Archives de catégorie : Culture/Procrastination

The City and the City, de Tom Shankland

Adaptation du livre éponyme de China Miéville : Beszel et Ul Qoma sont deux cités entremêlées (pensez à Berlin Est et Ouest, ou Jérusalem), où les habitants de chaque cité sont entraînés dès la naissance à ne percevoir que ce qui appartient à leur cité et à ignorer l’autre, sous peine de voir intervenir une mystérieuse force de police, Breach, intervenir. Dans ce contexte politiquement complexe, une étudiante américaine de l’université d’Ul Qoma est retrouvé morte à Beszel…

Y’a des éléments intéressants dans l’adaptation mais je n’ai pas été fan de tout : j’ai bien aimé l’atmosphère des deux villes, mais le différentiel technologique entre les deux est trop important pour être crédible, même s’il facilite les choses en terme de compréhension visuelle. Quelques incohérences dans le scénario aussi, en terme de motivation des personnages notammment. Enfin, la conclusion est un peu faible mais je crois que c’était déjà le cas dans le roman de Miéville.

Je râle mais globalement c’était une bonne mini-série, ça vaut le coup de la regarder, bons acteurs, belle esthétique, intrigue policière classique un peu compliquée par la nature duale de l’endroit où elle se déroule.

Railsea, de China Miéville

Ça commence comme un hommage à Moby Dick et très vite ça bifurque, ça devient un hommage à plein de styles différents de littérature maritime, avec en plus le style particulier de China Miéville, super inventif aussi bien en terme de récit que de construction littéraire.

Notamment j’ai beaucoup aimé le dispositif des courts chapitres où la narration commence sur certains personnages, puis le narrateur décide que non, ce n’est pas le moment de parler d’eux encore, et que mieux vaut en fait aller voir ce que fait tel autre perso.

Comme toujours avec China Miéville, grosse recommandation.

Turbo Kid, d’Anouk Whissell, François Simard et Yoann-Karl Whissell

Film post-apocalyptique tourné en 2015 et se déroulant en 1997. Dans un monde en proie à un univers nucléaire permanent, des personnages tentent de survivre dans « Les terres désolées », arides et peuplées de personnes peu recommandables. Notamment, un adolescent passionné des comics de Turbo-Man.

C’est assez étrange. C’est un pastiche des et hommage aux films de l’époque et il est très réussi pour le côté pastiche (les personnages unidimensionnels mais attachants, le gore improbable, les costumes post-apo et toute l’esthétique…) . Après ils auraient pu prendre des caractères féminins un peu moins tropesques (la manic pixie dream girl et la main droite du méchant), et le héros n’a pas du tout un comportement cohérent entre le début et la fin du film. Mais sinon ça se regarde bien, tu te sens que les participants se sont amusés à le faire, plein de petits clins d’œil en arrière plan.

Pacific Rim II: Uprising, de Steven S. DeKnight

Sympathique. Rien d’incroyable mais je l’ai trouvé plus réussi que le premier, le personnage de John Boyega est vachement cool. J’ai préféré la présentation de l’équipe de scientifique dans cet opus que dans le précédent. Le concept de la fusion Kaiju/Jaeger est assez cool, ainsi que les Jaeger recréé depuis les parties des Jaeger détruits, même s’ils auraient pu davantage insister sur le rafistolage dans leur esthétique (là on a l’impression qu’ils ont pris le temps de remettre une couche de peinture dessus à la fin. De façon générale pour moi les Jaeger sont trop esthétiques, ils seraient plus « crédibles » (ouais, j’ose utiliser « crédible » pour parler d’éléments de Pacific Rim) s’ils étaient un peu plus bruts de décoffrage, en métal brut avec les rivets visibles par ex).

The Last Jedi, de Rian Johnson

C’était joli, mais c’était long. De très beaux trucs visuels (le combat sur la planète avec des cristaux de sel rouge), mais pas grand chose qui se passe.

Un truc qui me frappe au passage dans cet épisode, c’est l’absence totale de gens pas impliqués directement dans le conflit : à trois gamins logeant dans une écurie près, les seuls civils que l’on voit ce sont des vendeurs d’armes, montrés comme riche et décadent. Dans les deux premières trilogies on voyait des planètes pas totalement désertes (Tatooïne, Coruscant, Bespin…) avec des gens qui vivaient leur petite vie civile, en composant plus ou moins avec qui l’Empire, qui la Fédération du commerce. Un effet lié à ça, c’est qu’on se retrouve avec une résistance qui a l’air totalement inexistante : à la fin du film, « la Résistance » c’est une grosse dizaine de personnes. Dans la trilogie originale tu avais une Résistance assez forte mine de rien, s’appuyant sur des systèmes entiers qui lui fournissait de l’appui logistique. Là que dalle, c’est une poignée de clampins coupée de tout et tou⋅te⋅s.

