Archives par mot-clé : uchronie

Gloriana ou la Reine Inassouvie de Michael Moorcock

Intriguant. Un peu uchronique, un peu fantastique, principalement un conte avec une reine intranquille, une cour rythmée par les saisons, un chancelier qui intrigue dans l’ombre. J’aime bien Moorcock en général. Problème, le roman se finit sur un viol gratuit (enfin, non pas qu’il existe des viols justifiés ou justifiables, mais là ça arrive de nul part dans le schéma narratif, et ses conséquences dans l’histoire sont hautement problématiques puisqu’il résout des problèmes??? Like ???), qui visiblement a été enlevé dans les éditions ultérieures du livre quand l’auteur a réalisé que c’était carrément problématique.

Livres

Pour tout résoudre, cliquez ici d’Evegeny Morozov. Essai sur le penchant à considérer le web comme exemple devant servir à remodeler la société, et les différentes questions politiques et sociales comme des problèmes indépendants admettant une solution unique de nature technique. Je ne suis pas d’accord avec tout ce que dit Morozov (notamment il est un peu trop libéral pour moi), mais le livre est globalement très intéressant et met en lumière des problèmes cruciaux dans la façon dont sont pensées les sociétés actuellement.

Souriez, vous êtes gérés, anthologie de la Volte. J’avais été un peu été déçu par la dernière anthologie voltée que j’avais lu, celle là est très bien. J’avais déjà lu la nouvelle de Damasio (Anna à travers la harpe, qui a été republiée dans Aucun souvenir assez solide) mais ce fut un plaisir de la relire. Celle d’Ayerdhal n’est (malheureusement) pas du tout de la SF mais est incroyablement percutante. Et toutes les autres sont très cools aussi.

Radicaliser la démocratie de Dominique Rousseau. Essai sur des modifications possibles du système de gouvernement français pour éviter sa confiscation par la classe politique. L’auteur est constitutionnaliste et a un peu une mystique de la Justice, mais à part ça les propositions sont intéressantes : conventions de citoyens, Assemblée Sociale, suppression totale du cumul des mandats et limitation dans le temps, premier ministre approuvé par le Parlement, lois contestables devant le juge en tant que principe de construction de la loi…

Harry Potter and the Methods of Rationality, fanfiction rationaliste d’Harry Potter. J’en avais déjà parlé sur ce blog mais je l’avais lu alors qu’elle était encore en cours d’écriture. Elle s’est finie en mars et je l’ai relu là tout d’une traite. 1600 pages qui sont vraiment très bien. Une réflexion sur l’univers d’Harry Potter, les failles dans sa construction et les horreurs de la société des sorciers (qui sont clairement de gros connards élitistes), des complots élaborés, des dialogues philosophiques, une famille adoptive aimante, plusieurs héros aux agendas opposés, une résolution satisfaisante et une conclusion qui donne un vrai sentiment de fin… Le personnage principal peut souvent être insupportable, l’exposé sentir un peu parfois Atlas enchaîné (même si l’auteur s’en défend), mais globalement je recommande fortement cette œuvre.

Les Banksters de Marc Roche. Un livre sur les excès de la finance, qui ne m’a pas enthousiasmé. Si l’auteur dénonce certaines pratiques, je n’ai pas l’impression que le livre apporte grand chose de neuf. De plus il reste assez myope sur les causes de la crise en disant « alala il y a eu des excès mais la finance peut servir le bien ». Ok, le fait d’avoir les concepts d’emprunt, de système bancaire et d’assurance c’est bien mais ça ne justifie en rien les Credit Default Swaps et autres titrisations exotiques. Voire les innovations financières comme un tout homogène c’est assez absurde.

Là où croit le péril… croît aussi ce qui sauve d’Hubert Reeves. Essai sur l’évolution de l’univers du Big Bang à l’apparition de la conscience et sur les menaces que l’espèce humaine fait peser sur les écosystèmes planétaires. Court, clair, mais ne raconte pas grand chose de neuf pour qui a fait des études en biologie.

