Film de 1991. Thelma et Louise sont deux amies, respectivement femme au foyer et serveuse dans un bar. Elles partent en weekend ensemble, mais Louise tue un homme qui tente de violer Thelma. Une cavale en voiture commence, où les deux femmes tentent de rouler jusqu’à la frontière mexicaine alors que la police tente de les arrêter.
J’ai beaucoup aimé, les deux personnages principaux sont très réussis – et en avance sur leur temps – et les personnages secondaires sont cools aussi. Pas trop de surprise pour un film culte, mais je recommande.
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Yves, de Benoît Forgeard
Film français de 2019. Un wannabe rappeur pas très malin qui vit amorphe dans la maison de feue sa grand-mère est sélectionné pour un programme de test d’un frigo intelligent. Le frigo améliore radicalement sa vie en l’aidant a écrire ses chansons et à séduire la représentante de la compagnie de frigos intelligent qui suit le test. Et par aider je veux dire que le frigo fait tout le boulot.
Continuer la lecture de Yves, de Benoît ForgeardYears and Years, de Russell T. Davies
Mini-série anglaise (6 épisodes) qui raconte la vie d’une fratrie de Manchester à travers la décennie à venir, alors que l’Occident s’enfonce dans l’instabilité politique et économique. On suit en parallèle les vies des différents membres de la famille et l’actualité politique du Royaume-Uni, notamment l’ascension politique de Vivienne Rook, sorte de Boris Johnson mieux coiffée.
J’ai tout vu en deux jours, la série est très bien et super efficace, mention spéciale au thème musical de l’inexorable passage du temps, qui accompagne les time-lapse où l’on saute quelques années sur fond de feu d’artifice du Nouvel An, anniversaire des membres de la famille et snippets de l’actualité politique. Sans surprise c’est de Murray Gold, le compositeur qui fait aussi une bonne partie des OST de Doctor Who, et ça renforce l’impression de voir un épisode de Noël de Docteur Who de 6 heures, centré sur la vie des gens ordinaires.
Les personnages sont aussi très réussis en ce qu’ils sont crédibles, il y a peut-être Edith qui a un côté super-héroïne (ce serait la Docteur de la série, en quelque sorte), mais en même temps ses absences prolongées lui sont reprochées par les autres. Vivienne Rook est super bien jouée par Emma Thompson (sans surprise), une bonne partie des personnages sont non-blancs ou non-hétéros. Mention spéciale aussi au personnage de la matriarche, Muriel, qui est super réussi dans son côté à la fois gentille grand-mère et vieille un peu réac malgré ses bonnes intentions.
Watchmen, la série télé, de Damon Lindelof
Série télé de 2019, située dans l’univers du comic éponyme. On est en 2019, Robert Redford est président des États-Unis depuis une vingtaine d’années, l’Oklahoma a un gros problème de suprémacistes blancs, qui a forcé les policiers à dissimuler leur visage et leur identité pour éviter les représailles (what could possibly go wrong?). Au centre de l’histoire, Angela Abar, policière noire qui vient de Tulsa mais a grandi dans le 51e État des USA, le Vietnam. Plusieurs lignes narratives s’entrecroisent, des personnages centraux du comics resurgissent, et les enjeux prennent une importance planétaire.
C’est joliment réalisé, beaux décors notamment, mais j’ai trouvé le tout assez brouillon. Beaucoup d’éléments, une envie de parler de suprémacisme blanc et de racisme mais en ne questionnant pas du tout le rôle de la police. Des personnages qui sont en attente de pouvoir soudain jouer leur rôle, beaucoup de lenteur, des trucs qu’on voit venir à trois kilomètres. De bons éléments aussi cependant : tout l’épisode flashback était très bien et fait un bon complément stand-alone au comics. J’ai bien aimé le trop court passage des aventures de Laurie Blake à Washington, DC, et les flash-back sur Ozymandias (mais pas sa ligne narrative générale).
Il revient quand, Bertrand ?, d’Hélène Lombard et Julien Sibony.
Mini-série d’Arte, en 10 épisodes de 10 minutes. Bertrand (Bertrand Usclat), trentenaire amorphe, se voit imposer un break par sa copine et se fait jeter de son appartement. Se retrouvant par un concours de circonstances chez son voisin du 5e étage, il découvre que celui-ci espionne tout l’immeuble via les webcams des ordinateurs. Au lieu d’être horrifié comme une personne normale, Bertrand fait ami-ami avec le voisin et décide d’espionner sa copine pour tenter de revenir dans sa vie, tel un bon psychopathe. Il va aussi profiter des « conseils » dudit voisin, ancien militaire quelque peu rigide. Pour jouer le mec détaché, Bertrand fait semblant d’être parti en tour du monde via des photoshoppages qu’il poste sur les réseaux sociaux, d’où le titre.
C’est plutôt bien joué et assez rigolo par moment, après c’est une histoire ultra cliché de mec un peu looser qui se comporte comme un gros creep par « » » »amour » » » ». Sympa si vous aimez bien Bertrand Usclat, mais assez anecdotique.
