The Penelopiad, de Margaret Atwood

Texte de la pièce adaptée de son roman éponyme, racontant l’histoire de l’Iliade et de l’Odyssée, et plus largement la vie de Pénélope, depuis son point de vue à elle et celui de ses servantes, tuées par Ulysse lors de son retour à Ithaque. C’était court mais cool. C’était intéressant d’avoir ces points de vue alternatifs, et qu’ils ne soient pas concordants : la solidarité féminine joue, mais les servantes rappellent qu’il y a d’énormes différences entre Pénélope, fille d’une naïade et née dans une famille royale, et elles issues du peuple, présentées la plupart du temps comme un chœur indistinct parlant d’une voix plurielle, même si elles sont nommées et qu’une se détache du lot.

Dans la pièce, les acteurices jouant les servantes jouent aussi tous les autres rôles autour de Pénélope, ce qui est une manière intéressante de montrer que tout tourne autour d’elle et que les autres personnages sont tous au service de son histoire.

Vol en avion

Petit circuit en avion proposé par le père de l’ami qui nous hébergeait à Toulouse. Survol des bastides (les villages fortifiés) au Nord de Toulouse. On y est allé avec OC, les autres étaient partis et l’avion ne faisait que 3 places conducteur inclus. C’est une perspective assez folle sur le paysage, l’aviation civile en avion privé.

L’engin auquel on a confié nos vies
J’ai totalement oublié quelles photos correspondaient à quels noms de bastides…
Champs
Château, église et voie de chemin de fer
Bastide
Bastide

Union et Éclipse

Quelques photos de L’Union et ma tentative de prendre l’éclipse de Lune en photo lors de la Nuit des Étoiles organisée par la Cité de l’Espace.

Reproduction du module Квант-1 de la station spatiale Мир
Encore éclipsée
Fin d’éclipse
Chemin au bord du lac de l’Union
Place de la mairie de l’Union
Cèdre dans un parc de l’Union
Église de l’Union

Toulouse, le retour

J’avais passé un peu de temps à Toulouse il y a 3 ans, en août 2015. J’y suis revenu pour une semaine de vacances entre amis. Nous étions hébergés à l’Union et disposions d’une piscine, nous n’avons donc pas énormément vu Toulouse. Mais nous nous y sommes tout de même promené deux jours, et avons fortement apprécié l’offre de librairies (notamment  Terra Nova, la librairie des gauchistes).

Quelques photos prises au fil des promenades :

Sculpture dans le jardin Compans Caffarelli
Immeuble moderne
Arbre blessé dont on voit le cœur
Immeuble moderne
Toits végétalisés
Street-art : fantôme
Street art : photo collée depuis le point de vue où elle a été prise
Immeuble de briques rouges
Immeuble de briques rouges
Clocher de Saint-Sernin

Au Service de la France, de Jean-François Halin

Série française diffusée sur Arte. Une série qui parle sur un ton humoristique des services secrets français des années 60s, persuadés que la France est la plus grande Nation du monde.

J’ai beaucoup aimé la première saison, passés deux/trois épisodes pour rentrer dans l’esprit. La photographie est très belle, il y a un côté « OSS 117 meets MadMen », la toile de fond des événements historiques de l’époque est bien exploitée, le côté franchouillard et bureaucratisation à l’extrême est réussie, les enjeux et la structure narrative de la saison sont équilibrés.

La saison 2 commençait très bien, avec une plus grande place donnée aux personnages féminins (même si on peut regretter la disparition de l’agent Clayborn, qu’on ne voit que dans l’épisode 1). Mais à mi-saison, je trouve que la tendance s’inverse : la montée en puissance et en temps d’écran du personnage de Marie-Jo laisse la place à sa sexualisation, et l’essentiel des actions des personnages tourne autour d’enjeux internes au Service, sans qu’ils se positionnent sur les crises qui touchent la France et le monde (typiquement « quoi, il y a eu un attentat sur le Général de Gaulle ? Ça m’embête bien parce que je voulais lui parler d’un problème administratif », de la part du directeur des Services Secrets…)
Et autant je trouve que la série sait être équilibrée entre humour et contexte historique dans sa représentation des enjeux de la Guerre d’Algérie, autant dans sa représentation de l’URSS c’est assez baroque. Globalement je trouve que la saison 2 peine beaucoup plus à trouver son ton entre son intrigue sérieuse et ses moments de  comédie.

