Archives de catégorie : Longs métrages

Colony, de Sang-Ho Yeon

Film de zombies coréen paru en 2026, par le même directeur que Dernier train pour Busan. Un congrès de biotechnologie se déroule à Séoul. Un chercheur viré d’une startup qui présente au congrès prévient qu’il va y commettre un acte de bioterrorisme. Il relâche un agent biologique qui transforme les gens contaminés en « zombies » : des créatures qui cherchent à répandre la contamination en attaquant d’autres humains, et qui peuvent coordonner leurs comportements grâce à des communications phéromonales. On va suivre un petit groupe de survivants qui tentent de rejoindre le toit du bâtiment pour être évacué, en exfiltrant au passage le chercheur à l’origine de la contamination, qui dit s’être injecté la contre-mesure à son agent biologique.

J’ai bien aimé, ça renouvelle un peu le film de zombies. Déjà parce qu’on sort des poncifs les plus gore du genre : les contaminés ne sont pas des mort-vivants, donc des blessures suffisamment graves les tuent – pas besoin de détruire le cerveau à chaque fois. Le côté coordination des infectés est intéressant aussi, même si je le trouve sous-exploité : on les voit apprendre des choses et se transmettre l’information, mais il n’y a pas de coordination type meute, ou d’actions réalisées à plusieurs corps comme s’ils avaient un esprit collectif (il faudra se contenter de Pluribus pour ça). Des persos plutôt réussis, avec notamment une bonne galerie de personnages féminins qui font avancer l’action (la relation entre Kwon Se-jeong et Gong Seol-hee est bien mise en scène – alors qu’elles sont présentées initialement comme l’ex et l’actuelle femme d’un personnage masculin, elles sont instantanément sortie du cliché de la féminité compétitrice et mises en scènes comme des chercheuses compétentes et avec un sens des responsabilités). On retrouve le thème du gouvernement incompétent qu’on peut avoir dans d’autres films coréens comme The Host, ou encore dans Shin Godzilla (mais bon c’est pas un thème spécifique au cinéma asiatique, on a aussi des films mettant en scène des gouvernements incompétents en Occident !)

Recommandé pour un film de zombie moderne – sans révolutionner le genre ça m’a plus parlé que 28 ans plus tard par exemple.

Four Mothers, de Darren Thornton

Film irlandais de 2024, remake d’un film italien de 2008. Edward est un auteur irlandais dont le premier roman est en train d’exploser aux US. Il hésite à aller faire une tournée sur place, mais il vit avec sa mère dépendante, qu’il n’ose pas laisser seule. À l’occasion de la pride de Maspalomas, deux de ses amis, puis son psy, lui laissent la garde de leurs mères respectives. Il se retrouve donc avec à la fois la garde de quatre femmes âgées et les appels de plus en plus insistants de son agente, et tente de gérer le tout avec l’aide amusée de son ex, aide-soignant qui va bientôt quitter le pays.

Le contraste entre le style de vie qu’Edward et ses amis veulent avoir, ie les clichés de la culture gay internationale, et leur vie réelle, à prendre soin de leurs mères respectives dans une petite ville irlandaise est bien rendue. Les différentes nuances de femme âgées irlandaises même si on a moins accès à leur intériorité qu’à celle d’Edward. Les différences générationnelles (et les points de convergence) sont bien mis en scène.

Recommandé.

120 battements par minute, de Robin Campillo

Film français paru en 2017, qui parle des actions et des membres d’Act Up-Paris dans les années 90. On suit Nathan, qui rejoint l’organisation et fait la connaissance de Sean. Les deux hommes vont nouer une histoire d’amour rythmée par les actions d’Act Up (die-in, distributions de moyens de prévention dans les lycées, intrusion dans les locaux de laboratoires pharmaceutiques, discussions animées dans les réunions hebdomadaires d’organisation, …) et la dégradation de l’état de santé de Sean, séropositif.

Le film est très beau, il réussit bien à montrer la lutte, dans ses côtés durs comme ses côtés festifs, les discussions (et les tensions) internes à Act Up sur le niveau de radicalité, les échanges qu’il faut avoir ou non avec les autorités, les laboratoires… L’histoire d’amour entre Sean et Nathan est aussi mise en scène de manière crédible – et les morts de Sean, et de Jérémy, un autre militant, sont particulièrement marquantes. On voit quelques scènes de vies de Nathan et Sean en dehors d’Act Up, qui développent un peu leur relation, mais l’essentiel du film est centré sur leur présence dans l’organisation – et on voit aussi le point de vue de quelques autres militants.

Recommandé.

