Archives de catégorie : Screens, thousands of them

Wonder Woman, de Patty Jenkins

Film de super-héros de 2017. La genèse de Wonder Woman. C’est très lisse dans l’écriture et l’image. On voit venir les retournements de situations et les péripéties en général à 300 km. Un  truc que j’ai trouvé assez problématique : la présentation de la 1ère Guerre Mondiale selon la narration habituellement réservée à la Seconde : le camp du bien vs le camp du mal, avec de très vilains Allemands qui réduisent les villages en esclavage.

Et par ailleurs y’a un usage du trope Born Sexy Yesterday : Diana ne connaît rien à la société humaine donc elle transgresse toutes les conventions, et veut notamment se déshabiller en public…

Bref, ça a assez peu d’intérêt, après ça se laisse regarder comme film de pur divertissement, mais vous pouvez trouver mieux dans le genre.

Downsizing, d’Alexander Payne

Une équipe de scientifiques norvégiens trouve le moyen de réduire la taille des êtres vivants d’un facteur 150, permettant ainsi de réduire considérablement l’impact de la vie humaine sur les ressources naturelles. Une dizaine d’année plus tard, un couple d’américain⋅e⋅s avec une vie moyenne décident de subir la procédure, l’équivalent de leur capital une fois miniaturisés leur permettant de vivre avec le pouvoir d’achat de millionnaires, dans une des communautés de luxe pour « petits ». Mais la femme prend peur au dernier moment et refuse la procédure. Après le divorce, le héros se retrouve avec un train de vie bien moins luxueux que prévu et commence à découvrir l’envers du décor : le luxe des petits nécessite tout autant des employés de maison, des gens qui font le sale boulot, des pauvres…

Ça aurait pu être une grosse comédie façon « Chérie j’ai rétréci les gosses », mais c’est étonnamment réussi. Façon hard SF, le film explore les conséquences inattendues de la technologie : usage par les régimes autoritaires contre les opposants politiques, inégalités, transformation d’un moyen de moins peser sur les ressources naturelles en moyen d’augmenter son train de vie…

Mention spéciale au personnage de Ngoc Lan Tran, une opposante politique vietnamienne handicapée qui parle en anglais brisé, sans qu’aucune de ces caractéristiques ne soit utilisée comme une blague ou un ressort comique.

Les Bonnes Conditions, de Julie Gavras

Documentaire sur des jeunes de bonne famille qui ont fait leur lycée à Victor Duruy dans le VIIe arrondissement de Paris. La réalisatrice les suit entre 2003 et 2016, avec des entretiens une fois par an, pour voir l’évolution de leur vie et de leur pensée.

Sentiment mitigé. Le concept est intéressant, mais le fait de suivre des jeunes d’un milieu assez homogène, sans remise en contexte, sans comparaison avec des gens venant de d’autres classes de la société, ça fait qu’on ne sait pas trop quoi en penser. Certain⋅e⋅s ont du enchaîner les stages avant de trouver un vrai travail, mais en comparaison avec les jeunes du même âge, c’est normal, c’est plus facile, c’est inattendu ? C’est frustrant de ne pas pouvoir se faire une idée plus précise de ça.
Par ailleurs, j’ai eu un problème de forme sur le fait que la réalisatrice ne sait manifestement pas quoi faire de sa caméra par moment et qu’il y a des zooms et dézooms qui ne servent absolument à rien et qui te sortent de la narration des interviewé⋅e⋅s. Le documentaire aurait gagné à être tourné en plan fixe et mieux pensé en terme de mise en scène/cadrage.

Dernier Train pour Busan (부산행), de Sang-Ho Yeon

Film coréen de 2016. Une épidémie de zombie se répand dans la péninsule coréenne. Un gestionnaire de fonds et sa fille sont dans un train roulant de Séoul à Busan. Avec une poignée d’autres passagers du train, ils doivent affronter les zombies dans le train et autour.

C’est cool de voir un film de zombies non-américain. Y’a la traditionnelle scène de combat dans un couloir qui est un passage obligé de tout film coréen (en même temps, dans un train, ce serait difficile de faire sans). C’est très bien réalisé, les zombies et les effets spéciaux sont bien faits, c’est un peu moralisateur mais les enjeux plus larges sont intéressants, y’a un petit côté défense du service public et du statut de cheminot avec le personnage du conducteur de train.

Je recommande.

Batman Ninja, de Junpei Mizusaki

Bat the fuck!?

Suite à un McGuffin, Batman, ses alliés et ses ennemis sont transportés dans le Japon de l’époque des samouraïs. Le Chevalier Noir doit défaire les royaumes dont se sont emparés ses ennemis pour espérer pouvoir revenir à l’époque moderne et remettre l’Histoire sur les rails.