L’effondrement, du collectif Les Parasites
Courte (8x20minutes) série télé française qui traite sous la forme d’une anthologie un effondrement rapide des structures institutionnels et des chaines d’approvisionnement en France.
Du point de vue de l’effondrement lui-même on est pas sur quelque chose de très réaliste : tout se délite en quelques jours, ça permet d’avoir une série avec de la tension, des files d’attentes aux stations services, des urgences à traiter dans tous les sens.
La série elle-même est cependant sympa à regarder, à chaque épisode on suit un groupe de personnages différents (même si on a quelques liens entre certains épisodes) à un stade différent de l’effondrement, et qui se retrouve tous avec des choix merdiques à faire. La série n’est pas très optimiste, ça tourne souvent mal.
Frozen II, des studios Disney
Un peu déçu par ce second opus. Le scénario ressemble à celui du premier en plus brouillon. Y’a des décalques des passages, avec la chanson d’Anna dans les rues d’Arrendelle, la chanson d’Olaf sur un petit tempo guilleret, la chanson d’Elsa qui est un sous-Let It Go dans le chant et dans la mise en scène de la séquence…
Quelques bon passages néanmoins : la chanson de Kristoff façon boysband des années 90s (et sa reprise par Weezer sur le générique de fin !), le récapitulatif des événements par Olaf, les petits moments de dérision par rapport au 1. Mais voilà, globalement les moments réussis c’est les moments référentiels, le film ne tient pas debout tout seul. Il y a beaucoup de séquences juxtaposés, beaucoup de choses présentées, du coup on a pas trop le temps de s’attacher aux nouveaux éléments introduits.
Côté animation, joli travail sur les couleurs d’automne et les vêtements des personnages principaux, belle animation de la mer et globalement de l’eau. Par contre y’a certains gros plans sur les personnages principaux, surtout Elsa, qui font très uncanny valley. Certaines séquences un peu cheap aussi où Elsa est sur fond noir en train de faire apparaître de la glace, genre c’était trop compliqué d’animer un décor.
Bref, globalement il y a quelques séquences qui valent le coup et permettraient de faire un extended cut du I, mais le film en soi est dispensable.
Counterpart, de Justin Marks
Série en 2 saisons. Howard Silk bosse pour une mystérieuse agence de l’ONU qui a ses bureaux à Berlin. Il découvre que cette agence gère dans le plus grand secret les relations avec un monde miroir du nôtre, dont l’Histoire diverge lentement depuis 1987. Howard rencontre notamment son double de l’Autre Côté, monté bien plus haut dans la hiérarchie de l’Agence et qui travaille dans leurs services d’espionnage.
J’ai beaucoup aimé la première saison, la seconde fonctionne malheureusement beaucoup moins bien. Le côté espionnage feutré de la série marche bien, avec cet univers très bureaucratique et formalisé qui gère un énorme secret en compartimentant tout. Les interrogations des deux Howard sur ce que leur reflet dit d’eux-mêmes sont plutôt bien menées, et la performance de JK Simmons dans les deux rôles est très bonne.
La seconde saison par contre veut expliquer trop de choses, rajouter trop d’éléments et de lignes narratives, faire plus dans le spectaculaire : la cohérence interne de l’univers et l’intérêt des intrigues s’effondre un peu. La saison 1 se suffit à elle-même, je recommande de ne regarder que ça.
Sorry we missed you, de Ken Loach
Film sur l’uberisation de la société anglaise. On suit une famille dont la mère travaille en tant qu’aide soignante à domicile, qui doit organiser elle-même ses tournées, avec une hiérarchie qui considère qu’elle ne doit pas passer trop de temps avec chaque personne. Le père travaille en tant que livreur indépendant pour une société du type Chronopost, payé à la tournée avec des objectifs de performance et un suivi par GPS. Ken Loach montre comment ils se retrouvent coincé dans cette position, tous les problèmes qu’ils ont a gérer dans leur vie professionnelle comme personnelle étant considérés comme leur responsabilité personnelle par leurs chefs, et la société dans son ensemble.
C’était très bien même si assez peu joyeux. Les personnages secondaires étaient un peu inégaux, si la vieille syndicaliste dont s’occupe Abby fournissant une perspective intéressante, mais le chef de Rick dans l’entrepôt de colis est un peu trop caricaturalement un connard (même si bon je suis malheureusement pas sûr que ce soit tant que ça une caricature et non pas une description exacte).
J’ai perdu mon corps, de Jérémy Clapin
Film d’animation français de 2019. On suit en parallèle les tribulations d’une main coupée décidée à retrouver le corps dont elle a été détachée, et celle de Naoufel, ancien livreur de pizza devenu menuisier et tentant de draguer une fille pour qui il a eu un coup de foudre. J’ai beaucoup aimé la ligne narrative de la main, beaucoup moins celle de Naoufel, qui est sacrément creepy dans sa façon de s’infiltrer dans la vie de son crush. Il se fait envoyer bouler par la fille quand elle réalise ce qu’il en est, mais néanmoins le film pose un regard assez complaisant sur lui.
Très beaux plans par contre, avec des cadrages peu classiques dans (ce que je connais de) l’animation. Très bonne bande son aussi.