Archives par mot-clé : horreur

Midnight Mass, de Mike Flanagan

Mini-série d’horreur étatsunienne parue en 2021 sur Netflix. Un nouveau prêtre arrive sur la petite île de Crockett Island. Communauté principalement catholique et isolée sur son île reliée au continent par 2 ferrys par jour, Crockett vit en quasi-autarcie, mais dans un déclin permanent depuis des dizaines d’années. L’arrivée du nouveau prêtre va coïncider avec l’apparition de miracles qui vont bouleverser la communauté et son rapport à la foi, mais semble cacher une réalité plus sombre…

La série a été évoquée par une amie au Nouvel An, je l’ai gavisionné sur les premiers jours de janvier. Le concept de base est assez chouette : si on prend littéralement certains points de la Bible et du sacerdoce chrétien, ça donne des trucs assez dark (consommer le sang du Christ, vraiment ?). Du coup confronté à des phénomènes surnaturels inquiétants il est possible de les interpréter comme conformes aux Écritures et que toute une communauté croyante (avec l’aide d’un prêtre un peu charismatique) se dise qu’il n’y a pas de souci avec tout cela. Le côté « communauté en vase clos » aide à cette montée en épingle du truc, sans voix extérieure pour alerter sur le fait que c’est n’imp. Ça m’a fait penser à King Tide, qui a un setup un peu similaire (mais moins le côté « on se raccroche à un mythe existant »).

Les trois perso de « méchants » (le prêtre, Bev et la créature) sont assez réussis, par contre les persos principaux sont des robinets d’eau tiède, vraiment des clichés de perso de série étatsunienne torturés. Y’a quelques trous dans le scénario qu’il ne faut pas regarder de trop près, mais l’ambiance est plutôt réussie.

Mootorsaed Laulsid (Chainsaws were singing), de Sander Maran

Film estonien de 2024 (tournage en 2013, 10 ans de post-prod/abandon sur une étagère). Sur une route de campagne, Maria est poursuivie par « a fuckface with a chainsaw », prénommé Killer et rejeton d’une famille de cannibales. Capturée par ce dernier, elle est ramenée dans le garde-manger familial. Son amoureux, Tom, se lance à sa rescousse, accompagné de Jaan, un mec random qu’il a rencontré en chemin. De temps à autre les personnage se mettent à chanter, parce qu’on est dans un slasher mais aussi dans une comédie musicale.

C’est manifestement fait avec de tout petits moyens, et une bonne dose d’humour absurde. Jaan a des vêtements différents à chaque scène, toutes les voitures que les protagonistes laissent derrière eux explosent, les flics sont teubés, il y a une hérisson lesbienne qui rappelle le lapin de Sacré Graal, l’hémoglobine coule à foison. Bon par contre c’est pas toujours très subtil ni très bien joué (sauf la mère de la famille de tueurs, l’actrice habite bien le rôle).

Curiosité intéressante à voir.

Dangerous Animals, de Sean Byrne

Film australien paru en 2025. Tucker est un tueur en série qui enlève des touristes pour les donner à manger aux requins sur son bateau de pêche. Mais il va tomber sur plus coriace que lui en la personne de Zephyr, surfeuse à l’instinct de survie insubmersible.

Dans la structure c’est un thriller assez classique avec final girl blonde qui va battre le tueur. Mais le côté psychopathe fasciné par les requins du tueur fonctionne bien, il est super bien joué par l’acteur. Le côté « isolation en pleine mer » et le jeu sur les espaces du bateau, l’aspect un peu labyrinthe et machine technique est bien rendu aussi. Globalement, bon thriller efficace.

Better Watch Out, de Chris Peckover

Film étatsunien de 2016. Dans une petite ville tranquille des États-Unis, Ashley va faire un dernier babysitting chez les Lerner avant Noël puis son départ pour l’université. Mais un intrus tente de rentrer dans la maison, transformant le babysitting tranquille en une bataille pour la survie.

