Archives de catégorie : Longs métrages

Amour Apocalyse, d’Anne Émond

Film québécois paru en 2025. Au milieu de la catastrophe climatique, Adam essaie de garder une vie normale malgré son écoanxiété galopante. Il gère un chenil, se fait draguer par son employée de 20 ans de moins que lui. Puis un jour il achète une lampe de luminothérapie. La lampe elle même ne va pas beaucoup l’aider, mais il tombe sur Tina, une femme qui vit en Ontario en appelant le SAV. Quand une tempête touche les bureaux du SAV, il décide d’aller la chercher. Les deux vont commencer une espèce de pas de deux, pas vraiment une romance, pas totalement une amitié non plus.

C’était sympa, les personnages sont attachants – particulièrement Adam à l’écoanxiété duquel on s’identifie facilement. La relation entre les deux personnages principaux, même si elle se met en place très vite, semble crédible.

Ready or not, de Tyler Gillett et Matt Bettinelli-Olpin

Film étatsunien de 2019. La nuit de son mariage, Sam est invitée par sa belle-famille à choisir au hasard un jeu auquel jouer avec eux. Elle fait le mauvais choix : cache-cache, mais une version où les protagonistes sont armés et sa belle-famille a jusqu’à l’aube pour la trouver et la sacrifier à Satan.

Le scénario est classique : la confrontation à la belle famille qui se retrouve être un groupe soudé et hostile, la traque dans un manoir. Mais le film utilise bien ces ingrédients de base, notamment avec des personnages archétypaux dans la belle famille mais qui incarnent bien leurs différents rôles. Et évidemment la performance de l’actrice principale en final girl est très réussie, la vibe « mariée en basket » fonctionne bien, sa badassification progressive au cours du film aussi. La variabilité des armes, qu’elles soient de différentes époques ou improvisées permet aussi de renouveler les situations et interactions. Mention spéciale à l’appel en visio depuis la voiture.

Recommandé si vous aimez les thrillers humoristiques et le cache-cache.

Good One, d’India Donaldson

Film étatsunien paru en 2024. Sam, une jeune adulte part en randonnée avec son père cinquantenaire et le meilleur ami de celui-ci. Le fils de l’ami devait venir aussi mais finalement se désiste au dernier moment. Sam est donc coincée entre les deux cinquantenaires. Son père a l’habitude de faire de la rando mais l’autre pas du tout, et surtout la dynamique entre les deux mecs est principalement une dynamique d’agacement mutuel, ils ont des caractères assez différents et on ne comprend pas trop pourquoi ils sont amis à part pour pouvoir bitcher ensemble sur leurs familles respectives. Le père de Sam est compétent en rando mais c’est quand même Sam qui s’occupe de faire le repas, la vaisselle…

C’est assez lowkey et petit budget, mais c’était intéressant à regarder. De beaux paysages de randonnée (mais surtout de la forêt, ça manque de montagnes), une forme de coming-of-age assez douloureuse (Sam se rend compte que son père est assez nul, et son ami encore plus, sans que ce soit violent et que ça nécessite des TW, juste les deux mecs ne gèrent clairement pas leurs rôles d’adultes).

Hi-five, de Kang Hyeong-cheol

Misfits en Corée.

Film coréen de super-héros paru en 2025. Six personnes reçoivent une greffe d’organes depuis un donneur qui s’est suicidé. Quelques jours après la greffe, des super-pouvoirs commencent à se manifester chez les greffés. Ils vont chercher à se retrouver les uns les autres, certains pour discuter de leur nouvelle condition, certains pour tenter de s’approprier tous les pouvoirs.

C’était chouette, bon film de losers super-héros, les combats sont réussis, très bonne scène de course-poursuite notamment. Le super méchant est assez réussi, le fait d’en faire un leader de secte permet d’avoir de supers décors pour le combat final.

Recommandé.

