Archives de catégorie : Screens, thousands of them

Lectures et films, m

Livres :

Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud. J’ai beaucoup aimé. Livre miroir de L’Étranger de Camus, la contre-enquête donne un nom (Moussa) à l’homme tué par Meursault. Il ne raconte pas sa vie mais celle de son frère après le meurtre, la construction de sa vie autour de ce frère disparu, de cette mort absurde, l’arrivée de l’indépendance du pays et son rapport à sa mère. Ici, le livre s’appelle L’Autre et a été écrit par Meursault lui-même, et le héros n’y reconnaît ni son frère ni son pays. D’où la nécessité de livrer sa version. Le livre joue sur les codes de l’hommage, de la fanfiction et de la réécriture à la fois.

Une brève histoire du néolibéralisme de David Harvey. Essai sur l’apparition et la diffusion du néolibéralisme. Assez intéressant. J’étais pas d’accord avec toutes les analyses du livre (et je trouvais que certains points étaient avancés sans vraiment être étayés). La thèse principale d’Harvey est que le projet néolibéral vise en premier lieu à la restauration d’un pouvoir de classe pour les dominants en permettant notamment un accaparement des richesses. Ainsi la théorie du néolibéralisme est écartée à chaque fois qu’elle est en contradiction avec ce projet. Du coup le livre critique peu la théorie néolibérale, puisque pour l’auteur, cette théorie n’a que peu d’importance par rapport à la réalité du déploiement des projets néolibéraux.

La Plage d’Alex Garland. Dans les 90’s, un backpacker anglais entend parler d’une plage mythique en Thaïlande épargnée par le tourisme de masse. Il la trouve et très vite l’Éden se révèle un enfer. Ça se lit vite mais c’est prenant. Influences d’Apocalypse Now et de Robinson Crusoé, voire même de Las Vegas Parano.

L’Emprise de Marc Dugain. Thriller politique français. Ça évoque le nucléaire, Anne Lauvergeon en filigrane, des rétrocommissions… Mais pas très convaincant. Tout l’appareil politico-industriel semble dans les mains de trois clampins, les politiciens sont très corrompus et les patrons très corrupteurs… Un peu trop simpliste.

Antimanuel d’économie de Bernard Maris. Exposition de plusieurs concepts ou idées reçues de l’économie. Le but de Maris est de montrer que la mathématisation de l’économie est surtout une manière de lui donner une « scientificité » et une technicité nullement justifiées, pour cacher une difficulté de l’économie à décrire le monde tel qu’il est.

Good Omens de Neil Gaiman et Terry Pratchett. Les 7 derniers jours avant l’Armageddon, du point de vue d’un ange, d’un démon, d’une sorcière, d’un chasseur de sorcière, des cavaliers de l’Apocalypse et de l’Antéchrist. Mais rien ne se passe comme prévu par les pouvoirs qui sont : l’ange et le démon ont pactisé, l’Antéchrist a été égaré, et la seule personne qui comprend quoi que ce soit est une sorcière morte depuis 400 ans. J’avais lu ce bouquin il y a longtemps et je l’ai relu à l’annonce de la mort de Pratchett. La ligne narrative de Crowley et Aziraphale est bien, celle des cavaliers aussi même si un peu convenu, mais celle d’Adam a mal vieilli (où convenait mieux à mes 14 ans). Ça reste un bon bouquin mais il n’est clairement pas au niveau du souvenir que j’en avais.

 

Films :

Birdman d’Alejandro González Iñárritu. Un acteur de blockbuster qui a connu la gloire dans les années 90 (joué par un acteur de blockbuster qui a connu la gloire dans les années 90) tente de se faire connaître avec l’adaptation à Broadway d’un roman de Carver. Il entend son personnage de super-héros lui parler et possède des supers-pouvoirs. Il travaille avec sa famille et un acteur obsédé par la réalité du théâtre. Tout le film est tourné en un seul plan-séquence. La musique est soudainement diégétique. Le film est complètement méta sur l’univers des acteurs, très noir et très drôle, parfois au même moment (il y a quand même quelques longueurs). Je recommande

Réalité, de Quentin Dupieux. Un cameraman qui veut produire son propre film doit trouver le meilleur gémissement du monde pour être financé. Parallèlement, Vérité trouve une cassette dans un sanglier et tente de la visionner. Mélangeant rêve, réalité, films dans les films, temporalité, personnages, Réalité devient de plus en plus déconstruit et méta au fur et à mesure qu’il avance. À voir.

