Les avancées de la recherche en sociologie, neurologie et biologie permettent de dégager des schémas de pensée communs à certaines personnes, et de classer les personnes dans des groupes d’affinités, des personnes qui se sentent bien ensemble et communiquent facilement entre elleux. Mais tout le monde n’appartient pas à une affinité et les affinités ne s’entendent pas forcément bien entre elles… De la SF sur la sociologie, c’est assez cool. Ça parle d’entre-soi et de radicalisation, de trouver un groupe de personnes avec lesquels on se sent bien, de modèles de société. Et comme toujours chez RCW c’est assez fin et cool à lire.
Archives de catégorie : Des livres et nous
Burning Paradise, de Robert Charles Wilson
En 2014, le monde s’apprête à fêter 100 ans de paix, la Grande Guerre de 14 ayant été le dernier conflit majeur. Le monde est prospère, le travail de la Ligue des Nations salué. Mais certain-e-s savent que cette paix et cette prospérité ne sont pas dues à l’action humaine : quelque chose manipule l’Humanité pour parvenir à ses fins. Brillant roman de RCW, qui présente une espèce extraterrestre vraiment originale, qui développe en toile de fond une belle uchronie et qui nous présente une histoire absolument pas manichéenne : à la fin, les personnages ont fait des choix, mais je serai bien incapable de dire si c’étaient les bons ou non. Il parle tranquillement de manipulation par les médias, de recherche académique, il subvertit quelques tropes au passage (le leader de la Résistance Mondiale notamment). Cool roman. Il rappelle pas mal Darwinia du même auteur, mais en plus satisfaisant. On peut juste regretter que la « condition de victoire » soit un peu ad hoc pour que les protagonistes humains puissent intervenir sur l’histoire.
Les Limites de l’Enchantement, de Graham Joyce
La vie d’une jeune fille asociale dans une petite ville de campagne anglaise dans les années 60s. C’est bien écrit, cool à lire et ça un petit côté « chroniques de la vie ordinaire » à la Jane Austen assez sympa, par contre je comprends toujours pas pourquoi Graham Joyce est publié dans une collection SF/fantastique/fantasy plutôt qu’en littérature blanche.
Trigger Warning, de Neil Gaiman
Anthologie de nouvelles. J’ai clairement pas tout aimé au même niveau mais The Sleeper and the spindle est géniale, ainsi que Click clack the Rattlebag et The Case of Death and Honey.
Les Avatars du Gène, de Guyon, Henry et Arnould
Un million de révolutions tranquilles, de Bénédicte Manier
Essai détaillant des changements des modes de production, consommation, gouvernance, issus des citoyens plutôt que des institutions. Un peu catalogue (inévitablement), mais intéressant, le chapitre sur l’Agriculture Urbaine est une bonne introduction aux cours que j’ai eu cette année.
S., de Dorst
Livre concept où l’on suit à la fois l’histoire écrite par un écrivain de la première moitié du XXe siècle, les notes de bas de page de la traduction et les notes dans les marges échangées par deux étudiants cherchant à connaître l’identité réelle de l’auteur, en se référant au texte et en insérant d’autres documents. Ça donne un objet intéressant puisque le sens de lecture est choisissable, que les notes de marge ne sont pas toujours écrites dans l’ordre. Tout n’est pas toujours crédible mais globalement ça fonctionne bien.
Zombie Nostalgie, d’Øystein Stene
Roman court et assez atypique. Le narrateur raconte en parallèle son existence et l’histoire de son pays, le Labfonia, île de l’Atlantique où les habitants apparaissent inexplicablement. Adultes, avec des connaissances mais pas de souvenirs personnels, ils n’ont pas besoin de nourriture ni d’air, sont inexpressifs et leur peau est couverte de marbrures…
Winter Journal, de Paul Auster
Fortement autobiographique, Auster revient sur sa vie quand il touche à son « hiver ». Détaille certains aspects par liste (tous les endroits où il a habité, par exemple), par thème, par anecdotes. C’est brillant comme toujours chez Auster. Par contre c’est le premier que je lis en VO et c’est nettement moins facile qu’en VF, mais je ne sais pas si ce n’est pas dû à ce livre en particulier.
Anti-Ice, de Stephen Baxter
L’Empire Britannique découvre une source d’énergie surpuissante dans les années 1850, développe une technologie à l’avenant et en profite pour imposer son point de vue à l’Europe entière. La majorité du roman est un peu laborieuse, avec un personnage un peu clueless qui découvre toute ces merveilles et va sur la Lune… En fait le plus intéressant c’est l’intro et la conclusion décrivant l’expansion de l’Empire Britannique et les orientations qu’il prend avec son pouvoir incontesté, rejouant la seconde guerre mondiale et la guerre froide avec un siècle d’avance.
