Archives de catégorie : Longs métrages

Comment c’est loin, d’Orelsan

Deux aspirants rappeurs qui n’ont rien sorti depuis un freestyle il y a cinq ans se voient poser un ultimatum par leurs producteurs : soit ils ont une chanson d’ici le lendemain, soit c’en est fini de leur collaboration (et de l’appartement gratuit). C’est un film sur l’ennui, sur la panne d’inspiration, sur le confort des rêves qu’on ne tente pas de réaliser, sur le quotidien dans lequel on s’enferme parce que faire des efforts c’est fatiguant. C’est bien vu et bien réalisé. Je suis un peu dubitatif à propos de la fin (parce que ça finit bien, et bon, c’était cool sur le moment mais c’est pas très réaliste).

Le clip de Des Histoires à raconter pour se faire une idée :

Films

Tom à la Ferme, de Xavier Dolan. Film assez noir et perturbant. A l’enterrement de son compagnon, un homme rencontre sa belle-famille, qui ignorait que le défunt n’était pas hétéro. Il tombe vite sous l’emprise de Francis, le frère violent de son ex-amant. La relation entre les deux hommes, mais plus généralement entre tous les personnages est bien malsaine. Mais le film est intéressant. Il met bien en scène la relation dysfonctionnelle entre Tom et Francis, et le syndrome de Stockholm qui se développe chez Tom.

A Series of Unfortunate Events, de Brad Silberling. Adaptation des trois premiers livres de la série éponyme. J’aime beaucoup l’esthétique gothique du film. Jim Carrey est très bon en Comte Olaf. C’est dommage qu’il n’y ait pas eu de suite.

Si tu tends l’oreille, de Yoshifumi Kondō. Film du studio Ghibli. J’ai bien aimé la première partie, le côté été qui s’étend, film coming of age, l’héroïne qui bouquine à la bibliothèque, écrit des chansons pour ses potes et se balade dans son quartier. Je suis moins fan de la seconde partie, l’histoire d’amour est un peu brusquée, tu sens que l’héroïne est pas très heureuse dans son marathon d’écriture.

Before Midnight de Richard Linklater. Troisième volet de la série des Before. On retrouve les deux mêmes personnages, très bien joué⋅e⋅s par Hawke et Delpy. Les personnages sont moins idiots, de par la majorité qu’ils ont gagné. J’ai trouvé le début et la fin de la dispute un peu forcés, et la dispute déséquilibrée : on est vachement davantage du côté du mec qui n’a pas l’air de monter en épingle tout ce qui dit l’autre et qui ne passe pas de leur couple à des grandes généralités en cinq secondes. Je l’ai largement préféré aux deux précédents.

Le Projet Inachevé, de Manolis Papadakis

Sur l’occupation de la place Syntagma à Athènes en 2011, pour protester contre le mémorandum de la Troïka.

Très intéressant, on voit les énormes similitudes dans l’organisation avec Nuit Debout (et c’est un peu pessimiste du coup vu que ça a été un échec). Le point de vue adopté par le documentaire est un peu paradoxal puisque c’est « les actions violentes et la multiplicité des pratiques ont desservi le mouvement » alors que l’occupation pacifique de la place se fait totalement défoncer par les CRS-like ultra-violents.

Ghost in the Shell, de Mamoru Oshii

J’ai beaucoup aimé l’ambiance. L’univers est très bien présenté, ça passe par plein de petits détails (et une séquence de deux minutes sans dialogue où on te montre juste des petites scènes de la vie dans l’univers, certes). Des questions philosophiques relatives à la technologie, un bel univers bien présenté et plein d’architecture cool, des combats épiques, tout ce qu’il faut.

La Tortue Rouge, de Michaël Dudok de Wit

Dessin animé sans paroles. C’était très joli et assez étrange. Un homme se retrouve naufragé sur une île. Une tortue rouge détruit les radeaux qu’il construit. Il tente de tuer la tortue, mais elle se transforme en femme… Difficile de décider de ce qui est une hallucination ou le monde réel dans le film. C’est très poétique, très joli. Je trouve que la femme/tortue n’as pas trop de motivation propre et semble un peu une <i>manic pixie turtle girl</i> mais j’ai bien aimé le film quand même. Les passage en nuance de gris durant les nuits étaient vachement cools.

Vincennes, l’université perdue, de Virginie Linhart

Un documentaire composé d’images d’archives et d’entretiens, sur l’Université de Vincennes, construite en trois mois après Mai 68 et détruite en trois jours après son évacuation. Une université ouverte à tou⋅te⋅s, avec une implication réelle des élèves dans les programmes, et une très forte politisation. Ça faisait assez rêver, malgré les problèmes de gestion et de drogue (après, le documentaire est très clairement en faveur de l’université).

Twelve Angry Men, de Sidney Lumet

Film étatsunien paru en 1957. Un jury se retire pour délibérer du cas d’un jeune qui aurait assassiné son père. Tous sauf un (Henry Fonda) sont prêts à le condamner sur le champ. Un huis-clos se déroule, le temps d’obtenir un verdict unanime. Très bon film, très intense alors qu’il n’y a que de la discussion et aucune action. Les acteurs sont tous très bons dans leurs rôles.

Avril et le Monde Truqué de Franck Ekinci et Christian Desmares

Dans un monde uchronique ou l’Humanité n’a jamais découvert l’électricité et où les Napoléons règnent toujours sur la France en 1941, une fille cherche à recréer le sérum que ses parents chimistes avaient créés juste avant leur mystérieuse disparition. Un dessin animé dans le style de Tardi avec de l’uchronie, du steampunk, de l’écologie, j’ai bien aimé même s’il y a quelques longueurs.