Jim Queen, de Marco Nguyen et Nicolas Athané

Film d’animation français paru en 2026. Lucien est un twink encore dans le placard, qui se consume de désir pour Jim Parfait, un influenceur et gym queen. Il décide de braver le couvre feu de sa mère (et accessoirement ministre de la Santé) pour aller à la BoyzNight, une grosse soirée gay. Il va rencontrer son idole et découvrir les subtilités de la communauté gay et de ses différentes factions. Mais le voyage initiatique de Lucien va être percuté par le démarrage d’une épidémie qui frappe la communauté gay : l’hétérose, une maladie qui transforme lentement mais sûrement les gays en hétéros, compréhension des règles du football incluse. Jim s’avère être contaminé. Déterminer à tout faire pour ne pas perdre son corps de rêve, il embarque Lucien avec lui pour retrouver la piste d’un mystérieux médecin qui détiendrait un vaccin à l’épidémie.

Grosse recommandation ! Le film est très coloré, bourré de références – aussi bien des trucs très grand public que des trucs plus niches de la commu, aussi bien des clins d’œil rigolo que des parallèles avec l’épidémie du sida, sa non-gestion par les autorités sanitaires et la toxicité qui peut régner dans les communautés. On voit venir de loin pas mal de point du scénario qui fait dans le hero’s journey classique, mais le point du film c’est pas l’originalité de la trame mais l’application de cette trame à ce sujet.
Excellente bande de son, superbe animation, recommandé si vous aimez les comédies musicales explicites et les orgasmes prostatiques qui mènent à l’illumination.

The Man who killed Hitler and then the Bigfoot, de Robert D. Krzykowski

Film étatsunien de 2019. Calvin Barr est un vétéran de l’armée étatsunienne, qui vit seul avec ses souvenirs, entre le bar, son chien et des échanges très sporadiques avec son frère. Dans ses souvenirs, Calvin se rappelle de la mission top secrète qu’il a mené durant la guerre, un assassinat ciblé visant Hitler qui lui semble bien vide de sens, puisqu’elle n’a rien changé au cours de la guerre. Le gouvernement États-Unis le recontacte pour – comme toujours – une dernière mission. Dans les forêts canadiennes, un bigfoot a été repéré et porteur d’une maladie qui pourrait se transmettre aux humains, une forme de peste ultra contagieuse. Calvin y est par chance immunisé. Les gouvernements étatsunien et canadien lui demande donc de se rendre dans le périmètre de sécurité et d’y tuer le bigfoot, faute de quoi ils largement une bombe atomique sur la zone pour ne prendre aucun risque.

Bon, je raconte un peu tout le scénario ici, mais le film ne vaut pas tant pour son scénario que pour sa mise en scène, avec de tout petits budgets, des exploits de Calvin à différentes périodes de sa vie, et l’intensité de l’acteur principal en vieil homme déçu par la vie mais avec une super moustache qui parle à son chien et traine dans les bars avant de défoncer les punks qui veulent lui voler sa voiture ou d’aller crapahuter dans les forêts canadiennes.

Honey Bunch, de Madeleine Sims-Fewer et Dusty Mancinelli

Film canadien de 2025. Après un coma dû à un accident, Diana est amenée par son compagnon Homer dans une clinique isolée qui affirme avoir des méthodes révolutionnaires en termes de rééducation physique (pour sa jambe) et mentale (pour retrouver tous ses souvenirs). Mais sur place, Diana a rapidement l’impression qu’il se passe des choses étranges, elle a des flashs de mémoire d’elle dans la clinique, elle rencontre une jeune femme muette qui est son portrait craché…

Le film met un peu de temps à démarrer. L’intensité de la dernière partie est cool, mais ça arrive trop tard dans le film à mon sens, qui passe trop de temps à nous faire nous demander ce qui se passe. En plus c’est cette dernière partie qui rend vraiment plus intéressant le personnage d’Homer qui a moins l’air d’un gros creep (même si sa démarche reste ultra chelou), donc c’est dommage qu’on n’ait pas cet aspect plus tôt dans le film.

