Les Années, d’Annie Ernaux

Roman français de 2008. Annie Ernaux détaille sa vie et les changements dans la société française entre 1940 et 2008. Le texte est espacé de descriptions de photos/vidéos, et se déroule à la 3e personne. J’ai beaucoup aimé, je ne saurai pas exactement dire pourquoi. Le style est prenant, avec une accélération progressive de la narration. Elle raconte sa jeunesse, son mariage, divorce, son rapport à ses enfants, et plus largement une vie qui plonge dans la société de consommation, les conventions de la vie à 2, les années De Gaulle, VGE, Mitterrand, les réminiscences du 11/09, des attentats de la rue de Rennes, la victoire de 98…
L’incipit est très intéressant aussi, qui résume en quelques pages le roman et liste des fragments de souvenirs. J’aime beaucoup la première phrase et ce qu’elle annonce du projet du roman : « Toutes les images disparaîtront. »

The Seven Deaths of Evelyn Hardcastle, de Stuart Turton

Roman policier anglais.
Le narrateur se réveille amnésique dans une forêt. Il va revivre 7 fois la même journée dans le corps de sept personnes différentes, toutes présentes dans un manoir isolé où un meurtre va avoir lieu, et doit comprendre qui a commis le meurtre, sans quoi il devra recommencer après avoir perdu tous ses souvenirs. J’ai bien aimé le côté enquête convolue avec les révélations successives.

Le cadre plus général de « pourquoi est-ce qu’il va revivre 7 fois la même journée ne sert pas à grand chose d’autre qu’à introduire le mécanisme, qui fait très jeu vidéo dans l’idée. Le mécanisme est intéressant mais il aurait pu être mieux exploité que dans cette enquête là, qui est détaché de tout élément réel de par le côté « manoir isolé qui représente n’importe quelle enquête à la Agatha Christie.

Borroka !, de mauvaise troupe

Abécédaire du Pays Basque insoumis. Un livre rédigé dans l’optique du contre G7 de 2019, pour expliquer les tenants et aboutissants de l’indépendantisme basque, dans ses différentes facettes. C’était assez intéressant, je me rends compte que je ne connais pas grand chose dessus, alors que j’habite assez proche du pays basque et que c’est des questions intéressantes. Ça parle aussi bien de la lutte armée de l’ETA que de la vie culturelle alternative. Ca reste assez court et le format de l’abécédaire fait que c’est des vignettes sur tel ou tel aspect, ça mériterait un format plus long comme sujet.

Le Travail m’a tué, d’Arnaud Delalande, Grégory Mardon et Hubert Prolongeau

Bande dessinée sur les nouvelles méthodes du management, basé sur la vague de suicides au travail chez Renault. La bande dessinée suit la vie d’un cadre issu d’un milieu modeste, dévoué à l’entreprise de voitures qui l’a embauché, mais qui va se retrouver complètement sous l’eau en raison du management par objectifs individualisés et des décisions qui privent son travail de sens en fragmentant l’organisation de l’entreprise.

Assez déprimant mais intéressant.

Portugal, de Cyril Pedrosa

Une bande-dessinée française de 2011.

Simon Muchat est prof de dessin et auteur de quelques livres. Il ne sait pas ce qu’il veut dans la vie et déprime lentement. A l’occasion d’un festival de dédicace, il passe quelques jours au Portugal, le pays d’où vient son grand-père, et où il a passé quelques vacances enfant sans jamais y retourner depuis.
Ce séjour lui donne soudainement envie de s’intéresser aux origines de sa famille, un sujet jamais abordé par son père, qui comme lui n’est pas un grand communicant.

Il renoue avec ses oncles et tantes maternelles à l’occasion du mariage d’une cousine, et découvre par bribes le passé de sa famille. Pas de révélations fracassantes, mais les anecdotes d’enfance d’une famille avec des racines dans un autre pays, le rapport entre les branches de la famille, la question à laquelle personne ne sait répondre de pourquoi son grand-père n’est jamais revenu au Portugal. C’est calme comme bande dessinée, on se laisse porter par l’histoire, les indécisions du héros, les caractères affirmés au contraire de son père et de ses oncles et tantes.

