Archives par mot-clé : folk horror

La Valle dei Sorrisi, de Paolo Strippoli

King Tide x Midnight Mass

Film vu lors de l’édition 2026 du Grindhouse Paradise (festival de films de genre toulousain).

Film d’horreur italien paru en 2025. Sergio est un ancien champion de judo reconverti en prof d’EPS. Il arrive dans le petit village de Remis, perdu dans les Alpes italiennes, où les habitant·es anesthésient leurs traumas en touchant Matteo, un adolescent qui semble doté d’un pouvoir mystérieux. Sergio va se lier d’amitié avec Matteo, en voyant l’humain derrière le sauveur attitré du village. Mais il s’avère que gérer des pouvoirs surnaturels quand on est en crise d’adolescence et recherche d’identité, c’est assez compliqué…

J’ai beaucoup aimé. L’ambiance est super bien rendue, le côté surnaturel + religion catholique fonctionne bien, ainsi que le côté isolé en montagne. Les personnages sont très réussis, notamment celui de Matteo, très bien écrit comme perso moralement ambigu qui se sert de ses pouvoirs pour le bien comme pour des raisons totalement égoïstes.

Recommandé, mon préféré passé par le festival cette année je pense.

The Damned, de Thordur Palsson

Film vu lors de l’édition 2026 du Grindhouse Paradise (festival de films de genre toulousain).

Film d’horreur anglo-islandais paru en 2025. On est au XIXe, sur la côte islandaise. Un petit port de pêche avec quelques bâtiments, un bateau et une dizaine d’hommes. Le port est dirigé par Eva, depuis la mort de son mari. La pêche est mauvaise, et les pêcheurs voient un gros bateau faire naufrage de l’autre côté de la baie. Dans l’incapacité de nourrir les naufragés, ils décident de ne pas les secourir.

C’était très beau. Les paysages islandais sont vraiment bien mis en valeur, et j’ai toujours un petit faible pour aller film d’horreur qui mettent en scène des paysages maritimes. Là on est principalement sur la côte même s’il y a quelques scènes en mer sur le bateau de pêche, mais on voit beaucoup l’océan et les montagnes glacées. Le fantôme d’un des marins abandonnés revient bien évidemment hanter les pêcheurs, les faisant mourir l’un après l’autre de maladie, de froid, d’une chute, et surtout en les montant les uns contre les autres. Y’a un petit côté And then they were none (ou n’importe quel film avec une final girl, certes), mais en même temps il ne se passe pas grand chose. C’est bien filmé mais au delà du départ j’aurai bien voulu un peu plus d’intensité (et peut-être de rapport à la mer) – mais il y a des jumpscares/montées de tension qui ont très bien marché sur moi.

Je ne suis pas convaincu par le twist final non plus, le film aurait été mieux sans à mon sens, mais globalement ça vaut le coup de le voir juste pour la photographie.

King Tide, de Christian Sparkes

Film vu lors de l’édition 2025 du Grindhouse Paradise (festival de films de genre toulousain).

Sur une île au large de Terre-Neuve, une communauté de pêcheurs survit tant bien que mal, menacée par la surpêche des bateaux industriels. Mais après les grandes marées annuelles, les insulaires découvrent un bébé dans une barque, doté de pouvoirs surnaturels qui pourraient résoudre tous leurs problèmes. La communauté décide de couper tout contact avec le continent pour garder l’enfant miraculeuse pour eux. 10 ans plus tard, la vie s’est réorganisée autour d’Isla, quand elle semble souffrir d’un burnout messianique. Comment accepter d’un seul coup que les miracles qui étaient devenus votre quotidien puisse soudainement vous être retirés ?

J’ai beaucoup aimé. Le film est présenté comme du folk horror, mais c’est un twist particulier sur ce sujet. Il y a bien un culte insulaire chelou (on sent un peu l’hommage à The Wicker Man, même si y’a moins de folklore chelou), mais celui-ci est récent, et basé sur des miracles très perceptibles. On ne suit pas la découverte des coutumes locales depuis le point de vue d’étrangers à la communauté, mais on voit comment les bouleversements de la communautés que sont l’apparition puis la disparition des pouvoirs d’Isla sont perçus par les différents membres de cette communauté. Les personnages secondaires sont particulièrement réussis, notamment en ce que les raisons d’agir des antagonistes du film sont totalement compréhensibles : notamment le comportement de Faye, qui est prête à tout pour préserver le fonctionnement des pouvoirs d’Isla : le fait que ce soit ça où un retour à la démence sénile pour elle rend son comportement totalement crédible (mais il reste inexcusable).

Les paysages sont très beau et les acteurs jouent bien, notamment celle qui joue Isla, rôle pas du tout évident à 10 ans.

Recommandé.