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Weapons, de Zach Cregger

Film d’horreur états-unien de 2025. Dans une petite ville américaine, 17 enfants d’une même classe disparaissent une nuit, à la même heure. Le dernier enfant et la maîtresse sont questionnés, mais aucune piste n’apparaît. On va suivre le point de vue de la maîtresse, d’un parent d’élève, d’un policier, du proviseur, d’un marginal et finalement de l’enfant non-disparu, pour voir les pièces du puzzle se mettre en place.

Globalement, un film un peu brouillon (trop d’éléments je trouve), mais avec pas mal de potentiel. L’ouverture sur une narration par un enfant et le sujet de la disparition d’enfants (+ de la magie) fait un peu conte (mais ça ne colle pas trop avec d’autres éléments plus prosaïques ou adultes du film), la narration non-linéaire est intéressante pour avoir les différents points de vue (mais parfois c’est de la répétition pure, et surtout la clef de l’histoire nous est cachée jusqu’à quasiment la fin – ce n’est pas une addition d’éléments qui nous permet de comprendre l’histoire), le côté violence psychologique sur Alex est bien mis en scène. Mais tous ces éléments ne vont pas forcément bien ensemble, ça fait des variations tonales assez importantes, avec des moments plus horrifiques, d’autres plus comiques, des aspects naturalistes, d’autres plus fantaisistes.

Film améliorable mais réalisateur à suivre je pense.

Brightburn, de David Yarovesky

Superman x Adolescence

Film d’horreur étatsunien paru en 2019. Un vaisseau spatial tombe dans les champs d’un couple du Kansas, qui y découvre un bébé, et l’adopte. Le bébé extraterrestre découvre à la puberté qu’il a des pouvoirs, et le secret de ses origines. Sauf que le message qui lui est transmis par son vaisseau spatial, c’est « Règne sur le monde » (et là je suis très content d’avoir regardé ce film back-to-back avec le Superman de James Gunn – qui était producteur de celui-ci, parce que ça montre vraiment deux traitements d’une même prémisse), et qu’au lieu de devenir un super héros aimé de toustes, le petit Brandon Breyer va devenir un psychopathe tendance incel, réglant son compte à toute sa famille qui tente de le raisonner.

Les rappels au mythe de Superman sont assez réussis : le setup initial évidemment, la cape (avec une couverture), la scène où il porte sa mère dans le ciel qui rappelle les scènes classiques avec Loïs Lane, même la façon dont le leitmotiv du protagoniste est instrumenté. L’enfant-acteur joue très bien le personnage de Breyer, la scène où il explique sa supériorité naturelle à la psychologue est assez glaçante. Son rapport à la fille qu’il apprécie mais dont il casse le bras pour avoir osé s’opposer à lui est aussi bien écrit. L’horreur plus classique avec sa famille est bien mise en scène, avec divers degrés de gore selon les personnages.

Recommandé si vous aimez bien l’horreur et Superman.

Superman, de James Gunn

Film étatsunien de 2025. Yet another version de Superman vs Lex Luthor. Dans la même veine que Fantastic Four: First Steps, on est sur du superhéroïsme optimiste, avec un Superman un peu ingénu. Ça fait du bien de sortir des trucs dark, mais 2h20 c’est vraiment trop long pour un film de Superman. L’esthétique un peu kitsch est chouette, mais bon tous les trucs sur la Justice League ça aurait pu être coupé pour gagner du temps.

Contrairement à FF:FS, vu que Superman se passe à l’époque actuelle, on a bien un gouvernement qui fait des crasses dans l’ombre (en s’alliant à la mégacorporation de Lex Luthor) et des questions de géopolitiques, dans lesquelles un Superman idéaliste se prend rapidement les pieds. Les métahumains créés par Luthor pour affronter Superman sont plutôt réussis (dont un Bizarro pas appelé comme ça parce que ça faisait peut-être un peu trop wacky même pour ce film), par contre beaucoup de retournements de scénario qui sont plutôt des trous de scénario (Métamorpho qui est le seul qui peut fournir un soleil à Superman dans l’univers de poche, dommage que Lex l’ait laissé dans la cellule de Superman…).

