The Room, de Christian Volckman

Film fantastique. Un couple emménage dans une nouvelle maison isolée. Ils y découvrent une pièce qui fait apparaître tout ce qu’ils y demandent. Au début ils se vautrent dans le luxe avec enthousiasme, puis ils demandent un enfant, et là les choses commencent à mal se passer.

J’ai été assez déçu. Il y avait du potentiel, visuellement c’est assez joli, mais le film n’a vraiment rien à raconter. La dynamique du couple est perrave, on est sur des schémas de relations personnelles un peu réac, tu comprends pas les motivations des personnages…
Bref, meh.

La Panthère des neiges de Sylvain Tesson

Je n’ai pas du tout aimé. Le livre raconte comment l’auteur est parti dans l’Himalaya avec un photographe animalier pour pister et voir des animaux sauvages, dont une panthère des neiges qu’ils réussiront à voir 3 fois. Ça pourrait être une belle histoire sur la rencontre Humain/Nature, comme il le dit au début, sauf qu’en fait il passe son temps à namedropper des philosophes sans que ça apporte rien, à étaler sa culture, à faire des remarques sexistes, racistes ou antisyndicalistes. Il est aussi en mode « oh la la regardez comme c’est simple de voir la beauté du monde » alors que rappelons-le, le mec a décidé pour faire ça d’aller dans l’Himalaya pendant plusieurs semaines, pas exactement ce que peut se permettre le/la français·e moyen·ne. Mention spéciale au passage « un chasseur m’a dit que de toute façon j’avais une position de citadin… » [là je me dis que je vais être d’accord avec lui] « … or je revenais justement d’un trek en Afghanistan, clairement c’est moi qui ait la plus grosse légitimité » Merci connard. Bref, je ne recommande pas. J’avais commencé Éloge de la plante en parallèle, je vais aller le finir, ça m’a l’air de pertiner carrément plus sur le rapport à la Nature.

Le Capitalisme paradoxant, de Vincent de Gaulejac et Fabienne Hanique

Essai sur le néolibéralisme et le management en entreprise. La thèse du livre est que ces deux concepts fonctionnent à base d’injonctions contradictoires, qui placent les gens qui les subissent dans la position inconfortable d’avoir à travailler sans pouvoir faire tout ce qu’on leur demande ou sans pouvoir mettre en adéquation la réalité de leur travail avec les descriptions officielles qui en sont faites.

Les injonctions contradictoires les plus classiques :
– Soyez autonomes et exercez votre libre arbitre, mais dans le cadre des valeur et référentiels de la compagnie
– Surpassez-vous en permanence (si c’est permanent on va bien atteindre une limite de ce qu’on peut faire, et what then?)
– Soyez le meilleur, mais dans le cadre d’une collaboration avec les autres (rien que soyez le meilleur, comme injonction adressée à tou.te.s, c’est fort toxique : par définition il ne peut y en avoir qu’un.e)

Dans beaucoup d’organisation modernes, le cadre d’action est défini par un ensemble complexe de référentiels et normes : plus personne n’est responsable, on ne peut pas s’opposer à des décisions personnifiées : d’une part ça enlève la responsabilité juridique, mais aussi ça enlève du pouvoir aux employés, et surtout ça gomme les conflits : ces référentiels sont présentés comme des évidences naturelles et non pas comme la cristallisation d’un processus de décision qui a impliqué des choix et qui avantage certain.e.s. Cette gouvernance est présentée comme neutre alors qu’elle ne l’est pas du tout. On demande une adhésion aux valeurs de l’entreprise plutôt qu’à la figure du Président/Directeur/whatever. On peut même en arriver à vouloir faire fonctionner la boîte malgré des désaccords flagrants avec le PDG/la hiérarchie, parce qu’on a l’impression qu’on est celle/celui qui a mieux compris les valeurs et que ce sera reconnu. Sauf que des valeurs affichés ne représentent pas la réalité de l’action effectuée.
Le langage managérial et les référentiels promeuvent l’efficience et autres valeurs consensuelles (qui peut être contre l’efficience ? Vous voulez que les choses soient inefficaces, vous ?) sans expliciter ce qu’est cette efficience, qui elle arrange, sans permettre la remise en cause des indicateurs de ce que serait l’efficience.

Démultiplication du temps passé en évaluation des activités plutôt que dans les activités elles-même, avec en plus une incitation à déformer la production pour qu’elle aille dans le sens des indicateurs.

Faute de pouvoir être perçus comme dépendant de l’organisation, les conflits qui peuvent surgir sont le plus souvent perçus comme relationnels et interpersonnels (même si ce n’est pas forcément incompatibles, les deux peuvent exister et se nourrir l’un l’autre).

On demande aussi aux manageurs/euses à la fois de s’impliquer totalement dans leur métier, et de ne pas exprimer d’émotions négatives, de ne pas apparaître faibles, de toujours afficher un discours de réussite même s’ils ont sous les yeux une réalité toute autre. Grosses dissonances cognitives en perspectives.

