Archives par mot-clé : biographie

Portugal, de Cyril Pedrosa

Une bande-dessinée française de 2011.

Simon Muchat est prof de dessin et auteur de quelques livres. Il ne sait pas ce qu’il veut dans la vie et déprime lentement. A l’occasion d’un festival de dédicace, il passe quelques jours au Portugal, le pays d’où vient son grand-père, et où il a passé quelques vacances enfant sans jamais y retourner depuis.
Ce séjour lui donne soudainement envie de s’intéresser aux origines de sa famille, un sujet jamais abordé par son père, qui comme lui n’est pas un grand communicant.

Il renoue avec ses oncles et tantes maternelles à l’occasion du mariage d’une cousine, et découvre par bribes le passé de sa famille. Pas de révélations fracassantes, mais les anecdotes d’enfance d’une famille avec des racines dans un autre pays, le rapport entre les branches de la famille, la question à laquelle personne ne sait répondre de pourquoi son grand-père n’est jamais revenu au Portugal. C’est calme comme bande dessinée, on se laisse porter par l’histoire, les indécisions du héros, les caractères affirmés au contraire de son père et de ses oncles et tantes.

Je recommande fortement.

Joe Hill, de Bo Widerberg

Biopic tourné en 1970 sur la vie du syndicaliste américain du début du XXe siècle Joe Hill. Je n’ai pas été transcendé. Le film prend l’angle de l’anecdotique et de l’histoire construite individuellement par les grands hommes, un peu dommage pour un film sur un syndicaliste. Beaucoup d’ellipses qui font qu’on comprend assez peu les motivations du personnage principal, pourquoi il est convaincu par le syndicalisme, pourquoi il décide de ne pas se défendre davantage contre les accusations de meurtre…

Le syndicalisme sert en fait beaucoup de toile de fond pour dérouler sa vie, on voit très peu les enjeux syndicaux : on nous montre des inégalités, une absence totale de sécurité sur les lieux de travail, mais c’est passé très vite.

Peste et Choléra de Patrick Deville

Une biographie d’Alexandre Yersin, le découvreur du bacille de la peste, Yersinia pestis. Il a eu une vie assez folle, il a vécu 80 ans (1863 – 1943, une période assez mouvementée en soi dans l’Histoire), a connu Pasteur et participé aux grandes découvertes médicales sur les grandes maladies, s’est intéressé à des milliards de trucs (médecine, navigation, astronomie, agriculture, botanique…), et a acquis et géré un domaine d’une taille gigantesque au Vietnam où il a fini sa vie. Il a une vie très clairement indissociable du système colonial français, ce qui n’est pas fou en soi, et il avait l’air confortable avec (et assez sexiste aussi), mais son destin est un cliché de romanesque et d’aventure moderne qui me fait assez envie (probablement parce que les représentations culturelles en sont toujours complaisantes, et que c’est compliqué de déconstruire ce genre de choses). Et le bouquin est fort agréable à lire.