Call me by your name, de Luca Guadagnino

Film de 2017. En 1983, Elio 17 ans, est en vacances dans la maison de famille en Italie. Oliver, un doctorant d’une trentaine d’années qui travaille avec son père les rejoint pour les vacances. Entre l’adolescent et l’adulte, une relation romantique et sexuelle va lentement s’établir.

J’ai assez peu aimé. Je trouve la romance au sein qui forme le cœur du film assez toxique. Il y a une forte différence d’âge entres les deux protagonistes, Elio est montré comme assez vulnérable, cocooné par ses parents et fasciné par Oliver, Oliver est montré comme manipulateur et soufflant le chaud et le froid. Et euh bon, on peut montrer des relations toxiques et faire quelque chose d’intéressant (cf Whiplash), mais là je trouve pas que ce soit le cas, c’est un peu trop romanticisé pour moi (je contraste aussi ça avec un arc narratif de Bojack Horseman où il y a un peu le même genre de relation, mais la série montre très bien en quoi c’est pas du tout ok)

Par ailleurs, c’est quand même un film qui montre des gens très bourgeois et confortables matériellement, dans leur grande maison, avec leur domestique qui les sert à table, pas mal en train de gargariser de leurs signes extérieurs de culture et richesse, dans l’ensemble les personnages sont assez peu sympathique, et les femmes ne servent pas à grand chose et sont juste un arrière plan.

Bref, je ne comprends pas trop pourquoi il a été encensé par la critique.

1 réflexion sur « Call me by your name, de Luca Guadagnino »

  1. Alors ce film m’a beaucoup marquée, malgré plusieurs réserves sur le fond, mais qui me semblent différentes des tiennes.
    Le point avec lequel je suis tout à fait d’accord avec toi concerne la place des femmes dans le film, en particulier de la mère et de la copine d’Elio, que je trouve « sacrifiées » au scénario, justement au sens où elles adoptent une position très maternante, si ce n’est sacrificielle (surtout pour la copine d’Elio). En revanche, je ne suis pas tout à fait d’accord pour la représentation de ce milieu très bourgeois, que je trouve intéressante (et ouvrant la voie à une potentielle critique).
    En ce qui concerne la relation d’Elio et d’Oliver, je suis beaucoup moins affirmative sur son caractère toxique : il me semble qu’Oliver est lui-même piégé à la fin du film, alors qu’Elio affirme ses désirs, prend l’initiative (on pourrait même penser qu’Oliver attend qu’Elio prenne l’initiative avant de faire quoi que ce soit), et qu’une voie peut-être plus positive s’ouvre pour lui à la fin du film. Je pense également qu’il y a romanticisation de cette relation amoureuse, surtout dans ce cadre idyllique (« trop idyllique pour être vrai », ou en tout cas parenthèse de l’été qui permet à des relations amoureuses de naître qui ne naîtraient pas dans un cadre plus « normal »).
    Néanmoins, si je trouve que cette romanticisation pose en effet problème, c’est à mon sens moins parce qu’elle romanticise une relation d’emprise que parce qu’elle joue sur tout un imaginaire de l’homosexualité masculine, très présent dans la littérature homosexuelle (notamment à l’époque de sortie du bouquin), très problématique et avec lequel le film ne prend aucune distance : l’imaginaire du bel éphèbe (cf discours du père à la fin), l’amour narcissique (cf titre du film, et l’idée que l’homosexualité masculine est une relation d’émulation intellectuelle – ce qui va avec une certaine misogynie), etc.
    A l’opposé de Cmbyn, je trouve que le roman Maurice d’EM Forster (que je te conseille, c’est un de mes romans préférés), et son adaptation par James Ivory en film (que je te conseille aussi) montre bien tout cet imaginaire, à quel point il a pu être prégnant dans le milieu social qui est ici représenté (celui des universitaires etc), mais aussi son revers problématique. Voilà ce qui m’a gênée, notamment la deuxième fois que j’ai vu ce film.
    La première fois, il m’a vraiment happée par sa sensualité. J’aime beaucoup les films qui se passent l’été, dans tout ce qu’ils ouvrent de fantasme, de langueur et aussi de mélancolie. Et là je trouve que l’été et le désir amoureux sont très bien filmés, avec des plans d’une grande sensualité. Au deuxième visionnage, les fantasmes qui sous-tendent cette sensualité voire cet érotisme me sont davantage apparus dans leur aspect problématique, mais sans trop atténuer le plaisir que j’ai eu à le regarder.
    Je n’ai pas lu le roman, mais je pense que ça serait intéressant de comparer…
    Merci pour ta critique !

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