J’ai trouvé ça intéressant. Il n’y a rien de révolutionnaire dans le livre, mais ça articule pas mal d’éléments que j’avais déjà perçu, j’y retrouve beaucoup mon expérience de travail des deux dernières années. Un peu trop psychologisant par moment, mais ça reste circonscrit à de courts passages.

Doctor Who

Saison 12
Meh. Les défauts de la saison précédentes sont toujours tous là, voire exacerbés. On n’arrive pas à s’intéresser aux enjeux, trop de persos principaux avec peu de profondeur. Les épisodes les plus intéressants sont ceux qui rajoutent un peu de fil narratif sur l’échelle de la saison, mais c’est dommage de rater tous les one-shot à ce point. Bons points pour Fugitive of the Judoon ainsi que pour le final, donc. J’ai apprécié les hommages aux saisons précédentes, mais ça ne suffit pas à masquer l’absence de développement de certaines histoires. Les pistes introduites pourraient par contre donner des choses intéressantes pour la prochaine saison s’ils les creusent et s’ils mettent en avant le personnage joué par Jo Martin.

Saison 11
Sentiments mitigés. Le personnage de la 13e Docteure est très bien en soi, mais y’a des épisodes où il ne se passe pas grand chose. Je comprends la volonté de se démarquer des saisons précédentes et de leurs grands arcs sur la saison entière, mais parfois c’est quand même assez dépourvu d’enjeux. De très bons épisodes cependant : Kerblam!, Rosa, The Witchfinders, Arachnids in the UK. Je pense qu’un des problèmes de la saison c’est le trop grand nombre de compagnons : même s’ils sont intéressant, ça divise trop le temps d’écran.

Saison 10
Une très bonne saison. C’est la dernière avec Moffat comme showrunner, ce que je trouve une bonne nouvelle (si le/la remplaçant.e est à la hauteur, mais Moffat n’avait plus grand chose à apporter à la série). Les épisodes étaient globalement solides, l’arc narratif à l’échelle de la saison était sympa mais venait pas trop parasiter les histoires de chaque épisode. Pas mal de remarques et éléments progressistes. J’ai trouvé que le tryptique sur les Moines était la partie la plus faiblarde de la Saison, avec beaucoup de lenteurs. Le reste était cool, l’esthétique du final était superbe. Ça se finit un peu brutalement et c’est vraiment dommage que Bill ne soit compagnonne que pour une saison, j’espère qu’on aura l’occasion de la revoir. On a vu la mort de Missy, mais on peut aussi espérer que le temps n’étant pas linéaire, on ait quand même l’occasion de la revoir (et c’était un plaisir de revoir John Simm aussi, sa version du Master est super).
[Edit au 17/07/2017 : et le prochain Docteur est une Docteure (Doctoresse ? Doctrice ? Bah, de toute façon je regarde en VO et c’est épicène) ! Ça va être vachement cool, j’espère qu’ils vont fortement insister sur le côté personnage puissant et pas le diluer. Beaucoup d’attentes.]

Doctor Who Christmas Special S10
Petit épisode de Noël de Doctor Who pour patienter en attendant la prochaine saison. Il parlait relativement peu de Noël et fonctionnait plutôt bien. Des comics, des super-pouvoirs, des aliens très méchants, et des pistes laissées ouvertes que Moffat va probablement réutiliser dans son grand adieu à la série.
[EDIT 07/2017 : finalement, non]

Doctor Who Christmas Special S07
Avec des bonhommes de neige maléfiques. Il commençait bien, poétique et tout (un escalier qui mène sur un nuage, où est perché une cabine téléphonique), de jolies répliques (« It’s… smaller on the outside! ») mais la fin est un peu brouillonne, avec deux retournements de situation qui s’annulent en 5 minutes, et un personnage féminin fort qui finalement meurt stupidement. (Note d’Août 2013 : Globalement ce verdict s’applique à tous les épisodes qui suivront)

Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul

Weekend à Nantes ! Le temps a été atroce mais on a quand même tenté de se promener un peu dans la ville le samedi entre deux averses et deux interruptions de ligne de bus demandées par la préfecture. On a pu visiter la cathédrale, plutôt jolie et vaste.

