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Au Service de la France, de Jean-François Halin

Série française diffusée sur Arte. Une série qui parle sur un ton humoristique des services secrets français des années 60s, persuadés que la France est la plus grande Nation du monde.

J’ai beaucoup aimé la première saison, passés deux/trois épisodes pour rentrer dans l’esprit. La photographie est très belle, il y a un côté « OSS 117 meets MadMen », la toile de fond des événements historiques de l’époque est bien exploitée, le côté franchouillard et bureaucratisation à l’extrême est réussie, les enjeux et la structure narrative de la saison sont équilibrés.

La saison 2 commençait très bien, avec une plus grande place donnée aux personnages féminins (même si on peut regretter la disparition de l’agent Clayborn, qu’on ne voit que dans l’épisode 1). Mais à mi-saison, je trouve que la tendance s’inverse : la montée en puissance et en temps d’écran du personnage de Marie-Jo laisse la place à sa sexualisation, et l’essentiel des actions des personnages tourne autour d’enjeux internes au Service, sans qu’ils se positionnent sur les crises qui touchent la France et le monde (typiquement « quoi, il y a eu un attentat sur le Général de Gaulle ? Ça m’embête bien parce que je voulais lui parler d’un problème administratif », de la part du directeur des Services Secrets…)
Et autant je trouve que la série sait être équilibrée entre humour et contexte historique dans sa représentation des enjeux de la Guerre d’Algérie, autant dans sa représentation de l’URSS c’est assez baroque. Globalement je trouve que la saison 2 peine beaucoup plus à trouver son ton entre son intrigue sérieuse et ses moments de  comédie.

Dans l’ensemble j’ai passé de bons moments devant la série, des personnages et des scènes sont très bien trouvés même si la série peut patiner un peu par moment, je recommande.

Éclaircir les Ténèbres, de Nicolas Bouchard

Le pitch était joli : en 1640, des phénomènes inexpliqués frappent une petite vallée du Jura. Le cardinal de Richelieu envoie sur place une troupe de mercenaires, dont René Descartes,pour faire la lumière sur les événements mystérieux.

Sauf que bon. Les personnages sont tous très clichés : les mercenaires au grand cœur, le philosophe pragmatique enquêteur à la Sherlock Holmes, les méchants très très méchants sans que l’on sache pourquoi, les persos féminins sans grand intérêt… Et au final les phénomènes inexpliqués sont bien dus à des puissances magiques avec une explication vaseuse de pourquoi elles se manifestent, du coup tu comprends pas trop pourquoi on a voulu te vendre Descartes et la méthode scientifique là dedans.

Bref, je ne recommande pas.

Ernest et Célestine, de Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier

Film d’animation français.

Deux mondes qui vivent en parallèle, celui des ours et celui des souris. Les souris se glissent la nuit chez les ours pour récolter des dents, mais chaque espèce est terrifiée par l’autre. Une nuit, une souris plus téméraire que les autres va s’allier avec un ours misanthrope (misursin ?). Poursuivi par les polices des deux espèces, ils vont hiverner isolés de tout pour faire de la musique et du dessin. Mais avec le printemps, le monde extérieur les rattrape…

C’était très sympa, très beau (dessins à l’aquarelle), ça aurait pour être tourné sur un mode épique (typiquement ça ferait un bon scénar de film young adult), mais là c’est traité de façon plus paisible. Y’a aussi un petit message « ordre établi, police partout, justice complice » qui est intéressant.

Je recommande.

Denise Jones, agente super-héroïque et deux autres nouvelles de John Scalzi.

Trois très courts textes de John Scalzi, offerts par une libraire fort affable. Trois nouvelles de science-fiction humoristique. Une agente qui place des super-héros, une culture de levures pour yaourt qui devient maître du monde, et des interviews sur des animaux extraterrestres. Joue avec les tropes, sympa, mais reste assez anecdotique, notamment parce que se lit très vite, du coup pas le temps de développer grand chose.

La Femme gelée, d’Annie Ernaux

C’était vachement bien. Livre sur l’enfance, les années d’études et le début du mariage d’une femme française des 30 Glorieuses. Sur sa perception des différences genrées, de la position spécifique de sa famille (où les tâches quotidiennes ne sont pas réparties comme habituellement selon les genre notamment parce que ses parents tiennent un petit commerce). Parle de son attirance pour les garçons, ses relations avec d’autres filles, les injonctions à certains comportements qu’elle reçoit du monde extérieur, comment elle s’y plie plus ou moins, comment son mariage et ses enfants modifient sa vie malgré sa volonté d’éviter ça.