Dans l’ensemble j’ai passé de bons moments devant la série, des personnages et des scènes sont très bien trouvés même si la série peut patiner un peu par moment, je recommande.

Éclaircir les Ténèbres, de Nicolas Bouchard

Le pitch était joli : en 1640, des phénomènes inexpliqués frappent une petite vallée du Jura. Le cardinal de Richelieu envoie sur place une troupe de mercenaires, dont René Descartes,pour faire la lumière sur les événements mystérieux.

Sauf que bon. Les personnages sont tous très clichés : les mercenaires au grand cœur, le philosophe pragmatique enquêteur à la Sherlock Holmes, les méchants très très méchants sans que l’on sache pourquoi, les persos féminins sans grand intérêt… Et au final les phénomènes inexpliqués sont bien dus à des puissances magiques avec une explication vaseuse de pourquoi elles se manifestent, du coup tu comprends pas trop pourquoi on a voulu te vendre Descartes et la méthode scientifique là dedans.

Bref, je ne recommande pas.

Ernest et Célestine, de Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier

Film d’animation français.

Deux mondes qui vivent en parallèle, celui des ours et celui des souris. Les souris se glissent la nuit chez les ours pour récolter des dents, mais chaque espèce est terrifiée par l’autre. Une nuit, une souris plus téméraire que les autres va s’allier avec un ours misanthrope (misursin ?). Poursuivi par les polices des deux espèces, ils vont hiverner isolés de tout pour faire de la musique et du dessin. Mais avec le printemps, le monde extérieur les rattrape…

C’était très sympa, très beau (dessins à l’aquarelle), ça aurait pour être tourné sur un mode épique (typiquement ça ferait un bon scénar de film young adult), mais là c’est traité de façon plus paisible. Y’a aussi un petit message « ordre établi, police partout, justice complice » qui est intéressant.

Je recommande.

Denise Jones, agente super-héroïque et deux autres nouvelles de John Scalzi.

Trois très courts textes de John Scalzi, offerts par une libraire fort affable. Trois nouvelles de science-fiction humoristique. Une agente qui place des super-héros, une culture de levures pour yaourt qui devient maître du monde, et des interviews sur des animaux extraterrestres. Joue avec les tropes, sympa, mais reste assez anecdotique, notamment parce que se lit très vite, du coup pas le temps de développer grand chose.

La Femme gelée, d’Annie Ernaux

C’était vachement bien. Livre sur l’enfance, les années d’études et le début du mariage d’une femme française des 30 Glorieuses. Sur sa perception des différences genrées, de la position spécifique de sa famille (où les tâches quotidiennes ne sont pas réparties comme habituellement selon les genre notamment parce que ses parents tiennent un petit commerce). Parle de son attirance pour les garçons, ses relations avec d’autres filles, les injonctions à certains comportements qu’elle reçoit du monde extérieur, comment elle s’y plie plus ou moins, comment son mariage et ses enfants modifient sa vie malgré sa volonté d’éviter ça.

Le style d’écriture est assez prenant, avec des retours en arrière quand elle décrit quelque chose de façon péremptoire (pour dire, « bon là j’ai dit ça comme si c’était une vérité absolue en laquelle j’ai toujours cru, mais en fait… »), le signalement du fait qu’elle pense d’une telle façon maintenant mais qu’à l’époque ce n’était pas du tout des éléments qu’elle prenait en compte…

Grosse recommandation.

Article invité : A Quiet Place, de John Krasinski

Film d’horreur/de SF américain de 2018. L’article est rédigé par OC.

Film d’autant plus décevant que le principe avait l’air extrêmement prometteur (« Ça fait peur et y’a de la langue des signes ») : une famille vit en mode survivaliste (de luxe) dans la campagne américaine, dans un futur proche où des bestioles aveugles mais à l’ouïe très fine repèrent leurs proies (= les humains et, apparemment, les ratons-laveurs) de très loin et les bouffent en moins de temps qu’il ne faut pour dire « hyperacousie ».