Ça parait absurde dit comme ça ? En vrai ça l’est bien plus. On est sur un animé japonais qui assume pleinement le côté WTF du Japon et on a donc très vite des méchas, un clan secret de ninjas avec une prophétie de la chauve-souris, une armée de singes (beaucoup plus que 12) et une tétrachiée d’objet bat-thèmés. Le scénario ne s’embarrasse d’aucune vraisemblance et encore moins des lois de la physique, mais le film est esthétiquement plutôt réussi (à part deux/trois écrans qui font très cartons de présentation des personnages dans un jeu vidéo), avec une belle recherche sur les identités visuelles des méchants les plus esthétiquement iconiques de Batman réinventés en seigneurs de guerre. Après j’aurai bien voulu voir moins de méchas et plus de temps sur les méchants eux-mêmes, comment ils avaient saisi le pouvoir et organisé leurs royaumes.

Jessica Jones, de Melissa Rosenberg

Série Netflix sur une super-héroïne qui travaille comme détective privée. Elle dispose de super-force mais s’en sert de façon discrète, parce que sa tentative précédente de se mettre en lumière en tant que super-héroïne a attiré sur elle l’attention d’un super-vilain capable de contrôler les gens (David Tennant, impérial), ce qui lui a laissé pas mal de traumatismes. Évidemment, le vilain est de retour. La série est cool notamment parce qu’elle inverse pas mal de tropes genrés des films noirs et parle de traumatismes. Elle a aussi le côté bien filmé et « squalor » des séries Marvel/Hell’s Kitchen, qui est assez sympa à regarder.

Saison 2
Malheureusement la saison 2 n’est pas du tout au niveau de la première, au point qu’on a arrêté le visionnage en cours de saison parce qu’on s’ennuyait fortement. Mention spéciale pour le trop archi-éculé des figures mystérieuses qui ressortent du passé de l’héroïne alors qu’on n’en avait pas du tout entendu parler dans la saison 1.

The Legend of Zelda: Breath of the Wild, de Nintendo

Dernier des jeux de la série des Legend Of Zelda à être sorti, et le premier sur lequel je tiens la manette plutôt que de regarder un ami jouer. Très beau jeu. J’ai vraiment aimé le côté monde ouvert, pouvoir se balader n’importe où, tout découvrir… Le monde est immense, les paysages sont magnifiques, les architectures cools, y’a plein de petits détails sympa à découvrir.

La contrepartie c’est que je trouve que le scénario est assez mal intégré dans ce monde ouvert beaucoup plus intéressant que la quête principale. Le début ça va, ils ont fait des efforts dessus, mais la fin, défaire le grand méchant, on le fait un peu parce qu’on sait qu’il faut le faire, pas parce qu’on se sent impliqué dans la quête, contrairement aux petites quêtes où on trouve tel campement de monstres qui attaquent les voyageurs innocents.

J’aurai bien aimé qu’il y ait un mode « pacifique », par exemple après la victoire sur le big boss, où l’on peut pourrait éliminer tous les monstres définitivement (dans le jeu ils respawnent à intervalle régulier) et juste se promener et faire toutes les petites quêtes.

J’ai vraiment énormément apprécié le jeu, forte recommandation.

Ouvrir la Voix, d’Amandine Gay.

Séance à l’Assemblée Nationale en présence de la réalisatrice. C’était fort cool. Le documentaire était très bien, des entretiens avec plusieurs femmes noires vivant en France ou en Belgique, pour discuter de l’expérience d’être une femme noire dans un pays avec un passé colonial/impérialiste. Plein de thématiques abordées (sexualité, racisme quotidien, religion, …) dans une perspective afroféministe. Débat à la fin du film avec la réalisatrice, Danièle Obono (députée de Paris) et Rokhaya Diallo. Le débat aussi était super intéressant.

Grosse recommandation.

L’Île aux Chiens, de Wes Anderson

Film d’animation américano-japonais de 2018. Très beau visuellement, très réussi en terme d’animation (j’ai notamment énormément aimé les parties avec les complexes industriels dévastés, aussi brèves soient-elles ♥). L’histoire que l’on suit est sympa (suite à un décret municipal, tous les chiens de la métropole de Megasaki sont expulsés sur l’île dépotoir. Le pupille du maire décide d’aller y chercher son chien garde du corps, et il est révélé que l’exil des chiens cache un sombre complot). Mais c’est traité de façon très conservatrice : les votes des humains sont truqués et ceux des chiens sont une perte de temps, les chiens errants sont bien content de se trouver un maître… Par ailleurs les personnages féminins sont tous des relations amoureuses et des accessoires des personnages masculins (la reporter un petit peu moins que les autres mais ça ne va pas bien loin).

J’ai aussi été assez gêné par les parallèles avec la Solution Finale (déporter les chiens, les rassembler dans un camp, puis les tuer avec du gaz) que j’ai trouvé d’assez mauvais goût (après moi ça m’a sauté aux yeux mais j’ai des ami⋅e⋅s qui me disent que cette partie là les a pas marqué⋅e⋅s)