L’ambiance « années 70 » sans que la période temporelle ne soit jamais vraiment explicitée rend bien.

Obsession, de Curry Barker

Film étatsunien paru en 2026. Bear est amoureux de sa collègue et amie Nikki. Il n’ose pas lui dire, de peur qu’elle ne le rejette. Alors il décide d’utiliser un objet magique pour faire en sorte qu’elle l’aime « plus que tout au monde ». Évidemment, vu qu’on est dans un film d’horreur, le vœu va avoir des Conséquences™. La Nikki amoureuse va être bien trop intense, avec des sautes d’humeur et des activités nocturnes assez flippantes, et des indices laissent rapidement penser que ce n’est pas vraiment Nikki mais une entité qui l’habite. Sauf que Bear est un énorme creep, et qu’il préfère un amour psychotique à l’idée de redonner à Nikki la possibilité de ne pas l’aimer.

C’était une variation intéressante sur le scénario habituel du careful what you wish for, avec des acteurs (Inde Navarrette qui joue Nikki surtout) très bons dans leurs rôles. Je l’ai vu dans une qualité un peu pourrie donc difficile d’avoir une opinion éclairée (huhuhu) sur la photographie, mais j’ai pas l’impression qu’il y avait un travail particulier dessus. Donc je dirai film d’horreur correct avec quelques éléments féministes (viteuf, surtout dans la présentation du perso de Bear comme un incel sous des dehors charmants), mais rien de révolutionnaire non plus.

Freaky Tales, d’Anna Boden and Ryan Fleck

Film étatsunien paru en 2024. Dans la ville d’Oakland en 1987, on va suivre 4 histoires qui se déroulent en parallèle et dont les personnages vont se croiser. D’abord la résistance des habitué•es d’une salle de concert communautaire aux agressions répétées d’un groupe de néonazis ; puis la soirée de deux rappeuses invitées à un featuring avec Too $hort ; la journée d’un homme de main qui veut prendre sa retraite ; et enfin un cambriolage qui tourne mal chez un basketteur et la revanche qu’il va prendre sur les criminels.

C’était sympa sans être renversant. Au début j’ai trouvé que c’était assez mal joué mais ça disparaît au fur et à mesure. C’est bourré de références, fait pour avoir une vibe de film de l’époque (moins le sexisme), on voit des néonazis se faire tabasser et du kung fu, what’s not to like? Mais bon en même temps j’ai rien trouvé de particulièrement novateur.

La città proibita, de Gabriele Mainetti

Film italien de 2025. Rome, de nos jours. Mei débarque dans la cité éternelle à la recherche de sa sœur, qui a récemment arrêter de donner des nouvelles. Sa sœur lui avait parlé d’un italien dont elle était tombée amoureuse, en creusant cette piste elle tombe sur Marcello, cuisinier dans un restaurant familial, dont le père a récemment disparu. Et elle va aussi surtout tomber sur la mafia chinoise, bien implanté à Rome et dans la traite d’êtres humains.

c’est un film fusion, qui mélange les fils de kung-fu classique et un cinéma italien plus naturaliste. La greffe ne prend malheureusement pas très bien : les scènes de kung-fu sont réussies, ainsi que le portrait de l’histoire de famille de Marcello, mais on a du mal à croire aux liens qui se nouent entre les deux protagonistes (et notamment leur relation romantique); qui sont d’ailleurs assez peu égaux, Marcello étant totalement useless dans cette histoire de vengeance familiale. Mais bon ça reste rigolo à regarder, mention spéciale pour le second rôle d’oncle de la famille un peu mafieux qu’est le personnage d’Hannibale.

Du même auteur j’avais vu Lo Chiamavano Jeeg robot, sur un super-héros italien, c’était assez perché aussi mais j’avais trouvé qu’il avait une meilleure cohérence thématique.