Juste une illusion, d’Olivier Nakache et Éric Toledano

Film français paru en 2026. En 1985, Vincent a 13 ans. Il prépare sa barmitsva, traîne avec ses copains dans un vidéoclub, et tombe amoureux de sa camarade de classe avec qui il doit préparer un exposé. En parallèle, son père cache à ses enfants qu’il a perdu son emploi, sa mère passe une certification à l’utilisation de l’informatique et son frère revend des bootlegs de concerts de new wave.

C’était assez réussi. Il y a évidemment tout le côté « on replonge dans la France des années 80 » qui est assez réussi (mais qui devient la tarte à la crème de pas mal d’œuvres ces temps-ci), avec un léger point sur le fait qu’on est sur une famille (inspirée de celle des réalisateurs) de juifs séfarades qui viennent du Maroc et de l’Algérie (mais bon ça reste un peu en arrière plan, c’est pas un film ni sur la judéité ni sur l’immigration, tout le monde a un white passing). Les personnages sont tous bien réussis : le père notamment qui est à la fois touchant dans ses angoisses du chômage et son rapport à ses enfants et qui est un sacré idiot sexiste qui n’en fout pas une à la maison, le grand frère qui d’abord est en opposition frontale avec le héros avant de prendre plus une posture de mentor, le love interest qui veut faire chier les parents. Film très masculin par contre, vu que les deux seules femmes sont la mère et le love interest (en même temps, film sur un gamin de 13 ans dans les années 80, pas surprenant).

Très bonne bande son avec pas mal de morceaux « marqueurs de l’époques », complémentés de morceaux au piano de Gogo Penguin qui eux sont des années 2020.

Recommandé.

Decorado, de Alberto Vázquez

Film d’animation espagnol paru en 2025. Albert, une souris anthropomorphe, a l’impression que sa vie est une fiction, et que ses voisins l’observe. Refusant de prendre les pilules fabriquées par l’entreprise qui contrôle tout dans sa ville, il passe son temps à explorer les bois alentours, persuadé qu’un chemin permet d’en sortir et d’atteindre un dehors hypothétique…

C’était assez perché par certains points (random démon qui joue de la lyre dans les bois, la fée de la dépression, le suivi des déchets dans les égouts…), mais pas assez sur d’autres (largement pas assez de méta pour une œuvre sur le thème « est-ce que je vis dans le monde réel ou une mise en scène ») j’ai trouvé. Notamment une jolie DA (très belles couleurs notamment), quelques moments de glitchs, mais qui restent très éphémères plutôt que de changer vraiment le dessin qui reste tout le temps très classique. Il y a des moments où ça semble pas très bien « joué » (difficile à dire pour de l’animation), mais ça vient avec le propos « j’ai l’impression que ma vie est une fiction ». Pour aller plus à fond sur le sujet, j’irai plutôt sur des œuvres de Kaufmann (Synecdoche, New York notamment), sur Les Murailles de Samaris dans les Cités Obscures, ou sur le Truman Show.

Chicas tristes, de Fernanda Tovar

Film mexicain de 2026. Paula et La Maestra sont deux amies de 16 ans. Elles sont dans la même équipe de natation et elles habitent dans le même quartier. Paula est attirée par Daniel, qui est dans leur équipe aussi. La Maestra le dit a Daniel lors de la fête du Nouvel An, qui va violer Paula.

Le film est centré sur la relation entre les deux amies, et sur son évolution une fois que Paula raconte à La Maestra ce qui s’est passé. On voit les deux filles dans leur quotidien, qui vont alors l’entraînement de natation à leur cours de danse dans la rue où ils traînent chez l’une ou chez l’autre compagnie des membres de leur famille. C’est un très beau portrait d’amitié, on voit les petits riens qui forment leur quotidien, leurs références communes. Les actrices principales sont excellentes, les seconds rôles sont très réussis aussi (mention spéciale au frère de La Maestra). C’est aussi très bien filmé, avec des cadrages qui exploitent les nombreux moments à la piscine avec des scènes sous l’eau, des éléments filmés dans des reflets ou à travers des vitres. Ça met aussi bien en scène l’environnement, avec des plans sur d

Recommandé, avec le TW de circonstance.

