Debout ! Une histoire du MLF, de Carole Roussopoulos

Pas été enthousiasmé par le format. Beaucoup d’interviews face caméra qui mettaient surtout en avant le côté féminisme blanc et bourgeois. Après je ne sais pas exactement quelle a été la position du MLF, si ça ne reflète pas la réalité du féminisme visible de l’époque, mais c’est parfois bizarre. Notamment l’évocation des tensions entre féministes hétéras et queer dans le mouvement, où dans les interviews des hétéras, tu as quand même une certaine fétichisation de leurs camarades queers qui apparait, et c’est pas du tout recontextualisé ou remis en question par le film. Les documents d’archives sont plus intéressants.

J’ai été bien plus intéressé par les extraits de l’Abécédaire de Christine Delphy, qu’on a regardé ensuite (on a regardé Travail Domestique et Zizi).

(Pour référence, j’avais vu en 2016 La Belle Saison et Je ne suis pas féministe, mais…, qui me paraissent plus intéressant sur le thème du MLF que Debout !  et s’articulent bien avec L’Abécédaire).

La Nuit a dévoré le monde, de Dominique Rocher

Un film de zombies se déroulant à Paris :) Un homme s’endort dans une chambre au cours d’une soirée. Le lendemain, il constate qu’il semble être la seule personne n’ayant pas été transformée en zombie dans tout Paris. Il organise sa survie dans un immeuble haussmannien.

J’ai beaucoup aimé. Le film se concentre sur comment le protagoniste gère sa vie dans cet environnement. Un film de zombies intimiste, en quelques sortes. Peu de scènes d’actions et de moment épique, on est plus dans le huis-clos et les clairs obscurs, l’organisation d’une vie en dehors de toute forme de sociabilisation. Quelques incohérences, mais peu, et en contrepartie des scènes très réussies, notamment la scène où il se débarasse des corps de ses ex-voisins.

Je recommande.

Affiche du film

Affiche du film

Mustang, de Deniz Gamze Ergüven

Film turc de 2015. 5 sœurs sont élevées ensemble par leur grand-mère dans un village de Turquie. Elles ont une vie libre jusqu’au jour où la voisine dit à leur grand-mère qu’elles fricotent avec les garçons et sont la honte du village. Elles deviennent alors cloîtrées à la maison et leur éducation entièrement tournée vers le fait de trouver un mari.

Le film montre le lien fort entre les sœurs et le poids des traditions, la perpétuation des oppressions par la communauté entière, hommes et femmes. Les sœurs sont des personnages intéressants et complexes mais tous les autres (la grand-mère exceptée peu-être mais on la voit peu) sont dans des rôles très stéréotypés juste pour faire avancer l’intrigue.

Il était projeté dans le cadre d’une soirée « films et documentaires féministes » En le voyant en tant que Français qui ne connaît pas grand chose à la Turquie, c’est facile de se dire « Oh la la c’est terrible  comment ça se passe là-bas » sans trop mettre en perspective avec ce qui peut se passer en France en terme d’oppression des femmes.

La Guerre Tranquille, de Paul McAuley

Space opéra.

En 2300, les 3 grandes puissances terriennes que sont le Grand Brésil, la Communauté Européenne et la Communauté du Pacifique sont fervemment écologique et travaillent dur pour réparer les dégâts infligé aux écosystèmes terrestres durant la Renverse, la conséquence du changement climatique. Ce sont accessoirement des pouvoirs oligarchiques sur lesquels quelques grandes familles règnent sans partage.

Mais ce n’est pas là toute l’Humanité : pour échapper à la renverse, les plus priviligiés de l’époque s’étaient réfugiés sur la Lune. Leurs descendants ont essaimé le système solaire, et si les colonies lunaire et martiennes ont succombé aux conflits entre la Terre et le Système solaire, les planètes et lunes plus lointaines comptent nombre d’habitats démocratiques. Entre les deux factions, les tensions s’accumulent et une guerre asymétrique menace d’éclater.

Bon, ce pitch faisait envie, et de fait y’a plein de choses bien dans ce bouquin. Mais on met beaucoup trop de temps pour y entrer. J’étais vraiment dans l’histoire que vers le dernier tiers voire dernier quart du bouquin. Trop de passage qui n’ont l’air d’être là que comme du background pour permettre à ce dernier quart de se déployer. Dommage.

(J’apprends d’ailleurs sur Internet qu’il y aurait un tome 2, peut-être plus efficace s’il se repose sur toute l’exposition faite ici. Néanmoins, pas sûr de chercher à me le procurer)

Black Panther, de Ryan Coogler

Film des studios Marvel. La direction artistique est superbe (avec plein d’afrofuturisme), la bande son est géniale, les personnages sont intéressants, et en terme de représentation, il est très cool d’avoir un film d’un gros studio présentant des personnages noirs et faisant jouer des acteurs noirs.