On voit donc toutes les stratégies mises en place par la famille pour vivre sans faire de bruit : langue des signes (ce qui est facilité par le fait que l’aînée est sourde – le personnage est d’ailleurs incarné par une comédienne elle-même sourde, ce qui est appréciable), sable ou peinture sur le sol pour atténuer les bruits de pas ou mettre en évidence les planches de l’escalier qui ne craquent pas, communication en morse ou par signaux lumineux, couffin insonorisé pour le bébé à naître… Visuellement c’est plutôt réussi.

En revanche, le scénario est grevé de ficelles tout aussi énormes que les trous, ce qui rend difficile de rentrer totalement dans le film. Classiquement, le scénario repose quasi intégralement sur le fait que les personnages font des trucs idiots (est-il donc à ce point impossible d’imaginer un scénario un peu ambitieux où les gens fonctionneraient de manière un peu rationnelle ?) et qu’ils ne se parlent pas. Là, ça pourrait se justifier en partie par le fait que, bah, les gens ne peuvent pas se parler de vive voix (sinon ils sont morts), sauf que justement le nécessaire silence ne les empêche pas de communiquer de plein d’autres manières. Du coup, il y a un gros déséquilibre entre la mise en place d’un univers assez stylé, plein de trouvailles, et l’utilisation plus que réduite qu’en fait le scénario, qui tient sur pas grand chose.

En ce qui concerne les (très) vilains monstres, il ne faut pas longtemps au/à la spectateurice pour imaginer quelques techniques qui auraient permis de faire diversion, de les attirer dans un piège, ou de réaliser des cachettes sonores. Plusieurs plans s’attardent sur des unes de journaux qui titrent « Rien ne peut les arrêter ! » alors que ce qui les arrête, finalement, est un truc plutôt trivial (à savoir « balancer du son à haute fréquence », ce qui est quand même une technique employée par un certain nombre de municipalités pour faire fuir les jeunes qui font tache dans le paysage urbain bourgeois). Mais bon, du coup le film aurait été un peu court, forcément.

Un autre point qui m’a déçue est le traitement du son au long du film. Certes, je ne l’ai pas regardé dans des conditions excellentes et n’ai peut-être donc pas profité de toutes les subtilités. Certaines choses m’ont parues intéressantes mais pas assez assumées (des scènes perçues du point de vue de la jeune fille sourde où le son est coupé, mais seulement pendant quelques secondes ; la scène très touchante où le cadet crie, profitant du bruit de la cascade, mais qui se transforme en fin de compte en set-up d’une autre scène avec la mère). D’autres choses sont franchement vues et revues (enfin… entendues et ré-entendues ?). Je pense notamment aux cris et grognements des méchants monstres qui m’ont évoqués… tous les cris et grognements de tous les méchants monstres dans tous les films américains. Pour moi, aucun sound design un peu original, alors que ce film était l’occasion de faire quelque chose de génial.

Je finirai en parlant la morale sous-jacente du film, et notamment les représentations genrées (puisque c’est ça qui m’intéresse dans la vie, avec les autobiographies de mathématicien-nes). Sur ce point, je suis assez partagée. Le fonctionnement de la famille est ultra patriarcal : le père gère les aspects techniques et technologiques, la chasse, la protection physique de la famille. La mère s’occupe de la santé, de la lessive, de la nourriture, du soin émotionnel. Cette répartition (appuyée de manière lourdingue) est perpétuée par le père, qui oblige son fils à l’accompagner à la pèche alors que ce dernier n’en a aucune envie, et refuse à sa fille d’y aller alors qu’elle en meurt d’envie. De ce point de vue, le positionnement des enfants opère une remise en question du modèle parental : le garçon exprime ses émotions, fait preuve de sensibilité et aide à rétablir les liens affectifs brisés, la fille est bricoleuse et butée. A la fin, c’est la fille qui trouve la solution pour se débarrasser des monstres, soulignant au passage que son père était bien bête de lui interdire l’accès à son atelier car la solution était là depuis l’début. Je pense (j’ose espérer) que c’est l’un des buts du film : un semi-bon point, donc. M’enfin le modèle qui perdure c’est quand même l’autarcie du noyau familial hétéro et la puissance de la carabine face à l’envahisseur. Politiquement (quand par ailleurs on peut déceler un positionnement plutôt pas mal) c’est assez limité, voire un peu craignos.

et puis j’ai pas eu peur :(