Recueil de nouvelles uchroniques ou science-fictives. J’ai été un peu déçu. J’ai bien aimé la plupart des romans écrit par Johan Heliot, mais là j’ai trouvé que ça faisait un peu trop gimmickesque (surtout qu’il traite très souvent les mêmes thèmes/utilise les mêmes personnages, donc au bout de 15 nouvelles c’est assez répétitif).
J’ai trouvé que la nouvelle Le Grand Duc sortait un peu du lot.
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Les Mystères de Lutèce, de Fabien Clavel
Uchronie qui se passe dans une Lutèce où l’Empire romain n’est jamais tombé et où Julien l’Apostat est resté empereur, rétablissant le culte des divinités romaines. Quelques éléments d’arrière-plan intéressants : une brève parenthèse démocratique en Gaule, des tensions entre sécessionnisme et intégration plus poussée dans l’Empire avec un statut de province autonome.
Mais sinon c’était pas bien. L’uchronie n’est pas super bien traitée, le scénario n’est pas épais et fait fort peu sens, les personnages se comportent souvent à tort et à travers et pour couronner le tout, les personnages féminins sont nuls nuls nuls. Zéro épaisseur, toutes des figures maternelles ou des intérêts sexuels.
Ne recommande pas.
Underground Airlines, de Ben Winters
Ben Winters imagine une histoire alternative où la guerre de Sécession américaine n’a pas eu lieu — suite à l’assassinat d’Abraham Lincoln et à la mise en place d’un compromis entre les positions nordistes et sudistes. En conséquence, au début du XXIe siècle, il y a encore 4 États américains qui autorisent l’esclavage.
L’idée est intéressante, et je trouve que Winters traite plutôt bien le sujet en ce sens qu’il ne tombe pas dans le sensationnalisme ou voyeurisme, sans non plus rendre l’esclavage (appuyé sur un système raciste) anodin, comme s’il en faisait juste une toile de fond pour faire de l’uchronie (comme ce qu’on voit souvent dans les uchronies « et si les nazis avaient gagné la Guerre ? »).
Néanmoins, je n’ai pas été enthousiasmé par le livre, j’ai trouvé que trop de choses sonnaient fausses (à commencer par le héros totalement surdoué, ses incitatifs à rester dans ce système et ses états d’âme pas très crédibles). Et tant qu’à faire, je pense qu’il aurait été plus intéressant de montrer un système d’exploitation des noirs américains plus proche de celui qui est actuellement en place avec les prisons privées et le travail sous-payé des prisonniers (éventuellement plus assumé) que de montrer un esclavage « du passé » actualisé juste en technologies, dans le sens où là (quand on est blanc) c’est facile de dire « Ah la la c’est vraiment horrible, heureusement qu’on vit pas dans ce monde ». Sur ce thème et avec ce genre de traitement, je recommande plutôt The Underground Railroad.
En bonus, la couverture, parce qu’elle est fort jolie.
Last Year, de Robert Charles Wilson
En 1877, des visiteurs d’un futur parallèle ont construit une ville dans les plaines de l’Illinois, pour proposer des visites touristiques dans l’Amérique de 77 aux visiteurs du Futur, et un aperçu – expurgé – du futur aux originaires de 1877.
Le roman explore les conséquence de cette interaction entre les deux mondes, depuis le point de vue de 1877. Forcément ça parle de colonisation, d’éthique et de droit civiques et sociaux. C’est bien mené, comme la plupart du temps avec RCW. J’espère qu’il a prévu une suite parce que y’a de quoi faire, que ce soit voir comment évolue 1877 ou comment se passent les choses dans le Futur ou dans d’autres mondes contactés.
La présidente et Totalitaire, de François Durpaire et Fabrice Boudjellal
De la politique fiction imaginant l’arrivée du FN au pouvoir. Le premier tome est assez glaçant par la justesse des prédictions (plusieurs trucs, notamment l’application d’un État d’urgence permanent, ayant été faits sous le mandat de Hollande), la deuxième paraît plus irréaliste mais bon, j’aurais dit ça de la première il y a quelques années…
Il y a un troisième tome qui est sorti depuis (La Vague, je crois) qui parle des relations de la France de cet univers avec la Russie de Poutine et les USA de Trump. Pas encore lu.
Écrire l’histoire avec des « si », sous la direction de Florian Besson et Jan Synowiecki.
Recueil de contributions du séminaire du même nom, sur l’intérêt de l’uchronie et de l’histoire contre-factuelle pour les historiens. Parle de l’intérêt politique de l’uchronie et des différentes formes d’uchronies littéraires. Toutes les contributions ne se valent pas mais c’est court et globalement intéressant.
Burning Paradise, de Robert Charles Wilson
En 2014, le monde s’apprête à fêter 100 ans de paix, la Grande Guerre de 14 ayant été le dernier conflit majeur. Le monde est prospère, le travail de la Ligue des Nations salué. Mais certain-e-s savent que cette paix et cette prospérité ne sont pas dues à l’action humaine : quelque chose manipule l’Humanité pour parvenir à ses fins. Brillant roman de RCW, qui présente une espèce extraterrestre vraiment originale, qui développe en toile de fond une belle uchronie et qui nous présente une histoire absolument pas manichéenne : à la fin, les personnages ont fait des choix, mais je serai bien incapable de dire si c’étaient les bons ou non. Il parle tranquillement de manipulation par les médias, de recherche académique, il subvertit quelques tropes au passage (le leader de la Résistance Mondiale notamment). Cool roman. Il rappelle pas mal Darwinia du même auteur, mais en plus satisfaisant. On peut juste regretter que la « condition de victoire » soit un peu ad hoc pour que les protagonistes humains puissent intervenir sur l’histoire.
Avril et le Monde Truqué de Franck Ekinci et Christian Desmares
Dans un monde uchronique ou l’Humanité n’a jamais découvert l’électricité et où les Napoléons règnent toujours sur la France en 1941, une fille cherche à recréer le sérum que ses parents chimistes avaient créés juste avant leur mystérieuse disparition. Un dessin animé dans le style de Tardi avec de l’uchronie, du steampunk, de l’écologie, j’ai bien aimé même s’il y a quelques longueurs.
Atomik Aztex de Sesshu Foster
Livre halluciné où le narrateur oscille entre une identité de migrant mexicain travaillant dans un abattoir à Los Angeles et une identité de guerrier aztèque dans un univers parallèle où l’empire aztèque existe toujours.
Bombs away de Harry Turtledove
Uchronie sur une guerre de Corée mené avec des armes atomiques qui s’étend au fur et à mesure en guerre mondiale. Beaucoup de répétitions stylistiques, peu d’action, assez décevant.