Le film est un hommage (explicite) à Maman j’ai raté l’avion, mais avec un twist : déjà, largement plus de violence que l’original, et la vraie menace se révèle ne pas être l’intrus qui tente d’envahir le foyer. Sans être incroyable, c’était rigolo à voir, le côté un peu inventif de certains dispositifs mis en place par les personnages marche bien (même si ça reste léger, c’est pas le niveau de McGyver de Maman j’ai raté l’avion), et si l’acteur qui joue Luke est un peu trop âgé pour le rôle, il joue quand même très bien le gamin un peu dérangé.

The Thing, de John Carpenter

Film de SF horrifique états-unien paru en 1982. Le personnel de la station antarctique US voient apparaître dans leur base un chien poursuivi par deux Norvégiens qui lui tirent dessus. Les deux Norvégiens meurent rapidement, sans avoir le temps d’expliquer les raisons de leur comportement. Les États-uniens découvrent bien vite que le chien était en fait une créature extraterrestre ayant pris l’apparence d’un chien. Cette créature peut infecter n’importe quelle créature vivante pour la transformer en elle-même. Incapable de déterminer si les différents membres de l’équipage sont encore eux-mêmes ou infectés par la Chose, l’ensemble de la station sombre dans la paranoïa.

J’avais vu le remake/prequel de 2011 il y a quelques années, j’ai enfin vu l’original de Carpenter ! Avec un Kurt Russell en grande forme et sans eyepatch. Les effets spéciaux artisanaux pour l’apparence de la Chose sont un peu datés mais font quand même leur effet et montre le côté imaginatif du body horror de Carpenter, avec un côté grand guignol parfois (le torse qui se transforme en machoire pour avaler le défibrillateur, c’est un excellent comedic timing), avec une thématique « l’ennemi parmi nous » et « la maladie qui se transmet par le sang ». Le côté isolation et paranoïa fonctionne bien, les zones polaires sont franchement un terrain fertile pour l’horreur (vivement le Frankenstein de Guillermo del Toro d’ailleurs)

Un classique.

Noise, de Soo-jin Kim

Film d’horreur coréen, paru en 2024. Ju-young apprend que sa sœur a disparu sans laisser de trace. Elle vient s’installer dans l’appartement de sa sœur pour mener l’enquête, l’immeuble étant le dernier endroit ou cette dernière a été vue. Sur place elle découvre rapidement que sa sœur et d’autres occupants de l’immeuble se plaignaient de sons dans les plafonds de leurs appartement, et que plusieurs autres personnes ont disparu dans les années précédentes. Un voisin inquiétant habitant l’appartement du dessous vient à répétition se plaindre du bruit qui vient de l’appartement de Ju-young.

C’était chouette. Gros gros travail sur le son, ça vaut le coup de le voir au ciné ou avec une bonne installation, pas sur les hauts-parleurs d’un ordi personnel. La thématique de l’immeuble hanté fonctionne bien, les tensions sociales qui sont exacerbées à cette occasion sont bien mises en scène (l’immeuble est éligible à un programme de rénovations mais pour cela il faut qu’il ait bonne réputation et que des gens viennent s’y installer…). On retrouve la même figure de présidente du syndicat de copropriétaires ultra rigide que dans Concrete Utopia. Je me suis un peu retrouvé dans le côté « problème d’isolation sonore qui vient te pourrir la vie » (mais afaik mon immeuble n’est pas hanté). Quelques passages un peu convenus ou qu’on voit venir de loin (l’avantage de le voir au ciné avec une salle pleine de gens genre-savvy c’est que quand les gens disent dans une cave creepy « séparons-nous » toute la salle rigole).

The Fisherman, de John Langan

Roman étatsunien horrifique paru en 2016. Le narrateur, Abraham, raconte comment il a été témoin d’événements inexplicables lors d’une sortie pour aller pêcher dans une rivière se jetant dans le réservoir Ashokan. Avant la construction du barrage qui a permis la création du réservoir, la vallée secondaire où coule la rivière a déjà été le lieu d’étranges événements et des traces en persistent, qui vont faire écho au deuils qu’Abraham et son partenaire de pêche portent.

