Autofiction française de 2008. Annie Ernaux détaille sa vie et les changements dans la société française entre 1940 et 2008. Le texte est espacé de descriptions de photos/vidéos, et se déroule à la 3e personne. J’ai beaucoup aimé, je ne saurai pas exactement dire pourquoi. Le style est prenant, avec une accélération progressive de la narration. Elle raconte sa jeunesse, son mariage, divorce, son rapport à ses enfants, et plus largement une vie qui plonge dans la société de consommation, les conventions de la vie à 2, les années De Gaulle, VGE, Mitterrand, les réminiscences du 11/09, des attentats de la rue de Rennes, la victoire de 98…
L’incipit est très intéressant aussi, qui résume en quelques pages le roman et liste des fragments de souvenirs. J’aime beaucoup la première phrase et ce qu’elle annonce du projet du roman : « Toutes les images disparaîtront. »
EDIT 2026 : relu partiellement lors d’un club de lecture estival, j’aime toujours autant. Le rapport entre les souvenirs de sa propre vie et l’évolution du monde, qu’est-ce que le rapport à la mémoire, qu’est-ce qu’on retient de l’Histoire et qu’est-ce que ça fait de la vivre vs de se la remémorer, qu’est-ce que les générations précédentes nous ont transmis vs qu’est-ce qu’on transmettra, plein de questions super intéressantes. Fini fin septembre, je trouve que la fin du roman est assez essentiel pour tout amener ensemble, avec la fusion progressive du temps des réminiscences et du temps de l’écriture par rapport au détachement qui est présent dans les premières pages, et l’arrivée des passages sur l’envie d’écrire le roman, les formes qu’il va prendre avant de finalement se cristalliser dans le roman qu’on a entre les mains. Ça donne un peu envie qu’elle écrive Les Années 2 : Too Annie Too Ernaux pour décrire la période 2008-2026.