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Photos Paternelles 1

Comme je l’avais dit dans un article précédent, j’ai récupéré les photos prises par mon père. Il photographiait avec son ordiphone et un peu avec un appareil photo qui appartenait à la section cinéma de son lycée. J’ai fortement sélectionné dans ses photos, qu’il prenait souvent en plusieurs exemplaires en variant les effets appliqués, les cadrages ou autre. Il utilisait pas mal les effets internes de l’appareil j’ai l’impression (ou alors c’est moi qui ai trouvé que c’était les plus réussies et qui ai sélectionné celles-là).
Il prenait pas mal d’architecture en photo, il y a une période où il a pris des gens dans la rue, que l’on voit sur les photos regarder vers l’objectif de façon intriguée (ou l’ignorer totalement). J’ai aussi pu retrouver quelques promenades qu’on a fait ensemble, c’est assez émouvant d’avoir les photos de son point de vue, avec sa sensibilité aux images.

Bref, je vais publier ces photos sur quelques articles. Sinon, j’ai eu un appareil photo pour Noël, je vais donc désormais utiliser un Canon 700D (avec un objectif 18-55 pour commencer). J’ai aussi eu un livre sur la prise de photo, qui devrait me filer des indications intéressantes sur comment prendre des photos qui sont plus ce que je veux.

Armée du Salut
Eglise Jeanne d’Arc
Illumination
Noir et Blanc
Un petit côté Myst

Anomalisa, de Charlie Kaufman

(SPOILERS) Film d’animation.

Un écrivain de guides pour les gens travaillant dans les services à la personne, dépressif, se retrouve à Cincinnati pour une journée, devant y donner une conférence. Il tente des retrouvailles avec sa partenaire d’il y a dix ans, mais constate qu’il la perçoit comme il perçoit tout le monde, ie avec la même voix et le même visage. Il rencontre une femme qu’il perçoit différemment des autres, la séduit et couche avec elle, mais le lendemain, alors qu’il tente de lui imposer un comportement qui correspond à ses attentes à lui, il constate qu’elle se transforme lentement en la même personne que tous les autres. Comme souvent chez Kaufman c’est pas très joyeux, les personnages sont tristes et rendent tristes les autres, mais c’est cool à voir néanmoins.

Une Victoire sur les Multinationales, d’Anne Le Strat

Récit de la remunicipalisation (passage en régie) de la gestion de l’eau de Paris, par l’élue qui l’a portée. C’est intéressant, on voit bien les stratégies scandaleuses et les marges pharaoniques que se font (certaines) entreprises sur les délégations de service public. La partie chronologique est vraiment bien, la partie « Autres acteurs » fait un peu plus fouillis/catalogue, mais ça semble difficile à éviter.

Le Squat : problème social ou lieu d’émancipation ?, de Florence Bouillon

Transcrit d’une conférence sur le sujet donné en 2010. Court et intéressant, parle de la perception des squats par les riverain⋅e⋅s, par les autorités (et notamment le traitement totalement défavorable qui leur est fait par la justice qui fait toujours primer le droit à la propriété sur le droit au logement, réclamant parfois des indemnités pharaoniques aux squatteureuses), et de la perception des squats par les squatteureuses, qui à la fois vivent dans une incertitude sur leur possibilité de rester et pour combien de temps qui a de fortes conséquences psychologiques, mais qui aussi par rapport aux foyers ou à d’autre types de logements qui leur sont accessibles, peuvent revendiquer un « chez soi » qu’els peuvent aménager et améliorer comme els l’entendent.

Retour à Reims, de Didier Eribon

Un livre que le sociologue a écrit à la mort de son père, revenant sur la façon dont il s’était totalement éloigné de sa famille, appartenant aux classes populaires en même temps qu’il montait dans l’échelle sociale et revendiquait son homosexualité. Éribon revient sur son parcours en analysant les rapports de classe, les attachements politiques des classes populaires au Parti Communiste puis au FN, les habitus de classe. C’est passionnant, truffé de référence, intellectuellement stimulant. C’était le livre idéal à faire lire à mon père pour discuter des notions de sociologie qui m’intéressait. Sauf que mon père est mort pendant que je lisais ce bouquin, qui a pris du coup une résonance particulière et douloureuse pour moi. Mon rapport à mon père n’était absolument pas le rapport d’opposition de Didier Eribon au sien, je me suis construit avec mon père comme une référence sur beaucoup de points, mais les questions d’habitus de classe trouvent un fort écho.