Et puis beaucoup de retournement/contre-retournement de situation (Luke est mort/non il était pas là/mais en fait il est mort quand même, Kylo est gentil/non il est méchant/non il se retourne contre son maître/mais c’est pour prendre sa place…) qui rallonge un peu inutilement l’histoire. Bref, un peu trop boursouflé comme film, less is more.

The Exorcist, série télévisée

J’ai regardé en un weekend les 2 saisons de 10 épisodes. C’était la bonne durée pour pouvoir tout regarder d’un coup (la série a été annulée après la seconde saison). Sentiments mitigés : clairement il y a des longueurs, beaucoup de répétitions, et on sent que la série ne sait pas toujours trop où elle va, avec les pouvoirs des démons et leur susceptibilité aux rituels et objets d’exorcisme qui varie énormément d’un épisode à l’autre selon ce qui est utile aux scénaristes. Donc clairement une série dispensable de ce point de vue là. Après, les personnages sont vraiment bien construits et attachants. D’une part le duo d’exorciste dont la dynamique fait toute la série, mais aussi la majorité des personnages secondaires (exceptés ceux qui sont dans la hiérarchie de l’Église).  Ils sont intéressants, divers, subtils, c’est assez cool. Globalement je pense que y’a beaucoup à dire sur les modèles de masculinité présentés par cette série (mais par quelqu’un qui s’y connaît plus que moi)

Captain Fantastic, de Matt Ross

Film de 2016.

Un homme vit dans la forêt étasunienne avec ses nombreux enfants. Il leur donne une éducation survivaliste, axée sur la forme physique, la libre pensée et une philosophie d’extrême-gauche. Suite au décès de sa femme, la famille va devoir se confronter à la civilisation et aux normes sociales.

C’est assez cool (ce qui me fait penser que dans le film y’a un rant sur le fait de dire des trucs que c’est « intéressant » ou « cool » plutôt que de qualifier ce qu’il y a de notable, mais tu sais quoi ? Va te faire voir, film). Le père de famille a des vues totalement extrémistes sur l’éducation, qui sont montrées comme ayant des résultats efficaces (les enfants sont sportifs, ultra-cultivés et malins par rapport à leurs cousins qui glandent devant la console), mais très loin d’être parfaite : dans plein de situations ils ont pas les références et les codes pour interagir avec l’ensemble de la société (assez prévisiblement) et on ne sait pas trop si leurs vues d’extrême-gauche ne sont pas en grande partie de l’endoctrinement (le plus grand fils dit qu’il n’est plus trotskyste mais maoïste, mais tous les autres répètent juste des slogans). Mais sinon c’est fort sympa et bien filmé, je recommande

[Je me demande si ça ne vaudrait pas le coup que je fasse des tags « recommandation » et « à éviter » pour un tri plus rapide. Mais après ça demande de repasser sur toutes les critiques précédentes…]

Gravity Falls, d’Alex Hirsch

Série animée en 2 saisons diffusée par Disney. La série suit les aventures de deux jumeaux, Mabel et Dipper, envoyés passer un été avec leur grand-oncle Stan dans une petite ville de l’Oregon. Stan tient un cabinet de curiosités plein de fausses attractions pour escroquer les touristes, mais les deux jumeaux réalisent vite que la ville est pleine de vraies manifestations paranormales.

J’ai bien aimé, l’histoire est intéressante, 2 saisons c’était le bon format, il y a une vraie conclusion avec des enjeux, c’est cool. Après, y’a pas mal d’épisodes qui tournent autour de l’attraction amoureuse de Dipper (12 ans) pour Wendy (15), et c’est pas super bien amené ni traité, ça c’est un peu dommage. Globalement le traitement des questions de genre dans la série n’est pas fou, c’est le gros reproche que j’aurai à lui faire, sinon j’ai beaucoup aimé.

Wonder Woman, de Patty Jenkins

Film de super-héros de 2017. La genèse de Wonder Woman. C’est très lisse dans l’écriture et l’image. On voit venir les retournements de situations et les péripéties en général à 300 km. Un  truc que j’ai trouvé assez problématique : la présentation de la 1ère Guerre Mondiale selon la narration habituellement réservée à la Seconde : le camp du bien vs le camp du mal, avec de très vilains Allemands qui réduisent les villages en esclavage.

Et par ailleurs y’a un usage du trope Born Sexy Yesterday : Diana ne connaît rien à la société humaine donc elle transgresse toutes les conventions, et veut notamment se déshabiller en public…

Bref, ça a assez peu d’intérêt, après ça se laisse regarder comme film de pur divertissement, mais vous pouvez trouver mieux dans le genre.