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Black Mirror, saison 3 & 4

Saison 4 :
J’ai trouvé cette saison largement inférieure aux précédentes (et comme la précédente était déjà faiblarde, voire infra, ça sent quand même bien la pente descendante).
Globalement, mon reproche c’est que ce qu’il y avait d’intéressant dans les premières saisons c’était « Comment tel développement technologique pourrait bouleverser (pour le pire, généralement) la société ? ». Là, c’est plus « comment tel développement technologique pourrait être très mal utilisé dans tel cas particulier ? », ce qui est sans surprise beaucoup moins fort. Tu ne finis pas les épisodes en te disant « ouais ça fait réfléchir quand même ».
Le premier, le concept de dénoncer une relecture de Star Trek  comme une fantaisie de pouvoir de mec blanc sans tout le côté progressiste est intéressant, mais pour le reste bof. Le second c’est celui qui fait le plus Black Mirror originel je trouve. J’ai trouvé Metalhead (le cinquième sympa à regarder et bien réalisé, mais c’est pas du Black Mirror et c’est vu et revu depuis Second Variety de Philip K. Dick (adapté à l’écran dans Planète Hurlante). Crocodile et Hang the DJ n’ont aucun intérêt en tant qu’épisode de Black Mirror, mais Hang the DJ est rigolo à regarder. J’ai détesté Black Museum, le final qui reprend le concept de l’épisode White Christmas en moins bien. Aucun intérêt narratif, et il est juste voyeuriste (en faisant semblant de dénoncer ce qu’il te donne à voir), avec des valeurs de merde (trop cool la vengeance et la souffrance !).

Saison 3 :
J’ai trouvé cette saison plus faible que les deux précédentes. L’épisode San Junipero est cool, Shut up and dance est très bien réalisé (et glaçant, notamment parce qu’il pourrait se dérouler maintenant) mais pour les autres je trouve qu’ils sont restés très convenus. Les thèmes ont déjà été explorés depuis longtemps par d’autres œuvres, et parfois avec plus de subtilités. J’ai particulièrement été agacé par le dernier où j’ai apprécié le fait d’avoir des personnages principaux féminins dans des rôles classiquement masculins, mais l’histoire est mal racontée, les retournements de situations se voient venir à des kilomètres et y’a d’énormes failles dans le scénario.

 

Philip K. Dick’s Electric Dreams

Série télé produite par Amazon en se basant sur des nouvelles de Philip K. Dick. Ca fonctionne comme une anthologie : chaque épisode est un récit indépendant d’une heure. J’ai pas été enthousiasmé, je trouve que le résultat fait un peu cheap. Y’avait des trucs intéressants dans le premier épisode, surtout esthétiquement, mais le tout fait pas très fini. Après c’est dur d’adapter du Dick, et clairement toutes ses nouvelles ne sont pas extraordinaires ni polies aux entournures. Mais bon, je pense quand même qu’il y avait moyen de faire mieux, Amazon s’est bien mieux débrouillé sur l’adaptation de The Man in the High Castle (mais ils y ont probablement mis plus de moyens qu’ici).

Baron Noir, de Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon

Série politique française. J’avais gavisionné la saison 1 à sa sortie et là j’ai gavisionné la saison 2. Beaucoup aimé la saison 1, à laquelle je reproche juste d’avoir un PS qui propose des trucs de gauche alors que bon, dans la réalité… Sinon c’était assez cool de voir une série type House of Cards mais avec les institutions françaises et des lieux français. Par rapport à HoC ce qui est bien aussi c’est que tous les personnages sont intelligents et manigancent, pas juste le perso principal qui est surhumain. Du coup c’est plus intéressant et les stratagèmes des un⋅e⋅s peuvent plus souvent échouer face à ceux des autres.

La saison 2 j’étais un peu partagé. Je trouve que l’actrice qui joue la présidente fait un peu forcée quand elle parle. Par ailleurs, ça manque des points de vues de gens qui ne sont pas des professionnels de la politique, des syndicalistes, des gens ordinaires… Là c’est vraiment l’Histoire faite par les grands hommes. Par contre ça présente une vision intéressante du passage clivage droite/gauche à droite nationaliste / centristes / gauche.
Leur Mélenchon-like est très bien fait, leur Valls-like aussi. J’ai pas trop trop reconnu les autres mais les personnages sont bien écrits.

Thor: Ragnarok, de Taika Waititi

Film de 2017, dans la série des films de super-héros produits par Marvel. J’avais pas vu les deux films Thor précédents et j’ai pas spécialement l’intention de le faire, mais j’ai passé un très bon moment devant celui là. Y’a un côté « Fuck it, let’s just have fun » assez réjouissant. On sent qu’ils ont plein de moyens et les décors sont très beau, et en même temps y’a des moments où leurs effets spéciaux sont tout miteux parce que « Fuck it, let’s just have fun ». Le côté super héros est très atténué, y’a la structure classique de « oulala, tel mauvais truc est annoncé, et voici un gimmick qui explique que je suis moins fort que d’habitude », mais le tout est vraiment un prétexte pour mettre en scène des personnages qui sont tous plus désastreux les uns que les autres et les voir échouer toute forme d’interaction. Tous les tropes classiques (explication du méchant, entrée grandiloquente) sont subvertis, c’est pas forcément incroyablement novateur, mais c’est bien fait.