Le twist sur le fait que les parents biologiques de Superman lui confiait pour mission de régner sur la Terre (mais qu’il n’a jamais eu la fin du message et qu’il a donc bien tourné) est intéressant, pour sortir de la vision de Krypton comme une civilisation avancée bénéfique, et pour montrer que ce n’est pas la « nature profonde » de Superman qui fait qu’il est bon mais son éducation et ses choix personnels.

Sympa si vous aimez bien la mythologie de Superman mais pas indispensable non plus.

Fantastic Four: First Steps, de Matt Shakman

Film de super-héros étatsunien de 2025. Dans des années 60 rétrofuturistes, les Quatre Fantastiques sont des super-héros, aimés par la Terre entière. Apprenant que Galactus va détruire leur planète, ils décident d’aller négocier avec le destructeur de mondes. Celui-ci leur propose un marché de conte de fées : la survie de la planète contre leur premier-né. Ils refusent, et vont trouver une autre façon de défaire le Dieu Affamé.

Pas mal de choix intéressants : le film assume que tous les spectateurs connaissent l’origin story des héros et saute ce passage pour arriver directement 4 ans plus tard quand leur célébrité et superhéroïcité est établie. L’esthétique rétrofuturiste marche assez bien, on sent que les décorateurs se sont fait plaisir. Sue comme la leader politique du groupe, personnage reconnu à l’échelle du globe est intéressant aussi, plutôt que d’en faire la perpétuelle femme invisible. La scène où elle utilise son pouvoir pour rendre son fils visible dans son ventre est sympa aussi, le côté « usage domestique des superpouvoirs » étant un de mes pet peeves.

Dans le moins convaincant, le fait de once again raconter « les 4 Fantastiques contre Galactus » ça me laisse perplexe : pourquoi c’est considéré comme une histoire intéressante en soi ? Le fait que pour protéger son enfant Sue arrive à utiliser ses pouvoirs de façon démesurée ça me un petit goût de conservatisme aussi. Et pour creuser dans cette veine : je vois bien que l’idée du film c’est de s’éloigner au maximum des histoires de super-héros dark et torturé, mais quand même, avoir au centre de l’histoire des gens qui sont présentés comme à la fois les seules personnes avec des super-pouvoirs, le plus grand génie du monde, la femme politique globalement leader du monde, qui sont en plus universellement aimés et représentent la famille idéale, ça a une petite vibe « le fascisme redéguisé en atompunk ». En plus, on est dans les années 60 et y’a zéro mouvement pour les droits civiques ? On voit d’ailleurs à zéro moment un quelconque gouvernement, ni même l’armée pour tenter de contrer une menace existentielle pour l’Humanité, c’est vraiment 4 pelo qui sont la première et dernière ligne de défense.

Bref, sympa mais pur divertissement.

Together, de Michael Shanks

Film étatsunien de 2025. Tim et Millie sont un couple qui a du mal à savoir pourquoi ils restent ensemble. Millie est prof, Tim est guitariste qui espère passer professionnel, mais à 35 ans ce rêve devient de plus en plus utopiques. Les deux vivent à New York, Millie accepte un poste dans une petite ville charmant des US, et les deux y déménagent, dans une grande maison qui fait un peu « case à cocher sur la liste du couple ». Alors qu’ils font une rando dans les bois autour de la ville, ils tombent dans une caverne où ils sont infectés par une maladie mystérieuse : ils sont attirés l’un par l’autre, littéralement. Leurs corps tentent de se rapprocher, et quand ils se touchent, leur corps fusionnent. Ça donne de belles scènes de body horror, et un film sans antagoniste (il y en a un secondaire, mais c’est pas le cœur du film), où la relation entre les personnages principaux (et le fait qu’elle devienne littéralement fusionnelle malgré eux) est le cœur du film. Ça en fait un film d’horreur original qui renouvelle un peu les tropes.

Par contre niveau photographie c’est très classique.

A Desert, de Joshua Erkman

Film étatsunien de 2024. Alex est photographe sur le retour. Muni d’un ancien appareil photo à soufflet, il photographie des lieux abandonnés dans l’Ouest américain. Lors d’une session d’exploration il fait la rencontre de Renny et Suzie Q, un couple de white trash qui n’ont pas l’air d’avoir ses meilleurs intérêts à cœur…

J’ai beaucoup aimé la première partie, la photographie est très belle (et y’a une bande son diégétique très chouette à base de jazz quand on dans la voiture d’Alex), que ce soit dans les lieux urbexés, dans le motel ou en extérieur. Moins fan de la seconde, où on comprend moins ce qui se passe et où le film présente de nouveaux enjeux de façon assez random.

