Le Zéro et l’Infini, d’Arthur Koestler.

Roman de 1939 sur le système des procès de Moscou. N.S. Roubachof, figure connue du Parti, est arrêté et emprisonné. Le roman alterne entre le déroulement de la vie de Roubachof dans la prison de son arrestation à sa signature de sa confession, et des retours sur les circonstances où il se trouvait du côté de l’accusation dans les purges et discussions doctrinales précédentes.

L’auteur précise en ouverture du livre que la vie de Roubachof est la synthèse de la vie de plusieurs figures réelles victimes des procès de Moscou. Staline, Lénine et d’autres figures historiques ne sont pas nommées explicitement mais sont trivialement reconnaissables. Le livre est intéressant en ce qu’il présente le dévoiement de la Révolution et l’établissement du fanatisme doctrinaire sans être anticommuniste. On a une focalisation sur Roubachof, qui a pris part à ce système depuis la Guerre Civile, y a participé, a cru à la cause de l’URSS. Il regrette là où le système en est arrivé, mais ne considère pas que le problème soit intrinsèque au communisme et le dévoiement inéluctable.

Détail que j’ai apprécié : la hiérarchie du Parti fait que le secrétaire général n’est jamais appelé autrement que N°1, et les prisonniers sont eux nommés par leurs numéros de cellule (Roubachof est n°437). Ça donne un petit côté « le carcéral étendu à l’ensemble de la société » qui fait penser au Prisonnier.

J’ai beaucoup aimé, je recommande.

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