeu vidéo, mais aussi ce que veulent dire des paysages où la Nature est redevenue sauvage et où on ne voit pas la mer. Il va revenir ensuite avec sa mère, à la recherche d’un hypothétique docteur qui pourrait soigner le mal mystérieux dont elle est affligée.

c’est la première partie d’une trilogie qui se passe sur les anglaises 28 ans après l’apparition du virus. J’ai bien aimé certains points, par exemple l’apparence des zombies qui au bout de 28 ans ont un peu une tête d’homme des cavernes. Le fait que l’épidémie de zombies ne soit arrivée qu’en Angleterre et qu’il y ait un périmètre d’exclusion tout autour des îles Anglo-Normandes mis en place par l’OTAN me semble toujours aussi garant vraiment le gros point qui me vend ces films. Les paysages sont jolis mais le côté « on ne voit que la campagne » fait un peu solution de facilité pour éviter de tourner des scènes en ville. Pas très fan du montage de Danny Boyle qui fait un peu épileptique par moment par contre très bel usage du poème de Kipling. J’ai pas été non plus très convaincu par l’histoire globale avec cette quête du docteur qui s’avère est en train de monter des petites tours en os et du côté Memento Mori.

The Banshees of Inisherin, de Martin McDonagh

Film britannique de 2022. En 1923 sur l’île irlandaise d’Inisherin, Colm décide soudainement de ne plus parler à son ami Padraic. Il trouve que celui-ci est trop stupide, et qu’il ferait mieux de consacrer le temps qu’il lui reste à vivre à se consacrer à des choses qui lui survivront, comme la musique. Padraic ne comprend pas cette décision et tente à de multiples reprises de reprendre contact avec Colm, jusqu’à ce que celui-ci lui donne un ultimatum : à chaque fois que Padraic lui parlera, il se coupera un doigt et le lui donnera.

J’ai moins accroché qu’aux deux précédents film du réalisateur (In Bruges et Three Billboards Outside Ebbing, Missouri). Les paysages irlandais sont très beaux mais ça fait beaucoup de plans de coupe. Les personnages secondaires sont à peine esquissés (on a quelques éléments sur Dominic et sur Shioban, mais le reste ce sont vraiment des archétypes, le barman, le policier, la sorcière, …). Le sujet de la rupture amicale est intéressante, mais n’est pas exploité en profondeur (on ne saura pas grand chose de la relation entre les deux hommes avant la rupture, si ce n’est qu’ils parlaient et se retrouvaient pour des pintes au pub…)

Bend it like Beckham, de Gurinder Chadha

Film britannique de 2002. Jesminder est une adolescente anglaise dont la famille est d’origine indienne. Alors que sa sœur va se marier, Jess ne regarde pas les garçons, sauf peut-être un : son idole, David Beckham. Elle adore jouer au foot, le fait dans le parc avec les garçons de la communauté indienne, au grand désespoir de sa mère qui voudrait qu’elle soit plus féminine. Un jour Jess est repérée par Jules, une ado du même âge qui joue dans une équipe junior. Elle invite Jess a les rejoindre, et le talent de Jess est le complément parfait de celui de Jules pour faire rapidement progresser l’équipe. Suite à un quiproquo, les parents de Jess pensent qu’elle sort avec un garçon non-indien en secret, ce qui amène la honte sur la famille. Le malentendu est dissipé, mais ils lui interdisent de continuer à jouer au foot. Elle continue cependant en secret, et commence effectivement à développer des sentiments pour son coach. Le match de finale (où un sélectionneur américain doit venir voir les performances tombe le même jour que le mariage de sa sœur, et elle décide de ne pas y aller, mais devant son désespoir manifeste, c’est finalement son père qui lui dit de s’y rendre…

Recommandé, même si vous n’aimez pas le football ! Par certains côtés c’est une romcom anglaise très classique, mais la formule marche bien, une romcom bien réalisée c’est toujours chouette. Par d’autre c’est assez novateur (surtout pour 2002, avec le côté très libre et indépendant des deux héroïnes (même s’il y a une romance, c’est quand même centré sur deux persos féminins relativement indépendant). J’aurai bien voulu que la romance avec Joe soit totalement subvertie (et ça passe pas loin), mais ça reste cool. Le rapport au foot (plus généralement au sport et à la performance) des héroïnes est bien mis en scène, ainsi que le fait de refuser (ça va avec) les déterminismes familiaux (mis en parallèle dans les deux communautés avec les rapport des héroïnes à leurs mères respectives). Je pense que s’il était refait de nos jours il y aurait aussi un volet sur en quoi la sœur de Jess peut aussi s’épanouir en restant dans des activités très féminines (là même si c’est un personnage présenté plutôt positivement il y a quand même le côté « Jess et Jules sont pas comme les autres filles et c’est mieux ». Et peut-être une vision plus chorale de l’équipe de foot. Mais pour 2002, franchement très bien, et bien réalisé/mis en scène.