We were here. Documentaire composé d’images d’archives et de témoignages sur l’épidémie de SIDA à San Francisco. C’est parfois assez dur, mais je pense que c’est intéressant d’avoir une connaissance de ces événements.

Lectures, n

Sans télé, on ressent davantage le froid de Titiou Lecoq. Le livre est composé d’extraits de son blogs Girls and Geeks. J’avais commencé à lire son blog il y a quelques années sur les recommandations de mon autre significatif de l’époque (c’est bien, on dirait une anecdote à elle). C’est un peu comme un fragment d’autobiographie, c’est bien. J’avais pas lu les premiers posts, au bout d’un moment ça a rattrapé ma lecture de son blog, c’était assez intéressant comme phénomène. Comme voir le début d’un film qu’on avait attrapé en cour de route. Je me dis que je devrais rajouter plus de texte entre les photos ici.

À nos amis du Collectif Invisible.

Faites demi-tour dès que possible, recueil de nouvelles régionales de La Volte. Un peu décevant par rapport à la production habituelle de La Volte. Deux nouvelles vraiment bien (une dans le Vercors par Damasio), une en Alsace par je sais plus qui. Les autres sont pas mauvaises mais pas enthousiasmantes. Celle de Beauverger (DCDD), qui ouvre le recueil est cool aussi mais pas transcendante. Mais lisez celle de Damasio.

Pour changer, quelques commentaires sur les films que j’ai vu récemment.

Natural Born Killers
Film d’Oliver Stone sur un scénario de Tarantino, qui fleure bon les années 90. Un couple de tueurs en séries, qui gagnent une notoriété sans cesse plus grande via la couverture des médias. Mélange de plein de styles visuels (sitcom, animé, film de prison, flashs d’image). J’étais perplexe au début, mais l’accumulation crée quelque chose d’intéressant. On est à mi-chemin entre les romans de Thomas Day et un clip de Pryapisme (TW épilepsie). Le film est assez sexiste par contre. On peut noter une apparition de Robert Downey Junior en reporter complètement déglingué.

Dear White People
Film indépendant qui parle des tensions raciales sur le campus d’une université américaine fictive. Le film explore les réactions de plusieurs personnages au racisme, en montrant les différentes approches prises par les Noirs plutôt que d’en faire une communauté homogène comme souvent au cinéma. Là j’ai un peu de mal avec la photographie par contre : pour un film qui parle de question sociales, tout le monde est très beau, très bien habillé, la lumière est douce… Le film s’attarde un peu trop sur les relations sentimentales des différents personnages sans que ça aille vraiment quelque part. Durant le générique de fin, des images provenant de différentes universités rappelle que les événements présentés dans le film (soirée universitaire sur le thème « Déguisez-vous en cliché raciste de Noir ») ne sortent pas de l’imagination des scénaristes mais sont monnaie courante (aux US mais aussi en France).

Whiplash, de Damien Chazelle

Film primé au festival de Sundance, qui décrit la relation malsaine entre un prof abusif et un élève dans un conservatoire new-yorkais.

J’ai bien aimé le film, avec quelques réserves : un peu d’outrance parfois, un film avec un focus très étroit (les autres élèves sont évoqués au début mais très vite écartés pour se concentrer sur la seule relation Fletcher/Carl, ie un affrontement d’ego entre deux mecs hétéros blancs) et des injures racistes/homophobes un peu gratuites (ie, à mon sens, elles dressent surtout un portrait de l’abuseur comme « oh regardez, il dit des horreurs, c’est un méchant ». Les autres aspects par lesquels il est abusif (souffler le chaud et le froid, provoquer des confidences pour savoir sur quels points faibles appuyer, sont plus intéressants et réalistes à mon sens). Mais j’ai trouvé intéressant la façon dont Carl se laisse facilement prendre au piège de son prof, va lui même couper ses relations et donc faciliter son isolement et sa dépendance aux jugements de Fletcher, se positionner lui aussi dans cette optique de compétition. Le film montre aussi que toutes les justifications de Fletcher sont des conneries : tenter d’humilier Carl devant un parterre de critiques n’est qu’un abus de plus, qui ne permettrait en rien de le motiver pour devenir « le prochain Charlie Parker ». Il est donc exposé pour l’ordure qu’il est et il me semble que le film est assez inambigu sur ce point. Par contre, il laisse en suspens la question de savoir si Carl va retomber dans cette relation abusive et de comment il va évoluer lui. J’ai beaucoup aimé aussi la bande-son (jaaaazz) et la photographie du film.

