The Writers, de Marc-Aurèle Vecchione

Documentaire sur le graffiti parisien de 83 à 2003.

Assez intéressant, retrace l’évolution des différents styles, les différentes générations, les challenges esthétiques et techniques (graffer beau ou graffer dans un endroit difficile/illégal d’accès), les évolutions de la répression (ce qui explique notamment pourquoi le métro n’est plus couvert de tags comme dans les années 80/90).

Le montage pourrait être plus nerveux par moment et les effets spéciaux moches sur le plan de métro disparaître, mais beaucoup d’artistes interviewés (zéro femme cependant, ok la sociologie du graff ça doit pas être du tout 50/50 mais quand même…), beaucoup de graffs montrés, avec éventuellement les dessins préliminaires dans les books et de bonnes images d’archives. Ça vaut le coup de le voir (et au passage je m’interroge sur à quel point le « ne rien prendre/ne rien laisser » des explorateurs urbains est socialement connoté quand on voit comment il s’oppose à l’occupation de l’espace des graffeurs. À quel point on fait ça quand on se sent déjà légitime dans un espace sans avoir à y apposer sa marque en plus ?)

La Tour Sombre, de Stephen King

Je suis intéressé par l’univers mais pas très fan du style d’écriture de King. Après je n’ai lu pour le moment que le premier tome et il dit lui-même qu’il trouve son style dedans un peu pauvre (parce que c’est une œuvre de jeunesse). Mais bon, j’ai jamais été enthousiasmé par le style de King. Je vais poursuivre quand même.

Le tome 2 est mieux même si le style est toujours faiblard (et l’histoire assez datée par certains côtés). Mais y’a plus de rythme et on comprend plus de trucs.

Le 3 étend l’univers mais il est quand même bien bien bourré de clichés et de tics d’écriture, je ne suis pas très motivé pour lire les suivants.

Les Étoiles s’en balancent, de Laurent Whale

Sentiment mitigé. J’ai bien aimé l’univers post-étatique décrit par l’auteur, la vie quotidienne, un monde de récupération et de survie. J’ai encore plus aimé que ça se passe en Île de France (notamment à Meaux, une petite pensée pour JF Copé). Par contre y’a un seul personnage féminin intéressant, qui sert d’intérêt romantique pour le héros, et de demoiselle en détresse à l’occasion. C’est pas fou. Et puis autant ça commence bien, autant la fin balance un retournement de situation mal amené, superflu et absolument pas crédible (qui a un plan sur 50 ans qui consiste essentiellement à inculquer des idéaux opposés aux tiens aux gens et à attendre le bon moment ? Juste non), et les personnages sont quand même très manichéens. Du coup bon, c’est dommage de gâcher un bon univers avec une mauvaise histoire.

Adaptation, de Spike Jonze

Sur un scénario de Charlie Kaufman. Un scénariste doit adapter The Orchid Thief mais n’y arrive pas. Il voit sa vie partir en latte au fur et à mesure que son angoisse de la feuille blanche gagne en ampleur. Un film sur son propre processus d’écriture, méta comme du Kaufman. Les acteurs sont très bons, l’histoire est wtf mais par moment un peu indulgente (vu que toute grosse ficelle ou lacune peut jouer le jeu du méta, c’est un peu facile), mais trippant à voir, les différents niveaux de narration s’imbriquent bien.

Synecdoche, New York, de Charlie Kaufman

Un metteur en scène de pièce de théâtre avec des fonds illimités décide de créer la pièce de théâtre la plus honnête possible et commence à imiter la vie à l’échelle 1:1. Il se met lui-même en scène pendant que sa vie personnelle et son corps se dégradent. Le film est cool et très WTF. La narration n’en est pas linéaire, et les différents niveaux de la mise en abyme semblent poreux. Le film prend de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure. Il m’a évoqué Birdman et Primer.

Ponyo sur la Falaise, de Hayao Miyazaki

Pour un Miyazaki j’ai été un peu déçu. Les personnages sont attachants et la magie de l’univers trippant mais le scénario n’a pas beaucoup de sens, les randoms inserts de termes biologiques tombent comme des cheveux sur la soupe (« l’océan retrouvera sa richesse du Dévonien ! », « Elle a absorbé de l’ADN humain ! »), et je trouve l’animation de la mer et des vagues assez peu réussie alors que c’est au centre du film. Mais les deux enfants (Sosuke et Ponyo) ainsi que les petites vieilles de la maison de retraite sont trippants, et tous les personnages sont sympa.

Kubo and the two strings, de Travis Knight

Animé par le studio Laika, qui avait aussi fait l’excellent Coraline, et qui a surtout la particularité de faire de l’animation en stop motion avec des maquettes plutôt qu’en numérique. L’histoire est cool et originale (surtout au début, y’a quand même un moment où ça retombe plus dans les tropes de films de quête et où ça aurait pu être plus subtil, le film ouvrant des pistes pour une histoire où les « méchants » pourraient avoir des motivations complexes et finalement non ils sont juste méchants. Les retournements de situation sont prévisibles mais les blagues sont cool, l’univers beau et l’animation magnifique. Ça m’a pas mal fait penser à Zelda par certains côtés.