Je recommande fortement.

Il faut flinguer Ramirez, tome 1, de Nicolas Petrimaux

Bande dessinée située dans les années 80, et qui en revendique l’esthétique. Falcon City, Arizona. La Robotop, compagnie d’électroménager, s’apprête à dévoiler au public son nouveau modèle d’aspirateur, dans une mise en scène et une ferveur qui rappelle les lancements de produits Apple. Au sein du service après-vente de la Robotop, un employé hors pair : Jacques Ramirez. Muet, une tache de naissance qui lui prend la majorité du visage, et le meilleur réparateur d’aspirateur que le monde ait connu. Mais pas seulement. Un membre d’un cartel mexicain qui passe par là par hasard le croise, et réalise qu’il s’agit du tueur à gages implacable qui a trahit son cartel quelques années auparavant. Le cartel décide alors d’envoyer ses meilleurs éléments pour flinguer Ramirez…

Les pages sont très belles, avec des couleurs saturées qui revendiquent l’héritage 80’s à fond, et un choix de ne pas avoir de cadre (la bd s’étend vraiment sur toute la page). Le tome est divisé en acte, avec des publicités ou extraits de journaux à la fin des actes pour accentuer l’immersion dans l’univers.

Un reproche cependant, les personnages féminins, essentiellement deux principaux, un couple de femmes en cavale, mais qui sont mises en scène pour servir d’eye candy au lecteur masculin hétéro (bon ça arrive sur la fin de la BD mais c’est franchement nul de faire ça).

The ABC Murders, d’Alex Gabassi

Adaptation en mini-série du roman d’Agatha Christie du même nom, avec John Malkovich dans le rôle d’Hercule Poirot. Je n’ai pas lu le roman mais visiblement la série rajoute tout un contexte à l’enquête, que j’ai beaucoup aimé : Hercule Poirot n’est plus en activité, ses contacts dans la police ont pris leur retraite, et l’atmosphère au Royaume-Uni en cette année 33 est au fascisme montant, rendant le détective belge assez peu apprécié. Une seconde ligne narrative de la série tourne autour du passé d’Hercule Poirot : qui était-il avant d’arriver en Angleterre en tant que réfugié belge en 14-18 ? La résolution est intéressante, mais le traitement de cette ligne narrative est particulièrement poussif, avec les mêmes flashbacks d’Hercule répétés ad nauseam. Le tout dure trois heures, je recommande.

Bordeaux : musée de la douane

Un musée sur la douane, par la douane. J’étais un peu perplexe au début mais c’est fort sympa à visiter, en fait. Ça retrace l’histoire de la douane française à travers les âges.
Je vous épargne les photos d’uniformes qui rendaient mal à travers les vitrines, et de la grande affiche  » Une déclaration inexacte peut vous exposer à de graves ennuis » qui était fort rigolote.

Balance du commerce de la France
Maquette et tableau de navire marchand

Bordeaux : CAPC (musée d’art contemporain)

Visite du musée d’art contemporain. On y allait spécifiquement pour l’ œuvre d’art sur le calendrier républicain, mais vu que c’était un billet unique pour tout le musée, on a tout visité.
L’ œuvre sur le calendrier républicain – par Ruth Ewan, une artiste écossaise – rassemblait dans une seule salle toutes les plantes, animaux, objets, minéraux qui ont donné leur nom à un jour du calendrier. C’était assez cool comme concept, en plus on y a gagné de très beaux calendriers républicains modernes avec une belle et sobre mise en page.

Pièce centrale et aperçu de l’expo de Ruth Ewans
Pièce centrale, autre angle
Ventôse ?

On a ensuite vu une expo sur l’architecture, dont je n’ai absolument pas retenu le propos pour me concentrer sur le côté esthétique des éléments exposés.

Bâtiments berlinois photographiés
Maquette de façade ?
Maquettes

Et enfin une exposition sur l’ensemble de la carrière artistique de Takako Saito, un artiste japonais qui fait notamment des œuvres interactives/modulaires

Sculptures modulables
Café Theater

Une œuvre indépendante des expositions :

Rassemblement de chaises