Avatar Aang: The Last Airbender, de Lauren Montgomery et William Mata

Film d’animation étatsunien paru en 2026, situé dans l’univers d’Avatar The Last Airbender. On retrouve Aang et son gang, 13 ans après la fin des événements de la série. Le monde est en paix, mais Aang essaie toujours de retrouver des reliques de la culture des nomades de l’air. Il est attaqué par une bande de non benders qui lui vole une relique. Il découvre qu’il s’agit d’une relique de Sonam, une Avatar issue des nomades de l’air, qui avait réussit a communier avec le monde des esprits au point de pouvoir donner le pouvoir du bending à de nouvelles personnes. Convaincu que retrouver la trace de Sonam lui permettra de faire revivre les Nomades de l’air, Aang se lance dans un voyage périlleux, au cours duquel il va découvrir un autre Airbender prisonnier des glaces comme lui…

C’était sympa de retrouver les personnages d’Avatar et ça donne de quoi patienter d’ici la sortie de la série en fin d’année, mais l’histoire du film n’était pas passionnante. C’est une quête assez straightforward avec le gimmick d’un personnage issu du passé aux motivations troubles. De plus, ayant déjà vu Korra, on sait que Aang ne va pas faire apparaître de nouveaux airbenders. J’ai bien aimé toute la première partie et notamment ce qui se passe sur le mont Badyu (très jolies scènes de montagnes même si on comprend pas trop pourquoi Aang escalade plutôt que d’utiliser son glider), les Denied par contre font un groupe d’ennemis un peu cliché, yet again des nonbenders vénères et violents (et tant qu’à faire ils auraient directement pu les lier aux Equalists de la S1 de Korra).

Hoppers, des studios Pixar

Film d’animation étatsunien paru en 2026. Pour protéger une clairière dans laquelle elle allait avec sa grand-mère, Mabel transfère sa conscience dans un castor robotique pour persuader des animaux d’aller se réinstaller dans ladite clairière (un mardi classique). Elle découvre un monde animal avec des rois pour chaque classe (et pas pour chaque royaume, de façon assez frustrante) et une coopération poussée entre les animaux qui se partagent un territoire de plus en plus petit. Ses tentatives d’intervention pour protéger la clairière vont pousser les animaux à planifier l’assassinat du maire de la ville, à l’origine du projet autoroutier qui menace la clairière (un mercredi classique).

C’était assez rigolo à regarder. Le côté émerveillement devant la nature et relation entre les espèces dans un écosystème sont plutôt bien rendus, ce qui n’est pas évident dans un film grand public. Les animaux sont totalement anthropomorphisés, mais ça fait partie du côté rigolo du film. Bon, le maire avec son grand projet inutile auquel on peut le convaincre de renoncer après lui avoir montré la vie à travers les yeux d’un castor robot j’y crois pas trop, mais on va dire que c’est la position centriste du film. Les différents personnages secondaires sont plutôt réussi même s’ils n’ont pas beaucoup de ton écran à part peut-être le maire et le castor roi des mammifères. Mention spéciale à Diane évidemment personnage que l’on voit 2 minutes en tout et pour tout mais qui est très très réussi.

Recommandé !

A Classic Horror Story, de Roberto De Feo et Paolo Strippoli

Film d’horreur italien paru en 2021. Cinq personnes qui covoiturent dans un camping car en Calabre ont un accident. Elles se réveillent loin de toute route, dans une clairière avec une maison sinistre. Elles vont progressivement être chassées et exécutées par des hommes munis de masques en bois qui agissent pour reproduire un vieux mythe à propos de « chevaliers d’honneur »…

J’ai bien aimé ! On est effectivement sur une trame très classique de film d’horreur, mais très bien exécutée. Le twist de la dernière partie est bien réussi, pas forcément indispensable mais il n’affaiblit pas le début du film et donne une nouvelle direction intéressante. Un peu de gore donc à éviter si ça vous trigger, mais ça reste principalement hors champ. Le côté folk horror marche bien, les espèces de traditions cheloues sont bien mises en scène, avec des hommages à d’autres films (The Wicker Man notamment, un soupçon de The Cabin in the woods)

Recommandé si vous aimez la folk horror un peu classique ! J’ai aussi beaucoup aimé, dans un style assez différent, le suivant de Strippoli, Holy Boy.

Laurent dans le vent, d’Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon

Film français paru en 2025. Laurent débarque hors saison dans une station de ski pour squatter l’appartement d’une connaissance. Peu à peu il va rencontrer des gens et se trouver des routines.

Il ne se passe pas beaucoup plus de choses dans le film, et il met un peu longtemps à démarrer à mon sens, mais j’ai bien aimé. On voit Laurent qui erre pas mal dans la vie mais qui se trouve des relations, assez variables. On le voit chercher des hébergements, se trouver quelques relations romantico-sexuelles, échanger au téléphone avec sa sœur, pendant que les paysages de la station changent autour de lui au gré des saisons. On s’attache au personnage et à ses errances, et aux seconds rôles qui ont tous l’air un peu paumés aussi. C’est filmé tout en décors naturels (je suppose), dans un style très naturaliste/tranche de vie.

Recommandé si vous aimez les films lents et les personnages principaux qui s’appellent Laurent.