Le style d’écriture est assez prenant, avec des retours en arrière quand elle décrit quelque chose de façon péremptoire (pour dire, « bon là j’ai dit ça comme si c’était une vérité absolue en laquelle j’ai toujours cru, mais en fait… »), le signalement du fait qu’elle pense d’une telle façon maintenant mais qu’à l’époque ce n’était pas du tout des éléments qu’elle prenait en compte…

Grosse recommandation.

The Handmaid’s Tale

Série adaptée du roman éponyme de Margaret Atwood. C’est très bien fait, c’est glaçant, c’est à voir, mais faut être bien accroché (much much violence psychologique). La série a été renouvelée pour une saison 2, mais la 1 couvre l’intégralité du bouquin, je me demande ce que ça va donner.

Saison 2 :

Ça part un peu dans tous les sens, c’est dommage. Y’a des pistes narratives (l’exfiltration de June) qui sont lancées mais la série décide finalement de les annuler au bout de quelques épisodes pour revenir au statu quo, c’est assez frustrant. Y’a aussi des trucs qui tournent en rond sans que tu saches où ça va : tout ce qui est montré aux Colonies notamment. Oui, ok, et ? Fort agacé aussi par le fait que la série a piétiné pendant toute la saison et tout d’un coup il se passe plein de trucs pendant le final juste pour te faire des cliffhangers d’ici la prochaine saison. Surtout des cliffhangers qui n’ont aucun sens comme la décision de June de ne pas partir…
Il y a aussi des trucs intéressants par ailleurs : l’attentat, les tentatives de relations internationales de Gilead, les évolutions de Serena, et la façon dont est mis en scène l’accouchement de June.

Et je suis d’accord avec cet article de The Cut qui explique que la série dans cette seconde saison utilise les violences envers les femmes pour être plus edgy, montrant explicitement les actes de violence plutôt que de se concentrer sur les mécanismes qui peuvent mener à l’acceptation ou à la résistance envers le nouveau régime.

Lo Chiamavano Jeeg Robot, de Gabriele Mainetti

Film italien de 2015. Un petit délinquant romain acquiert une force surhumaine après avoir été en contact avec un produit radioactif. Il commence par s’en servir pour faire des braquages faciles, sans rien changer à son style de vie (il achète juste une plus grosse télé et remplit son frigo de Danettes). Mais il rencontre une fille obsédée par le dessin animé Jeeg robot d’acier, qui est persuadé qu’il en est le héros et qu’il doit réaliser son destin de protecteur de l’Humanité…

J’ai beaucoup aimé. C’est une origin story de super héros ultra classique (avec les défauts du genre, comme l’intérêt amoureux qui meurt pour donner au héros une raison de se battre), mais c’est intéressant d’en avoir une version pas américaine. C’est très bien filmé, l’action se passe dans les banlieues défavorisées de Rome, le héros est un anti-héros très classique (sa rédemption finale est un peu trop rapide pour être crédible), et mention spéciale au personnage du Gitan, méchant particulièrement réussi.

(J’ai cru que je pourrais voir le film en italien sous-titré italien mais que dalle. Entre le parler populaire, les gens qui parlent vite et les romanismes, j’ai très vite abandonné pour des sous-titres fr)

Gorge de Kakuetta et sommets pyrénéens

Randonnée avec deux de mes colocataires. Nous sommes allés visiter la Gorge de Kakuetta, un canyon creusé par un torrent de montagne. Le site est magnifique, accès payant qui sert à entretenir les aménagements, à un tarif très raisonnable et largement justifié. La randonnée elle-même était courte (3h en tout en comptant les pauses), mais on a un peu vu du Béarn et du Pays Basque en se rendant sur le site. Après la randonnée nous sommes montés à la frontière (dans l’espoir déçu de trouver du chocolat à des prix ridicules), changement instantané d’atmosphère. Nous nous sommes retrouvés dans la brume sur des prairies rases, entre des vaches et des troupeaux de moutons, dans une atmosphère que j’aurai davantage associé à l’Irlande qu’à l’Espagne.

Végétation surplombant le canyon

Ponts

torrent et végétation ensoleillée

Dans le canyon

Écoulements

gorge étroite

Canyon et promenade aménagée

Lac en sortie du canyon

Pyrénées embrumées

Prairies de crète

Brume sur la frontière

Fleabag, de Phoebe Waller-Bridge

Saison 1 :

J’ai mis quelques épisodes à accrocher, mais c’est vachement bien. Série sur une anglaise d’une vingtaine d’années qui tente de faire vivre le café qu’elle avait monté avec une de ses amies, et de maintenir en forme sa vie amoureuse/sexuelle et sa vie familiale. Il ne se passe pas grand chose mais c’est très drôle, l’héroïne est très très bien écrite, à la fois une personne atroce et géniale, super personnages autour, notamment sa sœur, le personnage auquel je m’identifie le plus.