Sanatorium croate

Six jours de vacances à Zagreb avec OC. Un peu d’exploration urbaine au passage. La Croatie a eu une histoire récente compliquée (fascisme, communisme, guerre d’indépendance dans les années 90’s). D’un point de vue historique et humain c’est pas joyeux, d’un point de vue d’exploration urbaine ça donne de beaux spots. On avait envisagé de louer une voiture et d’aller voir quelques monuments emblématiques de la période communiste à une soixantaine de kilomètres autour de la ville. Finalement ça ne s’est pas fait, on a préféré prendre du temps pour lire et être au calme. On a néanmoins fait un peu d’exploration dans des trucs atteignables en transports en commun.

Pour commencer, un sanatorium dans la montagne (Zagreb est au pied des montagnes, beaucoup de skieurs dans la ville). On n’était absolument pas équipé⋅e⋅s pour le temps et on s’est retrouvé⋅e⋅s en jean avec de la neige jusqu’au genoux. Mais le spot en valait la chandelle. Un seul regret, j’ai eu beaucoup de photos légèrement floues, je ne sais pas si l’appareil dysfonctionnait (poussière dans l’objectif), si j’avais accidentellement enlevé la mise au point automatique ou si juste avec le froid j’étais un peu pressé de prendre mes photos et je ne me suis pas assez posé.

10 Cloverfield Lane, de Dan Trachtenberg

Deuxième film de la série des Cloverfield. Une femme a un accident de voiture. Elle se réveille dans un bunker souterrain, avec deux hommes qui lui expliquent que la surface a été dévastée par un mystérieux événement. La vie s’organise dans le bunker, alternant entre confiance entre les personnages et crainte que « l’événement » les forçant à rester enfouis n’ai été inventé de toute pièce par une des trois personnes.

C’est bien filmé, bien mis en scène. Film en huis-clos avec 3 personnages dont une héroïne forte et bien caractérisée. Peut se voir totalement indépendamment du précédent dans la série.

PariZ, de Rodolphe Casso

Roman de science-fiction français paru en 2016. L’apocalypse zombie a déferlé sur le monde, et notamment sur Paris. Dans les sous-sols de la station Charles-de-Gaulle – Étoile, un trio de clochards survit tant bien que mal. Jusqu’à croiser la route de deux paramilitaires fanatiques, et qu’une alliance de circonstance se noue…

C’était assez cool à lire. C’est bien écrit (quelques coquilles dans l’epub cependant, et second défaut, zéro personnage féminin). C’est cool à lire quand on connaît un peu Paris, on se laisse bien prendre à l’histoire, du bon roman de zombies.

L’établi, de Robert Linhart

Après mai 68, pour favoriser la convergence des luttes entre étudiants et ouvriers et pour participer à l’organisation du mouvement ouvrier, plusieurs intellectuels/étudiants/militants de gauche des classes moyennes décident de se faire embaucher en usine pour partager le quotidien des ouvrièr·e·s. Robert Linhart a été un de ces intellectuels établis. Il raconte ici son passage dans l’usine Citroën  de Choisy, comment il a participé à l’organisation d’une grève de débrayage, comment il a vécu le travail à la chaîne, les solidarités ouvrières, la répression par l’encadrement. Ça se lit vite et c’est super intéressant, grosse recommandation.

Our Kind of Traitor, de John Le Carré

Premier Le Carré que je lisais en VO (et j’ai lu La Constance du Jardinier quand je devais avoir 15 ans). Une histoire d’espionnage bien foutu, notamment parce qu’il y a très peu d’espionnage et encore moins d’action qui est montré : tout est très feutré, on est dans la psychologie des personnages, leurs réactions à une tension qu’ils ne sont pas sûrs de ne pas imaginer, leurs hésitations et interrogations.

Le style de John Le Carré fait que ce n’était pas le bouquin le plus évident à lire en anglais, mais c’est aussi pour pouvoir apprécier le style plutôt qu’une écriture blanche que c’est intéressant de lire en VO.

