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Jessica Jones, de Melissa Rosenberg

Série Netflix sur une super-héroïne qui travaille comme détective privée. Elle dispose de super-force mais s’en sert de façon discrète, parce que sa tentative de se présenter comme super-héroïne a attiré sur elle l’attention d’un supervilain capable de contrôler les gens (David Tennant, impérial), ce qui lui a laissé pas mal de traumatismes. Évidemment, le vilain est de retour. La série est cool notamment parce qu’elle inverse pas mal de tropes genrés des films noirs et parle de traumatismes. Elle a aussi le côté bien filmé et « squalor » des séries Marvel/Hell’s Kitchen, qui est assez sympa à regarder.

Saison 2
Malheureusement la saison 2 n’est pas du tout au niveau de la première, au point qu’on a arrêté le visionnage en cours de saison parce qu’on s’ennuyait fortement. Les tropes archi-éculés des figures mystérieuses qui ressortent du passé de l’héroïne alors qu’on n’en entendait pas du tout parler dans la saison 1.

Black Panther, de Ryan Coogler

Film des studios Marvel. La direction artistique est superbe (avec plein d’afrofuturisme), la bande son est géniale, les personnages sont intéressants, en terme de représentation, avoir un film d’un gros studio présentant des personnages noirs et faisant jouer des acteurs noirs.

Par contre le scénario contient plus de trous que de scénario et ça m’a pas mal sorti du film (après c’est pas spécifique à Black Panther, c’est classique dans les films de super-héros). Pour citer les deux plus évidents :  la Nation la plus égalitaire sur Terre qui est dirigée par une monarchie absolue au trône de laquelle tu peux prétendre par une épreuve qui se base essentiellement sur la force physique, super ambiance, et par ailleurs, un mec random dont on sait qu’il a aidé un ennemi de la Nation à s’évader en tirant sur le roi et sa garde arrive à la frontière du pays, ne nous posons aucune question et acceptons qu’il prétende au trône.

Dans l’univers Marvel je trouve qu’il y a des similarités de scénario entre ce film et Thor : Ragnarokmais d’un point de vue scénaristique Thor (le personnage) est isolé alors que T’Challa a les ressources de tout un pays derrière lui (en terme de puissance de feu mais surtout en terme de logistique et de renseignement) ce qui rend beaucoup moins crédible une bonne partie de ses agissements. Par ailleurs le traitement de Thor : Ragnarok  est beaucoup plus comédique. Ici le film est bien plus sérieux (ce qui est bien), mais qui fait beaucoup plus ressortir les invraisemblances.

Néanmoins, bon moment passé devant.

Deadpool, de Tim Miller

Film des studios Marvel sur le personnage éponyme. C’était sympa à regarder mais j’ai pas trouvé ça extraordinaire. C’était très convenu pour un film de super-héros, tout en prétendant (au moins dans sa campagne promotionnelle) que ça allait s’éloigner du modèle traditionnel, être plus trash et plus réaliste. Et en fait, bah à part que y’a des gens qui meurent vraiment au lieu d’être assommés, bah c’est totalement dans la structure classique du film de super-héros, avec origin story, love interest, big bad et final showdown (oui je laisse volontairement les termes en anglais). Dans le genre subvertissement des films de héros par un gros studio hollywoodien, j’ai trouvé que Logan faisait beaucoup mieux le taff (pour le côté juste violence réaliste on peut aller voir du côté de Kick-Ass, pour plus de subversion encore des films de super-héros par des petits studios, Vincent n’a pas d’écailles par exemple).

Les bris du 4e mur servent aussi à excuser les faiblesses du scénario en les mettant en évidence, ce que je trouve un peu frustrant.

Agent Carter, saison 2

Saison 1 :
Un spin-off du film Captain America qui se concentre sur le personnage de Peggy Carter. Après la guerre, elle intègre les services spéciaux américains mais le machisme y règne et elle est considérée comme une secrétaire insubordonnée plutôt qu’une agente à part entière. Le côté rétro-SF est sympa, la mise en scène du sexisme intéressante (il y a plusieurs passages où un feuilleton radiophonique « Captain America » passe à la radio où Peggy est mise en scène comme une demoiselle éplorée (et qui je suppose colle pas mal aux comics Captain America qui sont sortis à cette période), avec Peggy exaspérée à chaque fois, c’est plutôt bien trouvé.