The Severed Sun, de Dean Puckett

Film d’horreur britannique de 2025. Très beau titre, très belle photographie dans des paysages de landes battues par le vent, mais il ne se passe pas grand chose dans le film. On suit Magpie, la fille du pasteur d’une communauté religieuse isolée. Son mari meurt, et rapidement elle est accusée de sorcellerie. C’est un pitch classique de folk horror, et y’a pas beaucoup plus derrière. Y’a une créature mais elle fait pas grand chose (certes deux petits meurtres mais surtout elle reste planté dans des chemins au loin). Un peu frustrant.

Four weddings and a funeral, de Mike Newell

Comédie romantique anglaise parue en 1994. On assiste – comme le titre l’indique à quatre mariage et un enterrement, auxquels on retrouve la même bande d’ami•es qui appartiennent de plus ou moins loin à l’aristocratie britannique, dont Charles (Hugh Grant), le protagoniste, qui va tomber amoureux d’une américaine (Andie McDowell) rencontrée aux différents mariages. On suit l’évolution de leur relation alors qu’iels ne se voient que de loin en loin.

Le film est resté assez moderne : on a le regard cynique du groupe d’amis sur les mariages friqués où ils vont, les rôles genrés sont ok (la cohorte d’ex de Charles sont un peu clichés, mais c’est pour l’effet comique), c’est Charles qui tombe raide dingue de Carrie qui est plus distanciée, c’est lui qui prend un gros risque pour être avec elle (et un risque qui n’est pas prestigieux socialement). Les dialogues avec beaucoup d’humour anglais et de bitching sur le reste de l’assistance sont très réussis.

Je recommande.

God’s Own Country, de Francis Lee

Film anglais de 2017. Johnny travaille dans la même ferme que son père et sa grand-mère. Vu leurs âges et l’AVC de son père, c’est lui qui s’épuise à faire la majorité des travaux de la ferme, sous la férule de son père qui désapprouve sa façon de gérer les choses. Un jour arrive Gheorghe, un travailleur journalier roumain. Si Johnny l’antagonise à chaque occasion au début, les deux hommes vont développer une attirance l’un envers l’autre, qui s’épanouit quand ils campent ensemble sur le plateau où les moutons de la ferme passent leurs journées, mais qui va devoir ensuite affronter la complexité de la vie dans le reste du monde, avec les autres personnes autour.

C’est un bon film, je recommande. Un contexte pas joyeux qui en fait un film social sur le monde paysan anglais, de beaux paysages ruraux, un très beau pull rouge (et un très beau Gheorghe), une romance assez jolie à voir se développer. Le personnage de Johnny n’est pas très sympathique, mais c’est volontaire et il est bien caractérisé. Gheorghe au contraire à l’air d’avoir toutes les qualités, il apparait dans la vie de Johnny comme un deus ex machina.

Goldeneye, de Martin Campbell

Film de la franchise James Bond, paru en 1995. Pierce Brosnan incarné 007, qui est à la poursuite de mafieux russes qui ont dérobé une arme spatiale de l’ancienne URSS. Ce faisant, il va croiser une assassin et une programmeuse russe, ainsi que d’anciens collègues de la CIA et du MI-6.

C’était rigolo à regarder, mais c’est assez guignolesque. Des courses poursuite en tank, une base sous-marine, une montre qui permet de faire du rappel, tous les tropes sont là. Les personnages féminins sont d’une indigence rare (sauf M jouée par Judy Dench), entre les love interests vapides et l’assassin qui a des orgasmes quand elle tue des gens… La relation entre Bond et Alec est plus intéressante, avec le regard sur le passé peu glorieux du Royaume-Uni qu’elle permet.

J’avais oublié que les James Bond de cette époque se prenaient aussi peu au sérieux, en fait Archer c’est très peu parodique vu le niveau qu’on atteint déjà là.

Last Night in Soho, d’Edward Wright

Film anglais de 2021. Ellie, jeune étudiante en design fraichement débarquée à Londres depuis sa campagne anglaise, loue une chambre dans une pension et commence à avoir des visions de l’occupante de la chambre dans les années 60, Sadie. D’abord émerveillée par le côté glamour de la période, elle réalise rapidement que le monde du spectacle de l’époque est entremêlé avec celui du crime et de la prostitution et que la misogynie y est omniprésente.

Plein de très bons éléments, un excellent début notamment : toutes les séquences de vision/rêve d’Ellie sont très réussies, le côté onirique est très bien rendu par l’alternance spectatrice/participante au rêve et par le côté non linéaire. Le jeu sur les reflets dans les miroirs était très bien trouvé aussi, dommage qu’il disparaisse au bout d’un moment.
Par contraste avec le début très réussi, j’ai trouvé que la seconde partie avait beaucoup plus de longueurs et un peu trop de changements de genre/retournements de situation, ce qui perd un peu le spectateur. Visuellement ça reste très réussi tout du long, mais je pense que l’histoire aurait pu être simplifiée un peu et le film gagner une vingtaine de minutes.