Par contre le scénario contient plus de trous que de scénario et ça m’a pas mal sorti du film (après c’est pas spécifique à Black Panther, c’est classique dans les films de super-héros). Pour citer les deux plus évidents :  la Nation la plus égalitaire sur Terre qui est dirigée par une monarchie absolue au trône de laquelle tu peux prétendre par une épreuve qui se base essentiellement sur la force physique, super ambiance, et par ailleurs, un mec random dont on sait qu’il a aidé un ennemi de la Nation à s’évader en tirant sur le roi et sa garde arrive à la frontière du pays, ne nous posons aucune question et acceptons qu’il prétende au trône.

Dans l’univers Marvel je trouve qu’il y a des similarités de scénario entre ce film et Thor : Ragnarokmais d’un point de vue scénaristique Thor (le personnage) est isolé alors que T’Challa a les ressources de tout un pays derrière lui (en terme de puissance de feu mais surtout en terme de logistique et de renseignement) ce qui rend beaucoup moins crédible une bonne partie de ses agissements. Par ailleurs le traitement de Thor : Ragnarok  est beaucoup plus comédique. Ici le film est bien plus sérieux (ce qui est bien), mais qui fait beaucoup plus ressortir les invraisemblances.

Néanmoins, bon moment passé devant.

Village fantôme : Maisons

Les maisons du village. Beaucoup ont subi des incendies, et pour les autres les fuites dans le toit les font lentement pourrir. Planchers instables, la précaution était de rigueur. Superbe lumière, limite trop forte à l’extérieur, mais fort pratique pour les photos (néanmoins, j’avais apporté un trépied mais j’ai eu la flemme de m’en servir, du coup beaucoup de photos d’intérieur floues)

Table
Patin à roulette

Porte et bras

Regardez, la télévision !
Porte sans issue

Fenêtre et soleil

Histoires de Batman, de Scott Snyder

Un ami m’a prêté 6 tomes en hard cover de Batman, les histoires scénarisées par Scott Snyder, c’est-à-dire The Court of Owls, The City of Owls, Death of the Family, Zero Year: Secret City, Zero Year: Dark City et Past, Present, Future. J’avais déjà lu les deux premiers il y a longtemps et j’avais aimé, du coup j’étais content de me replonger dedans et d’avoir une bonne dose d’oeuvre à lire.

J’ai beaucoup aimé les dessins (le gros de l’œuvre est dessiné par Greg Capullo mais il y a pas mal d’autres dessinateurices aussi). J’ai bien aimé l’arc des Hiboux (même si bon, y’a quand même une société secrète centenaire prête à se révéler à chaque coin de rue dans l’univers DC). Pas été fan de Death of the Family, que j’ai trouvé comme un The Killing Joke (si vous aimez l’univers de Batman et que vous n’avez pas lu The Killing Joke, faites-le) en moins réussi, plus dilué/verbeux. Le design du Joker est très réussi cependant. Zero Year et Past Present Future sont cools, mais les parties « Les voyages de Bruce Wayne » ne servent pas à grand chose. La prise de contrôle de Gotham par le grand méchant n’a comme souvent aucune crédibilité, mais les vues d’un Gotham en ruine et le Batman en mode survival que ça permet de mettre en scène sont superbes, donc on pardonne l’implausibilité. Il me reste 2 ou 3 tomes à emprunter, on verra ce que ça donne.

Il me restait donc 3 tomes à emprunter : pour commencer, Mascarade, ie le re-re-re-retour du Joker. Un peu dubitatif parce que comme toujours c’est à géométrie très variable : parfois le méchant a juste le gaz incapacitant qui permet de neutraliser Batman, parfois Batman a 18 coups d’avance.

Enfin, Batman la relève, tome 1 et 2. Suite aux événements de Mascarade, Batman est porté disparu. Un petit partenariat public privé entre le GCPD et Powers Industries va lancer le programme « Agent Batman », où le nec plus ultra de la technologie futuriste des comics va permettre d’avoir un exosquelette Batman employé par les forces de police de Gotham. Et forcément, en réaction à ce nouveau Batman, un nouveau superméchant surgit. Des trucs intéressants explorés dans cet arc, mais la structure globale de l’arc et le méchant n’ont pas grande originalité. La relation du Batman de substitution à la fois à l’institution policière, à l’héritage de Batman et à la mégacorporation qui le sponsorise est intéressante. Esthétiquement j’étais content qu’on nous montre plein de variations du costume de Batman et des Batexosquelettes, ça me fait toujours tripper.

GLobalement j’étais content de lire cette grosse masse de Batman, bons dessins, bon univers et c’est un superhéros que j’aime bien, mais les scénarios et le Batverse en général ont un peu tendance à réinventer la poudre à chaque reboot de l’univers plutôt que de faire des trucs novateurs (déjà perso je serai responsable chez DC de comment l’univers se développe, je tuerai Bruce Wayne une bonne fois pour toute. Pas temporairement pour n publications, définitivement définitivement. Ca serait un peu plus en ligne avec l’idée que Batman est plus grand qu’un seul homme, et ça permettrai d’explorer d’autres trucs intéressant que de nous rebooter sa première année en tant que Batman tous les 36 du mois. Mais bon.6)