Le Petit Chaperon Rouge, de Joël Pommerat

Spectacle familial de Joël Pommerat. Spectacle familial, ça implique qu’il ne soit pas trop long (45 minutes) pour retenir l’attention des enfants, et d’avoir une salle avec une grosse proportion d’enfants, trop refaits de la sortie en famille et de voir leur pote dans un contexte inhabituel, qui se font donc des grands coucous à travers la salle, c’était rigolo comme ambiance. Je ne vais pas résumer l’histoire, il y a de bonnes chances que vous connaissiez les grandes lignes. Précisons quand même que Pommerat élude les iconiques bobinette et chevillettes ainsi que la galette et le petit pot de beurre, pour se concentrer sur l’essentiel de l’interaction grand-mère/petite fille/loup. Il rajoute aussi un long prélude sur les relations de la petite-fille à sa mère, petite-fille qui ne sera ni appelée ni affublée d’un chaperon rouge avant la dernière scène où elle sera devenue adulte.

De beaux passages sur la mère qui joue à être monstrueuse pour amuser sa fille qui en redemande, très bien mis en scène et très bien joué par l’actrice. Dans ce passage et dans les relations de la petite fille au loup, il y a des possibilités d’interprétation sexuelle assez claires pour les adultes (en même temps c’est normal au vu du matériau-source). Je n’ai pas été enthousiasmé dans la mise en scène, qui est assez dépouillée, mais tout ce qui tourne autour du loup est assez réussi. Sa présence dans l’ombre puis emmitouflé dans les draps, qui à chaque fois ne laisse deviner que son museau, fonctionne très bien. La scène où il est dans l’embrasure de la porte de la grand-mère (avant de la manger), où la porte est figurée d’un quadrilatère de lumière sur la scène qui l’éclaire l’acteur d’un contrejour, est une super mise en scène. Les ruptures de tons dans le discours du loup qui s’impatientent en discutant avec la grand-mère et la petite fille marche très bien pour relâcher la tension et faire rire les enfants (qui accrochent aussi très bien sur la corde de la frayeur, dédicace à la petite fille qui a dit d’une voix blanche « c’est le loup » quand un hululement a retenti dans les hauts parleurs).

Bref, c’était bien, avoir un spectacle court c’est une expérience différente de d’habitude je trouve, et la mise en scène fonctionnait bien pour réactiver un texte très connu.

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