Archives par mot-clé : film canadien

Amour Apocalyse, d’Anne Émond

Film québécois paru en 2025. Au milieu de la catastrophe climatique, Adam essaie de garder une vie normale malgré son écoanxiété galopante. Il gère un chenil, se fait draguer par son employée de 20 ans de moins que lui. Puis un jour il achète une lampe de luminothérapie. La lampe elle même ne va pas beaucoup l’aider, mais il tombe sur Tina, une femme qui vit en Ontario en appelant le SAV. Quand une tempête touche les bureaux du SAV, il décide d’aller la chercher. Les deux vont commencer une espèce de pas de deux, pas vraiment une romance, pas totalement une amitié non plus.

C’était sympa, les personnages sont attachants – particulièrement Adam à l’écoanxiété duquel on s’identifie facilement. La relation entre les deux personnages principaux, même si elle se met en place très vite, semble crédible.

Honey Bunch, de Madeleine Sims-Fewer et Dusty Mancinelli

Film canadien de 2025. Après un coma dû à un accident, Diana est amenée par son compagnon Homer dans une clinique isolée qui affirme avoir des méthodes révolutionnaires en termes de rééducation physique (pour sa jambe) et mentale (pour retrouver tous ses souvenirs). Mais sur place, Diana a rapidement l’impression qu’il se passe des choses étranges, elle a des flashs de mémoire d’elle dans la clinique, elle rencontre une jeune femme muette qui est son portrait craché…

Le film met un peu de temps à démarrer. L’intensité de la dernière partie est cool, mais ça arrive trop tard dans le film à mon sens, qui passe trop de temps à nous faire nous demander ce qui se passe. En plus c’est cette dernière partie qui rend vraiment plus intéressant le personnage d’Homer qui a moins l’air d’un gros creep (même si sa démarche reste ultra chelou), donc c’est dommage qu’on n’ait pas cet aspect plus tôt dans le film.

L’ambiance « années 70 » sans que la période temporelle ne soit jamais vraiment explicitée rend bien.

My Winnipeg, de Guy Maddin

Film canadien de 2007. Sous la forme d’un documenteur filmé principalement dans un noir et blanc saturé qui évoque les premiers films (cartons de texte compris), Guy Maddin présente la ville de Winnipeg comme une cité à moitié onirique, où les somnambules gardent les clefs de leurs anciens domiciles pour pouvoir y rentrer et où des chevaux gelés dans le fleuve sont devenus une attraction romantique. Il met aussi en scène un reenactement des moments-clefs de son enfance comme le repositionnement du tapis de l’entrée ou la fois où sa sœur a eu un accident de voiture avec un cerf, dans le but d’y trouver les clefs de sa relation à son alma mater, Snowy sleepy Winnipeg. À mi-chemin entre Les Cités Invisibles, The Rehearsal et Dark City, c’est assez inclassable mais très trippant à regarder

Recommandé, surtout si vous aimez l’absurde.

Rumours, de Guy Maddin

Film canadien de 2024. Lors d’un sommet du G7, les dirigeants réalisent soudain qu’il n’y a plus personne autour d’eux. Ils vont tenter de rejoindre la civilisation tout en continuant de travailler sur un « provisional statement » résumant leurs discussions concernant une crise géopolitique jamais explicitée. En réalité, ils vont surtout marcher dans les bois, se remémorer d’autres sommets du G7, discuter de leurs émotions, et se demander si la fin du monde est arrivée.

C’était… étrange. Il y avait un côté très soap opéra (y’a environ 9 acteurs, qui se baladent dans des bois éclairés à la lumière rouge, ça a pas dû être très coûteux comme tournage), mais avec un casting de stars (Cate Blanchett comme chancelière allemande), globalement c’est trippant mais il se passe pas grand chose, plein de pistes ouvertes mais pas refermées (l’origine de l’apocalypse en cours notamment, qui est attribuée successivement à plein de causes possibles mais rien n’est jamais établi). Un petit côté Mélancholia dans la conclusion où les chefs d’État lisent leur discours devant personne alors que le monde touche à sa fin.