Saison 2 :
Un peu déçu par cette saison. Beaucoup de trous de scénario et des personnages très clichés.

Iron Man III, mieux vaut être une armure qu’une minorité.

Revenu du dernier blockbuster en date. Assez navrant. Il est mieux que le II (mais qu’est-ce qui est pire qu’Iron Man II ?) mais clairement pas à la hauteur du I. Ça part dans tous les sens sans savoir où aller, ça traine en longueur dans les séquences qui ont le moins d’intérêt… Et au milieu de tout ça, de vraies bonnes idées. C’est le plus navrant. On sent qu’il y avait du potentiel mais qu’il a été étouffé du début à la fin.

ATTENTION, LES SPOILERS COMMENCENT ICI.

Déja, le scénario. C’est exactement celui des deux premiers : Tony Stark est immature, mais des épreuves vont le faire grandir. Il affronte un terroriste étranger qui se révèle être soutenu par un industriel américain. A chaque film on en revient au même point, aux mêmes problématiques. Autant revoir le un.

Ouvrir le film sur Blue de Eiffel 65 annonce clairement la couleur au niveau du mauvais goût, au moins on est prévenu. Ça va de pair avec le blabla scientifique qui n’a juste pas de sens « je peux décoder l’ADN et le réécrire, comme il y a une case vide dans ton cerveau (il n’y en a pas) tu vas devenir explosif mais tes bras vont repousser ». Le film n’est pas à une incohérence près, puisque la majeure partie repose sur le fait que Stark ne possède qu’une armure déchargée quand on apprend à la fin qu’il en a 41 autres en attente intacte dans sa cave, qu’il peut toutes contrôler à distance. Cool. Tout ça ne sert donc juste qu’à nous refourguer un gamin sidekick comique, une idée profondément originale. Entre ça et les références à Noël on pouvait penser que l’hommage à Maman j’ai raté l’avion était assez appuyé, mais non, Stark décide d’un coup de se faire des gadgets maison pour aller prendre d’assaut les méchants. Là ça vire à Die Hard, le héros solitaire qui va sauver sa belle à Noël. Sauf que Stark n’est pas censé être un homme d’action. Mais là, infiltration tranquille sans aucun problème. Merci la continuité.

Merci la continuité aussi quand Stark dit à Rhodes que non il ne peut pas avoir d’armure. Elle sont configurées pour lui seul. Ah, et Rhodes en avait pas volé une à l’épisode précédent ? Et Pepper n’en a pas mis une deux fois dans le film ? Oui mais non, Rhodes peut bien crever contre les méchants en hyperthermie.

La scène qui m’a fait le plus frémir est celle qui pouvait paraitre féministe dans la bande annonce : Pepper dans une armure, qui sauve Tony. Sauf qu’en fait c’est Tony qui lui a collé l’armure sur le dos, et qui la lui reprend sans plus de consentement : Let the patriarchy empowers you, baby. On a un très rapide rattrapage sur la fin quand Pepper et ses nouveaux pouvoirs EXTREMIS vainquent le méchant. Tony s’empressera de les lui retirer plutôt que de les stabiliser. Faudrait pas qu’elle puisse être à niveau égal avec lui, hein. Étonnamment le film passe le Bechdel test, grâce à une discussion entre Pepper et Maya. Mais à part ça, Pepper est totalement inactive, un trophée disputé entre Tony et Killian.
[EDIT 17/05 : Un bon article qui analyse le problème de l’absence d’agenda de Pepper et du fait que ses pouvoirs lui sont toujours conférés puis retirés par les hommes.]

Le film est aussi bien classiste : Tony Stark chez les bouseux, avec notamment sa rencontre avec Gary.
Il massacre allègrement les concepts derrière l’Iron Patriot (supposé être une incarnation du nationalisme dans le comics, ici pas grand chose)

Il y a quand même des choses à sauver, hein : La performance de Kingsley en acteur complètement drogué, la réplique « Honestly? I hate working here, they’re all weird… », le PTSD de Stark (largement sous exploité et qui semble plus être un teaser pour le prochain Avengers qu’autre chose…)

En résumé, le film hésite entre des genres et des histoires différentes sans jamais arriver à faire un choix, ce qui appauvrit énormément son potentiel.