Un bémol, le début est un peu long de façon qui sert à rien dans le film, juste pour le connecter à l’univers Marvel étendu en introduisant Stephen Strange. Il doit facilement y avoir 10 minutes virables là sans aucun besoin de remontage, c’est vraiment juste de la digression qui n’a aucune influence sur le reste du film.

Musée des Arts décoratifs : autres objets et détails

Autres détails ou objets exposés dans le Musée des Arts Décoratifs vus à l’occasion de l’exposition Constance Guisset mais pas directement liés.

Détail du plafond du musée (certaines salles avaient des murs vierges, avec la couche de peinture/enduit enlevée, ça donnait un style intéressant avec les moulures et encorbellements du plafond plus ou moins restauré et les planchers classe)
Délimitation sur parquet
Botr4
Retable aux armes d’Antoine de lescure, 1520 – 1530, noyer.
Pinacle, France, XIVe siècle, bronze doré
Porte d’une armoire de sacristie
Sur le mur du musée des arts décoratifs.

Exposition Constance Guisset au Musée des Arts Décoratifs.

Exposition « Actio ! », offerte par une amie qui travaille dans le studio de Constance Guisset. C’était assez intéressant, j’ai beaucoup aimé toute la partie dialogue entre les œuvres, c’était la première fois que je venais au Musée des Arts Décoratifs et il y avait en soi de très beaux objets (on n’a vu que des collections médiévales en plus des œuvres installées pour l’exposition).

Les oeuvres (objets ?) de Constance Guisset étaient cools aussi, après même s’il y a une volonté d’accessibilité dans son design et des questions de redesigner pour avoir des processus de fabrication à terme moins coûteux, tout n’est clairement pas accessible à tou⋅te⋅s en terme de prix, mais dans le cadre d’un musée c’était intéressant.

Vierge à l’enfant et espace d’accueil
Table d’époque et tabouret actuel
Lampes vertigo
Fauteuil et dessinatrice
Lampes suspendues
Congrégation de lampe
Chaise et espace
Lampe et clair obscur
Empilement de tables
Mobile
« La pluie dans la maison », lampe, et mur de briques
Miroir et réflexion
Etalage de dessous de plat.

Chrétiens d’Orient : exposition à l’IMA

Exposition pour laquelle j’avais deux places gratuites pour une visite guidée. J’y suis allé avec une amie conférencière des musées nationaux, et vu le niveau de la guide officielle, on a rapidement décidé de faire notre propre visite.

Il y a avait de très beaux objets, l’exposition partait des débuts du christianisme jusqu’à la période actuelle, en parlant des courants monastiques, de la coexistence plus ou moins pacifique avec les populations juives et musulmanes, des rapports diplomatiques entre Orient et Occident… C’était très intéressant et bien d’entendre parler des chrétien⋅ne⋅s d’Orient dans un contexte pas politiquement instrumentalisé (généralement à des fins islamophobes).

Imagine the fanfictions
Calligraphie sur la 1ère capitulation (= convention diplomatique 1535-1536) entre le sultan Soliman le Magnifique et le roi de France François Ier. Cette alliance a filé un gros avantage stratégique aux Français à l’époque
Pentateuque, début de l’Exode, enluminé comme un Coran. Copié par Girgis Abî al-Mufaddal, Égypte 1353
Stèle funéraire d’Apa Sanso
Sohag, Egypte, VII-VIIIe siècle, Calcaire
Bas relief

La Défense encore

J’ai un peu délaissé l’appareil photo ces derniers temps (il fait moche, je travaille jusqu’à ce qu’il fasse nuit, j’ai une flemme d’ordre générale), du coup les recensions culturelles envahissent le blog. Bon, c’est bien aussi, mais j’étais content de poster des photos.

Voici donc (pour la troisième fois après ici et ici, mais sous encore un autre aspect) des photos de la Défense, qui occupe un peu trop de ma vie en ce moment.

Bassin Takis, de jour
Voitures et tours
Bassin
Conglomérat de tours
Bassin Takis
Bouche d’aération de l’autoroute souterraine, décorée d’une mosaïque immense
Femme

How to live safely in a science-fiction universe, par Charles Yu

Un livre sur le voyage dans le temps. Bon, le voyage dans le temps est un prétexte, l’auteur est rapidement assez clair sur le fait qu’il se fiche un peu de faire une histoire cohérente du point de vue du voyage dans le temps, mais ça reste frustrant de ce point de vue néanmoins. Le voyage dans le temps est un prétexte pour un voyage du narrateur à travers ses souvenirs, son rapport au temps et à son père, mystérieusement disparu après avoir inventé la première machine à voyager dans le temps. Je vois ce que l’auteur tente de faire, mais ça ne marche  qu’à moitié, avec des passages nostalgiques/retrospectifs réussis minés par l’univers science-fictionnel/obéissant aux lois de la narration dans lequel vit l’auteur en étant conscient d’y être (et y’a tout un jeu sur la conjugaison avec la machine qui voyage entre des passés/présents/futurs indicatifs mais se retrouve soudainement en mode subjonctif dans une espèce d’univers parallèle hors du temps où les choses sont ce qu’elles devraient être, mais ça marche pas trop non plus faute d’être exploré jusqu’au bout. Ce qui a nouveau est frustrant, parce qu’il y avait des idées/une approche originale.

Bref, dans le genre je recommande plutôt Fugues, de Lewis Shiner (d’ailleurs je vais me recommander de le relire tant que j’y suis).