Nouvelles culturelles.

[À la base ceci devait être un post urbex, ça a un peu dérivé. Ce sera pour le prochain]
Les photos de la Tour XIII m’ont donné une bonne réserve de posts, mais c’est fini. Retour sous terre avec les photos de la dernière explo catas.

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Je me rends compte que je parle moins de mes lectures et autres sur ce blog (ie que je ne poste plus que des photos d’urbex). Sachez donc que je lis (lentement) The Shock Doctrine de Naomi Klein. Un essai intéressant qui parle de l’utilisation par le capitalisme des crises et de l’interruption momentané du processus démocratique qui s’ensuit. Le livre est un peu trop partisan par moment, ce qui est d’autant plus dommage que ce n’était pas du tout un travers que j’avais ressenti dans No Logo, le précédent ouvrage de Klein que j’avais pu lire.
Je suis allé au théâtre voir La visite de la vieille dame, par la troupe de la Comédie Française (c’est en écrivant ce genre de posts que je me rends compte de mon privilège culturel, je devrais faire ça plus souvent). La pièce est très bien et très très bien jouée mais un peu déprimante (elle mets en jeu comment le capitalisme force les pauvres à accepter tout et n’importe quoi, un thème d’actualité).
Enfin, j’ai vu Frozen sur petit écran et Grand Hotel Budapest sur grand. Les deux sont très bien. La thèse du crypto-lesbianisme dans Frozen est réjouissante.

Voilà voilà.

Misfits, Saison 4

Parfaite. Une saison avec des vrais morceaux de surréalisme dedans, les nouveaux acteurs sont à la hauteur des anciens et il ne se passe toujours rien dans la banlieue londonienne frappée par « The Storm ».

De façon générale j’ai beaucoup aimé cette série, les premières saisons étaient vraiment super, une baisse de régime après, mais ils ont su s’arrêter à temps.

Elementary, de Robert Doherty

Après avoir soigné son addiction à la cocaïne, Sherlock Holmes est envoyé à New York par son père et se voit adjoindre un compagnon qui doit veiller à son sevrage, Joan Watson, ancienne chirurgienne. Encore une adaptation de Sherlock Holmes, me direz-vous ; encore une bonne, vous répondrais-je. Elementary vaut le détour et je remercie picomango de me l’avoir fait découvrir.

[EDIT 2018 : La première saison est vraiment bonne (format procedural, faut aimer mais ça marche bien pour de l’enquête policière) ; le gros intérêt de cette version c’est qu’elle nous présente un Sherlock génial sans qu’il soit pour autant obligé d’être un insupportable connard avec tout le monde autour de lui ; ici Sherlock se préoccupe des gens qui l’entourent. Watson n’est pas le sujet de ses blagues mais une égale dans le duo. Et on ne nous colle pas une romance artificielle entre les deux sous prétexte qu’els ne sont pas du même genre et que donc bim les loi de l’hétéroattractivité sont immuables.

Après, le duo entre les 2 persos fonctionne super bien sur la première saison, bien sur la seconde, puis ça se délite. C’est dommage parce que les personnages secondaires des premières saisons sont très bien, mais ça se dégrade. J’ai fini par abandonné à la saison 4 je crois, mais je recommande vraiment les 2 premières saisons.]

Parks and Recreation, de Greg Daniels et Michael Schur

Série télé avec Amy Poehler, sur le service municipal des parcs et jardins dans la petite ville de Pawnee, Indiana. Série comique toute en sourires, c’est la série bon esprit qui vous met un sourire aux lèvres et vous redonne fois en l’Humanité. Le jeu de l’actrice principale est excellent, les personnages sont forts et originaux. Pour tous les soirs d’hiver.
La première saison est un peu poussive, surtout quand on a pas l’habitude du format documenteur de ce genre de séries, mais ça vaut vraiment vraiment le coup d’avancer dedans pour être happé par la série.

Culture & Gecko

Tiens donc. Ceci est un post que j’avais rédigé au Kenya (daté du 30 décembre) et qui traîne dans les brouillons du blog depuis. En exclusivité donc, un bout de Kenya extemporé.