J’ai bien aimé. Le roman fait un usage réussit du récit enchâssé, avec tout un passage sur les événements qui se sont passés avant puis pendant la construction du barrage. Il prend son temps pour passer dans le surnaturel, avec toute une partie établissant le contexte de la vie d’Abraham. C’est pas explicitement du lovecraftien mais ça s’en rapproche, et c’est pas mal de garder un contexte aquatique, mais de passer de l’océanique au lacustre.

El Llanto, de Pedro Martín-Calero

Film d’horreur de 2024. De nos jours à Madrid, Andrea découvre un homme à l’arrière plan de nombreux selfies qu’elle a pris. Elle ne sait pas qui c’est et surtout il lui semble impossible qu’il ait été visible à cet endroit au moment où elle prenait la photo. 20 ans plus tôt en Argentine, le même phénomène semble avoir affecté Marie.

J’ai bien aimé. Y’a un petit coté It follows pour le monstre invisible, la photographie est assez belle. Le film n’explique rien des origines de la malédiction ni même de son fonctionnement, mais ça me semble toute a fait acceptable dans un film d’horreur. Le côté évolution de la technologie qui rend le monstre de plus en plus détectable est intéressant.

Mundaun, du studio Hidden Fields

Jeu vidéo suisse paru en 2021. Prévenu par une lettre du curée de la mort de notre grand-père dans l’incendie de sa grange, nous remontons au village de Mundaun où il nous a élevé, perdu dans les alpages. Sur place, les événements prennent rapidement une tournure surnaturelle : des créatures de pailles hantent le village la nuit, la chapelle est profanée, et une vision de notre grand-père laisse entendre qu’il est entre les griffes du diable. Armé d’une fourche, de la Muvel grand-paternelle et d’un journal de bord, on va parcourir la montagne pour retrouver dans le passé familial ce qui a fait que notre grand-père a un jour passé un pacte avec le diable…

Il m’a fallu un peu de temps pour rentrer dedans, mais j’ai bien aimé ! L’ambiance est assez particulière, le jeu est en nuances de gris, tous les dialogues sont en romanche, y’a une touche folk horror avec les traditions locales. L’histoire fait légende de rencontre avec le diable très classique, mais ça fonctionne. Le diable en vieil homme mystérieux est très réussi, la scène où l’on voit son reflet dans le lac en contrebas du paysage est ma préférée je pense (de façon générale la mise en scène est très bien faite). Le côté montagne isolée est bien rendu. Quelques allers-retours un peu superflus peut-être mais le jeu n’est pas ultra long pour autant.

Recommandé si vous aimez le romanche et les pactes sataniques.

Weapons, de Zach Cregger

Film d’horreur états-unien de 2025. Dans une petite ville américaine, 17 enfants d’une même classe disparaissent une nuit, à la même heure. Le dernier enfant et la maîtresse sont questionnés, mais aucune piste n’apparaît. On va suivre le point de vue de la maîtresse, d’un parent d’élève, d’un policier, du proviseur, d’un marginal et finalement de l’enfant non-disparu, pour voir les pièces du puzzle se mettre en place.

Globalement, un film un peu brouillon (trop d’éléments je trouve), mais avec pas mal de potentiel. L’ouverture sur une narration par un enfant et le sujet de la disparition d’enfants (+ de la magie) fait un peu conte (mais ça ne colle pas trop avec d’autres éléments plus prosaïques ou adultes du film), la narration non-linéaire est intéressante pour avoir les différents points de vue (mais parfois c’est de la répétition pure, et surtout la clef de l’histoire nous est cachée jusqu’à quasiment la fin – ce n’est pas une addition d’éléments qui nous permet de comprendre l’histoire), le côté violence psychologique sur Alex est bien mis en scène. Mais tous ces éléments ne vont pas forcément bien ensemble, ça fait des variations tonales assez importantes, avec des moments plus horrifiques, d’autres plus comiques, des aspects naturalistes, d’autres plus fantaisistes.

Film améliorable mais réalisateur à suivre je pense.