Ash, de Flying Lotus

Film étatsunien de 2025, SF horrifique. Une femme se réveille amnésique, dans un module d’habitation sur une planète extraterrestre. Tous les autres occupants du module sont morts. On frappe à la porte du module…

Les images sont jolies, mais le scénario est étique. On voit de fortes influences d’Alien et surtout de The Thing, mais en moins réussi et en très dérivatif. J’ai pensé que le twist allait être qu’on suivait le point de vue de the Thing mais qui n’avait pas conscience de l’être (parce qu’elle serait une copie trop parfaite), ce qui aurait pu faire de l’horreur existentielle assez intéressante (et un peu de body horror vue « de l’intérieur »), mais même pas, notre héroïne impeccablement maquillée est bien une gentille fille, les flashback où elle tue des gens c’est bien parce que les gens sont devenus méchants, she never did anything wrong in her life.

Donc bon, bof.

The Florida Project, de Sean Baker

Film états-unien de 2017. On suit la vie de Moonee, gamine de 7-8 ans, qui vit dans un motel en bordure de Disney World, en Floride. Elle passe ses journées à faire les 400 coups avec ses amis, à explorer les hôtels abandonnés, à réclamer de l’argent aux touristes pour s’acheter des glaces, et à faire tourner les adultes en bourrique. Elle vit seule avec sa mère, Halley, qui galère à rassembler l’argent pour payer leur loyer, et vit de combines.

J’ai beaucoup aimé. C’est une chronique de la précarité à hauteur de regard d’enfant. C’est aussi une description de la vie dans les marges de l’Amérique, juste à côté d’une usine à rêve mais dans des conditions merdiques. Les acteurs jouent très bien notamment les enfants mais pas que. Il y a un petit côté Une affaire de famille ou les 400 Coups, mais avec les couleurs pastel de Disney World en toile de fond pour cacher la misère.

Sew Torn, de Freddy McDonald

Film suisso-étatsunien de 2024. Barbara est une couturière qui vit dans une petite vallée suisse &tranquille. Elle tombe par hasard sur un règlement de comptes entre vendeurs de drogue. Elle hésite entre appeler la police, partir sans rien dire ou récupérer la valise d’argent sale. Le film va explorer successivement les trois options et le destin qu’elles promettent à Barbara. À chaque fois, elle va construire un dispositif élaboré avec du fil et des aiguilles pour tenter de se sortir d’une situation épineuse. Si on suspend son incrédulité sur la solidité du fil, c’est rigolo de voir ces espèces de machines de Goldberg en action.

Le film est bien joué, le contraste vendeurs de drogue menaçants et paisibles paysages suisses fonctionne bien. Le scénario n’est pas révolutionnaire mais est bien mis en scène, les divergences qui explorent l’arbre des possibles révèlent un peu plus de background à chaque fois.

Sympa à regarder.

The VVitch, de Robert Eggers

Film étatsunien de 2015. Dans l’Amérique des tous débuts de la colonisation, une famille de Puritains part vivre loin de tous les autres colons suite à des différents religieux. Tentant de subsister sur une ferme isolée où les récoltes sont mauvaises, la famille fait face à la disparition inexpliquée du plus jeune enfant, et suite à plusieurs phénomènes potentiellement paranormaux, va se déchirer, s’accusant mutuellement d’avoir pactisé avec le diable et perdu la foi.

Le côté reconstitution d’époque était intéressant. Il y a effectivement des événements paranormaux dans le film, mais vu l’environnement de la famille et ses croyances, il n’y avait pas besoin qu’ils soient là pour qu’ils se déchirent. Les deux jumeaux qui courent dans tous les sens et rendent dingue leur grande sœur suffisent bien. Après c’est quand même assez lent, il ne se passe pas grand chose pendant une bonne partie du film, mais l’ambiance est bien posé, bande-son bien discordante qui fonctionne bien pour plonger dans le côté angoissant.