Bon, je me rends compte que cela fait un certain temps que je n’ai pas aligné des listes de bouquins en me vantant de les avoir lus, plutôt que de vous envoyer des photos de plages paradisiaques.
Mais il est temps de rétablir la vérité : malgré que nous soyons en supposée saison sèche, cela fait une semaine qu’il pleut tous les jours, à durée et intensité variable. Donc je lis, visionne et écoute.
De plus, j’ai eu une liseuse pour Noël, je peux donc transporter un millier de livres sur moi à tout moment. Le bidule est livré avec une série de traducteurs et dictionnaires intégrés, très pratique pour lire de l’anglais (et à plus long terme de l’espagnol et de l’italien). Je voudrais ajouter à ça un certain nombre de livres de base, qu’il est toujours utile d’avoir sur soi. Je pense que je trouverai sans problème Les Deux Testaments et le Coran, mais si quelqu’un sait où trouver une version epub de Je Sais Cuisiner de Ginette Mathiot, qu’il me fasse signe. Quand j’aurais un véhicule motorisé, je suppose qu’un précis de mécanique ne fera pas de mal, et peut-être qu’un rappel des premiers soins pourrait être utile. Et puis bien sûr, j’ai une bonne centaine de romans dessus. En français, en anglais, science-fiction, classiques, polars, romances… J’en ai pour tous mes goûts.

Donc ce que j’ai lu, sur papier ou liseuse :

  • L’Œuvre de Zola. Lu dans l’avion pour Nairobi. Très bon, un de ceux qui se lisent le plus facilement, et bonne préface.
  • The Mammoth Book of Alternate Histories. Un recueil de nouvelles uchroniques. Niveau très variable, mais pas transcendant dans l’ensemble.
  • HHhH de Laurent Binet. Un roman français sur l’attentat qui a tué Heydrich, le chef de la Gestapo. Construction du roman très intéressante, avec des allers retours entre l’histoire, les sentiments de l’auteur, des digressions sur son travail de recherche documentaire… Vaut vraiment le détour.
  • Harry Potter and the Methods of Rationality. Et si la tante Petunia avait épousé un scientifique et qu’Harry avait eu une famille aimante qui l’avait formé au raisonnement scientifique ? Eh bien cela donne un texte bien plus intéressant que la version de J.K Rowling. Vraiment plus. C’est un pavé en anglais, mais je n’ai pas pu le lâcher avant la fin (provisoire, de nouveaux chapitres étant toujours attendus)
    [EDIT 11/04/2016 : la fin est arrivée et elle est cool. Je recommande toujours la lecture de cette fanfiction magistrale]
  • La Coureuse de Maia Mazaurette. Autofiction écrite par une sexblogueuse, La Coureuse explore les thèmes des rapports hommes/femmes, de la séduction, du pouvoir, des relations négatives… C’est très prenant, très stressant, et passionnant (Et je voulais le lire depuis l’annonce de sa sortie).
  • Hard Magic de Larry Correia. Une histoire de détective privé et de magie dans les années 30. L’Univers est attirant, mais le roman commence mieux qu’il ne finit, car il verse trop dans le pulp en cours de route. Les gentils américains contre les méchants japonais, merci bien.
  • L’évangile obscur de Jean-Marie Villemot. Une relecture sous la forme d’un polar des années juste avant que Jésus ne se mette à prêcher. Idée originale, belle description de la Judée de l’époque, mais pas incroyable non plus.
  • The Subtle Knife de Philipp Pullman. La Tour des Anges en français, tome deux de la Croisée des Mondes. Relu en VO à Zanzibar, se lit bien et univers toujours aussi magique.
  • Ourania de Le Clézio. Étrange comme un Le Clézio. Un géographe en Amérique du Sud rencontre les membres d’une colonie utopique.
  • Pour seul cortège de Laurent Gaudé. C’est un Laurent Gaudé. Avec la même histoire tout le monde ferait un truc ridicule et pompeux, Gaudé fait du beau et émouvant. Ça parle du cortège funèbre d’Alexandre le Grand.

J’ai aussi vu des films  :

  • Reinni Lola, film allemand sur une fille qui a 20 minutes pour trouver 100 000 marks. Étrange mais bien.
  • La Cité de la Peur. Comme ça j’ai enfin le contexte de toutes les « répliques cultes » que l’on me balance à longueur de journée.
  • Captain Sky et le Monde de Demain. Dieselpunk. Jolies images, mais l’histoire eut gagné à avoir un minimum de profondeur en plus au lieu d’accumuler les clichés.
  • Beasts of the Southern Wild. Le film avec marqué ARTY tout autour. Suite à la fonte des glaces, une portion de bayou de Louisiane où vit une communauté de marginaux va être submergée. Mais Hushpuppy, héroïne de 6 ans, ne quittera pas l’endroit où elle a toujours vécu. Ajoutez des aurochs carnivores et une caméra tremblotante et vous obtenez un étonnamment bon film.

