Après l’effondrement de la civilisation, un homme raconte dans un cahier comment ça c’est passé. Je suis jamais très satisfait par les versions françaises de ce trope (à l’exception de la trilogie Chromozone, de Beauverger, qui était fort cool). Cet ouvrage ne fait pas exception à la règle, hélas. C’est très pessimiste et s’il y a des passages intéressants ce n’est pas globalement passionnant, même si j’ai bien aimé le réalisme de la difficulté de la survie en milieu naturel.
Mais franchement je ne crois pas à son effondrement total de la civilisation, il y aurait des reconstructions à des échelles locales, son idée de poussées de violence qui empêcherait toute reconstruction, juste non.
Archives de catégorie : Arbres morts ou encre électronique
Réparer les Vivants, de Maylis de Kerangal
J’avais bien aimé Corniche Kennedy de la même autrice, j’ai été un peu déçu par celui là. Déjà parce que c’est vraiment exactement la même écriture, et puis parce que y’a un peu trop de jeu sur l’émotion par certains côtés, et que les personnages sont parfois de gros clichés un peu malaisant (l’infirmière qui couche avec son mec à l’improviste au milieu des poubelles, vraiment ?)
La Douleur porte un costume de plumes, de Max Porter
Un livre relativement court (je l’ai lu en deux heures je dirais) sur le deuil. Trois points de vues qui alternent : Un homme, ses deux enfants, et Corbeau, une créature imaginaire, qui parlent de la perte d’une femme / d’une mère et du processus de deuil qui s’ensuit. Il est globalement intéressant, mais je l’ai trouvé trop court et un peu inégal.
Shop Class as Soul Craft de Matthew B. Crawford
Un essai d’un mec qui a bossé dans un think tank avant de dire « Fuck it » et de partir ouvrir un atelier de réparation de motos. Des réflexions sur l’intérêt du travail manuel, sa place dans la société, la question des professions automatisables ou non, ce que le travail manuel permet comme réflexion sur soi et comme rapport au monde. C’est intéressant, j’ai surtout apprécié le début, après j’ai trouvé que ça partait un peu plus dans tous les sens mais globalement c’est une lecture que je recommande et dans laquelle je me reconnais.
La Conjuration, de Philippe Vasset
Ça se lit vite, ça parle de déambulation et d’exploration urbaine, ainsi que d’architecture brutaliste, du coup ça me parle fortement. Cool à lire et qui reste dans la tête même si je ne saurai pas trop où l’auteur voulait en venir (mais est-ce une question pertinente ?)
Comme Convenu, de Laurel
Un couple de français co-fonde une start-up et déménage en Californie pour aller réaliser des jeux vidéos. Et très vite le projet #StartupNation devient des conditions de vie quotidiennes merdiques et dans lesquelles ils sont piégés. C’est un peu badant mais c’est cool à lire et très intéressant.
Fun Home, d’Allison Bechdel
Le récit par Allision Bechdel de son enfance, du suicide du père et de la prise de conscience de sa sexualité, de comment ces événements ont influencé sa vie et sa famille. C’est très intéressant à lire (j’avais commencé C’est toi ma maman ? de Bechdel aussi qui m’était un peu tombé des mains, mais Fun Home est vachement bien).
Black Hammer, de Jeff Lemire
Un comic étrange, enfin surtout juste un premier tome pour le moment. Des super-héros sont coincés dans une petite ville de province dans ce qui a l’air d’être un univers de poche, avec des pouvoirs altérés. C’est assez crépusculaire, ça me rappelle une nouvelle que j’avais écrit à 16 ans (en toute modestie), et c’est intriguant pour la suite. On aussi des flashbacks sur les origines des différents héros qui dévient tous du cliché du héros, avec une forte inspiration de Watchmen.
Nightfall, d’Asimov et Silverberg
Un concept intéressant : une planète dans un système solaire avec 6 soleils, où la conjonction des astres fait que la surface est toujours éclairée. Comment réagirait la population si soudainement la nuit tombait ? J’ai pas été fan de l’exécution cependant (je pense qu’il est temps d’admettre que je n’ai jamais été enthousiasmé par l’écriture de Silverberg). Y’a des bon morceaux néanmoins (c’est intéressant d’avoir un passage conséquent du livre qui se passe après la Nuit), mais ça reste pas mal de la SF à la Papa dans le style, et la conclusion est bien pourrie (« ouais, rejoignons le système religieux fondamentaliste et ultra-élitiste perrave, on pourra le changer de l’intérieur ! Youpi ! »)
Royaume de vent et de colère, de Fabrice Del Soccoro
Court roman de fantasy francophone se passant dans l’éphémère République de Marseille sous Henri IV. C’est assez cool, bien écrit (le découpage présentation/installation des enjeux, puis retour sur l’histoire des personnages en chapitres très courts alternant puis reprise de la temporalité de l’introduction pour la conclusion, c’était assez cool. Y’a de la magie mais c’est très discret, sinon ça reprend assez fidèlement l’Histoire telle qu’elle s’est déroulée.