CosmoZ de Claro. Les personnages du Magicien d’Oz sont projetés dans le XXe siècle. Il vont le traverser dans toutes ses facettes. Guerre, Show business, eugénisme… Bien écrit, explorant les différentes interprétations que l’on peut avoir du conte de Frank Lloyd Baum, fresque hallucinée sur le XXe siècle, un très bon roman, très riche.

Zipang de Kaiji Kawaguchi

Manga uchronique : un navire des forces de Défense japonaises se trouve pris dans un phénomène inexpliqué et remonte le temps de 2002 à 1942. Le décalage technologique fait qu’il peut totalement modifier le cours des batailles maritimes de la guerre du Pacifique. J’ai mis le manga sur ma liseuse ce qui fait que j’ai tout sous la main sans avoir à en trimballer n tomes. Sauf qu’en fait je me suis aperçu que l’intégralité de ce que j’avais c’était environ un tiers du manga. Et que l’histoire avançait vraiment lentement. Donc j’ai abandonné là où j’en étais (je suis pas sûr que des traductions soient disponibles plus avant de toute façon)

Boneshaker et Clementine de Cherie Priest

Du bon gros steampunk. On a pêle-mêle des zombies, des dirigeables, des inventeurs fous, des corsets et des armes d’une puissance démentielles. Et le mélange fonctionne. Si la ligne narrative du gamin dans Boneshaker n’est pas toujours passionnante, les autres sont intéressantes, ça fait plaisir de voir des personnages féminins forts et capables et l’univers du Clockwork Century est intéressant à lire.

The Black Opera, de Mary Gentle

Une déception de la part de Mary Gentle. Le niveau de ce livre est bien inférieur à celui de Cendres. Placé dans un univers uchronique où Napoléon a gagné à Waterloo mais surtout où la musique peut provoquer des miracles quand elle déclenche une réaction émotionnelle d’un public. Mais il ne se passe pas grand chose dans le livre, les personnages et l’univers n’ont clairement pas la complexité de ceux de Cendres, et le livre se finit un peu en queue de poisson. Dommage.

Worlds that weren’t de Turtledove, Stirling, Gentle et Williams.

Quatre nouvelles uchroniques par des habitués du genre. J’ai passé celle de Stirling, poussive. Turtledove se place à son point de divergence, dans l’Athènes démocratique de Socrate. Sympa, mais pas transcendant. Gentle donne un prélude intéressant à Cendres (sa fresque uchronique médiévale que je recommande grandement), et Williams se place dans le Far-West, avec une nouvelle intéressante que je conseille, la plus réussie des quatre à mon sens.

Les lames du Cardinal de Pierre Pevel

Trilogie de fantasy historique (Époque de Richelieu, mais avec des dragons), je n’ai pas été entièrement convaincu. L’univers est intéressant, mais le côté « hommage aux feuilletons de cape et d’épée est trop appuyé. Il y a beaucoup de répétitions, certains passages sont tout de même assez clichés. Mais j’ai apprécié la discrète uchronie sur l’issue du siège de La Rochelle.

Dominion de C.J. Sansom

Une uchronie se déroulant en 1952 dans une Angleterre ayant signé une armistice avec l’Allemagne nazie. Bien écrit, intéressante, c’était vraiment une bonne lecture. L’auteur explique notamment dans une postface comment il y a eu dans la réalité tout un retour de bâton réactionnaire dans les années 50 en Angleterre dont il s’est inspiré pour le côté sociétal.

Lest Darkness Fall, de Lyon Sprague de Camp.

« De peur que les ténèbres », en VF. Un historien se retrouve projeté dans la Rome du Ve siècle et diffuse des inventions telles que l’imprimerie et le télégraphe et espérant empêcher l’arrivée du Moyen-Âge. Ça faisait longtemps que je voulais le lire, mais introuvable sur papier. C’est sympa mais c’est pas révolutionnaire, c’est de l’uchronie à la grand-papa.