Sinon, je vous ai promis un gecko : le voici, trouvé en récupérant mon linge.
Gecko de poche

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Kick-Ass 2

Mercredi dernier, je suis allé voir Kick-Ass 2 au cinéma. J’avais vu pas mal de critiques négatives donc j’avais un peu d’appréhension, mais au final j’ai vraiment apprécié le film. Or donc, contre-critique. Avec spoilers, évidemment, donc arrêtez-vous ici si vous comptez aller voir le film.

Le film suit en parallèle trois histoires. Celle de Dave, qui reprend le costume de Kick-Ass, s’intègre à une bande de héros et affronte le « premier super-vilain de la vie réelle », son ancien camarade de classe Chris d’Amico. Celle de Chris, montant sa bande de super-villains. Et surtout, celle de Mindy, qui raccroche le costume de Hit-Girl pour tenter de mener une vie de lycéenne normale. Les trois histoires se rassemblant vers la fin pour donner un classique combat final.

Le gros point faible du film est pour moi sa bande-son. Non qu’elle soit vraiment mauvaise, mais elle est facile. Le premier Kick-Ass avait une bande-son vraiment excellente, qui participait très largement de l’ambiance du film. Ici, mettre une version rock de Tetris quand un personnage russe a son moment de bravoure, c’est vraiment moyen. Surtout quand on vous la refait avec Oh When the Saints go Marchin’ in pour un born-again christian.
Le film souffre sinon de quelques longueurs, (la scène du date de Mindy et de ses conséquences), ce qui est un peu dommage pour un film qui a déja beaucoup à dire (trois lignes narratives, rappelons-le).
Enfin, le film est tout de même bien hétérocentré : Mindy qui ne peut s’empêcher d’être toute tourneboulée quand elle voit un clip de pop guimauve ou les abdos de Dave, vraiment ? Le coté « la sexualité, hétéronormée, est inévitable », c’est un poil too much. De même, je me serais passé avec joie du baiser final, qui n’apporte rien à l’intrigue.

Du bon coté de la balance, on a un film efficace, montrant avec pas mal de réalisme les conséquences du fantasme de super-héroïsme dans la vie réelle. Les critiques ont à la fois reproché à Kick Ass une violence gratuite et des relents idéologiques malsains portés par une apologie de la justice faite par soi-même. Je suis assez perplexe. Pour moi au contraire le film illustre bien le fait que les justiciers masqués sont confrontés à une violence qui a des conséquences. Tout ne se passe pas bien pour eux, la violence appelle la violence et le film se finit sur les super-héros raccrochant tous leurs costumes.
J’ai aussi apprécié le film sur un point : il présente des personnages féminins forts. Les deux héros les plus puissants sont Hit-Girl et Mother Russia, et de loin. Le film passe aussi le Bechdel Test (et le Mako Mori Test) haut la main avec la ligne narrative de Hit-Girl. Il faut tout de même nuancer ce propos par le fait que les autres lycéennes semble tout de même toutes assez futiles, même si machiavéliques. Le refus d’une féminité normée semble être l’apanage de quelques élues comme Hit-Girl. Les costumes d’Hit-Girl et de la femme de Remembering Tommy ne sont pas sexualisés, ce qui est plutôt agréable. Ce n’est cependant pas le cas de toutes les héroïnes puisque Night Bitch (le nom, déja…) et Mother Russia le sont.
Le film tacle aussi l’homophobie rampante du comics (et du premier film) par une remarque sur le ridicule des insultes homophobes. (Au passage, j’ai revu Kick-Ass et si l’histoire est bien, il y a quand même beaucoup d’homophobie et de Women in the Fridge.)
Le personnage de Hit-Girl est pour moi le gros point fort de la série. Un personnage féminin fort, avec ses propres motivations et objectifs, plus capable que la plupart des autres personnages, et vraiment quelque chose que l’on voit rarement dans l’univers des comics.

Au niveau de l’esthétique, le film est moins audacieux que le premier, mais le traitement des envois de textos et des sous-titres est intéressant.

En définitive, un bon film, qui est plus classique en sa facture que l’épisode 1, mais avec des personnages plus intéressants et fouillés.

Sinon, dans un genre complètement différent j’ai vu Michael Kohlaas.