Deadpool, de Tim Miller

Film des studios Marvel sur le personnage éponyme. C’était sympa à regarder mais j’ai pas trouvé ça extraordinaire. C’était très convenu pour un film de super-héros, tout en prétendant (au moins dans sa campagne promotionnelle) que ça allait s’éloigner du modèle traditionnel, être plus trash et plus réaliste. Et en fait, bah à part que y’a des gens qui meurent vraiment au lieu d’être assommés, bah c’est totalement dans la structure classique du film de super-héros, avec origin story, love interest, big bad et final showdown (oui je laisse volontairement les termes en anglais). Dans le genre subvertissement des films de héros par un gros studio hollywoodien, j’ai trouvé que Logan faisait beaucoup mieux le taff (pour le côté juste violence réaliste on peut aller voir du côté de Kick-Ass, pour plus de subversion encore des films de super-héros par des petits studios, Vincent n’a pas d’écailles par exemple).

Les bris du 4e mur servent aussi à excuser les faiblesses du scénario en les mettant en évidence, ce que je trouve un peu frustrant.

Saint-Ouen

Trajet de nuit en vélo qui passait par Saint-Ouen. Le coin est plein de chantiers éclairé par des projecteurs blancs intenses et d’immeubles vieillissants baigné de néons au sodium, c’est joli dans son style urbain particulier. Particulièrement quand la chaussée a été mouillée par la pluie et que la lumière se reflète dedans, mais c’était pas le cas ce jour-là (« Eh bah. »)

Chantier de la ligne 14
Vélo et vapeur
Feu de signalisation et vapeur
Sculptures abstraites
Route et vapeur
Chantier et route

Joe Hill, de Bo Widerberg

Biopic tourné en 1970 sur la vie du syndicaliste américain du début du XXe siècle Joe Hill. Je n’ai pas été transcendé. Le film prend l’angle de l’anecdotique et de l’histoire construite individuellement par les grands hommes, un peu dommage pour un film sur un syndicaliste. Beaucoup d’ellipses qui font qu’on comprend assez peu les motivations du personnage principal, pourquoi il est convaincu par le syndicalisme, pourquoi il décide de ne pas se défendre davantage contre les accusations de meurtre…

Le syndicalisme sert en fait beaucoup de toile de fond pour dérouler sa vie, on voit très peu les enjeux syndicaux : on nous montre des inégalités, une absence totale de sécurité sur les lieux de travail, mais c’est passé très vite.

Tous au Larzac, de Christian Rouaud

Documentaire sur la lutte dans les années 70 contre l’extension du camp militaire sur le plateau du Larzac. La lutte commence par les paysan.ne.s locales et locaux qui ne veulent pas se faire exproprier alors que le plateau est redevenu dynamique depuis quelques années, avec de nouvelles installations. Puis des mouvements dans toute la France rejoignent les paysan.ne.s du plateau pour les soutenir, que ce soit les organisations agricoles (qui gardent une certaine distance) ou des comités locaux de soutien au Larzac dans toutes les villes).

Le documentaire fait parler les actrices et acteurs de l’époque, montre des images d’archives et évite la voix-off. Il montre les différentes formes qu’a pris la lutte : marches, convois de tracteurs, rassemblement sur le plateau, sur Paris, manifestations dans différentes villes. La résonance donnée à la lutte fera que Mitterand mettra l’abandon du projet d’extension dans son programme, actée à son élection en 81.

Le réseau de solidarité et de conscientisation des participant.e.s à la lutte ne s’est pour autant pas délité avec la victoire contre le projet d’extension, et les paysan.ne.s échangent toujours beaucoup, une partie des terres rachetées pour empêcher la cooptation par le camp est toujours gérée en commun et le réseau est actif et militant, notamment dans les questions d’orientation agricoles (contre les OGM, l’agriculture mondialisée, par exemple)