Promising Young Woman, d’Emerald Fennell

Film US sorti en 202[0/1]. Cassie est une femme qui passe ses soirées à faire semblant d’être alcoolisée dans les clubs de sa ville, pour tester le comportement des hommes qui vont voir en elle une cible facile, et leur défoncer la gueule le cas échéant. Elle tombe un jour dans le cadre de son travail de jour sur un ancien camarade de promotion datant de l’époque de ses études de médecine. Elle apprend à cette occasion le retour aux États-Unis de l’homme de sa promotion qui avait violé sa meilleure amie. Elle décide alors de mettre un branle un plan de vengeance en plusieurs parties.

C’est un film de rape and revenge avec des twists et une approche plus féministe, mais ça reste un film de rape and revenge et je trouve ça pas incroyable comme genre de base. Ici, j’ai été déçu par l’approche psychologisante du sujet du film. Alors que ça démarrait bien, avec une femme qui prend un rôle de vigilante, finalement elle fait ça non pas pour des raisons structurelles mais pour venger son amie (alors oui on peut faire les deux à la fois, mais là dans les faits elle décide de se focaliser entièrement sur la vengeance au bout d’un moment). De plus, le film la montre n’ayant aucune vie sociale ou personnelle en dehors de sa vengeance. Ce n’est que quand elle tente d’abandonner sa quête qu’elle s’autorise une relation sentimentale (et qui du coup est montrée comme une relation totalement clichée – même si la relation est déconstruite plus loin dans le film, je pense que ça aurait été plus intéressant vu le sujet de montrer une relation où les enjeux de consentement sont plus présents tout du long).
L’esthétique du film est aussi très consensuelle, avec des couleurs pastels, de la violence esthétisée, j’aurai bien voulu vu le sujet quelque chose de plus tranchants sur ce point (là aussi, je vois qu’on est dans la subversion des tropes de la comédie romantique, mais ça ne me convainc pas énormément).

Après, c’était bien de faire un film sur ce sujet qui évite la nudité féminine et qui pointe à plusieurs reprises le côté structurel des problèmes (les institutions qui ignorent les soucis et préfèrent préserver la carrière des hommes que les femmes, les hommes qui se soutiennent et se protègent entre eux…) La bande son était assez réussie aussi, même si elle joue bien à fond la carte des reprises en mode mineur. Mais bon je reste quand même globalement pas très convaincu par le film.
OC a davantage aimé, peut-être une contre-revue de sa part ?

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