Façade de la cathédrale de Nantes
Vitrail moderne
Nef de la cathédrale
Orgue et vitrail
Restauration d’une chapelle latérale
Ornement qui reprend l’aspect d’une des tours (j’aime beaucoup quand les artisans font ça dans les églises, ce petit trip de l’ornement fractal)
Divers vitraux et formes de fenêtres
Bas-relief légendé
Nef et lumière
Vitrail moderne

Francis Rissin, de Martin Mongin

Roman expérimental, constitué de 11 récits différents, tournant autour du même thème : des affiches portant le nom de « Francis Rissin » et des slogans électoraux/religieux sont posées partout en France, en commençant par des territoires enclavés. Bientôt Francis Rissin renverse le gouvernement et prend le pouvoir en France, à laquelle il veut rendre sa grandeur. Les différents récits montrent différentes étapes du processus, donnent différentes origine à Francis Rissin, se contredisent sur le déroulé des événements, leur véracité, l’existence ou non d’un ou de des Francis Rissin. Ça m’a fait penser à Une vieille histoire dans le dispositif, mais en plus intéressant (car beaucoup moins répétitif). On ne sait pas trop où le roman veut en venir, plusieurs incarnations de Rissin on l’air assez peu sympathique voir franchement fasciste, pas toutes cependant même si toutes ont ce trip de la nostalgie de « la Grandeur de la France », mais présenté avec une certaine distance par la narration. Cet aspect-là (+ la France périphérique) fait un peu penser aux romans de Philippe Vasset aussi.

Bayonne

Passage rapide par Bayonne ce weekend. Je n’avais jamais visité la ville, j’ai rattrapé cet oubli en attendant mon train pour Pau. Une belle cathédrale et de jolies rues anciennes dans le centre-ville, c’est mignon mais ce n’est pas très grand. Le fait d’avoir une rivière – la Nive – et un fleuve (l’Adour) dans la ville lui ajoute du charme.

Street art sur bâtiment condamné
Avion au dessus de la Nive
Façade basque en retrait
Cathédrale depuis le cloître – un petit air d’université anglaise
Intérieur de la cathédrale
Détail du cloître
Cloître et pelouse
Intérieur de la cathédrale – thème de Noël

Baron Noir, de Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon

Série politique française. J’avais gavisionné la saison 1 à sa sortie et là j’ai gavisionné la saison 2. Beaucoup aimé la saison 1, à laquelle je reproche juste d’avoir un PS qui propose des trucs de gauche alors que bon, dans la réalité… Sinon c’était assez cool de voir une série type House of Cards mais avec les institutions françaises et des lieux français. Par rapport à HoC ce qui est bien aussi c’est que tous les personnages sont intelligents et manigancent, pas juste le perso principal qui est surhumain. Du coup c’est plus intéressant, et les stratagèmes des un⋅e⋅s peuvent plus souvent échouer face à ceux des autres.

La saison 2 j’étais un peu partagé. Je trouve que l’actrice qui joue la présidente fait un peu forcée quand elle parle. Par ailleurs, ça manque des points de vues de gens qui ne sont pas des professionnels de la politique, des syndicalistes, des gens ordinaires… Là c’est vraiment l’Histoire faite par les grands hommes. Par contre ça présente une vision intéressante du passage clivage droite/gauche à droite nationaliste / centristes / gauche.
Leur Mélenchon-like est très bien fait, leur Valls-like aussi. J’ai pas trop trop reconnu les autres mais les personnages sont bien écrits.

Saison 3 ! Remotivé sur l’histoire. Les personnages sont bien écrits, on recolle aux événements de la politique française réelle. La saison parle d’alliance tactique et de campagne politique, et la série est plus intéressante là-dessus que sur l’exercice du pouvoir, je trouve. Il manque toujours le point de vue de la politique via les mouvements sociaux, là tout passe par les partis (mais magiquement sans lobbys). Dorendeu fait une libérale intéressante, mais avec beaucoup plus de convictions que les vrai.e.s. Globalement ils rendent le PS, LRM et les fachos plus sympathiques que ce qu’ils devraient, mais bon, c’est difficile comme genre d’exercice.
Sur les mouvements sociaux d’ailleurs, c’est dommage d’avoir incarné les gilets jaunes dans la figure de Mercier, alors qu’un des intérêts du mouvement c’est bien qu’il a refusé toute forme de porte-parolat. De la même façon, la contestation de la politique de Dorendeu passe par la contestation de sa personne, ce qui certes est un des éléments de la détestation de Macron, mais sans parler du refus spécifique de ce qu’il y a dans sa politique. C’est bien les privatisations, la réforme des retraites, la casse du service public en tant qu’éléments spécifiques qui sont contestés dans la vie réelle. Mais là on touche à une des limites de la série : les gens n’ont pas vraiment de différents politiques irréconciliables, parce qu’il faut que Rickwaert puisse aller parler avec tous pour faire ses petites manœuvres. Du coup il aime bien Dorendeu tout autant que Vidal, alors que normalement il devrait lui aussi haïr Dorendeu pour sa politique.
Enfin, je n’ai pas été convaincu par la fin (à partir de la fin d’avant-dernier ep), ce retournement de situation fait totalement forcé et pas crédible, jamais personne n’accepterait de faire ça dans la vie réelle. Ça c’était meh.
Enfin, super utilisation de la bande-son, avec un thème musical décliné de plein de façons (ce que Canal + avait aussi un peu fait sur Les Sauvages).